‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 132 sur 956 · BLASPHEME · texte numérisé non relu

BLASPHEME

lités de premier ordre. A la fondation du Conservatoire (1794), il en fut l'uQ des professeurs. Blasius fit représenter

Quelques opéras-comiques : la Paysanne supposée on la Fête e la moisson (178S) ; l'Amour ermite (1793). Mais c'est surtout dans ses nombreuses compositions pour harmonies et musiques militaires qu'il fit preuve d'un grand talent. Il en publia un grand nombre, amsi que des concertos, sonates et duos pour violon et des morceaux pour fliite, pour clarinette et pour basson. On doit aussi à cet artiste très laborieuï une excellente Méthode de clarinette.

BLASON {zon — origine incertaine] n. m. Ensemble des armoiries ou des signes, devises et ïigures qui composent un écu armoriai ; Peindre^ déchiffrer des blasons.

— Science des armoiries, de tout ce qui se rapporte à l'art héraldique : Savoir, enseigner le blason.

— Par ext. Noblesse elle-même, titre, qualité de noble. Il Titre, qualité en général : Le bourgeois est fier de so7ï blason de citoyen. (De Soubiran.)

— Blason funèbre. Représentation des armoiries d'une personne défunte, que l'on appose sur le catafalque ou les tentures de la maison mortuaire et de l'église, ii tilason funéral, Epitaphe, armoiries représentées sur un tombeau.

— Ebénist. Traverse tournée ou sculptée qui, dans une chaise ou un fauteuil, relie entre eux les pieds de devant.

celles d'aujourd'hui, ii Autre jeu analogue au jeu doie, qui se jouait avec des dés sur un carton nommé « le chemin do l'honneur » .

— Littér. Pièce composée de petits vers à rimes plates, et renfermant un éloge ou un blâme.

— Mar. Polit morceau de bois de chêne en forme de lame, destiné à être passé danstmeràblure, pour s'assurer de l'égalité de sa profondeur.

— Loc. fam. Redorer son blason. Relever sa fortune, la mettre en rapport avec le nom que l'on porte, ii Ternir, salir son blason. Déshonorer son origine par quelque action honteuse ou par quelque mésalliance.

— Encycl. La science du blason est très ancienne ; elle so fonda moins d'un siècle après que la mode des armoiries se fut établie dans le monde du moyen âge. Lorsque, à la fin du XII' siècle, les armoiries eurent pris un caractère régulier et héréditaire, on établit des chartes et des répertoires où étaient écrites les preuves et où étaient figurés les blasons des familles. CV. armoiries.) On considéra dès lors ces armoiries comme autant de propriétés régulières trausmissibles et susceptibles d'acquêts , car les blasons des familles alliées s'unissaient entre eux. .Sous le nom do " blason « on comprit alors les armoiries peintes sur l'écu, comme aussi les supports, les casques, les lambrequins qui l'accompagnaient.

La pièce essentielle est le blason lui-même, c'est-à-dire l'écu de l'homme d'armes, dont la forme ogivale se retrouve exactement dans le vieil écusson français (fig. 1 de la planche au trait). Mais cet écu varia dans ses formes, et, théoriquement, il se ramène à la forme dite n en bannière • , qui est un quadrilatère de sept parties de largeur sur huit de hauteur. Mais, dans l'écu français du type le plus habituel, le quadrilatère, tout en gardant ces dimensions, a ses angles inférieurs ou reins arrondis d'un quart de cercle à rayon d'une demi-partie. La pointe est formée par la fonction de deux quarts de cercle de mêmes proportions, en dehors de la ligne horizontale délimitant le bas du quadrilatère. Telle est la forme la plus généralement adoptée. Les dames et demoiselles eurent longtemps des blasons en ovale et en losange. L'écu italien en forme de chanfrein {testa di cavallo), l'écu allemand en forme de large de tournoi, l'écu polonais à échancrures multiples, l'écu anglais à sommet prolongé en cornes horizontales, sont les formes les plus remarquables.

On entend par table d'attente le blason en tant que surface qui attend ses armoiries. Cette surface se décompose en partitions, d'après des règles exactes auxquelles on s'est toujours conformé. Si, divisant le blason en deux moitiés verticales par une droite descendant de son sommet ou chef, à sa. pointe, on le considère dressé ou étale devant soi, on voit que la moitié gauche ou sénestre regarde le côte droit du spectateur, tandis que la droite ou dextre regarde son cote gauche. C'est que le blason ou écu a la même symétrie que la figure humaine et que, tenu régulièrement par ses énarmes ou poignées, il protège les parties symétriques de l'homme placé derrière lui.

Le centre de l'écu est appelé dôime ou cœur; de chaque côté sont les flancs ; au-dessus est le chef, au-dessous la pointe. On entend par point du chef le milieu de celui-ci, et par cantons chacune des divisions placées à dextre et sénestre de ce point ou de la pointe. Les partitions les plus simples de l'écu sont : 1" le parti et le coupé (le parti est la division en deux suivant la verticale ; le coupé suivant l'horizontale) ; 2« le tranché et le taillé (dans le tranché, la diagonale va de dextre à sénestre ; dans le taillé, c'est la direction contraire). Ensuite viennent les divisions qui partagent le champ de l'écu en trois partitions : tiercé en pal et tiercé en bande ;puis en quatre : écartelé et contre-écartelé; puis en huit : gironné. Les quartiers sont les partitions symétriques et paires qui commencent à 6 et vont jusqu'à 32, etc. Telles sont les partitions primordiales de l'écu.

La coloration de l'écu se compose de métaux et d'émaux, et aussi de fourrures. Il y a deux métaux : l'or et l'argent ; quatre émaux essentiels : le sable, Vazur. le sinople et le gueules. (La planche coloriée en donne les valeurs et les figurations par des traits et hachures.) Mais il y a d'autres couleurs, usitées surtout dans les blasons étrangers : le pourpre, \e tanné on orangé, la sanguine, la. couleur naturelle et la carnation. Il y a quatre fourrures : l'hermine, la contre-hermine, le mir, le conire-vair. Une des règles absolues du blason est de nejamais mettre émail surémail, ni métal sur métal. (V. enquerre [armes à].) Cette règle ne souffre d'exception que pour les pièces cousues.

Les pièces du blason qui sont les figures théoriques, conventionnelles ou naturelles, peintes sur le champ et sur ses partitions, se divisent en quatre classes : 1" pièces héraldiques ; 2' figures naturelles ; 3» figures artificielles : 4° figures de fantaisie. Les pièces héraldiques se subdivisent en pièces honorables et en pièces ordinaires : les pièces honorables sont les figures les plus anciennes et qui se

les Wasons de la plus vieille noblesse ; on les dénombre en deu.v catégories ou classes. Dans la première classe sont : le pal, la fasce, la bande, la barre, la croix, le sautoir. Dans la deuxième ; le chef, la bordure, la Champagne, le fraiic quartier et Y écusson en cœur ; ce sont toutes des partitions géométriques de l'écu. En principe absolu, à l'exception du franc quartier, les pièces honorables doivent avoir une largeur égale à celle du tiers de l'écu. Par des réductions de dimensions, ces pièces honorables arrivent à en constituer d'autres, et leur nombre est très grand. Il faut citer : l'orle, le pairie, le gousset, lo canton, le giron, la pointe, la pile, le trescheur, la tntrèle ou divise, la coiice, la traverse, le comble, l'étai, le fdet en

Parmi les pièces ordinaires, on compte : lo losange (amenant l'écu losange), la fusée, le macle, le rustre, l'échiquier (avec ses tires et ses points), l'émanché, lo lambel, la tHllette,le besant, le tourteau, leroc d'échiguier,le carreau, les coquerolles, les rais d'escarboucle, les vii'es, etc. — Les figures naturelles sont celles des animaux : bélier, lion, cheval, aigle, etc.: l'homme etles portions du corps humain : tête, buste; les feuilles, les fleurs, les arbres, etc. Les figures artificielles sont celles d'objets, châteaux, tours, armes et pièces d'armes, outils, ustensiles, pièces de costume, etc. — Les figures de fantaisie sont les monstres et animaux fabuleux, comme les dragons, griffons, hydres, licornes, phénix, salamandres, centaures, chimères, sphinx, harpies, sirènes, etc.

On entend par attributs les manières d'être des pièces en disposition, en nombre, etc. Ainsi une croix est losangée, au pied fiché, de Saint-André ; un chevron est fuselé, bordé, bandé ; un chef est chargé d'un soleil à dextre, etc. Une pièce mouvante est celle qui saille de l'un des flancs ou de l'un des angles de l'écu, comme le flanqué; mais une pièce peut être mouvante d'une autre si elle paraît en saillie. — La bande est an signe de légitimité ; la brisure indique la ôdMrdise; le lambel est, en général, une brisure de cadets, etc.

Les ornements extérieurs des blasons ont toujours servi

casques, les lambrequins, les colliers d'ordres, les cordelières, les pavillons, les manteaux, les drapeaux, les armes, les bâtons, les sceptres et mains dejustice, les clefs, les crosses, chapeaux de cardinal, et, dans la noblesse napoléonienne, les toques, etc. Il faut aussi signaler les supports, animaux, monstres ou figures humaines.

Les nobles ne furent pas les seuls à posséder leurs blasons; les villes, les municipalités, les provinces, les corporations, les chapitres, les institutions civiles, laïques, ecclésiastiques eurent leurs armoiries. C'est ainsi que les bonnes villes (celles qui avaient le droit de se faire représenter par leurs mayeurs ou maires au sacre du roi) avaient le droit de mettre sur leur blason le chef d'azur à trois fleurs de lis d'or, ou semé de fleurs de lis d'or. La ville de Paris ne paraît pas avoir eu ce droit, officiellement, avant le 27 février 1699, époque où d'Hozier, généalogiste de France, l'autorisa par certificat officiel à coudre ce chef sur son écusson de gueules à un navire équipé d'argent. C'est qu'à cette époque la science du blason était devenue officielle et que, depuis longtemps déjà, on conservait des registres où étaient inscrites les preuves, et que, pour le cérémonial et les prérogatives, il fallait connaître le nombre des quartiers. On remarquera qu'au moyen âge, on avait l'habitude d'accoler les écussons des conjoints, puis cette mode disparut et on se mit à écarteler les blasons avec les armoiries des épouses qui, d'alliance en alliance, venaient charger de plus en plus l'écu et en augmenter les quartiers,

pièces concédées par la grâce du roi.

xv« et XVI' siècles, se portaient brodés

Les blasons aussi bien sur les vêtements des r lets. Mais, à la guerre, on porta

portait des cottes i eurs de l'écu, et les plumes des luleurs où le blanc indiquait les métaux. Plus tard, on laissa les blasons sur les livrées, puis ils en disparurent au xvii» siècle pour subsister sur les clefs de voûte, les portes des édifices, les tapisseries, les meubles, où ils subsistèrent longtemps, et aussi à l'angle droit des portraits. La Révolution détruisit les blasons que l'Empire rétablit. Aujourd'hui, on ne les voit plus guère que sur les portières de carrosses et sur les pièces d'argenterie. L'art du blason, qui fut exercé jusqu'à la Révolution par des fonctionnaires dont Chérin fut le dernier en charge, n'est plus aujourd'hui cultivé que par les érudits et les graveurs héraldistes, et encore est-il traité avec la plus grande fantaisie.

— BiBLioGR. : Travaux classiques de d'Hozier, du P. Ménétrier, de Magny, de Jean Laulle, de Marc 'Vulson de La Colorabière ; Nicolas Berey, le Jeu du blason (Paris, 1670) ; C'nazot de Montigny, Dictionnaire héraldique (1748) ; Jôuffroy d'Eschavannes, Armoriai universel (Paris, 1854); Gourdon de Genouillac, Grammaire héraldique (Paris, 1860); Gourion de Genouillac, l'Art héraldique Pans, 1889); Reestop, Armoriai ifr>u':-,il (Gouda, 1892), ouvrage le plus important comme répertoire alphalié- '" ■'"

tique de la noblesse européenne ancienne et moderne. V. héraldique [arti.

— Blason japonais. Par une coïncidence d'autant plus étrangequ'aucunere-

lation n'existait alors .^bb^ ... ^^

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trécs, l'usage des ar- ^&...> ^^^^^^^

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fine de la fleur de kiri Djo-mou. l\ahé-mon.

u blason impérial se perd dans la nuit des temps ; quant au chrysanthème, son adoption est attribuée à Tempereur Go-toba-tennô (1184- 1198). Le blason japonais ne paraît pas être symbolique comme celui de la cnevalerie européenne; la fantaisie du fondateur de chaque famille semble avoir seule présidé au choix de sqn emblème distinctif . Cependant, en 1 642, lo shô-

foun lyémitsou a décrété que tous les membres delanolesse militaire devront avoir deux mons : l'un appelé BJômon « armes réglementaires » . blason originel de la famille.

lUes différentes possédant les mêmes armoiries. Par exemple.lafamille^amapossède les deuxblasons ci-dessus. Quelques rares familles ont des « armes parlantes " ; telles lesTori-i de Mibou, qui ont im portique (tori-i), et les Matsou-ourade Hiratô, qui ont une branche de pin (matsou^. Les Japonais n'ont également ni cimiers, ni couronnes, ni supports, ni devises, ni connu l'usage des émaux. BLASONNEMENT (zo-ne) n.

donner l'explication.

{zo-?ié) V. a. Représenter des armoiries selon les règles du blason, ii Déchiffrer, expliquer des armoiries, les interpréter avec des termes propres à l'art héraldique : Pour bien blasonner un écu, on commence toujours par le champ.

— Fig. Célébrer, ii Ironiq., Tourner en ridicule, bafouer. (Vieux dans ces doux sens.)

— En T. de graveur. Exécuter au burin une série de lignes et de points appelés des hachures.

Se blasonner, v. pr. Etre disposé ou expliqué suivant les règles du blason : Les armes de France se blasonnaient ainsi : Trois fleurs de lis d'or en champ d'azur, deux en chef et une en pointe.

BLASONNEUR {zo-neur'), EUSE n. Qui blasonne.

— Fig. Flatteur, et ironiq. Médisant, critique : Fuir les

BLASONNEURS. (VieUX.)

BLASONNŒR [zo-ni-é] n. m. Artisan qui fabriquait les blasons pour les harnais, et aussi les selles, comme les lormiers. Les blasonniers durent, dès le xiv* siècle, rentrer dans la catégorie des selliers lormiers. qui employaient des peintres de blason. Le mot « blasonnier u ne paraît avoir été en usage qu'au xm« siècle.

BLASPHtMATEUR, TRICE {sfé) n. Qui blasphème, qui prononce des blasphèmes : Les Juifs $e bouchaient tes oreilles et déchiraient leurs vêtements quand ils entendaiejtt un BLASPHÉMATEUR. (De Genoudc.) ii On aditancieunemeat

BLASPHÉMKUR, et BLASPHAMEUR.

— Adjectiv. : Peuple blasphémateur, n Qui a le caractère d'un blasphème : Des paroles blasphématrices.

— Allcs. littér. :

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