‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 217 sur 956 · CIMETIÈRES BOSSUS · texte numérisé non relu

CIMETIÈRES BOSSUS

— Substantivem. Personne bossue : Les bossus passe7il pour avoir beaucoup d'esprit.

— Loc. fam. Bire comme un bossu, Rire aux éclats, rire de tout cœur, parce que les bossus passent aussi pour être fort gais.

— Arg. de théàtr. Il y a des bossus. Se dit pour signifier qu'une pièce est sifflée. (Cette locution vient d'un vaudevilliste, auteur des Aventures de Mayeux, qui, de la coulisse entendant les sifflets, s'écria : « Je m'y attendais ; c'est un coup monté. Il y a au moins douze bossus dans la salle qui se sont donne rendez-vous pour faire tomber ma pièce.»)

Bossu (le), roman de Paul Féval (Paris, 1857). — Philippe de Gonzague, Philippe de Nevers, Philippe d'Orléans (le Régent) sont trois amis. Mais le premier de ces Philippe est un traître : il assassine le second, épouse sa veuve, et jouit avec impunité de sa fortune. Quant au troisième, il frapperait, certes, d'un châtiment terrible, l'assassin — s'il le connaissait; mais qui lui révélera son nom?... Ce sera Lagardôre, un aventureux cadet, le héros de l'histoire, le vrai type du roman de cape et d'épée : corps de fer, bras d'acier, cœur d'or, lame vivante : Il a recueilli et caché à tous los yeux Aurore de Nevers. tille de !.i virtinie : .(u'II

Earvienne à établir l'identité .1. i , ■ i ih r t .< |ir,,,n,-r 1 culpabilité de Gonzague, Ir , ; . , , ■! <.

bien la lutte est inégale ! D'il ' - i ,1111

puissant, ayant à sa solde um- ai m". 1 nnNan, .1 le

spadassins ; de l'autre, Lagarduio seul, iiuuo a auiahi .1 ..iprit que de bravoure, celui-ci pousse laudace, quand l'action se déroule au milieu des saturnales financières du système de Law, verveusement dépeintes, jusqu'à jouer le rôle d'un bossu — d'où le titre — dont le dos sert de pupitre aux spéculateurs pressés, dans la cour même de l'hôtel do Gonzague, devenu la caverne do l'agiotage. Cette lutte, c'est tout le roman, avec les péripéties habituelles du

fenre : duels, guet-apens, papiers volés, témoins souoyés, etc. L'auteur dév.'hipp'' '-^-^ moyens avec un talent et un entrain qui a-.-i: i-- méritée à l'œuvre auboutdelaquellf I "irété àdeuxdoigts do sa perte, sort ra : lireuv os,tue Gonzague et devient l'ëi ' i' succincte analyse

resterait incompluiu ...1... ....l mention d'abord de

la fameuse « botte de N.vns . , grâce à laquelle le faux bossu tue infailliblement son homme en le frappant entre les deux yeux, puis de deux personnages épisodiques, Passepoil et Cocardasse, soudards devenus légendaires, qui tour à tour combattent le héros et lui sont dévoués jusqu'à la mort.

Paul Féval, en collaboration avec Anicet Bourgeois, tira de son roman un drame eu cinq actes, qui obtint un immense succès. La création du rôle do Lagardère fut pour Mélingue un véritable triomphe (1862).

Bossus (les), chanson fameuse, qui date de la première moitié du xviir siècle. C'est une glorification comique des bossus, faite par Santeul, neveu du poète latin de ce nom et régent de la Faculté de Paris. Orné d'une bosse énorme, Santeul était le premier à rire de son infirmité. Il fit entendre pour la première fois sa chanson dans ce qu'on pourrait appeler un « repas de corps », auquel il n'avait invité que des bossus. Voici le texte exact de cette chanson,

t^J' J' J'IJ^J^JMJ^IJ'JJMJ' J^iM

^ment qu'on a d'être b03- su Po

lichinelle en tous

1^ Ji j^ j'|J.|jL^L jLj t.j^|J J' J'j

^ lieux si con-nu , Tou-jours chéri

partout si bien ve-

hr^\^^ r n r ^ i' 1 J^J^J^ IJ ^ Jl

Tous les bossus s'empresser tour à tour De montrer leur éminence à la cour.

Dans mes jardins, sur un beau piédestal, J'aurais fait mettre un Esope en métal.

charnées qui bossdent les Landes. (Th. Gant.)

Se faossiier, v. pr. Se déformer, être déformé par des bosses.

BosSUET (Jacques-Bénigne), prélat français, né en lf.27 à Dijon, mort à Paris en 1704. Il fit ses premières études dans sa ville natale, chez les jésuites, et entra en 1642 au collège de Navarre. Mené par Arnaud à l'hôtel de Rambouillet, le • petit abl ' " .. "^ .. - . improvisa, vers onze du soir, un sermon très goûté ; Voiture occasion de dire qu'il jamais entendu prêcher de SI bonne heure n Cinq ans après (1648) il soutint sa thèse en Sorbonne ci présence du grand Coude Or donné pietri. ti ib 1! 1 iitti Pans 11 n 1 Ml aller pi a Met/ I

des tn

les déparent ma s n 1111 oratoire y éclate dans its ardeurs même d une inia^ nation qm ne sait pas encore se Bossuet.

maîtriser. En même temps,

il s'essayait à la contro\erse en réfutant le catéchisme du pasteur Paul Ferry. Les six ou sept années de son séjour à Metz furent des plus lecondes, soit pour 1 enrichis sèment do son esprit, soit pour son apprentissage d orateur et de polémiste.

En 1659, Bossuet retourne à Paris et, jusqu'en 1670, il se consacre à la prédication. Outre un grand nombre de sermons isolés, il prêche quatre Carêmes et trois Avents ; deux Carêmes devant le roi (1662-1666), et deux Avents aussi : un au Louvre (1665), l'autre à Saint-Germain (1668). L'influence de la Cour contribua, avec la maturité de l'âge, à polir ce que son génie avait eu jusque-là de hasardeux, son style de violent et d'abrupt. Mais il se discipline, sans rien sacrifier de son originalité libre et vive. Nommé en 1669 à l'évèché de Condom, il prononce cotte année même l'oraison funèbre de Henriette de France, que devaient suivre celles de Henriette d'Angleterre (10:0), de Marie- Thérèse (i6S3i, de la Palatine (1685), de Le Tellier (1686), de Condé iir.K7i.

del'Et;li .' I- '. . I. < ■■"!■ . '

des âmes. Tels qu'ils lurent publiés, à proprement parler, que des improv y voyons l'orateur en travail, qi '

iécri

livre aux mouvede son âme, et dont l'éloquence est une véi-itable inspiration.

C'est seulement à notre époque que les sermons de Bossuet ont été appréciés à leur juste valeur. De son temps, quoiqu'il soit plus goûté qu'on n'a dit, on lui préfère Bourdaloue, et, durant tout le xviii' siècle, il passa pour un sermonnaire médiocre. Ce jugement s'explique sans peine. D'abord, ce que Bossuet prêche en général, c'est le dogme. Non qu'il néglige la morale; mais il la lie étroitement à la doctrine, et cette doctrine, il l'expose sans reculer devant l'interprétation dos mystères. Ensuite, il ne fait aucune concession au goût des contemporains pour ces portraits, pour ces analyses de sentiments, pour ces descriptions de mœurs qui, chez d'autres sermonnaires. prenaient la place de l'évaDgile. Enfin, si nous considé-

rons sa lami.. , ilr> m/ lll.^ ce que notre temps y admire le plus ; I i I , lui siècle épris avant tout de correria 1 i;a.- noblesse quelque peu couvenue ; s a i I III 11, ijin rend sensible, qui anime et

dramatise ju.,4uau.v <ilj,,uactions du dogme, scandalisait par l'audace de ses images et par la fougue de ses saillies. Bossuet est pourtant un classique. Ce bon sens, ce culte de la tradition, ce besoin de l'ordre qui, en matière de foi, le fixèrent au centre même de la doctrine catholique, nous les retrouvons dans son éloquence. L'oraison funèore, où jusqu'alors triomphait la tausse rhétorique, où s'étalaient d'ambitieuses et plates flatteries, inspira toujours à Bossuet quelque répugnance. Il sut en éviter les écueils ; il ne dit rien qui no soit l'expression de sa pensée, et même, ce que les convenances du genre lui ordonnaient de taire, il 1 a plus d'une fois laissé entendre. Quant à certains jugements historiques, sur la révolution d'Angleterre par exemple, ou sur la révocation de l'Edit de Nantes, ce n'est pas la sincérité de l'orateur qu'il faut mettre en cause, car nous retrouvons dans ses autres livres l'esprit qui les a dictés. L'oraison funèbre est pour lui une œuvre d'édification. Il y montre, aidé d'un grand exemple, le néant de la gloire et des grandeurs humaines. Au lieu d'r gyrique officiel, il fait un véritable sermon.

En 1670, Bossuet avait été nommé précepteur du Dauphin. Il fit pour cet indolent élève quelques-uns de ses ouvrages les plus considérables, notamment : le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même; M FoUliqne tirée de l'Ecriture sainte : ]■ /-;,■,,,, .''//: a -,- , à-,,,;;,

Le traite do /" ' - , ' ; '■ ' "■■'■'•■ 'lo

saint Thomas, et : ■ ■ ■ 1 • n , ■ 1 a^ . i iini, magistrale de la ii ■ ■ , / ■ ' ■ -a-t

approprie autant aa. l- la:. ,a j 1 alaa aai ■. - aamr.

La Politique Urée de l'Hcnliire s»i-<(i' glorifie la royauté absolue et aboutit au despotisme d'un souverain responsable devant Dieu seul, et qui est libre de toute obligation directe envers son peuple, comme son peuple est dépourvu de tout droit envers lui.

Dans le Discours sur l'histoire universelle, Bossuet veut prouver la religion par l'histoire ; la première partie, intitulée les Epoques, se borne à indiquer la succession des temps et la concordance des faits. Dans la seconde, à ses yeux la plus importante, il montre, à <ravrr; la- ài-as,

lasuite de la religion, et ce lui estasse, ,. m . ■ !■ ■ s.ai

l'athéisme, soit liiérésie. Dans la tria a 1 , , 1 mlaii ;e5£'ï"/)"'es, il y ade fort beaux cliaia a a an

historien supérieur; ceux, notammeiil ..,;'! la. la K.aae.

Dieu i|a, . a tion invisible delà Providence

donne ,1 ; . a , ,. . a ■ a aun unité.

En Ibri, iLiluaata a lin Dauphin terminée, Bossuet fut nommé évêque de Meaux. Quand l'assemblée générale du clergé se réunit à la fin de cette même année, il en fut l'inspirateur et libella lui-même les quatre articles de la Déclaration gallicane.

Contre les protestants, il publia l'Histoire des variations (1688). C'est un livre de polémique : la thèse de l'auteur consiste à montrer le vice fondamental du protestantisme dans l'individualisme, source de multiples variations. L'ifis-

suet par la nctteià la à.'ir'.a [- ineul, par la vigueur de la dialectique, et, 1 ' lat des peintures ou le

Contre le 1 été gagné, il ■ )ngue que

, auquel Fénelon avait es états d'oraison. Ayrtis btenir du pape la condamnation de l'hérésie. On lui a reproché dans cette affaire de la violence et de la dureté. Mais, en attaquant le quiétisme, c'est la religion même qu'il défendait contre des raffinements dangereux.

En 167S, l'oratorien Richard Simon ayant publié une Histoire de l'Ancien Testament, dans laquelle il étudiait librement le texte sacré, en appliquant pour la première fois la critique historique et philologique à l'examen des Ecritures saintes, Bossuet faisait supprimer l'ouvrage comme • substituant les sens humains aux sens de Dieu . . Vingt-quatre ans plus tard, Simon imprime une Version du Nouveau Testament : Bossuet le dénonce une seconde fois, et il écrit contre lui une Défense de la tradition et des saints Pères . i|iii ne mi la a.nr i|u'après sa mort.

Premier auniàia 1 :, I , se de Bourgogne, supé-

rieur de la mai s. I . aservateur de l'Univer-

sité, conseiller ,1 aiijiit rigide gardien de

l'orthodoxie catlaliia . 1,^ , viars que lui imposaient toutes ces charges ne renipéchaient point d'exercer avec zèle les fonctions du ministère dans son diocèse même, où il faisait le plus souvent résidence. C'est en 1702 seulement que la maladie vint ralentir son activité. Il mourut le 12 avril 1704.

Bossuet fut, au xvii» siècle, le plus illustre représentant du catholicisme . N'éprouvant pour son compte aucun doute, aucune inquiétude, il réprime autour de lui toute velléité d'innovation. Il est par excellence le dépositaire, l'interprète d'une tradition qui n'admet aucun changement ' ■ ■ ---''- u invariable. A

domaines, il n'est que le plus magnifi- ,sé, il reste un Père de l'Eelise des temps

,, api .11, laina à i.leine acadc-

i,s ,.„.,, 1,,,., ,(.. a i-iai l.l,e" Le Ij.eQ, ae s i elaifo do l'évêquo

do Meaux, publics par l'abbé Guettée (1856); cardinal de Bausset, Histoire de Bossuet ( 1814) ; Floquet, Etudes sur la rie de Bossuet (1855) ; Lanson, Bossuet (1890) ; abbé J. Lebarq. Histoire critique de la prédication de Bossuet, et œuvres oratoires (Bruges, 1888).

Bossuet (portrait de), par Rigaud [musée du Louvre). L'illustre orateur est debout, tenant de la main droite son bonnet de docteur et appuyant la main gauche sur un livre, posé sur une table où l'on voit un encrier, des papiers et divers volumes. U est revêtu de ses habits pontificaux : robo de moire bleue, surplis de mousseline blanche ornée de dentelles, manteau bleu à collet, garni de cygne

un rideau relevé, entre deux colonnes, laisse apercevoir le ciel. Ce portrait, de grandeur naturelle, est un des plus beaux que Kigaud ait peints ; il fut commencé en 1698 et

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