BRIGADIER — BRIGANDINE
féodale que prit la civilisation. S'il est vrai que souvent lo soigneur féodal, perché comme un oiseau de proie dans son donjon, so livrait lui-ra6me au brigandage, il est juste de dire que le château fort et l'enceinte fortifiée des bourgs servaient aussi do refuge contre lus brigands. Ce furent en ce sens dos brigandages effroyables l^ilcndant «or tout le territoire que les grandes invasions du moyen âge. Quand commencèrent les grandes guerres sur lo» frontières, les brusques licoucicmonis des
bandos de soldats en véritables troupes de brigands i parcouraient le pays. C'est ainsi que, sous Philippe 'le Bel, après le licenciement des armées do Flandre, on les pendit par tout lo pays, de droite et de gauche, jiar bandes de trente, quarante et cent.
Le mal prit des proportions inouïes pendant la guerre do Cent ans. Toutes les chroniques sont remplies du récit dos ravages de ces bandes armées. Elles provenaient pres-
3ue toutes des armées licenciées, puis de bandes de soldats éserteursquitrouvaientle métier de brigands plusavantagoux que celui de soldat. Avec le temps, ces bandes, grossissant démesurément, on arrivèrent a so donner une véritable organisation. Les Grandes Compagnies f
appela plus généralement les roulieri, de ce qu voyait toujours par les routes; ou bien colereaux, du grand couteau qui était leur arme ; ou bien brabançon», de ce qu'un grand nombre d'entre eux étaient des mercedu Brabant. Ils furent encore appelés tard-venu»
se formaient dans les campagnes ei dont les terribles ravages durant les années 1357 et suivantes formèrent la Jacquerie. V. ce mot.
Co n'est guère qu'à partir du règne doFrançois I"qu'on s'occupa do rendre auxroutes et aux rues une sécurité qui lourmauquait depuis longtemps. Mais legouvernement iTétaitpas assez fort, la centralisation assez développée pour remédier à un si grand mal, que les troubles de fa Ligue et ceux de la Fronde augmentèrent encore. Aussi le xviii' siècle comptera deux hommes célèbres dans Icsacnales du brigandage ; Cartouche et Mandrin. Parmi les bandes qui se signalèrent plus tard par de tristes exploits, il suffit do citer celle des chauffeurs, qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour leur faire avouer l'endroit où ils avaient caché leur or. Napoléon s'occupa activement de la sécurité des routes, et, depuis lors, le brigandage a ' disparu de la France, mais il sévit toujours en Corse, où les maquis servent aux brigands de refuge à peu près impénétrable et où d'ailleurs la population, par crainte ou par sympathie, est généralement leur complice.
L'Italie et l'Espagne sont toutes deux la terre classique du brigandage. Les Abruzzes, la Calabre furent longtemps infestées de Dandes de brigands, spécialement pendant la domination française, contre laquelle la dj'nastie napolitaine stipendiait le célèbre Fra Diavolo. Championnct et Masséna leur firent une guerre en règle. Le brigandage, presque enrayé à cette époque, reparut après la restauration des princes déchus et sévit particulièrement dans le sud de l'Italie et en Sicile; il a presque disparu à l'heure actuelle. En Espagne, le brigandage fut longtemps florissant. La vie libre et aventureuse plaît au caractère espagnol. La difflculté des communications, les montagnes escarpées qui couvrent le sol, tout favorise cette disposition, née de traditions séculaires. Le bandit José-Maria, dont Prosper Mérimée retraçait spirituellement la figure dans une de ses lettres (1841), est resté célèbre. Plusieurs fois, le gouvernement a essayé d'en finir avec les bandits ; mais jamais ses efforts n'eurent de résultat décisif.
La plupart des autres contrées de l'Europe ont conservé des souvenirs plus ou moins récents du brigandage. Robin Hood et ses exploits, chantés par "tt^alter Scott, sont toujours célèbres en Angleterre. Les bandits de la Grèce ont inspiré à Edmond About le /loi des montagnes, etLouis Enault nous a raconté, dans sa Vierge du Liban, l'histoire des pillards du désert. Knûn, la Hongrie elle-même a son héros, et Rosa Chandor n'est pas moins célèbre par ses exploits de flibustier que par la part qu'il prit à la révolution qui eut lieu dans ce pays en 1818. La Grèce tend à s'affranchir du brigandage, qui était devenu, dans ce pays, une véritable industrie ; mais les bandits n'ont pas disparu entièrement de la presqu'île des Balkans. Dans quelques contrées, l'Albanie entre autres, les routes sont encore peu sûres.
BRIGANDE n. f. Femme exerçant le métier de brigand. (Peu us.) — S'est dit, pendant la Révolution, des femmes qui avaient pris les armes avec les insurgés de la 'Vendée, ou qui appartenaient à leur parti.
— Adjectiv. Qui exerce un brigandage : La nation, souveraine quand elle s'impose, est brig.vnde et voleuse quand elle ne paye pas. (Mirab.)
BRIGANDCAU {do — dimin. de brigand) n. m. Fam. Petit brigand, friponneau, mauvais garnement. (Se dit particulièrement d un agent d'affaires qui gruge ses clieuts.)
BRIGANDER v. n. Fam. Se livrer au brigandage, commettre des actes de brigand : Dkio.vnder .nu- ks grains.
BRIGANDERIE n. f. Acte do brigandage : La révolte et les BBIGANDEBIES ne sont pas de t'éqiupaged'.ipollo.fy.hugo.)
BRIGANDEUR n. m. Celui qui commet des actes de brigandage.
corps.
Défense
pondant tout le xv« siècle pendant la première moitié du xvi«, q^ui était formée de petites tuiles d'acier imbri-
garni
! de velours L'ulières, les têtes dc5 riiets.' Les brigandincs étaient plus ou moins complètes, garnies ou non de manches et de lambrequins, voire d'une draconnière de même travail. C'était un type d'armure lé-
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