‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 366 sur 956 · BROGLIE · texte numérisé non relu

BROGLIE

jusqu'au xvi* siècle, puis elle tombe dans uu excès ue précieux qui la pousse à imiter souvent des tableaux complets, au lieu de rester sur le terrain décoratif. Faisant concurrence à la tapisserie, elle n'atteint jamais sa puissance. Cependant, le moyen âge avait fait d'intéressants essais on ce genre, comme le prouve la fameuse tapisserie de Bay eux, grande broderie à l'aiguille sur toile, représentant l'invasion des Normands en Angleterre. Le luxe lourd du XVII" siècle multiplia les fortes broderies en relief sur les costumes comme sur les meubles. Avec le xviii" siècle, on entre dans une période plus légère et plus gracieuse, et la technique est très bonne. On profita des modèles chinois, et on fit même mieux, car on envoyait des habits tout taillés à broder en Chine. Le vandalisme révolutionnaire détruisit la plus grande partie des belles broderies françaises, surtout parmi les ornements d'église. On dépareilla systématiquement des ensembles de pièces pour en rendre la vente nationale moins productive, comme pour mieux flétrir la richesse de l'aristocratie. On no fit plus que rétrograder pendant la période napoléonienne et c'est à peinesi, aujourd'hui, on recommence à s'inspirer timidement des anciennes méthodes pour produire de bonnes broderies. D'ailleurs, les broderies exécutées à la machine ont fait le plus grand tort aux bonnes ouvrières, qui trouvent difficilement à placer leurs travaux. BRODEUR, EUSE n. Celui, celle qui brode.

— Adjectiv. : Ouvrière BRonEfSE.

— Techn. Brodeuse mécanique ou Machine à broder, ou simplement Brodeuse. Machine destinée à produire de la broderie, plus spécialement de la broderie blanche.

— Encvcl. La première brodeuse mécanique a été inven- 1821, par ur

dimensio

tinée à

toute une rangée

do fleurs dans une

étoffe, au moyen

Brodeuse mécanique.

d'aiguilles à crochet horizontales. Depuis cette époque, l'invention a été perfectionnée et ou a construit plusieurs machines fort ingénieuses.

— La corporation des brodeurs et brodeuses avait, au moyen âge, des statuts qu'elle garda jusqu'à la Révolution. Endispa-

I elee à du i

s est DE vée. On défendait alorsd'em- j n d ployer de l'or

ou de l'argent faux de la so e pronti, pour passer n aître de a t fa re un cl et d œuvre qui était « une image seule d or nue, dun demi-tiers de haut », et, s'il n'était pas fils de maître, il devait faire un tableau de plusieurs ligures. Les brodeuses se divisaient en maîtresses et en grenouilles^ celles-ci ainsi nommées parce que, gagnant fort peu, elles ne pouvaient guère Ijoire que de l'eau. C'étaient les apprenties. Les écoles professionnelles modernes tendent à encourager l'industrie de la broderie, mais les machines font aux ouvrières une concurrence terrible, bien que la broderie faite à la main soit plus parfaite que le travail fourni par la machine.

BroDHEAD (John Romeyn), historien et diplomate américain, né à New- York en 1814, mort en 1873. Il occupa plusieurs postes dans la diplomatie et il fut chargé, par la législature de New-York, de recueillir en Europe tous les documents relatifs à l'histoire des Etats-Unis existant dans les archives et les bibliothèques de Hollande, de France et d'Angleterre. On a de lui ; Report as historical agent of State of Xeœ-York (1845) ; Bistory oflhe State of New-York, et d'autres ouvrages sur la même matière.

BRODIÉE n. f. Genre de liliacêes, comprenant une espèce, qui est une plante à bulbe tunique de l'Amérique boréale et occidentale.

BroDIE (sir Benjamin CoLLlNs), chirurgien anglais. né en 1783 à Winsterlow, (comté de Wilt^i mnit ,n"isi;j était premier chirurgien de la reine Vii.t -i, i " r,. expériences d'un haut intérêt sur les yn: des travaux estimés : /.eçons sur ies mn/w" tirinaires (1849), traduit en français par J. l'in-, ■/ , vations pathologiques et chirurgicales sur Us nunadita «x^ articulations (1850), traduit en français par L. Marchand; Investigations psychologiques (1856), études des relations entre le moral et le physique ; Leçons sur certaines affections nerveuses ; Leçons sur divers sujets de pathologie et de chirurgie; Becherches touchant l'influence de la chaleur animale ; Expériences sur les divers modes d'action des poisons végétaux, ouvrage qui a le plus contribué à sa célébrité.

BRODOIR n. m. Métier pour la fabrication des petits galons. 11 Petite bobine pour broder, autour do laquelle on enroule la soie.

BRODURE n. f. Ouvrage exécuté en broderie.

... . . , 17.500 hab.

Erigée en ville libre commerciale depuis 1797, Brody est la place de commerce la plus importante de la Ga"Iicie, l'un des centres les plus actifs des relations commerciales entre l'Autriche et la Russie, l'entrepôt principal de la Pologne pour le trafic avec la Turquie et les provinces moldo-valaques. — Pop. du district de Brody : 130.700 hab.

BroDZINSKI (Casimir), poète polonais, no à Krolowsko en 1791, mort â Dresde en 1835, professa l'esthétique à l'université de Varsovie jusqu'en 1831. Précurseur de Mickiewicz, il fut le véritable chef de l'école romauliquo en Polo. gne.Ses Poésies complètes ont été publiées ù Wilna en 1842.

BrŒDERLAM (Melchior), peintre flamand du xiv» siècle, né peut-être â Ypres, peintre de Louis de Maie, comte de

Flandre vers 1381, puis, eu 1384, peintre et valet do chambre do Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, qui l'employa à toutes sortes do travaux d'art. De 1392 à 1399, il peignit les deux retables eu bois de la Chartreuse do Champmol, qui se trouvent aujourd'hui au musée de Dijon et qui représentent l'Annonciation, la Visitation^ la Présentation au temple, et laFuite enEgyptcC'est un des plus beaux et des plus anciens monuments de la peinture flamande.

BrOEK-IN-WATERLAND, village de Hollande (prov. de Nord-Holland), à 10 kil. d'Amsterdam; 1.560 hab. Résidence des riches négociants d'Amsterdam, village renommé pour son admirable propreté.

BroffERIO (Angelo), littérateur, jurisconsulte et homme politique italien, né en 1802 â Castelnuovo-Calcea (Piémont), mort en 1866. Il se trouva mêlé, en 1830, à une conspiration dont la découverte le fit jeter en prison. Mis en liberté lors de l'avènement de Charles-Albert au trône, Brofiferio s'adonna plus spécialement à l'exercice de sa profession d'avocat, et son éloquence lui acquit bientôt une grande réputation. Elu en 1848 député au parlement, il en devint l'un des orateurs les plus applaudis et le chef de l'opposition démocratique, en même temps qu'il propageait ses idées par la fondation de nouveaux journaux. Il combattit énergiquement la politique modérée et la diplomatie du comte de Cavour, qu'il attaqua dans une comédie satirique intitulée le Tartufe politique (1851). Après l'annexion des provinces italiennes au Piémont, ion autorité, un peu amoindrie par l'arrivée de nouvelI<- ["■: sonnalités parlementaires, resta cependant consi i .' '

Parmi ses travaux littéraires, outre quelques l'i' théâtre jouées avec succès: te Château de Ki-n. Angelica Kaiiffmann, Vitigès, roi des Goths, tra;^<'iii'. U faut citer : Histoire du Piémont de 18i4 jusqu'à nos Jours (1850), et surtout Mémoires de mon temps (1858-1861).

BrogitARUS (i" s. av. J.-C.) voulut supplanter son beau-père, Dejotarus, créé roi de Galatie, en Asie Mineure, par César et le Sénat. Pour cela, il acheta la faveur du tribun Clodius, qui lui vendit le sanctuaire de Cybèle à Pessinunte et le fit proclamer roi, conjointement avec son beau-père. Mais Dejotarus reprit Pessinunte. Alors, pour le perdre, Brogitarus l'accusa d'avoir conspiré contre César. Cicérou fit éclater l'innocence du roi de Galatie par sa belle harangue Pi-o rege Dejotaro.

BrOGLIE, ch.-l. de cant. de l'Eure, arrond. et à 11 kilom. de Bernay, sur la Charentonne ; 966 hab. Ch. de f. Ouest. Moulins à blé et â tan, tanneries, filatures de lin, culture du pommier à cidre. Vaste château du xviii' siècle. — Broglie est un bourg fort ancien , qui portait le nom de Chambrais; les barons de Ferrières y possédaient un château fort qui tomba au pouvoir des Anglais ; Duno s le leur enleva en 1449 En 1742, la baronnie de Ferr ères fut er gee en duché en faveur de la famille de Broghe et le maréchal y fit

ctuel.

Te^'

Brogl e

[;/mll.]), ancienne famille Amaury Gribaldi, seigneur d tjar s tués dans le Canavez

P emo 1 plus ancien seigneur dont

on aura t i reu e a t au x" siècle. La maison

de Gr bald se d v sa au xiii s ècle, en trois branches : la brancl o a née Gr bald de Gr baldenghis ; la seconde, Brogl a de Gr baldengh s la tro sième prit le nom de BoUio, et, plus tard, de Bulli de Gribaldenghis. La filiation de la maison de Broglie commence à Ubert Brogl ia, sénateur du Conseil souverain de Quiers (Chiari, en Lonibardie), en 1254.

— BiBLioGR. : anonyme (le marquis do Bourdeille), (.'p'tiénlogie de la branche française de la 7naison de Broglie, 1610-iSSS (Paris, 1885).

BrOGUE (François-Marie ue), premier du nom, no en 1610, mort au siège de Valence en 1656. Page du duc de Savoie, il entra en 1634 au service de la France, se distingua dans les armées et fut nommé successivement maréchal de camp (1646), maître de camp du régiment do Champagne (1648), lieutenant général à l'armée de Flandre (1650). En février 1650, il obtint des lettres de naturalisation.

BrOGUE (Victor-Maurice, comte de), maréchal Je France (1724), né vers 1647. mort au château de Bulsi en 1727. U se distingua particulièrementàSenef (1674), reçut le gouvernement du Languedoc et réprima cruellement les ■ des protestants dans les Cévennes.

Broglie (François-Marie, d'abord comte, puis duc m:}, maréchal de France, fils du précédent, né â Paris en 1671, mort au château de Broglie en 1745. II fit les campagnes Je Flandre. d'Allemagne et d'Italie. Maréchal en 173'», il

.";iii riii : A iiiu-hiensenItalie,reçutl6commandenic

Louis XV

ROGLIE

cment (juin 1742) le titre de duc.

or-François, duc de), fils du précéden :i6 ou nis, mort a Munster (Westphalie) en 1804. 11 fit; premières armes en Italie, sous [es ordres de son père, étant à ize ans. Il fut

1762, et, seul des généraux français, il se montra habile pendant la guerre de Sept ans. En 1760, il gagna la bataille de Corbacb. Au début de la révolution de 1789, il fut appelé par Louis XVI au commandement des troupes rassemblées prés de Versailles, et accepta le ministère do la guerre, qu'il ne garda que quelques jours. Puis il se retira en Allemagne , et commanda les premiers corps d'émigrés qui agiront en Champagne

en 1792. Do Bourcet a publié, ,, , . ,, ,. „„„„,.„ en 1792, des Mémoires sur la Maréchal de Broglio. guerre de Sept ans, rédigés sur des papiers du maréchal. Broglie (Charles-François, comte de), frère du précédent, né on 1719, mort à Saint-Jean-d'Angoly en 1781. Ambassadeur de France en Pologne (1752), il combattit l'influence russe et fit les plus louables et les plus vains eft'orts pour retarder la chute de la nationalité polonaise. 11 servit

.'état de l'Europe, diplomate a été raconté avec beaucoup de charme par 1 duc de Broglie dans le Secret du Roi (1878).

(Victor-Claude, prince de), fils de Victor- François, né à Paris en 1757, guillotiné à Paris en 1794. Il fut député aux états généraux, se montra d'abord favorable à la Révolution, et fut employé comme maréchal de camp â l'armée du Rhin, mais refusa son adhésion au décret de déchéance après le 10 aoiit, et fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire.

Broglie (Maurice-Jean-Madeleine de), prélat, né au château de Broglie en 1766, mort à Paris en 1821. Revenu de l'émigration en 1803, il fut nommé aumônier. Nommé évoque d'Acqui en Piémont, puis évéque de Gand, il fut emprisonné pendant quelque temps à Vincennes, puis relégué à l'île Sainte-Marguerite; il fut réintégré sur son siège en 1814. Sous le roi Guillaume de Hollande, qui était protestant, il fut condamné par contumace à la déportation. Réfugié à Paris, il y finit obscurément ses jours.

Broglie (Achille-Charles-Léonce-Victor, duc de), fils do Victor-Claude, né à Paris en 1785, mort dans cette ville en 1S70, fut, après l'exécution de son père, élevé par sa lu" i<', remariée au marquis d'Argenson. Nommé en 1809au- I 1 1 r au Conseil d'Etat, rLremplit en cette qualité diverses oiis diplomatiques. Après la chute de Napoléon, il fut iM' par son nom à jouer un rôle politique et appelé à la

1 I iiil.iedes pairs(1314l. Hy

débuta comme orateur en prenant la défense du maréchal Ney, et se signala comme politique par ses doctrines libérales, son égale

abord i

iistre des

partisans de l'ancien régime, ses efi'orts constants pour réconcilier la Restauration avec la France nouvelle.

Après avoir combattu les projets du ministère Villèle, ai'plaudi aux efforts du ministère Martignac, déploré la formation du ministère Polignac, il adhéraàla révolution de 1830 et accepta le portefeuille de l'instruction publique dans le premier cabinet formé par Louis-Philippe (1S301. Dans le cabinet de 1832, aflTaires étrangères, puis président du Consed (1835), à soutenir, de son influence et de sa parole, au dehors 1 envoi d'une expédition à Anvers; au dedans le vote des lois de septembre. En 1836, il était renversé par un vote de la Chambre. Pendant la république de 1848, il siégea dans la majorité monarchique de l'Assemblée nationale. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il vécut dans une retraite complète, occupé d'études qui lui valurent un siège â l'Académie française ( 1856 ). Il a laissé, outre trois volumes de discours et quatre volumes de Souvenirs publiés après sa mort, quelques articles sur le droit pénal, et un ouvrage intitulé : Vues sur le gouvernement de la France (1861). Il avait épousé, en 1816, la fille do M»" de Staël, qui, comme sa mère, fut une des femmes les plus distinguées de son temps. Protestante fervente, elle a laissé quelques écrits de piété qui ont été recueillis après sa mort sous ce titre : Fragments si,,- divers xiij,>t^ df rpHr/ion et de morale (1840).

— Hii.iiM,,K : ilii. J- liruLh^: Mes souvenirs (Pans, 1885, is- •■ ■ -. . Il Viitor de Broglie ■ dans les -Vo" - l'.iris, 1877).

BbogI-U ' : A:iMri, jirince, puisduc de),

liomnir 1 ! I irancais. fils du précédent, né

et mon il . i 11 fut secrétaire d'ambassade

à MaJri 1 K i' ! huma sa démission en 1S48, pour

défendr um , i.ic, contre la République, puis

contre le ..i^ui.d L:i.,,.ic, les intérêts catholiques et les principes du libéralisme constitutionnel. Il publia, en 1S56, un ouvrage sur l'Eglise et l'Empire romain au i\' siicte, qui lui ouvrit les portes de r.A.cadémie française (18021. En 1869, il essayait de rentrer dans la vie publique comme candidat au Corps législatif dans l'Eure; il échoua, ma' fut élu, deux ans après, r Assemblée nationale (1871

son poste au bout d'un an pour revenir diriger, à Paris, l'opposition monarchique contre la politique républicaine de Thiers.

Ayant réussi à amener la démission de cet homme d'Etat (1873), il reçut du successeur de ce dernier, le maréchal de Mac-Mahon, la mission do former un cabinet, et prit le portefeuille des affaires étrangères. Il no resta qu'un an au pouvoir, ayant

?rés

Duc de Broglie.

, . , , ite duquel, devenu i

-iiinit du ('"ii^eil et ministre de la justice, il fit prononcer la dissolution de la Chambre (10 juin), conduisit une campagne active en vue d'obtenir une majorité conservatrice, et dut quitter le pouvoir (15 nov.) après de nouvelles élections (14 oct.), d'où sortit une Chambre hostile à sa politique. Il no se signala plus que par quelques interpellations au Sénat, et rentra dans la vie privée après le renouvellement triennal de janvier 1885. qui lui coûta son siège. Il revint alors à ses études de prédilection et publia, sur la diplomatie de Louis XV, une série d'ouvrages fortC; ment documentés et agréablement présentés, qui ont placé leur autour au premier rang des historiens diplomatiques : le Secret du Boi (1878) ; Frédéric II et Marie-Thérèse (1883) ; Frédéric II et Louis A'V'(1885); Marie-Thérèse impératrice (1888). De son mariage avec M"' de Calard de Béarn, le duc

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