‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 370 sur 956 · BROUETTE · texte numérisé non relu

BROUETTE

■ de l'Estrémadure. Son ouvrage

Brotlieus {réà.

botanica (1188), et Flora lusitana (1804).

BROTHEDS {té-uss — du gr. bibi-ôskein, dévorer) n. Genre d'arachnides scor- -^

pionides, famille des buthides, renfermant des scorpions des régions chaudes, dont l'espèce type est le brotheus maurus.

BroTIER (Gabriel), jésuite, littérateur, bibliothécaire du collège Louis-le- Grand, néàTannay (Nivernais) en 1723, mort en 1789.

Il acquit un vaste savoir et établit surtout sa réputation par ses suppléments latin de Tacite, et par ses commentaires de cet auteur (1771 On lui doit un Traité des monnaies romaines, grecques et lu bra-iques(\im).

BROTOBROMIE n. f. Bot Sjn de hereanie

BROTOGÉRYS (ms — du gr b)otoqerus qui a la \ 01 humaine) n. m. Genre d'oiseaux grimpeurs, ou plu genre de perruches du genre con espèce propre au Guajaquil le brotogerys pyrrhoptei us dt Latham.

BROTOLE (du gr. biOtO':

mangeable) n. m. Genre de pois sons anacanthins, famille des gadidés, renfermant quatre es

Fèces de l'océan Indien et de Atlantique. Le brotala boîbo iiensis habite la mer des Masrareignes ; le brotula multibai ba lo Japon; etc. Brotoge.js.

Brotzingen, ville d'Allemagne (gr.-duché de Bade), sur l'Enns, affluent du kar; 5.100 hab. Carrières de pierres, ateliers de bijou

BROU (pour broiil, broust, pousse verte) n.m. Enveloppe d'un grand nombre de fruit ' "

BROn de ;

ande.

Eau-de-vie dans laquelle on a i

— Brou de noi.

rérer des brous t

— Art vétér. Mal de brou ou Ma! de bols. V. bbout.

— Techn. Couleur brune employée pour teindre diver bois et certaines étoffes.

— Enctcl. Bot. Dans la pratique, on n'appelle brou qu le péricarpe charnu du fruit du noyer. Le brou est un enveloppe épaisse, qui devient dure, glabre et verte en dehors, blanche en dedans ; mais de blanche elle devient noire quand elle subit l'influence de l'air. Il fournit r une couleur brune dont les menuisiers ' se servent pour donner au bois blanc une couleur de noyer. 11 a une odeur forte et un goût très amer. (Par son infusion dans reau-de-%-ie , on en obtient une liqueur stomachique, connue sou:

de brou de noix.) Les chimistes analysé y ont trouvé des acides tannique,

gallique, malique, citrique, et plusieurs autres substances.

Brou (lat. Brovium), vill^e dépendant de la commune de Bourg en Bresse (Ain), à 625 mètres de la ville ; 135 hab. Séminaire du diocèse de Belley. Ce petit village doit sa célébrité à son église, admirable spécimen de l'architecture ogivale du début du xvi« siècle.

L'église de Brou occupe l'emplacement d'un prieuré de

Nois enveloppée

de Philibert le Beau, duc de Savoie, la fit construire, entre J504 et 1536, pour accomplir un vœu fait par sa bellemère, Marguerite de Bourbon. Les dessins primitifs de l'église et des tombeaux furent demandés au peintre Jean Pe'rrëal, dit «Jean de Paris», et à Michel Colombe, l'auteur du tombeau de François de Bretagne à Nantes; mais on ignore dans quelle mesure ils furent suivis par les arqui travaillèrent à l'église, et dont les principaux eFli ----- • ■ . - .

sont le Flamand Van Beughe

3 sculpte

s Conrad

trois tombeaux de Philibert le Beau, do sa femme et de sa mère. — L'église de Brou est une des dernières églises construites dans le stylo ogival flamboyant : elle est surtout remarquable par la variété et la profusion, parfois exagérée, de son ornementation. Le portail, le jubé, les clefs de voûte, les tombeaux sont surcharsés de statues et d'ornements d'une délicatesse de travail étonnante, mais qui nuisent parfois à l'harmonie de l'ensemble. L'influence de la Renaissance se fait sentir dans les statues, surtout dans celles des tombeaux.

Brou, ch.-l. de cant. d'Eure-et-Loir, arrond. et à 22 kilom. de Cliâteaudun, sur l'Ozanne, affluent du Loir; 2.795 hab. Ch. do f. Etat. Marnières. Marché au blé et aux bestiau.\. Fabriques de faïence, de sabots, de chan-

delles; clouteries, corderies, moulins; commerce de toiles et bestiaux. Eglise du xv" siècle. Brou était autrefois la capitale d'une des cinq hautes baronnies du Perche et une des meilleures places de guerre du pays. — Le canton a 11 comm. et 10.877 hab.

BrouagE (lat. Broagium), localité de la Charente-Inférieure, écart de la commune de Hiers-Brouage, arrond. et à 6 kil. de Marennes, sur le canal dit chenal de Brouage; 236 hab. (Brouageais, aises.) Petit port ensablé. 'Vieux remparts. Marais salants. C'est là que Colbert songea d'abord à construire un grand port militaire. — Patrie" de Samuel Champlain.

Brouage (canal de), petit canal du départ, de la Charente-Inférieure, entre la Charente et Brouage, construit, de 1782 à 1807, dans le but de dessécher les marais do Rochefort (long. : 22 kilom.).

BROUAILLES {Il mil.) n. f. pi. Intestins de poissons.

Brouardel (/"awi-Camille-Hippolyte), médecin français, né à Saint-Quentin (Aisne) en 1S37. Reçu docteur édecin des hôpifut nommé professeur de médecine légale en 1879. Brouardel est devenu successivement : membre de l'Académie de médecine, président de la Société de médecine légale, directeur du laboratoire de la Morgue, enfin doyen de la faculté de médecine de Paris. Dans le public, il est surtout connu par ses autopsies à la Morgue, par ses mémoires contre le système du a tout à l'égout » .Outre ses deux thèses : £ie la tuberculisatwn des organes génitaux de ta femme (1805) et Etude critique des diverses médications employées contre le diabète sucré (1869), et de nombreux rapports, on lui doit : VUrée et le Foie (1877); Etude médico-légale sur la combustion du corps humain (1878); Des causes d'erreurs dans les expertises relatives aux attentats à la pudeur (|S83); De la réforme des expertises médico-légales (1884); Dispositions à adopter pour l'assainissement de la ville de Toulon (1885): Jtapjjorl sur les essais de vaccination cholérique entrepris en Espagne par le docteur Ferran (1885); le Secret médical (1886) ; Hygiène des ouvmers employés dans les fabriques d'allumettes chimiques (1889).

BrOUCHOVEN (Jean-Baptiste de), homme d'Etat flamand, mort àToulouse en 1681. Il fut conseiller de Flandre à Madrid, membre du conseil d'Etat et des finances des Pays- Bas, et fut chargé de nombreuses missions diplomatiques. Il avait épousé la veuve de Hubens, Hélène Fourment. — Son fils aine, Jean de Brouclloven, né à Anvers en 1644, mort en 1725, fut, comme lui, un homme d'Etat distingué. II devint successivement surintendant des finances, ministre de la guerre, membre du conseil des Pays-Bas, ambassadeur extraordinaire du roi d'Espagne Charles II, à 'Versailles et à Utrecht, enfin, premier ministre à Madrid. — Hyacinthe-Makie de Brouchoven, frère du précédent, mort à Malines en 1 et devint chanoine de la oath

mort en 1891 à Bruxelles. Procureur du roi au moment où éclata la révolution (1830), il fut nommé conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, puis il fut élu membre du Congrès national, enfin membre de la Chambre des représentants, où il siégea depuis comme l'un des chefs du parti libéral modéré. Il devint gouverneur civil d'Anvers (1840-1844), sous le ministère libéral Lebeau-Rogier et sous le ministère Nothomb, et rentra ensuite dans l'opposition. Appelé au ministère d'Etat en 1847, il fut envoyé en Italie pour y traiter de quelques affaires diplomatiques (1849), puis il eut la présidence du conseil et le ministère des affaires étranntre les

se retira en 1870 de la vie publique.

BbouCKERQUE, comm. du dép. du Nord, arrond. et i 14 kilom. de Dunkerque ; 1.031 hab Brasseries, moulins

BROUE n. f. Syn. de beoie.

(Pierre de La), théologien et prélat français, né à Toulouse en 1643, mort en 1720. Il s'adonna à la prédication, devint évêque de Mirepoix (1679), entra en correspondance avec Bossuet et se joignit aux évêques qui firent appel contre la bulle Unigenitus. On lui doit, entre autres écrits : Belation des conférences tenues en 1716 à. l'archevêché de Paris et au Palais-Royal sur les accommodements proposés dans l'affaire de la bulle Unigenitus; etc. BROUÉB n. f. Brouillard. (Vieux.)

BROUET (é — du vx franc, bro; dérivé du germ. bro, bru, qui parait avoir eu le sens de Préparer un aliment par le feu) n. m. Aliment presque liquide : Le renard n'offrit à la Cigogne qu'un beooet clair.

— Brouet d'andouilles, Par plaisant.. Mets composé uniquement de l'eau dans laquelle on a fait cuire des andouilles. Il On disait : S'en aller en tirouet d'andouilles, comme on dit aujourd'hui : S'en aller en eau de boudin, N'aboutir à rien. (Vieux.)

— Brouet noir ou simplement Brouet, Mets liquide fort grossier dont se nourrissaient les Spartiates, n Brouet de l'accouchée, de l'épousée, Chaudeau fait de bouillon, d'œufs, de lait sucré, qu'il était autrefois d'usage d'offrir à une accouchée et à une nouvelle mariée le lendemain de

— Encycl. Le brouet noir des Spartiates se composait, suivant quelques auteurs, d'un mélange de graisse de porc, de sang, de sel, de vinaigre et de morceaux de viande. Ce mets semblait exquis, paraît-il, à la frugalité lacédémo-

lo rejeta aussitôt avec la plus vive répugnance. « Il y i que, lui dit l'esclave lacédémonien qui l'avait apprêté, i

1 pr de son pa\ s

BrOUCHION ou BruchION, palais fortifie des rois d'Egypte à Alexan Irie —Nom du quartier où se trouvait ce palais. Là étaient la bibliothèque et le musée. (C'était le principal quartier d'Alexandrie ; il s'étendait entre le mur d'enceinte, au S. et à l'E., et le grand port, au N. César s'y défendit contre les Alexandrins.)

BroUCKERE (Charles-Marie-Joseph-Ghislain de), économiste belge, né en 1796 à Bruges, mort en 1860. Officier d'artillerie dans l'armée des Pays Bas (1815), puis démissionnaire, il joua un rôle brillant dans la révolution belge (1830-1831). il siégaau Congrès, où il vota pour la monarchie représentative, futnomméministre des hnances (1831), et entra, comme ministre de l'intérieur, puis ministre de la guerre, dans le premier ministère du roi Léopold. Son administration, qui suscita la censure des Chambres (1832), lui fit déposer son portefeuille. Nommé directeur de la Monnaie, il devint l'un des fondateurs et des professeurs de l'université libre et do l'école de commerce de Bruxelles. Il fut élu, en 1848, bourgmestre de la ville de Bruxelles et membre de la Chambre des représentants, où il se montra l'adversaire du parti catholique. D appartenait, comme économiste, à l'école du libre-échange. 11 a laissé plusieurs ouvrages ; notamment, des Principes généraux d' ' politique (Bruxelles, 1851).

BrouCKÈRE (Henri-Marie-Joseph-Ghislain de), ho; politique belge, frère du précédent, né à Bruges en

Ce brouet noir est devenu pro\erbial et I on donne plaisamment son nom à tout mets détestable, à tout mau\ais rjgout dont on ne devine pas la composition

BROHETTAGE (é-taj ) n m Action de brouetter, transport à la brouette.

BROUETTE {et' — pour berouette ; du lat. bis. deux fois, et de rouelle, petite roue) n. f. Petite voiture anciennement à deux roues, aujourd'hui à une seule le plus souvent, et servant à opérer de petits transports.

— Par ext. Sorte de chaise à porteur à deux roues.

— Fam. Etre condamné à la brouette, En être réduit à des travaux pénibles et de peu de rapport.

— Techn. Petit châssis sur lequel le lustreur place un poêle de tôle, pour sécher les étolTes.

— Té\égr.mûit. Brouette de déroulement.BroueUefonant une bobine de câble télégraphique que les soldats déroulent dans les chemins où ne peut passer une voiture.

— Enctcl. Ce petit véhicule est fort ancien. Muni de deux roues, ou d'une seule, il apparaît dans les vieux manuscrits du moyen âge. Dans beaucoup d'anciennes brouettes, la roue est placée au milieu du coffre; mais, dès le xiii" siècle, on en voit de figurées avec la forme actuellement en usage. Les brouettes de guerre étaient des ribaudequins armés de fortes pointes de fer et de piques qui servaient aux charrois et à fortifier les assiettes de campements. Elles furent en usage chez les Flamands, au xiv siècle. La théorie de la brouette a été donnée par Pascal, qui a perfectionné ce véhicule.

no3

IJUOLETTEE

BllOLILLER

. f. Charge d'uuo brouette ; ce qu'une

r.iiiKii 1 ] Il II ' -tour) n. m. Ouvrier transportant dans

I si6r6 des fardeaux quelconques, terres,

. , '1 nor chargé du transport dos minorais

|. . !i,t: Uins les galorios do mines. (Autrefois,

on désignait sous ce nom dos individus à gages qui transportaient les personnes dans une sorte do chaise à porteur munio de roues, et que l'on appelait viiiaigrelte.)

1868 Après avo

d Cd mbourg (1802) se rendit t de grands succès do popu I ambre des communes où <|0 bamoigue et ses saillies 1 ouv parlementa res aban a à L \erpool ai\ élections i quatre ans après il pla da

3nce la cause d Ca unswick devant 1.

) des lords i i b

d incessant!

le titre do ^raod chance

lier Dans cette haute situa

tion il fit une o lerre acharnée

au-v abus et au\ sinécures Brougham

jlde\int SI populaire que la

foule trama sa \oitur6 dans les rues de Londres après

I adoption du biU do reforme de IS32. Son triomphe dura

Feu. En 1833, Brougham s'étant hautement prononcé pour application à l'Irlande des mesures coercitives les plus dures, et s'étant fait décerner, en 1834, des honneurs quasi royaux en Ecosse, excita à la fois la fureur du roi et l'indignation des libéraux. Tout le monde l'abandonna, et il fut écarté du cabinet Melbourne. Brougham, depuis lors, porta, tantôt du côté whig, tantôt du côté tory, le puissant appui do sa parole. Il fréquentait beaucoup Paris, et il fonda la prospérité de Cannes en mettant cette station à la mode.

II a beaucoup écrit. Son ouvrage le plus célèbre est tlie Br'Uish Constitution, itskistory, structure andworking {isii).

— BiBLioGR. : O. d'HaussonviUe, tord Brougham^ sa vie et ses œuvres (1870); Franck Chauveau, Etude'sur lord Brougliam (Paris, 1813); Larroumet, lord Brougham (Paris, 1879).

BroUGHTON (GOLFE de) baie de la côte T trionale de laquelle sont le port Lazaref et la baie Yo'ung-

Brougiiton William-Robert), navigateur, né en 1763 iilocoster, mort à Florence en 1822. Il !'■ roxpédition de Vancouver, découvrit ]■ • .1 ■ i\!, , . 'ic^ Deux-Sœurs, de Chatham, et reconnut ic.ia au;v,|ao..co ou a donné le nom d'archipel Broughton. Dans un autre voyage (1795-1798), il explora les mers du Sud, l'Océanie, les côtes de la Chine, du Japon, etc. Ou a de lui un Voyage de découverte dans le nord de l'océan Pacifique (1804), traduit en français (1807).

BROUGHTONIE (braou-to-nt — de Broughlon, n. pr.) n. f. Genre d'orchidacées , tribu des ëpidendréos, comprenant une seule espèce qui est une herbe pseudo-bulbeuse, parasite sur les arbres Ju littoral Je Java.

Broughty Fei;:

sur le Tay; 9.250 hab. Sta- ,7-

tion balnéaire, >^ ^ -.^

pêcheries. ^l^-,^.^ ' -,-j-aj^ '

t - isanbangpo {Dpag-bsan Dbang- 1 raspa, au monastère de Ra- . Elle se rattache à la doctrine

BROUHAHA [a-a — onomatopée) n. m. Bruit do voix contus et tumultueux: D'insupportables brochahas.

BROUI n. m. Chalumeau d'émailleur, servant à souftter la llanimo.

gnous, etc. (C'est BROUILLAGE i '

brouiller, d'étendr

le ratissage, avan

— MiD. Etat d 1

meis provençal.)

m. Hortic. Action de iiorbes enlevées par

ucUe le parallélisme

du toit et des aiurs est interrompu par un mouvement géologique qui a embrouillé les éléments du gisement.

BROUILLAMINI {Il mil. — corruption populaire, sous l'intluenco du mot brouiller, des mots boU armenii, bol d'Arménie, souvent employés dans les recettes médicales) n. m. Pharm. Nom vulgaire du bol d'Arménie, employé comme médicament par les Orientaux. V. bol.

— Art véfér. Emplâtre do bol d'Arménie.

— Fam. Désordre, ciriiiision, état de ce qui est brouillé, confondu // '/ ' 'rî trop de tintamarre, trop de

Brouill"!"' " e [ lu 10' lamilior et exprime une confusion, un dusoidiu tout itialisé. Brouillemcnt et embrouillement désignent la mémo confusion, au moment où elle se fait; le premier l'exprime sans idée accessoire; le second la présente comme fâcheuse et rendant difficile à distinguer ce qui devrait être clair et en bon ordre.

BROUILLANT {brou-llan [H mil.]), ANTE adj . Qui brouillo : Un homme d'esprit, mais fort bhodillant. (Gourville.)

BROUILLARD {llar' [Il mil.) — aoc. brouillas, proprement Chose brouillée) n. m. Météor. Amas do vapeur d'eau, visible et très rapproché do nous : Le BHomLLAitu cause en mer de terribles collisions.

— Par ext. 'Vapeur, gaï plus ou moins opaque : i\otre air est un vrai BBoniLLARD gui nous doit altérer la couleur du ciel, du soleil et des étoiles. (Fonten.)

— Fig. Obscurité, nuage : Tout un monde inconnu est sorti des brouillards oit disparaissaient les temps antéhistoriques. (A. Révillo.) N Tristesse, mélancolie : J'ai mon BRooiLLARoei mon beau temps au dedans de moi. (Pascal.)

— Loc. fam. Voira travers un brouillard. Voir trouble, comme si l'on avait un brouillard devant les yeux. Il N'y voir que du brouillard. N'y rien voir, ne pas comprendre.

Il Etre dans tes brouillards. Etre dans les fumées du vin, être à moitié ivre.

— Loc. prov. Créance hypothéquée sur les brouillards dela Garonne, de la Seine, etc., Créance qui n'a pas de fondement, dont rien no garantit le payement.

— Comm. Registre sur lequel on inscrit les opérations sans autre ordre que celui de leur date. 11 On l'appelle

aussi BRODILLON, et MAIN COURANTE.

— Adjectiv. Papier brouillard. Papier non collé et propre à sécher l'encre fraîche. (Les caractères s'y impriment brouillés et sans netteté, ce qui lui a fait donner son nom.)

— Encycl. Phys. 11 y a beaucoup d'analogie entre les brouillards et les nuages, et l'on pourrait dire que les brouillards sont des nuages en contact avec le sol. De Saussure observant, à l'aide d'une lentille, les globules aqueux des brouillards et des nuages, reconnut qu'ils étaient creux, à la manière dos bulles de savon, et il les nomma pour ce motif vapeurs vésiculaires. Ce phénomène se produit toutes les fois que l'air saturé d'humidité subit un refroidissement, ou encore lorsque le sol humide est plus chaud que les couches d'air qui le recouvrent. Les circonstances qui président à la formation du brouillard sont fort différentes de celles qui accompagnent la rosée. Quand celle-ci se dépose, le sol est toujours plus froid que l'air; c'est le contraire pour le brouillard : le sol humide est plus chaud que l'air, et les vapeurs qui montent deviennent visibles comme celles qui s'élèvent au-dessus de l'eau bouillante.

Quelquefois les brouillards, au lieu de s'élever dans l'atmosphère, semblent au contraire se précipiter vers la terre. Ce phénomène se manifeste principalement aux époques de dégel. A ce moment, les couches supérieures de 1 air sont plus chaudes que les couches inférieures en contact immédiat avec le sol, d'où il résulte que les premières, venant se mêler à celles-ci, laissent précipiter une {)artie de leur vapeur, qui se condense et forme un brouilard. Cependant, les brouillards ne peuvent se former quo si la force élastique de la vapeur d'eau dans l'air devient égale à la force élastique maximum de cette vapeur à la température ambiante. Mais le brouillard ne se forme pas toutes les fois que cette condition est remplie. Un savant anglais, John Aitken, en 1882, a montre que le brouillard ne se forme pas, même lorsque la force élastique de la vapeur est notablement supérieure à la force élastique maximum normale, qu'il y a en quelque sorte survaporisation, toutes les fois qu'il n y a pas de particules solides pour servir de noyaux de condensation. Ce serait aux fumées de sulfite d'ammoniaque, dont les usines de Londres déversent annuellement des milliers de tonnes, que l'atmosphère de la Tamise doit en partie ses perpétuels brouillards. Le

Ehénomène de la survaporisation, comparable à celui de 1 sursaturation et de la surfusion , permet d'expliquer également la formation presque subite de nuages dans les régions élevées. Les poussières y étant rares, la vapeur d'eau peut y dépasser de beaucoup sa force élastique maximum normale, jusqu'au moment où des poussières survenant forment tout à coup un noyau, autour duquel la condensation s'effectue rapidement.

Il arrive souvent (^ue les brouillards répandent une odeur plus ou moins desagréable ; cet effet paraît devoir être attribué à la présence de matières étrangères que les vapeurs vésiculaires tiennent en suspension.

On donne assez improprement le nom de brouillard sec à un phénomène qui est uniquement dû à la fumée ou à des cendres d'une grande ténuité qui so répandent dans l'atmosphère. On observe ces brouillards dans le voisinage des volcans ou à la suite d'un grand incendie, celui d'une forêt vierge par exemple. Ce sont des brouillards do ce

une mauvaise

fleurs en produisant un gonflement excessif de leurs anthères. En automne, ils peuvent tacher les fruits. Les animaux sont aussi très sensibles aux brouillards, car ceux-ci, bons conducteurs de la chaleur, peuvent provo-

3uer sur eux des refroidissements pernicieux; d'ailleurs, ans les contrées marécageuses, ce sont souvent les véritables propagateurs des fièvres.

— Comptab. Dès l'origine du commerce moderne, c'està-dire au xv< siècle, l'usage s'établit, chez les marchands,

do la succession dos opérations. Co brouillon, oue l'on a appelé brouillard, ou ynain courante — de ce qu'il était fait d ordinaire d'une main do papier — était transcrit ensuite au not sur le journal du commerçant, tenu soit à partie simple, soit â doubles parties. V. comptabilité, et tem;e

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