‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 503 sur 956 · CANNE — CANNELLE · texte numérisé non relu

CANNE — CANNELLE

et on les désignait plus habituellement sous le nom de bâions. Celles qui renfermaient des lames, comme le dolo latin, ont été appelées, au xvi« siècle, « brandestocs ■ ou « brindestocs ». Leur mécanisme en faisait plutôt des cannes à dard que des cannes à épée, au sens moderne du mot, et ces dernières ne datent que de la fin du xviii* siècle.

— Dr. Canne à épée- La loi du 14 août 1885, qui a rendu libres la fabrication et la vente des armes blanches, n'a pas abrogé les prohibitions de la loi du 24 mai 1834 concernant le port des armes. (V. arme.) Donc le port d'une canne à épée constitue le délit de port d'une arme prohibée.

— Gymn. Escrime de la canne et du bâton. L'escrime du bdlon court, manié d'une seule main, et du bâton long, manié à deux mains, fut cultivée, dès une époque reculée, soit comme escrime spéciale, soit comme préparation au maniement de l'arme blanche. On a constaté notamment de curieux exercices de bâton court chez les Egyptiens, chez les Grecs et les Romains.

■ , dans le duel judiciaire, rs, la canne n'est pas seulement un appui, ou une sorte d'ornement, d'accessoire ; c'est une arme défensive et offensive d'une grande utilité.

Le maniement en est enseigné surtout dans les salles de boxe. En assaut, on se sert de gants et de masques de salle d'armes (masques de contre-pointe).

On prend la canne à environ 2 centimètres du gros bout. Le pouce, séparé des autres doigts, est allongé sur la canne, les autres doigts sont réunis au-dessous de la canne, dans la position delà garde, qui équivaut à la garde de tierce au sabre. (Un certain nombre de professeurs conseillent de tenir le pouce sur les autres doigts et recommandent une autre garde. La main gauche est placée derrière le dos, de façon à n'être pas atteinte par les mouvements que l'on fait soi-même avec la canne.)

Dans l'escrime de la canne, les coups de bout, portés avec le bout de l'arme, représentent ce qu'on appelle, dans l'escrime à l'arme blanche, les coups de pointe; et l'on nomme spécialement coups de canîie les coups correspondant aux coups de tranchant au sabre. Ils se portent avec plus de développement que ceux-ci, c'est-à-dire avec plus d'élan. On exécute alors des mouvements de moulinets en taisant décrire à la canne des cercles à gauche ou adroite du corps, ou au-dessus de la tête. (Si l'on ne donne pas à certains coups le développement voulu pour qu'ils soient efficaces, on appelle cela tirer devant, parce qu'il n'y a pas eu assez d'élan pris en arrière).

Les coups de bout eux-mêmes demandent à être pris avec un certain élan en arrière, du moins en attaque. Ils se portent de préférence au creux de l'estomac et à la figure. Avec une canne très lotirde, comme une canne dite «d'entraînement», ils sont les seuls pratiques, car cette arme n'est pas assez facilement maniable pour les coups de canne proprement dits. Parfois, à courte distance, on prend la canne vers le milieu, de la main droite, ou on la prend des deux mains, en mettant la main gauche vers le milieu ; dans le second cas, le coup de bout arrive avec d'autant plus de force. A l'occasion, on frappe du gros bout de la canne.

Les coups de canne proprement dits ou simplement coups de canne sont : le coup de tête, le coup de figure à droite, le coup de figure à gauche, les coupés ou brisés (k droite ou à gauche) visant la figure, l'épaule ou le bras, le coup de manchette visant la partie supérieure do l'avant-bras, les enlevés visant l'avant-bras par-dessous ou les parties sexuelles, les coups de flancs, les coups de jambes. Tous ces coups sont pratiques dans le combat réel, avec cette restriction que les coups de flancs sont moins efficaces, surtout s'ils sont amortis par des vêtements.

Les parades, à la canne, sont ; \si prime haute, Ict prime, la prime basse, la seconde, la tierce, la quarte, et parfois lai quarte haute.

Outre les parades proprement dites, on peut éviter, esquiver les coups, en rompant ou simplement, lorsqu'il 1 coup à lajambe ou au bras, en retirant la jambe

) jetant rapidement de côté, pour chercher à le frapper aussitôt.

Tous les coups de canne en attaque peuvent se faire en ripostes, autrement dit en répliques à l'attaque après avoir paré. (La contre-riposte est la réplique à la riposte.) En exécutant les coups de canne, il faut, en riposte comme en attaque, un certain développement ; mais, en riposte, on ne développe pas toujours autant, on ne prend pas toujours autant d'élan.

Un doublé est la répétition d'un même mouvement d'attaque, le premier servant d'ordinaire de feinte pour un cireur exercé. On double les coups de tête et particulièrement les coups de figure. Les doublés à la figure forment des moulinets horizontaux, très utiles pour tenir à distance plusieurs adversaires. II en est de même des voltes, mouvements formant ce qu'on appelle la voltige à la canne. Les voltes sont des mouvements qui, à la leçon, s'exécutent en marchant, en changeant de garde, en tournant, en voilant. Ce sont surtout des mouvements de coups de figure.

Le bâton à deux mains, ou simplement le bâton, est en somme, une canne plus longue que la canne ordinaire et se maniant à deux mains, soit à cause de la longueur, soit en raison du poids de l'arme. On saisit le bâton par le gros bout, et l'on place la main droite à environ 0",30 du talon; la main gauche vient se placer à côté et en arrière de la main droite. Le pouce de la main droite est séparé des autres doigts et allongé le long du bâton. Toutefois, cette ' i pouce a moins d'importance qu'à la canne. On . le pouce de la main gaucne sur les autres doi^s. La luiim droite dirige les coups ; la main gauche est simplement son auxiliaire et doit la seconder avec souplesse. Dans la garde, on présente, comme à la canne, le côté droit, à moins d'être gaucher. Ajoutons, cependant, que l'on enseigne aussi, notamment dans la méthode de Joinville, à faire du bâton en garde à gaucho, comme en garde à droite. Les jambes sont un peu plus décroisées, et on a un peu plus de garde qu'à la canne, pour cause d'équilibre. Mômes principes pour le développement des coups de bâton que pour celui des coups de canne, en prenant ces deux expressions dans le sens correspondant aux coups de tranchant, au sabre. Les coups de bout (correspondant aux coups de pointe) sont plus rares au bâton qu'à la canne, surtout entre adversaires exercés. On emploie même dans ce cas le gros bout du bâton, autrement dit le talon.

Comme coups de bâton proprement dit, citons : lo coup de télé, le coup de figure à droite, le coup de figure à gauche,

les coupés ou h-isés, les coups de flancs (devenant des coups de reins si l'adversaire présente plus ou moins le dos), les coups de jambes.

Au bâton, le coup de manchette, indiqué à la canne, es^ remplacé de préférence par un coupé, comme coup sur l'avant-bras. D'autre part, les enlevés ne sont efficaces au bâton, que lorsqu'on atteint le bas-ventre.

Au bâton, les parades sont : la prime haute, la prime, la seconde, la tierce, la quarte, parfois la quarte haute, et des parades volantes en forme de moulinets, pour parer les coups de flancs et les coups do jambes. Ces parades volantes sont même des parades-ripostes , tellement la riposte est liée au mouvement de la parade.

Les observations faites, pour la canne, au sujet des doublés et de la voltige sont également â faire pour le bâton.

— Pêch. Une canne à pêche se compose, en principe, d'une longue gaule très flexible en même temps que résistante, à l'extrémité de laquelle s'attache le fil ou bannière

pêche

qui porte l'hameçon. Ces cannes étant peu maniables, on a cherché â faciliter leur emploi tout en leur des longueurs appropriées aux divers modes auxquels elles servent. On partage la canne en un certain nombre de parties sectionnées qui s'emboîtent les unes dans les autres. La plupart dos cannes actuelles sont construites en roseau ou en bambou qui résiste beaucoup mieux â l'action de l'humidité. La partie de la canne à pêche la plus délicate est le scion, consistant en une tige très mince de coudrier ou de bambou. Le scion doit, tout en étant d'une extrême flexibilité, être très résistant, afin de ne pas se briser lorsque le poisson pris se débat.

Canne à sucre, nom vulgaire d'une graminée de la tribu des pbalaridées du genre saccharum (saccharum spontanum ou saccharum officinarum), à tige pleine et non évidée à son centre, composée d'uue moelle générale, à tissu cellulaire gorgé de suc sucré, parcourue par de nombreux faisceaux fibro-vasculaires, qui en forment la charpente et qui sont plus condensés au voisinage de l'écorce, lisse et dure.

— Enctcl. La tige principale, dans la canne à sucre, est un rhizome souterrain, donnant naissance à de nombreuses racines adventivos et à des tiges secondaires aériennes, pourvues de nœuds qui sont les insertions des feuilles, engainantes, rubanées, disposées surdeux rangs. Lesfleurs terminent les tiges en une panicule ample.

L'origine géographique de ce végétal est fort obscure. Los recherches de de Candollf bilités sur l'indigénat de la canne à sucre dans l'Inde ou les îles adjacentes. L'introduction de cette précieuse graminée aurait été faite par les Arabes au âge en Egypte,

i donnent qi

moye

dans le midi de l'Espagne, où la culture en a été florissante jusqu'à ce que l'abondance du sucre des colonies ait obligé d'y renoncer. Peu à peu, son extension gagna les îles Mascareignes, le Mexique, les Antilles, etc.

La variation de l'espèce semble être portée au plus haut degré pour la canne :

on en a compté plus de soixante variétés pour Taïti et une quarantaine aumoins en Nouvelle-Calédonie. Ces distinctions consistent dans la grosseur et la couleur de la tige, qui peut être blanche, jaune, v.erte ou rayée de deux

rouge

rémunératrice que

La culture de la canne qu'elle est faite en grand ; betterave, les prix du sucre ont beaucoup baissé, et les petits planteurs ont dû renoncer à l'exploitation de la canne à sucre. La canne n'est vraiment productive qu'au dedans des tropiques. Un climat chaud, avec alternances d'humidité et de sécheresse, est indispensable. Les contrées insulaires sont favorables, et la brise de mer, qui nuit à d'autres cultures, est supportée par la canne. Les vallées qui ne sont pas trop humides, à sol peu compact et profond, sont préférables aux coteaux. Les sols variés peuvent convenir à la canne ; cependant, un sol argilo-siliceux avec alluvions n'aura d'égal que celui de décomposition de roches volcaniques pour cette culture. Il ne faut pas que la chaux fasse défaut.

Le mode de multiplication de la canne est le bouturage, sauf les cas rares où l'on veut régénérer le plan par des semis. I/os semis de graines se font couramment dans certaines colonies anglaises et hollandaises, et l'obtention de nouvelles variétés, plus productives ou résistant davantage aux parasites, qui atteignent avec plus d'énergie des cannes fatiguées par une longue culture, est bien connue des praticiens habiles. Pour le bouturage, on procède en coupant le sommet des cannes à deux ou trois nœuds et en rabattant les feuilles, ce qui constitue la bouture ayant ainsi 0'»,30 à 0",40. La distance à observer entre chaque pied est de 1",50 dans un sens et de 2 mètres entre chaque rangée. La canne arrive à maturité, suivant les pays, à douze, à quinze ou dix-huit mois, et en atteignant une hauteur dont le minimum est 3 mètres, et le maximum 6 et 7 mètres dans les meilleures terres.

On distingue deux sortes de plantations : celles de cannes de pian;, et celles de repousse ; les premières issues de boutures récentes et donnant des produits plus abondants les deux premières années.

La coupe des cannes doit se faire aussi près de torro

que possible, surtout parce que la partie inférieure est plus riche en sucre que la partie supérieure. En bonne culture, un pied de canne peut donner 19 livres de jus, produisant près de 2 kilogr. de sucre brut. A l'hectare, et dans les mêmes conditions, on peut obtenir environ 60 tonnes de cannes, mais ce chiffre peut varier suivant les régions et la nature du sol.

Les engrais en usage sont principalement les matières azotées : fumier, guano, etc., et, depuis la vogue des i grais artificiels, ceux-ci ont été mis à

S endant, parfois on amende le sol avec u calcaire, lorsque celui-ci fait défaut. Les éléments minéraux qui dominent dans la canne sont la potasse, la chaux et la silice, prise dans le sol à l'état de silicate qui s'y trouve naturellement. — Les feuilles tendres de la canne sont données au bétail, et la boqasse (ou résidus de la tige), après

tible ou de fumure.

CANNE n. f. Gros récipient en cuivre, étamo â l'intérieur; usité en Normandie. (Les cannes servent à transporter à la ferme le lait, provenant des vaches traites dans les prairies.)

CANNÉ, ÉE adj. Se dit des chaises dont le siège est fait avec du rotin divisé en lanières minces, ou du roseau tressé de manière à former un treillis.

CANNEAU [ka-no) n. m. Sorte de cannelure architecturale, appelée aussi godbon.

CANNEBERGE ou CANEBERGE (6prj') n. f. Nom vulgaire de l'airelle des marais ou oxycoque.

CANNEBIÈRE ou CANEBIÈRE {bi-èr — rad. canèbe, nom provenç. du chanvre) n. f. Syn. de chènevière, dans le sud-est de la France.

Cannebière (la), nom donné à une grande et Ijelle rue de Marseille, qui commence au Port- Vieux, longe la place de la Bourse et se continue, sous le nom de rue « de Noailles », jusqu'aux allées do Meilhan. Cette voie, qui occupe probablement l'emplacement d'une ancienne chènevière (d'où son nom), est célèbre par ses hôtels, ses cafés et ses maisons monumentales.

CANNÉES (du lat. canna, balisier) n. f. pi. Bot. Syn.

de CANNACÉES.

CANNELADE n. f. Fauconn. Curée formée d'un mélange de cannelle, de sucre et de moelle de héron.

CANNELAS {la — rad. cannelle) n. m. Dragée à la cannelle : Cannelas de Verdun.

CANNEL-COAL {col ■ fossiles, recherchés à c les appelle aussi candel-coal, ou candle-coal.

— Enctcl. Les cannels fournissent 308 à SSO"' par la distillation de 1"*, la houille ordinaire n'en produisant que 253"'. On sait CV. bogheaos) que certains combustibles fossiles doivent leur existence à l'accumulation d'algues microscopiques, composée souvent d'une seule espèce, l'espèce changeant avec la localité. D'après des recherches récentes, les cannels anciens auraient été formés également par des débris végétaux, où dominent non plus des algues, mais des fructifications de cryptogames, telles que macrospores, microspores de lycopodiacées, spores de fougères, etc. Les cannels du terrain houiller supérieur renferment plus particulièrement des spores de fougères et des grains de pollen. Ces restes divers, plus ou moins désorganisés par les bactériacées, sont réunis par une substance amorphe, matière fondamentale, qui parait avoir joui d'une certaine fluidité : elle renferme en outre des bactériacées appartenant au genre micrococcus.

CANNELÉ n. m. Techn. Genre de croisement qui produit Icv éi.iii.s rouvertes de cannelures ou saillies et creux, ii;nis\''rsaux ou longitudinaux, tantôt continus, tantôt iiiierroniiuis. Il Tissu fabriqué au moyen de ce genre de croisement. (On lui donne souvent le nom de reps.)

— Manuf. On donne le nom de cannelés aux cylindres munis de cannelures qui, dans les métiers à filer, entraînent dans leur rotation les mèches, afin de les conduire aux bancs à brocher, à filer, etc.

CANNELER v. a. Orner de cannelures : Canneler une colonne.

— Par ext. Marquer de sillons parallèles semblables à des cannelures : La mer, en se retirant, sillonne ta grève de flaques d'eau et la cannelle de stries. (Th.

Cannelé, ée part. pass. Qui porte des cannelures : Colonne cannelée. Pilastre

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