‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 583 sur 956 · CARNAGE · texte numérisé non relu

CARNAGE

Massacre, tuerie d'hommes

CARNAGES effroyables. (Boss.) Faire un carnagk

— Equarriss. Nom donné à toute espèce de charogne.

— "Véner. Chair des animaux qu'on donne en pâture aux chiens : // est à propos de faire manger, de temps en temps, du CARNAGE aux chiens; cela les purge, (E. Chepus.) ii Charogne, proie vivante ou morte dont les animaux carnassiers font leur nourriture : Loup éventant un carnage. Les fouines ne vivent que de carnage.

— SïN. Carnage, boucherie, massacre, tuerie. Carnage exprime surtout une idée de destruction sanglante, et, autrefois, s'entendait presque exclusivement de la tuerie à l'arme blanche. Boucherie fait penser à de nombreuses victimes qui sont tuées impitoyablement et n'importe comment. Le massacre suppose qu'on n'épargne personne, qu'on frappe indistinctement et qu'on écrase tout ce qu'on rencontre sous ses coups. Tuerie est le terme le plus vulgaire ; il s'emploie dans le Style familier, ou pour exprimer que beaucoup de personnes out péri dans une grande foule, dans une bagarre, etc.

CARNAL n. m. Mar. anc. Grand palan de la galère, aux XVI* et xvii* siècles : Les caknadx sont les cartahus de nos vaisseaux modernes.

— Dr. féod. V. carnalage.

CARNALAGE (laf) ou CARNALAT (la) n. m. Anc. dr. Droit qu'avait, d'après quelques coutumes du midi de la France, le propriétaire d'un héritage de tuer et de s'approprier les bestiaux trouvés sur sa terre, pour réparation du dommage qu'ils avaient causé. (Ce droit a été aboli sans indemnité, le 13 avril 1191.) il Nom donné aussi à une prestation de viande due au seigneur par les bouchers établis sur son territoire.

CARNALBUMINE (du lat albumine) n. f. Albumine ex des animaux, qui dévie de '■

3, carnis, viande, et de de la chair musculaire srs la droite la lumière polarisée et appartient au groupe d'albumines animales coiigulables par l'alcool. (Elle s'extrait des albumines précipitées par ce réactif et non solubles dans l'eau.)

CARNALETTE [lèf — rad. camal) n. f. Petit palan des galères ; Armer la carnalbtte à proue.

CARNALLITE (de von Karnall, n. pr.) n. f. Nom donné par H. Rose à un chlorure double hydraté de potassium et de magnésium, qui a été trouvé à Stassfurt et en Perse. (On l'exploite industriellement depuis 1858, pour les besoins de l'agriculture.)

Carnarvon ou Caernarvon, ville de la Grande- Bretagne (pays de Galles, comté de Carnarvon), sur le détroit df Menai ; O.Sdl hab. Commerce d'ardoises. Port difficile, et cepciiilaiit fréquenté. Carnarvon est située non loin de la station romaine de Seguntium, dont on voit encore les ruines. Ces ruines servirent, sous Edouard I", à construire, vers 1283, un château fort. Pendant la première révolution d'Angleterre, le château fut pris, perdu, repris par- les Parlementaires (1644-1646). Dans le voisinage, sources d'eaux minérales et thermales ; dolmens. Musée d'antiquités romaines. Patrie d'Edouard II. Ch.-l. d'un comté peuplé de 118. 185 hab., sur 1.457 kilom. carr.

Carnarvon, ville maritime de l'Australie (Tasmanic), dans la presqu'île de Tasman; 2.085 hab. Ancien établissement pénitentiaire ; séjour estival fréquenté.

Carnarvon (Henry Howard Molyneux Herbert, baron Pobchester, -i» comte de), homme politique anglais, né à Londres en 1831, mort en 1890. Il entra dès sa majorité (1852) à la Chambre des lords. Sous-secrétaire d'Etat aux colonies en 1 859, secrétaire d'Etat au même département en 1866, dans les deux cabinets Derby, ensuite ministre des colonies dans le cabinet Disraeli (1874), il se retira par suite de son désaccord avec le premier ministre au sujet

1 la politique :

1 Orient (1878), et reparut a

unstitua le Canada suivant les principes fédi qui régissent les Etats-Unis. En ce qui concerne la question d'Egypte, il se déclara pour l'annexion pure et simple, en 18sy. Il a laissé quelques ouvrages, entre autres : Ihe Druses of Moimt Lebanon (1860), et Réminiscences of Athens and Ihe Marea (1869).

CARNASSE n. f. Nom donné, dans les fabriques de colle forte, aux colles-matières tendineuses et membraneuses et qui servent potir la fabrication de la colle forte.

CARNASSIER (na-si-é), ÈRE (dérivé du provenç. carne, chair) adj. Qui se nourrit de chair : La canine est l'attribut dislinclifdu mammifère carnassier. (J. Macé.)

— Par ext. Se dit des personnes qui aiment beaucoup la viande, qui en mangent beaucoup : Les Anglais sont très carnassiers.

— Anat. Dent carnassière ou substantiv. Car Dent comprimée, à couronne tranchante, qui existe de chaque côté de la mâ-

hoire, chez les mammifères carna

de la

mal Carnivore, que le premier est constitue de manière à vivre uniquement de chair et qu'il a reçu de la nature des armes qui lui permettent de faire continuellement la chasse à d'autres animaux; tandis que le i que mangeant ordinairi chair, use quelquefois d'uni

Dent

iture Mais

nassier pour désigner l'animal qui, bien ï '-^^H {l {^"\ que simple Carnivore, préfère la chair à tous les aliments, et semble se complaire dans le carnage. CARNASSIERS {na-si-é — même étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. pi. Ordre de mammifères, renfermant ceux faits pour dé-

Enctcl. Les i

incisives à chaqu

une molaire tranchante d autres molaires tuberculeuses ; les doigts, en nombre variable suivant les familles, sont armés de griffes ordinairement acérées et tranchantes. Les carnassiers se divisent en six familles : ursidés, mustélidés , viverridés, félidés, canidés, hyénidés.

CARNASSIÈRE ( na-si-èr' — provenç. carnassiera) n. f. Sorte de gibecière dans laquelle les chasseurs portent le gibier.

CARNAT (na.) n. m. Variété ferrugi-

CaRNATIC, contrée de l'Inde.V.K

CARNATION (si-on — du lat. caro. :__ ^,

cai-nis, chair, sous l'influence de l'ital "" — " ■

carnagione) n. f. Peint. ReprésentatHii du nu par le coloris : Des carnatio.ns vives, chaudes, froides.

— Par ext. Couleur des chairs d'unr ' ' n' personne : Le hâle flétrit les carnations

délicates. ' .'rna"i"i'.

— Blas. Se dit des parties du corps

humain qui sont représentées au naturel, c'est-à-dire avec les couleurs qui leur sont propres.

CARNATITE (de Carnalic, n. de pays) n. f. Nom donne par Breithaupt à une variété de labrador, trouvée sur la

CARNAU {no) n.m. Techn. Syn. de carneac. V. ce mot

— Mar. V. CAR.

CARNAUBA (n. brésil.) n. m. Nom vulgaire, au Brésil, de la cire qui découle des feuilles d'un palmier qui croît au Brésil, le copemica cerifera.

CARNAVACA n. m. Sous-genre d'oiseaux échassiers du genre œdicmène, renfermant une seule espèce de l'Jnde {camavaca recurvirostris). V. œDiCMiiNE.

CARNAVAL (de l'ital. camevale, mot d'orig. douteu.^e, qui désignait primitivem. le mardi gras) n. m. Temps de réjouissance qui s'écoule depuis l'Epiphanie jusqu'au mercredi des Cendres, il Mascarades, réjouissances auxquelles on se livre durant le même temps, et particulièrement durant les jours gras ; Le carnaval de Nice est très couru.

— Par ext. Mannequin grotesque, qui, dans certaines contrées, personnifie le carnaval, et qu'on brûle ou qu'on enterre le jour des Cendres. (Carnaval, ici, devient une sorte de nom propre) : Enterrer, Brûler Carnaval, il Personne de mise grotesque, ridicule ; Quel carnaval !

— Fig. Côté, genre grotesque : Il y a un peu de carnaval dans le sérieux de Guy Patin. (Ste-Beuve.)

— Ambassadeurs de carnaval. Hist. Nom que l'on donna à des députés envoyés auprès du pape, pour réclamer contre les ordonnances par lesquelles saint Charles Borromée fixait au mercredi des Cendres le commencement du carême, qui ne s'ouvrait auparavant, à Milan, que le lundi suivant, et avait alors exactement quarante jours.

— Loc. PROV. : Il est triste comme s'il venait d'enterrer Carnaval, Il est triste comme l'on est après des réjouissances auxquelles succèdent des privations, il H est vêtu comme un Carnaval, Il est vêtu d'une façon grotesque, comme les masques du carnaval, n Jeûner en carnaval, Etre très pauvre, réduit à de très grandes privations.

— Encycl. De toute antiquité, les différents peuples ont institué des fêtes joyeuses. C'est ainsi que l'on trouve les fêtes d'Isis et du taureau Apis, chez les Egyptiens; la fête des sorts, chez les Hébreux; en Grèce, les bacchanales ; àRome,les lupercah^. le-! ■satunmh-!. etc. Festins, musique bruyante, danses, >!■ niv.m. i,u li.,^nce extrême, formaient le fond de 'i ! , :ii Les Gaulois, de leur

la grande

côté, avaient des l.

fêted'hiver : la cucillni,. ,1,1 LUI Ait,

besoin d'expansion subite des penchaij, explosion de folie passagère, tiennent Mi,', ,, même de l'homme, que l'Eglise, aiir, : i

christianisme, n'essaya point de s'y oiijn , r , ,,ii,[,i, ,,■ ment. Sans doute, TertuUien, saint Cyprien, saint Clcmcni d'Alexandrie, saint Jean Chrysostome, devaient un jour condamner les danses, les plaisirs bruyants, la débauche cherchant à s'abriter sous le masque ; sans doute, le pape Innocent lU devait en faire l'objet de plusieurs décrétâtes ; mais, en condamnant les abus, l'Eglise ne blâma pas les réjouissances elles-mêmes. Au contraire, elle chercha à donner satisfaction d'une manière innocente à un besoin qui est dans la nature, soit en instituant des fêtes liturgiques, soit en prenant direction de diverses autres fêtes, comme, au moyen âge, celle de l'Ane, celle des Fous, des Innocents, etc.

Le temps de l'année consacré à la célébration de la fête païenne fut adopté par les chrétiens, dont le carnaval commençait primitivement au 25 décembre, et embrassait

t — oa

. Dans

les fêtes de Noël, du jour de l'an et de l'I le monde nouveau, comme dans le monde un déplacement fictif des conditions, une supposition d'égalité entre les personnes, des jeux, des travestissements, des festins, des danses, etc.

Le carnaval du moyen âge, moins dissolu que celui de l'antiquité, était trivial encore et grossier. La cour de Cliarles VI mit à la mode les bals masqués, et c'est un bal masqué qui faillit coûter la vie au royal insensé, déguisé en ours.

L'influence de l'Italie, à la suite du xv et du xvi> siècle, mit en vogue les mascarades publiques. Les bals masqués de l'Opéra, institués par une ordonnance du régent du 31 décembre 1715, ranimèrent le goût de la nation pour la moquerie, l'intrigue et le plaisir facile. Ces bals, qui avaient lieu trois fois par semaine à dater de la Saint-Martin (11 novembre), jusqu'à la fin du carnaval, eurent un succès

Ciigieux, qui durait encore quand éclata la Révolution, carnaval reprit avec fureur en 1799. Sous l'Empire, il fut livré aux costumes militaires, et les bals masqués semblaient encore unq de ces revues dont le spectacle se renouvelait si souvent.

Aujourd'hui, malgré des tentatives parfois heureuses de résurrection, le carnaval, considéré comme « institution publique », semble mort à peu près partout. En France, cependant, on peut signaler la vogue persistante du carnaval de Nice.

— Dr. Dès une époque ancienne, on a pris des mesures, en France, pour préveDir les désordres, et même les crimes, qui se produisaient au temps du carnaval, à la faveur des déguisements. Le Parlement rendit de nombreux arrêts à ce sujet, au xvi" siècle. Il y eut diverses ordonnances de police, au xviii" siècle . Le carnaval fut interdit de 1790 à 1798. Depuis cette époque, les corps municipaux publient chaque année une ordonnance de police visant la loi des 16-24 août 1790, certains articles du code pénal, et plus tard les lois des 7 août 1850 et 10 juin 1853 et interdisant, notamment, de paraître sur la voie publique avec des armes ou des bâtons ; de se masquer avant ou après certaines heures; de prendre des déguisements de nature à troubler l'ordre ou à blesser la décence ; de se permettre des mots grossiers ou des provocations injurieuses; de jeter dans les maisons, ou dans les voitures, ou sur les personnes, des objets pouvant causer des blessures, endommager ou salir les vêtements.

Carnaval de 'Venise (le), opéra -ballet en quatre actes, paroles de Regnard, musique de Campra, représenté à l'Académie royale de musique le 28 février 1699. C'est le seul opéra dont Regnard ait écrit les paroles.

Carnaval de 'Venise (le) , opéra-comique en trois actes, paroles de Thomas Sauvage, musique d'Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 9 décembre 1857.

Le compositeur y a écrit d«s variations charmantes sur le thème fameux du Carnaval de Venise.

Carnaval de 'Venise (le) Chanson vénitienne (0 Mamma!) que Paganini a rendue célèbre en l'appropriant à son instrument et en la jouant sous ce titre avec les vingt variations composées par lui sur ce thème. L'illustre violoniste avait mis cet air à la mode, et il suscita beaucoup d'imitations, bien que son Carnaval de Venise n'ait été publié que longtemps après sa mort, en 1851. Un autre violoniste, Henri Ernst, a donné, lui aussi, des variations sur ce thème, que Victor Massé a introduit dans son opéra de la Reine Topaze. Voici le texte de ce chant, tel que Paganini l'a transcrit pour le violon :

Moderalo

Carnaval de Veniae.

Carnaval du Parnasse (le), ballet héroïque ou opéraballet en trois actes et un prologue, paroles de Fuzelier, musique de Mondonville, représenté à l'Opéra le 23 sepionibre 1749. Cet ouvrage est le premier que la ville de Paris, ûui venait de prendre à son compte la direction de 1 Opéra, fit représenter sur ce théâtre.

Carnaval et la Folie (le), comédie-ballet en quatre actes et un prologue, paroles de Houdard de Lamotte, musique de Destouches, représentée à l'Académie royale de musique, le 3 janvier 1704. Cet ouvrage fut inspiré par l'Eloge de la folie, d'Erasme.

CARNAVALESQUE {lèssk') adj. Qui a rapport au carnaval : Folies carnavalesques.

— Par ext. Qui conviendrait au carnaval ; grotesque : Accoutrement carnavalesque.

Carnavalet (hôtel). Cet hôtel est situé, à Paris, à l'angle des rues des Francs-Bourgeois et de Sévigné. Construit en 1544 par Jean Ballant, sur les dessins de Pierre Lescot, pour le président au parlement Jacques des Ligneris, seigneur de Crosnes. Il ne reste guère de l'édifice de Jean Bullant que la façade du fond de la cour, décorée des Saisons, qu'il est peut-être téméraire d'attribuer à Jean Gonj,,,, ,:-^ ,';> 'II' l'ortainement l'œuvre de ses élèves. Ll," , ,, lartie au siècle suivant,

par Jean Andruu' , puis reconstruit par

François Mansait , '. , .,,,, m fut la locataire, de 1677 à 1696. Depuis ij. ILcvul 111 .II. 1 hôtel Carnavalet devint tour à tour le siège de la Dirci^tion de la librairie, de l'Ecole des ponts et chaussées, d'une entreprise de roulage, d'une institution. La ville de Paris en fit l'acquisition, en 1866.

Après les incendies de la Commune, on songea à Carnabibliothèque historiqu

ciale à Paris. Jules Cousin ofl'rit sa riche collectii chargé de cette reconstitution. H annexa à cette bibl, thèque les premiers éléments d'un musée historique pa sien, dont la création fut officiellement reconnue enMS'

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