CHANOINIE — CHANSON
gros revenus et offraient aux filles cadettes des grandes maisons un établissement avantageux. Les abbesses possédaient do véritables droits seigneuriaux. La Révolution supprima les chapitres de chanoinesses ; l'Allemagne en compte encore un certain nombre.
CHANOINIE {ni) n. f. Bénéfice ou titre de chanoine : Posséder une chanoinie.
GhaNONAT, comm. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 9 kilom. de Clermont-Ferrand, dans une gorge des monts Dôme, sur l'Auzon ; l.ou hab. Source minérale froide. Jacques Delillo y passa les premières années de sa vie.
CHANOS (noss — mot arabe) n m. Nom vulgaire ou tombé en désuétude de divers poissons du groupe des muges, appartenant au genre lutodeîra. Lechanos d'Aldrovande est le muge noir {tetragonurus Cuvieri).
CHANQUE {chank') n. f. Nom que les résiniers donnent à une sorte d'échelle de perroquet, n'ayant qu'un montant
récolter la
Châns,
Birmans
: sont toujour:
plus spécialement appliqué aux populations du bassin supérieur de l'Iraouaddy et à celles de la partie moyenne du bassin de la Salouen. — Un OhAn.
— Encycl. Au point de vue anthropologique, ces populations diffèrent quelque peu les unes des autres; on
leur face saillantes, un nez court et droit . môme horizontaux; leurs che- ; raides.
Les Châns sont d'habiles artisans qui travaillent le fer, tissent, tressent de remarquables chapeaux de paille, et fabriquent des bijoux. Ls sont commerçants et agriculteurs : leurs rizières sont soigneusement entretenues. Ce qui les rapproche le plus les uns des autres, en dehors du bouddhisme, c'est la langue, qui, tout«n étant foncièrement monosyllabique, renferme néanmoins des polysyllabes. Cette langue est parlée jusque dans les provinces méridionales de la Chine.
ChAN-SI, prov. de la Chine septentrionale, entre le Chen-Si à l'O., le Ho-Nan au S., le Pé-Tchi-Li à l'E., la Mongolie intérieure au N., dont la sépare la Grande Muraille et dont une partie lui est rattachée administrativement.La superficie est de 212.000 kilom. carr. (dont 40.000 pour le pays mongol); la population, de 11 à 12 millions d'haljitants (dont 400.000 Mongols environ). La province est riche par son sol, constitué par le loess ou « terre jaune » , sorte de boue argileuse chargée de calcaire et très fertile, et surtout par son sous-sol, qui n'est presque tout entier qu'un immense gisement de houille. Ce gisement aurait une superficie de 85.000 à 95.000 kilom. carr. ; il contiendrait de quoi suffire à la consommation du globe pendant vingt siècles (Richthofen) ; mais, actuellement, l'exploitation est peu importante et l'exportation presque nulle (manque de bonnes routes). La capitale du Chan-Si est Tal- Youa, au centre de la province ; les autres villes, chefslieux de département, sont : Ping-Yang, Pou-'Tchéou, Lou-Ngan, Fen-Tchéou, Kio-Tchéou, Taï-Toung, Ning- Ou, Son-Ping.
— BiBLioGB.: Richthofen, CAina (Berlin, 1882). CHANSON (du lat. canlio, onis, action de chanter) n. f.
Pièce de vers, le plus souvent d'un style badin, divisée en stances égales, appelées « couplets ï, se terminant en général par un refrain, et qui est destinée à être chantée Il Air sur lequel on chante des pièces du même genre : Musicien gui n'a fait gue des chansons.
— Par ext. Poésie, destinée ou non à être chantée : Les CHANSONS des poètes, n Au moyen âge. Poésie lyrique d'un genre élevé, traitée, suivant les règles fixes, par les troubadours et trouvères. [I Chant quelconque, même celui des oiseaux : Les chansons du rossignol, il Suite de cris, ou de bruits ressemblant à des cris, que produisent certains insectes : La chanson des cigales, du grillon, il Bruit quelconque ayant une certaine harmonie : La chanson du vent dans les arbres, du ruisseau sur les cailloux.
— Fam. Propos rebattus et qui reviennent sans cesse, comme un refrain de chanson : Dij^e, Chanter toujours la même chanson, il Balivernes, menteries, contes en l'air : Se payer de chansons, il Remontrances vaines : Se moquer des CHANSONS d'un tuteur.
— Elliptiq. Chanson î ou Chansons! Ce sont des choses, des paroles vaines ou fausses, il Pour des chansons. Pour des choses vaines, insignifiantes, sans importance : Mes plus grands biens, comme mes plus grands mauXy me sont venus POUK des chansons. (J.-J. Rouss.)
— Loc. fam. Mettre en chansons. Ridiculiser, il Voilà hien ou C'est une autre chanson ! C'est une autre affaire, un autre embarras, une difficulté nouvelle, une chose inattendue.
— Chanson à boire. Chanson de table. Chanson bachique, Chanson où le vin est célébré.
— Chanson farcie. Chanson en langue vulgaire entremêlée de latin, en faveur au moyen âge. (La chanson farcie, employée dès le xii» siècle, fut surtout satirique au début ; plus tard, elle devint un simple amusement) :
Bacchus, chez GrégoirË, llâtons-nons de faire
Nobis intperat ; Quad desiderat ;
Et quisqus bibat; Qui sxpe bibat.
— Chanson de geste. Poème épique du moyen âge, où l'on célébrait les exploits des paladins. "V. la partie encycl.
— ■ Loc. PROV. : L'air ne tait pas la chanson, L'apparence n'est pas la réalité. On oppose o!>et chanson, c'est-à-dire apparence et réalité, dans beaucoup de locutions analogues : En avoir /'air, mais non la chanson. En avoir I'air et la chanson, etc. il Le ton fait la chanson, C'est la manière de dire les clioses qui en détermine le sens.
— Allds. litt. iTout Unit par des chansons, Vers célèbre d'un couplet chanté par Brid'oison, dans le Mariage de Figaro, de Beaumarchais. Ce vers caractérise la frivolité particulière attribuée au caractère français, qui finit par ne plus trouver que matière à chansons dans les événements les plus sérieux et même les plus tristes.
— Encycl. La chanson, au sens précis et restreint du mot. a probablement existé de tout temps, mais elle no nous apparaît qu'assez tard. Des premiers âges, en effet, il nous est parvenu de rares « chants », qui sont graves ou mélancoliques, et non pas des chansons. Les premiers noms
:iter, parmi
des auteurs de chansons, paraissent c de Terpandre et d'Arion, dont les scolies célébrèrent l'amour et le vin. Après eux chanta l'inimitable Anacréon, insoucieux, enjoué, toujours souriant et vibrant. A Rome, il eut pour héritier Horace, avant lequel Catulle, Tibulle, Properce et Ovide avaient fait aussi, accidentellement, quelques chansons. Il faut, pour retrouver les chansons, arriver d'un saut jusqu'à la France du moyen âge.
C'est dans le midi de la France, au milieu d'une population plus cultivée et plus prospère qu'ailleurs, enfin dans le voisinage de la civilisation arabe, que cette inspiration nouvelle se fit d'abord jour. L'amour tut lo premier thème de la poésie méridionale, écho mélodieux d'une vie de plaisirs. Puis un autre sentiment, fort ancien et fort populaire en France, anima la chanson : la malice, qui avec bonheur s'empara de la forme rapide, incisive du couplet. Et bientôt, grâce aux doubles forces de l'amour et de la satire, la chanson régna sans partage dans le Nord comme dans le Midi ; alors, trouvères et troubadours composaient à la fois les paroles et la musique de leurs chansons. Il suffit de citer, entre beaucoup d autres, les noms du châtelain de Coucy, de Thibaut, comte de Champagne, et surtout de cet aimable Adam de La Halle, à qui nous devons tant de chansons exquises, d'un tour plein de grâce et d'élégance. Plus tard, nous trouvons Charles d'Orléans, dont, cependant, les poésies sont des romances plutôt que des chansons ; la fameuse Barbe de 'Verrue et les trois Roses ses élèves ; Clotilde de Surville au ton coquet, mignard, tout italien, ou mieux languedocien; Villon, qui ressemble souvent à Anacréon; Olivier Basselin, enfin et surtout Marot, à la fois na'if et malicieux.
Clément Marot laisse des disciples : Saint-Gelais, Desperriers, Marguerite de Navarre et son frère François I'^' lui-même, qui ne dédaigna pas d'accoupler des rimes erotiques et bachiques.
Une autre pléiade apparaît sous la Ligue, celle de la Satire Ménippée; celle-ci gaie, alerte, vraiment gauloise. Cette pluie de chansons qui tombe alors sur les ligueurs, sort de la maison de Jacques Gillot, sur le quai des Orfèvres, et au bas de chacune d'elles on doit apposer l'un des noms suivants : Louis Leroy, Pierre Pithou, Nicolas Rapin, Florent Chrétien, Passerat, Durand. Henri IV, auquel les gais bourgeois, les malins et caustiques compères ouvrirent les portes de Paris, fut aussi, à ses moments perdus, un chan.sonnier, et Gabrielle d'Estrées, plus d'une fois, l'inspira heureusement.
Sous la Fronde, on chante beaucoup, mais des chansons politiques. Sous Louis XIV, sous fe règne de M"" de Maintenon, il ne s'agit plus de politique, mais de plaisirs. C'est Méré et Desbarreaux, c'est Ninon et sa cour, c'est Saint-Réal, Saint-Pavin et Lainez, c'est le duc de Vendôme avec Chaulieu et La Fare. Alors apparaît le « Mercure galant », journal du petit monde païen qui vivait à côté de la thébaïde de Versailles, recueil des historiettes qui l'égayaient et des jolies chansons qu'on y chantait. Les musiciens rivalisent avec les poètes. Sous les titres de brunettes, airs de cour, airs sérieux, airs à boire, on voit publier en foule des recueils de chansons signés des noms des meilleurs musiciens de ce temps : Guédran, Ducourroy, Cambert, Mauduit, Boyer, Michel Lambert, le beau-père de Lully, Bataille, Louis de MoUier, Lecamus, puis les deux Boësset, Dubuisson,Cambefort, Perdigal, Richard, Bailly, Savornay, Sicard, Bacilly, d'autres encore.
Au 11 Mercure galant», le xviii" siècle ajoute « l'Almanach des Muses » et » le Recueil du Caveau». A côté du Caveau, bientôt, se forment la Société d'Apollon, celle des Enfants de lalyre, etc. : c'est une fête, c'est un banquet perpétuel, que président tour à tour Gresset, Lattaignant, Gentil-Bernard, Piron, Panard, si rond et si gai, Laujon, Dieulafoi, Collé, Crébillon, Bernis, Boufflers, Parny, etc. Quant aux musiciens, ils commencent à s'adonner surtout à la romance. Il faut cependant mentionner les chansons de Laborde, de Gilliers, de Mouret, de Légat de Furcy, de Gibert, de Sauvigny, et aussi celles que Jean-Jacques Rousseau a insérées dans son recueil : Consolations des
Après la Révolution, le Caveau rouvre ses portes devant Désaugiers, ce caricaturiste en vers, Piis, AntignacGouffé, Brazier et Garât. La chanson fait de nouveau entendre sa voix. Nous avons alors la chanson tantôt comique, tantôt sentimentale, avec Frédéric Bérat, la chanson burlesque avec son frère Eustache Bérat, la chanson ouvrière avec Louis Festeau. Béranger, vrai Gaulois, plein de bon sens exquis et de malice, ingénieux et charmant, un vrai chansonnier en un 'mot, jouit d'une vogue telle, qu'on le proclama le poète populaire, national.
En laissant de côté les refrains poissards qu'imagina Vadé, que de jolies chansons l'on entendit encore. Nous ne citerons que les deux auteurs les plus connus : Gustave Nadaud, d'une simplicité si charmante et si spirituelle; Pierre Dupont, poète de l'atelier surtout, parfois un peu trop lyrique peut-être pour qui n'aspire qu'au titre de chansonnier.
La vogue toujours croissante des cafés-concerts et des cabarets artistiques fit prendre ensuite à la chanson un tour nouveau. Dans les premiers de ces établissements, les scies et les chansons égrillardes obtiennent surtout du succès ; dans les seconds sévit la chanson rosse où les travers humains sont impitoyablement « blagués ». Ne pouvant nommer tous les chansonniers contemporains, nous nous bornerons à mentionner quelques-uns des plus
Nous aurions aussi à parler dé la chanson popuU l'on rencontre parfois de véritables chefs-d œuvre, et de la chanson enfantine, souvent si gracieuse, si souple et si délicate ; mais l'une et l'autre restent anonymes.
— Les chansons de geste avaient la prétention d'être véridiques ; de là leur est venu ce nom. Geste, du latin gesta, signifie actions. Vne chanson de geste est donc, à proprement parler, une chanson qui a pour sujet des faits historiques. Les érudits modernes pensent que la chanson de geste provenait généralement de chants épiques plus anciens, et moins étendus, qui s'étaient développés par enrichissement progressif. Le caractère propre de la chanson de geste est d'être la traduction de sentiments propres à toute une collectivité ; elle exprime l'idéal et les sentiments d'une nation ou d'une province tout entière. L'épopée française est-elle d'origine germanique? Il est plus probable que la matière épique se développa en France à l'époque où les éléments germaniques étaient fondus
dans la masse de la nation gallo-romaine, où se formait spontanément la nation française, formation où les éléments germaniques n'entrèrent que pour une part infime. Les premiers chants épiques furent sans doute écrits en latin. Le mètre lui-même de la chanson de geste est d'origine latine. Il y eut une floraison épique, probablement bien avant la Chanson de Roland, pour célébrer les Clovis, les Dagobert, les Charles Martel, les Pépin le Bref. Mais Charlemagne devint le héros principal des épopées ; sa légende absorba toutes les autres. De cette première période de l'épopée, nous n'avons malheureusement rien conservé ; et il est même difficile d'en définir le caractère. Au X* siècle, naît notre chanson de geste véritable, essentiellement française, parlant des traditions françaises et traduisant l'idéal français de la féodalité.
Les chansons de geste étaient en laisses (strophes) d'un nombre indéfini de vers, sur la même assonance. Elles furent réellement chantées jusqu'à la fin avec l'accompagnement d'une vielle (violon') ou d'une chifonie.
Les plus anciennes chansons de geste conservées remontent à la seconde moitié du xi' siècle : ce sont la Chanson de Boland, le Pèlerinage de Charlemagne et le Bot Louis. A partir de la fin du xii» siècle, on ne fait plus que remanier les poèmes de la période précédente. Pour rajeunir la matière épique, les trouvères mêlent aux anciennes légendes les inventions de leur fantaisie. Leur imagination est ingénieuse, mais leur style n'a aucune personnalité. Dès le milieu du xiii' siècle, on ne compose plus guère de chansons de geste ou d'ouvrages en forme de chansons de geste, en dehors de laJYance septentrionale, où le goût
Sour cette forme littéraire persiste jusque vers le milieu u XIV' siècle. Alors, les épopées françaises ont bien changé de caractère. Autrefois, la chanson de geste était chantée devant les seigneurs féodaux, durant leurs moments de loisir, pendant leurs repas, leurs voyages. On trouve des exemples de chansons de geste entonnées pendant la marche au combat. Bientôt elle pénétra dans les villes, fut chantée aux carrefours. La foule se pressait, attentive, et jetait de menues pièces de monnaie au jongleur. C'est ainsi que se nommait celui dont le métier était d'apprendre et de psalmodier les chansons de geste. Enfin, l'épopée cesse d'être chantée pour être lue : elle fut transposée en alexandrins rimant deux à deux ; puis, enfin, on la traduisit en prose, au xv siècle. Parallèlement, les héros épiques s'avilirent et devinrent comiques et ridicules. Mais, auparavant, aux xii» et xiii' siècles, la chanson de geste française s'était étendue sur toute l'Europe, d'Italie en Norvège, partout traduite et imitée. V. cycle.
— BiBLiOGK. : G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne (Paris, 1865); P. Rajna, le Origini deW epopea francesa (Florence, 1884); Gaston Paris, ta Littérature française au moyen âge (Paris, 1888) ; Léon Gautier, les Epopées françaises (Paris, 1878-1894); Bibliographie des chansons de geste (Paris, 1897).
Chanson d'Antioche (la), appartenant au groupe dit le Chevalier au cygne, chanson de geste, composée au xii« siècle, par Richard le Pèlerin, renouvelée au xiii" par Graindor de Douai. Le sujet est le début de la première croisade, c'est-à-dire le désastre de l'expédition populaire de Pierre l'Ermite et la revanche par la chevalerie française, sous les murs de Nicée et d'Antioche. Ce n'est plus une œuvre d'inspiration épique comme la Chanson de Boland. Paulin Paris en a donné une édition en 1848.
Chanson de la chemise (la), par Thomas Hood. Ce court poème, célèbre en Angleterre, parut pour la première fois, en 1843, dans les colonnes du Punch. C'est une émouvante peinture de la misère des pauvres ouvrières de Londres, plainte à la fois énergique et touchante, dont on ne peut faire autrement que d'être ému. Elle obtint un très grand succès, mais ne produisit aucun résultat.
Chanson de la IVlari<-.>, \ u-ille chanson populaire des provinces lii : I : li-. d'un tour tout à lafois
railleur et mi-i.i .armante et presque cor-
Chanson de la messe (la), ronde qui fut inventée pour servir la cause de la Réforme, et qui devint très populaire parmi les protestants. Nulle railleriene blessa plus vivement les catholiques; ils yrépondirent parla C/iansoj' de Marcel, la veille de la Saint-Barthélémy. Eu voici un couplet:
L'on sonne la cloche Dix ou douze coups ; Le peuple s'approche.
Se met a genoux ;
Chanson de Roland (la). C'est la plus ancienne, la plus belle et la plus intéressante des chansons de peste. En 7"S, le 15 août, l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne, commandée par Roland, comte de la Marche de Bretagne, fut surprise dans un col des Pyrénées, layallée de Roncevaux, et massacrée par les Basques, habitants des montagnes. Tel est l'événement d'importance secon.daire qui a donné naissance à la plus puissante des épopées. La rédaction, en assonances, est de la seconde moi-
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siùolo, antérieure à l'annéo 1080. L'autour trar un poèmo plus ancien, qu'il renouvela et arraniin narrateur comme le vieil Homère, no raison-
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