CHARIOT — CHARITE
sont demeures
célèbres. C'était une caisse barlongue, très ornée, couronnée par des arceaux de bois supportant des rideaux de cuir ou d'un tissu quelconque.
Vers la fin du moyen âge, on inventa les chariots branlants, où le coffre se trouvait suspendu par des courroies. Ces véhicules étaient aussi appelés chars à dames; ils durent jusque sous Henri IV ; car les carrosses, objets de luxe déjà en usage sous Charles IX, n'étaient pas à la portée de tous. Mais, au xvii' siècle, ces chariots disparaissent devant les carrosses et autres voitures, qui devaient attendre encore longtemps les ressorts métalliques. Il faut citer aussi les chariots à feu, servant à chauffer les éqlises et aussi l'intérieur des palais, comme celui qu'on promenait, sous Charles VI, dans l'hôtel Saint-Pol, etc. ; les chariots de table, petits meubles portant des bouteilles, des salières, etc. V. carbosse.
Chariot d'enfant (le), drame indien en cinq actes et sept tableaux, attribué au roi Soudraka (ii* s. de notre ère). Il a pour sujet l'amour d'un ministre disgracié, Tcharoudatta, pour la courtisane Vaseutasena. Celle-ci est poi-
fnardée par le beau-frère du roi, qui a tendu un piège à charoudatta. Tcharoudatta est pris pour le meurtrier, et c'est lui que l'on mettrait à mort si Vasentasena, échappée à la mort, ne se présentait subitement aux yeux de l'assassin pour l'accuser. Une traduction en vers de ce drame, par Méry et Gérard de Nerval, a été jouée à l'Odéon
Chariot de foin (le), tableau. V. foins [les).
Chariot de David, grand Chariot, ou simplement Chariot, constellation circumpolaire, plus connue sous le nom de grande Oorsb. V. Ourse (qrande). ii Chariot (Petit), autre nom de la petite Ourse. V. Ocrse (pf(,7p).
Chariot de mer. Astron. V. Arco.
CHARIOTÉE n. f. Contenu, en céréales, d'un chariot.
CHARIOTER V. n. Travail tour lixe entre les mordache
CHARIPTÈRE (ka — du gr. kh aile) n. m. Genre d'insectes lépid< noctuélines, famille des hadonidés , comprenant des papillons à thorax carré, écaiUeux, à abdomen crête, à ailes variées de blanc.
— Encycl. On connaît trois espèces de chariptères, dont les clionilles, renflées en dessus, plates en dessous, vivent sur les arbres et se chrysalident en
I solide. (La charipti
sr
gemmea vi
du Br
ChariS. Mvth. gr. Personnification de la Gr.\ce. Les poèmes homériques font d'elle la femme d'Hephaistos. — Nom donné quelquefois à Àglaé, l'une des trois Charités.
CHARISIES OU CHARITÉSIES (kn) ^*'"^^ (S'-
n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes que
dos Cliarites, déesses de la
des concours do danse, do mnsiqne et de poésie. Elle» avaient un éclat particulier & Orchomëne, eo Béotio.
ChaRISIUS (Aurelius Arcadius), jurisconsulte romain du iv siècle. Il a écrit deux traites : Des témoins et Ocs charges civiles, dont on trouve des extraits dans lo Digeste.
CharisiuS (Flavius Sosipator), grammairien latin du v* siècle, né en Campanio. Il fut, dit-on, préfet de Rome. Il reste de lui des Inslilutiones f/rammalicss, qui noua sont parvenues mutilées, et qui sont remarquables par l'exactitude avec laquelle l'auteur cite sos autorités. Lindomann en a donné une nouvelle édition à Leipzig, en 1840.
CHARISTÉRIES {ka, sié) a. f. pi. .Sacritlces d'actions de grâces, comme ceux que célébraient les Athéniens pour tôtor le rétablissement do la liberté par Thrasybule, en 403. Il Nom donné par les Grecs à la supplicalio romaine.
CHARISTICAIRE {ka, sti-kér' — du gr. kharis, gr&co) n. m. Ane. coût. Personne qui jouissait des revenus d'un niouastôro, d'un hôpital ou d'un bénôlice.
CHABISTIES ou CARISTIA (ko, sti — du gr. kharis, grâce) n. f. pi. Repas de famille que l'on célébrait solennellement, dans l'antiquité romaine, pour le maintien de la concorde, et d'où l'on excluait tout étranger.
— Encycl. Cette fête suivait immédiatement celles dos parentalia et des feralia. Elle se célébrait chaque année, lo 22 février. Elle fortifiait les liens de parenté et, en cas de mésintelligence, facilitait les réconciliations. On faisait remonter l'origine de cette fête aux repas annuels de curies et de gérâtes, qui avaient été institués, disait-on, par Romulus.
moyide
thrope charitable", il Qui est inspiré par
charité : Conseil chabitabi E.
— Substantiv. Personne charitable : Loin d'ici ces faua
CHARITABLES ! (Fiéch.)
— Anton. Avare, dur, égoïste, impitoyable. Inhumain. CHARITABLEMENT adv. D'une manière indulgente : /,
/'aii(CHARlTABLi.MENTcom(;ersonprocAam.(Arnaut.)ll Ave; une libéralité inspirée par la charité : Secourir charitablement son prochain.
— Ironiq. Malignement; avec une charité fe"
aritablement les
de leurs défauts.
site urgente : Subside charitatif.
CHARITÉ (du lat. caritas, même sens) n. f. Dans le langage des théologiens, Vertu théologale qui consiste à aimer Dieu pour lui-même, et le prochain comme une créature de Dieu, n Dans le langage ordinaire. Vertu qui porte à désirer et à faire le bien du prochain.
— Par ext. Acte inspiré par l'amour du prochain et par le désir de lui être utile ; bienfait, aumône : Faire de grandes charités.
— Complaisance, condescendance : Ayez la charité de m'écouter un i7istant. n Indulgence, vertu qui nous inspire une grande douceur dans nos relations avec le prochain.
— Ironiq. Intention maligne ou méchante.
— C/iari«mo<erneHe, Association fondée à Paris en 1878, pour donner des soins aux femmes en couche.
— Demander la charité. Etre à la charité. Demander l'aumône. Vivre d'aumônes, il Prêter des charités a quelqu'un, Lui attribuer des calomnies ou des médisances qu'il n'a pas faites.
— Arg. Vol à la charité. Escroquerie qui consiste à obtenir de l'argent de quelqu'un, sous prétexte de charité.
— Dr. Consultations de charité. Celles que donnaient gratuitement six avocats assistés d'un secrétaire, dans la salle de la bibliothèque des avocats, à Paris.
— Charité de cour, Perfidie doucereuse des courtisans.
— Bureau de charité. Lieu oii l'on distribue des secours ; bureau qui s'en charge, il Atelier de charité. Atelier où l'on fait travailler les pauvres sans ouvrage. Il Darne de charité. Dame qui seconde les bureaux de charité, en recueillant des aumônes et en visitant les pauvres ou les malades.
— Maison où résident des frères ou des sœurs de charité. Il Nom donné à divers hôpitaux qui sont, ou qui étaient, desservis par des sœurs de charité.
— Hist. Ordre de la Charité chrétienne. Institué à Paris par Henri III, en 1589, pour récompenser les militaires blessés au service de l'Etat. (Il ne fut régulièrement organisé que par Henri IV et disparut quand Louis XIII fonda l'ordre de Saint-Louis.)
— Hist. relig. Discipline que les religieux de certains ordres s'administrent l'un à l'autre, u Votre Charité, Titre que l'on donnaitaux princes de l'Eglise, t) Filles de ta charité. Religieuses d'un ordre fondé en Bresse en 1517, pour soigner les indigents malades, il Frères de la charité de ^.x,i,i-riiiipohjte. Ordre hospitalier fondé au Mexique en
I ^-, : Charité de Notre-Dame, Congrégation de religieuses Ir ^:iiTif-Joan-de-Dieu, qui se vouent au soin des hôpitaux.
II A, //,/ieiMe» de Notre-Dame de charité. Congrégation L-taltlio en 1642 pour la conversion et la garde des femmes de mauvaise vie. u Charité de ta Sainte- Vierge, Ordre do religieuses de Saint-Augustin, n Confréries de ta charité, Frères de la charité. Sœurs de charité. Dames de charité. V. la partie on.-\ cl-
— PK'U-. : Cbiritf* birn ordonnée commence par soimême, .\\ '' ' il l'aire du bien aux autres, il
— En> '. i ! I 'n'ité est la troisième vertu ihoolopalr, !i;i:, rii' . • supérieure aux deux autres
1. Cur. XIII, 1 : . Lo mntii de la charité est la perfection iniiiiip di' liii'u: son objet est à la fois Dieu et le prochain. Kii d'autres trrnios, la chanté est une vertu par laquelle ii.ius aimons Hiou par-dessus toutes choses, et le prochain coiiinie nous-mêmes, pour l'amour de Dieu.
— Charité envers Dieu. La foi nous enseigne que Dieu est le bien suprême : nous devons donc le préférer à tout
de dicnueiHnnce. Le premier nous faitaimerDieu parce ou'il est pour nous la source de tous biens. Le second est d'un degré plus élevé : nous aimons Dieu par reconnaissance des bienfaits que nous en avons reçus. Le troisième seul .éritablement la charité, parce qu'il nous fait , ù. cause do sa propre excellence. Mais il v a
I cette vertu même. La charité habituelle on infuse est la capacité d'aimer Dieu suroaturellement, versée en nous par le sacrement de baptême et rendue par le sacrement de pénitence à ceux qui l'ont perdue par un péché mortel. La charité est actuelle chez tous ceux qui eo produisent des actes dans leur vie. La charité impar/at/-? est une charité initiale, qui ne répond qu'incomplètement à la définition de cette vertu. La charité parfaite est celle qui nous fait préférer Diea à toutes choses. La charité a ses degrés : elle croit avec le nombre de nos bonne* actions, dont elle fait le mérite ; elle accompagne les élu» dans le ciel et constitue leur droit à la béatitude éteroello.
— Charité envers le prochain. L'antiquité ^réco-romaino a ignoré l'amour du prochain. Un lien étroit ooissait los membres d'une même cité ; mais los étrangers, les barbares, c'est-à-dire la plus grande partie du genre hnmain, étaient considérés comme des ennemis. C'est Jésus-Chrisi quia créé la confraternité humaine : il a révélé eo Dieu un père dont nous sommes les enfants. Aux yeux du chrétien, le prochain, c'est tout homme, sans distinction aucune, et sans exception. Nous devons aimer notre prochain pour l'amour de Dieu, et comme nous-mêmes. L'exercice do la charité comprend les œuvres de miséricorde corporeWe et »pin7ue/fe; c'est-à-dire, pour les premières, l'assistance donnée à ceux qui ont faim et soif ou qui sont sans vêtements, la délivrance des prisonniers, l'hospitalité, les soins envers los morts; pour les secondes, la conversion des pécheurs, l'instruction des ignorants, le support des défauts d'autrui, la prière pour les vivants et les morts, et surtout le pardon des injures. Cette sollicitude pour autrui s'étend même jusqu'au devoir de corriger le prochain de ses défauts en l'avertissant avec prudence et douceur : c'est l'objet de la correction fraternelle.
— Philos, s
Econ. poHt
— Hist. relig. Frères de la Charité. Cet ordre religieux, établi à Grenade en 1540 par saint Jean de Dieu, pour le soin des malades, et
approuvé par le pape Pie Ven 1552, fut inlroduit en Franco sous Henri IV. Dispersés au moment de la Révolution,les frères de Saint- Jean-de-Dieu furent rétablis sous le premier Empire. Ils ont actuellement plusieurs maisons en France : il faut citer un hôpital de fous à Lyon; une célèbre maison de santé et un asile pour les enfants infirmes à Paris.
— Sœurs de charité.
Saint Vincent de Paul, alors curé de Chàtillonles-Dombes, avait institué dans la Bresse une première confrérie de servantes des poutres, en 1817, et une seconde à Châlons, en 1623. En 1629, il en fonda plusieurs autres du mémo genre à Paris, et, plus Urd (1634), avec ra.ssistance de Louise de Marillac, nièce de l'ancien garde des sceaux et veuve d'Antoine Le Gras, il les réunit dans une seule communauté. La nouvelle congrégation, approuvée par le roi Louis Xr\', en 1657, et confirmée par le pape, en 1660, eut pour première supérieure M"" Le Gras. Les filles de la charité, appelées aussi • sœurs grises ., et, dans la suite, • sœurs de Saint-Vincent-de-Paul ., se répandirent bieniét dans toute la France, et même dans plusieurs nations voisines. Dispersées par la Révolution, elles furent promptement rétablies : elles ont des établissements dans le monde entier (plus de cinq cents maisons en France) : leur maison mère est à Paris, rue du Bac.
— Confréries de charité. On nomme ainsi des confréries instituées, dès le xiv» siècle, dans les diocèses de Rouen, de Lisieux, de Séez et d'Evreux. Réformées après la Révolution, elles existent encore avec leurs anciens règlements, et même, en plusieurs communes, avec lenrs anciens costumes. Elles ont pour but principal de rendre aux morts les derniers honneurs.
— Dames de charité. Ce sont les dames riches et zélées de chaque paroisse, qui, sous l'autorité et la direction du curé, vont quêter à domicile pour les pauvres.
— Bouddhisme. Le dieu de ta Chanté. La charité bouddhique est la vertu par excellence, sans laquelle l'être lo plus saint ne sau devenir Bouddha, dieu, ou plutôt
ses têtes et ses bras multiples (on lui donne jusqu i mille mains , avec une œil dans la paume de chacune d'elles) témoigi l'importance de
misdo la grandeur de sa tâche. Avec lo bouddhisme, il a passé au Thibet, dont il s est fait le protecteur attitré sous le nom de Tchanrési { Spyanras- Qzigs) — en Chine, où Il est devenu Kouanyin — en Annam, où il s'appelle C'«
Le dieu de la chïfité bouddhiqn
au Jap
Dans ces trois derniers pays, — sous l'influence de légendes locales, la plupart d'origine
— Iconogr. Les artistes peignent ordinairement la Charité sous la figure d'une jeune mère entourée de ses enfants. C'est ainsi qu'Andréa del Sarto l'a représentée dans le