V. ADAPTATION, VARIATION, SÉLECTION, DARWINISME
Le mot « biologie » a été employé pour la première fois par Lamarck, en France (1801), et presque en même temps par Tréviranus en Allemagne. Sa signification s'est beaucoup précisée dans ces dernières années.
— BiBLioGR. : Claude Bernard, Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux (Paris, 1878); Huxley, les Problèmes de la biologie (Paris, 1892); Deïage, la Structure du protoplasma et les théories sur l'héredite, et les grands problèmes de la biologie générale (Paris, 1895); Le Dantec, T/téorie nouvelle de la vie (Paris, 1896).
Biologie (principes de), ouvrage philosophique de Herbert Spencer, publié en 1864, traduit en français par Emile Gazelles (1877). L'objet de cet ouvrage est l'exposition des principes généraux do la biologie d'après la théorie évolutionniste. Il se divise en six parties. L'auteur expose d'abord les principes généraux de physique et de chimie qui doivent servir de point do départ à la biologie. Il passe ensuite aux généralisations principales do l'histoire naturelle, de la physiologio et de l'anatomie comparée. Puis il expose la théorie connue sous le nom de (1 hypothèse du développement » , avec les preuves à priori et à posteriori sur lesquelles elle s'appuie. Il indique les relations que l'on peut trouver partout entre les formes organiques et l'ensemble des diverses forces auxquelles elles sont soumises ; il explique les formes par les elfets accumulés de ces forces. Il termine en expliquant la dif-
diffèi
férenciation progressive des fonctions et en étudiant les généralisations relatives à la reproduction de diverses classes de plantes et d'animaux.
Dans cet ouvrage, qui est une pièce de l'édifice philo- , prétendu élever, Spencer dépasse de beauproprement dit.
n aborde des questions, par exemple celle de l'origine des êtres vivants, que Comte et ses vrais disciples déclarent inaccessibles.
BIOLOGIQUE adj. Qui a rapport à la biologie : Etudes BIOLOGIQUES. Phénomènes biologiques.
BXOLOGISER {zé) V. n. Faire de la biologie; pénétrer les secrets de l'organisme : On préfend que l'attention concentrée suffit pour bioIuOGIS^s.- (A. de Gasparin.J
BIOLOGISTE {jissf) n. m. Celui qui s'occupe de biologie. 11 On dit aussi BioLOonE.
anteia, divination) n. f.
I rapporte à la vie.
BIOMANCIEN, ENNE [si-in, è»') n. et adj. Se dit d'une personne qui s'occupe de biomancie.
BIOMANTIQUE adj. Qui a rapport à la biomancie.
BIOMÉCANICIEN, ENNE [si-in, en') n. et adj. Se dit des adeptes de la théorie biomécanique.
BIOMÉCANIQUE (de bisy et mécanique) n. f. Science qui a pour but d'expliquer, par la physique et la chimie, ie plus grand nombre j)ossible des phénomènes vitaux.
— ExcYCL. Entrevue déjà par Démocrite, mise en relief par Descartes, la biomécanique n'a pu prendre de véritable développement que dans ces temps derniers, à la suite des merveilleuses découvertes de la chimie et de la biologie modernes.
Et, non seulement le nombre des phénomènes vitaux explicables et expliqués s'est étonnamment accru depuis quelques années, mais la jeune école biomécanique a la prétention de ne plus accorder aux êtres vivants aucune propriété essentielle fondamentalement difi'érente des propriétés de la matière dite n brute ». C'est là qu'est actuellement la lutte entre les déterministes et les vitalistes. (V. DÉTERMINISME, et viTALiSME.) Personne ne songe plus à nier, aujourd'hui, qu'un grand nombre de manifestations vitales soient soumises rigoureusement aux lois de la mécanique : « Descartes, Leibniz, Lavoisier, nous ont jris, dit Claude Bernard, que la matière et ses lois ne
îèrent pas dans les corps vivants et dans les corps bruts; ils nous ont montré qu'il n'y a au monde qu'une seule mécanique, une seule physique, une seule chimie, commune à tous les êtres de la nature. >■ Mais, si tout le monde est d'accord sur ce point, que le corps de l'animal est une machine dont le fonctionnement est réglé par les lois de la physique et de la chimie, la discussion reste très ardente entre les deux écoles, au sujet de la nature des forces qui donnent l'impulsion à la machine. Pour les vitalistes, ces forces sont immatérielles {mens agitai molem); pour les biomécaniciens, elles dérivent uniquement des réactions qui se produisent entre l'organisme et le milieu. Pour les premiers, malgré le déterminisme rigoureux de toute opération résultant, dans la machine animale, d'une impulsion donnée, l'animal reste doué d'une liberté absolue, précisément parce qu'il peut choisir l'impulsion à donner; pour les seconds, la liberté animale n'est qu'apparente, l'impulsion qui met la machine en mouvement étant déterminée, comme le mouvement lui-même, par les conditions réalisées au moment considéré, tant dans le milieu extérieur que dans la structure intime de l'animal.
Les admirables expériences de Pfeïfer sur la chimintaxie ont démontré que le mouvement des protozoaires, des bactéries, est entièrement ex-plicable par des réactions chimique, par conséquent, on ne peut concéder à ces très simples aucune liberté réelle. Les biomécani- , partant de ces résultats et remontant graduellement l'échelle des êtres vivants en se guidant au moyen du principe de Darwin, arrivent â en conclure que la liberté humaine n'est qu'une illusion, ce qui semble ridicule à bien des gens. Au contraire, les vitalistes reconnaissent à l'homme une liberté absolue; mais alors, descendant l'échelle des êtres, ils se heurtent à une difficulté au moins aussi grande que celle des biomécanicions, quand ils sont obligés de concilier cette liberté absolue avec le déterminisme absolu, rigoureusement établi pour les êtres monoplastidaires. La discussion se poursuit à cause de la différence des méthodes employées ; la grande question de la biomécanique reste donc la conciliation du déterminisme absolu avec la liberté humaine, dont chacun de nous se croit doué. Dans tous les cas, la biomécanique aura rendu de grands services à la science, en nécessitant l'introduction d'une précision plus grande dans les méthodes de recherches en histoire naturelle.
— BiBLioGR. : Pfeffer, Locomotoriscke Richtungshewegungen durch chemische Beize (Leipzig, 1883) ; M. Verworn, Allgemeine Physiologie (léna, 1895); Delage, l'Hérédité et les Problèmes de la biologie générale (Paris, 1895) ; Le Dantec, Théorie nouvelle de la vie (1896) ; le Déterminisme biologique (1897) ; l'Individualité (1897).
BIOMÉCANIQUE adj. Qui a rapport à la biomécanique.
BIOMÉCANISTE n. et adj. V. biomécanicien, enne.
BIOMÈTRE (du gr. bios, vie. et métron, mesure) n. m. Appareil destiné à" mesurer le degré de vie, de santé.
— Encycl. Les prétendus bio}nèlres inventés jusqu'ici, entre autres l'instrument acoustique de CoUonges et le biomètre ou magnétomètre de Fortin, ne reposentsur aucune donnée scientifique positive.
BIOMÉTRIE (rad. biomètre) n. f. En T. de méd-, Prétendue science qui traite de la mesure de la vie, de la santé.
BION n. m. En T. de verrer.. Fer employé par le verrier pour détacher de la canne la bosse ou verre soufflé, en incisant la parai-
BION n. m. Rejet d'une plante vivace.
BlON, nom d'un assez grand nombre d'hommes célèbres dans l'antiquité, poètes, philosophes, savants, etc. Nous mentionnerons ici les plus connus :
Bien de Proconnèse (vi« siècle av. notre ère). Il fit un abrégé de l'ouvrage de Cadmos sur les antiquités de MUet.
ques et que, par êtres très simplei
Bion, poète tragique, fils d'Eschyle, dont i! retoucha, dit-on, plusieurs pièces (fin du v siècle av. J.-C).
Bien, autre poète tragique, qui vivait sans doute au 1" siècle av. notre ère.
Bien d'Abdère, mathématicien grec, disciple de Démocrite. Diogène de Laërte nous apprend que Bion, le premier, prétendit que, dans certaines régions, A y a six mois de nuit et six mois de jour, ce qui laisserait croire qu'il connaissait la sphéricité de la terre et l'obliquité de l'écliptique.
Bien, philosophe grec, qui vivait au m" siècle avant notre ère. Il passa plusieurs années à la cour d'Antigone Gonatas, et mourut à Chalcis, en Eubée. Il appartenait à l'école cynique et était célèbre par les saillies de son esprit satirique ; il fut accusé d'athéisme. Stobée nous a conservé de lui quelques fragments.
Bion, poète bucohque grec, originaire de Smyrne, vivait au iii< siècle av. J.-C. 11 était contemporain de Théocrite et de Moschos. Il paraît avoir vécu en Sicile, et il mourut jeune, empoisonné. On possède de lui. entières ou par fragments, dix-sept idylles, écrites en dorien. La plus célèbre et la mieux conservée est le Chant funèbre en l'honneur d'Adonis : un morceau charmant, plein de délicatesse et de grâce.
Bion, opéra-comique en un acte, paroles d'Hoffmann, musique de Méhul, représenté au théâtre Favart le 27 décembre 1800. Le livret d'Hoffman mettait en scène et faisait revivre l'aimable figure du poète Bion. le maître et l'ami de Moschos. Outre l'ouverture, d'un style original, on distingue quelques morceaux remarquables par la pureté de l'harmonie.
Bion (Cécilius), nommé par Pline, auteur de divers ouvrages d'histoire naturelle et de géographie. Il vivait sans doute au v siècle de notre ère.
Bion le Rhéteur, mentionné par Diogène de Laërte comme ayant composé neuf livres portant le nom des neuf Muses, à l'imitation de l'ouvrage d'Hérodote.
Bion de Soles, en Cilicie, médecin, auteur d'ouvrages sur l'histoire naturelle et sur l'Ethiopie. Il est cité par Varron et Pline. Fragments de Bion de Soles dans la collection des Historiens grecs do Didot (t. 1"V, p. 350).
Bion de Syracuse, cité par Diogène de Laërte comme ayant composé un traité sur la rhétorique.
BIONGUICULÉ, ÉE{^u-i —de 61', et onguiculé) adj. En T. de zool.. Qui a deux ongles ; Tarse biongcicdlé.
BIONIE (de Bion, n- pr.) n. f. Bot. Syn. de camptoseme.
BIONOMIE (du gr. bios, vie biologie.
BIONOMIQUE adj. Syn. de
BIOPHÈNE (du gr. 6105, vie, et phainein, paraître) n. m. Composé chimique, ayant une odeur repoussante, et qui donne, avec l'acide sulfurique et ïisatine, une coloration violette. On l'obtient par l'action du trisulfure de phosphore sur l'acide t hiodi g ly colique. Sa formule est S (CH' — CO' H ').
BIOPHILIE (du gr. bios, vie, et philos, ami) n. f. Amour de la vie, instinct de la conservation individuelle.
BIOPHLŒE (61-0-/7^ — du gr.ôios, vie, etphloios, écorce) n. m. Genre d'insectes coléoptères clavicornes, famille des cucufidés, dont le synonyme plus usité est pediacus.
BIOPHORES(du gr. bios, vie, etphoros, qui porte) n. m. pi. Los substances vivantes ne se composent pas, pour Weissmann, de molécules chimiques isolées, mais d'agrégats complexes de molécules qu'il appelle biophores. C'est à la nature de ces biophores que les cellules doivent leurs caractères, et il est bien évident que le nombre de ces caractères peut être très grand, puisqu'il est en rapport avec le nombre des arrangements qui peuvent se réaliser dans des agrégats formés de plusieurs centaines de molécules.
(V. DETERMINANTS). — Un BIOPHORE.
— BiBL. : Weissmann, Essais sur l'hérédité et la sélection naturelle. — Trad. franc, de H. de Varigny (Paris, 1892).
-.phuton, plante) n. f.
BIOPLANE (de bius, nom d'insecte, et du \at.planus, plan) n. m. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, famille des ténébrionidés, renfermant des formes voisinesdespandares, et dont on connaît cinq espèces. Les bioplanes habitent la Syrie ; seul, le bioplanes meridionalis habite la France méridionale.
i gr. bios, ■\
(gr. i fois).
BIOPLASME(pfass
' juide plastii jparBealeàî:
BIOPLASTIQUE (plass — du gr. bios, vie, et plassein, former) adj. Qui produit la substance organisée, qui se rapporte au bioplasme.
BIORHIZA (du gr. hios. vie, et rhiza, racine) n. m. Genre d'insectes hyménoptères, établi sur des formes de cynips appartenant à d'autres genres. Ainsi, le biorhiza aptera est la forme aptère parthénogénétique du cynips du genre andriciis. V. cynips.
BlÔRNEBORG ou BjÔRNEBORG, ville de la Russie d'Europe (Finlande), sur le golfe de Botnie, à l'embouchure du fleuve côtier Kumo ; 10.250 hab. Port de commerce, pêcheries importantes, ateliers de constructions mécaniques, briqueteries, tanneries, chantiers maritimes.
BIOSCOPE (0.55— du gr. bios, vie, et.ikopein, observerl n. f. Sorte d'hygromètre destiné à reconnaître la persistance de la vie par celle de la sécrétion sudorale (CoUongues).
BIOSPHÈRE (oss — du gr. bios, vie, et sphaira, sphère) . f. Atome gIobuleu.x , d une existence hypothétique, et ui serait la base unique de tous les corps organisés.