‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 97 sur 956 · BIOLOGIQUE — BIOT · texte numérisé non relu

BIOLOGIQUE — BIOT

distinguer, par là même, des autres corps de la nature, ou corps uruts. On convient, aujourd'hui, de donner le nom de M biologie proprement dite i» à une science nouvelle qui se place à côté cfes sciences citées plus haut dans le cadre des sciences biologiques et qui a pour but la recherche de C6 qu'il y a, dans ces sciences, de général, de commun à tous les êtres vivants sans exception ; l'étude des caracî vitaux, indépendamment des individuelles. Ainsi, le livre de ir les phénoinènes de la vie com- : végétaux^ est le type des ouvrages de biologie proprement dite. Voici, par exemple, deux êtres diflférents qui se meuvent différemment ; l'étude de leur mouvement spécifique est du ressort de la physiologie ; mais, s'il y a quelque chose de commun à ces deux mouvements, une cause commune de production qui soit également commune à tous les mouvements vitaux, son étude sera du ressort de la biologie. L'étude du mouvement en lui-même n'appartient donc pas à la biologie proprement dite. Au contraire, la notion d' o espèce » est, au premier chef, une notion biologique : pour qu'une délinition de Tespèce soit bonne, il faut quelle puisse s'appliquer aussi bien aux oiseaux qu'aux: crustacés, aux hydres, aux arbres et aux champignons; sans quoi, le langage serait infiniment obscur. L'étude des causes de la variation des espèces, l'étude de l'hérédité, sont également du ressort de la biologie générale ; il en est de même du principe de la sélection naturelle, etc.

Ainsi réduite à l'étude des lois générales, la biologie est proprement la « science de la vie » , comme le veut l'étymologie du mot. Il semble même que l'on doive pouvoir étudier la oiologie sur un seul type vivant, puisque t^ut ce qui ressemble à la biologie proprement dite est absolument général; mais il serait impossible, dansune telle monographie, de distinguer les phénomènes spécifiques des phénomènes gé-

fondamentalement t lument générale chez les êtres i • ' ' imoye "

3 particularité absosera bien difficile à 1 évidence au moyen d'une espèce déterminée, très favorable au contraire à l'établissement d'un autre principe biologique également important. D'où la nécessité d'étudier un certam nombre de types convenablement choisis, comme l'a fait Huxley dans ses Eléments de biologie. Enfin, même sur un type idéal répondant aux deux objections précédentes, on ne pourrait pas étudier toute la biologie parce que l'on confond aujourd'hui, sous la dénomination d' « êtres vivants ■>, des corps qui ne sont pas comparables. On dit qu'une bactérie est vivante, on dit qu'un homme est vivant. Or l'homme est composé de milliards de plastides coordonnés, dont chacun, isolément, est comparable à la bactérie, sans que leur ensemble le soit le moins du monde. D'où cette absurdité de langage qui fait dire qu'un crapaud mort, par exemple, peut être composé uniquement d'éléments vivants. Il faut distinguer la l'ie élémentaire, propriété des plastides, et la vie, résultat de la coordination de milliards de plastides, constituant un être supérieur. La vie élémentaire est commune à tous les plastides constituant tous les êtres vivants; c'est ce (^ue Huxley appelle Vunilé de structure des êtres vivants. Rigoureusement parlant, il ne peut pas y avoir de phénomènes communs à un être unicellulaire et à un être pluricellulaire considéré dans son ensemble. La biologie, chargée de l'étude de ce qui est général chez les êtres vivants, ne serait donc que la science de la vie élémentaire, définition qui prévaudra peut-être. Cependant, il suffit d'ouvrir un traité de zoologie ou de botanique pour rencontrer, dès le début de l'ouvrage, la nomenclature des caractères communs à tous les êtres vivants, simples ou complexes, et permettant de les distinguer des corps bruts. Ce sont, par exemple, pour Claude Bernard, « l'organisation (unité de structure de Huxley); la génération ; la nutrition ; l'évolution ; la caducité ; la maladie ; la mort u . Il y a, dans cette énumération, des erreurs évidentes, aujourd hui reconnues de tous ; l'évolution et la

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;.) Il faut, néanmoins, qu'il y ait, sinon identité, du moins analogie entre les phénomènes généraux présentés par les êtres simples et par les êtres composés, pour que leur comparaison ait été si longtemps considérée comme fondamentale et indiscutable.

En efi'et, tout être pluricellulaire provient d'un être unicellulaire, œuf ou spore; il en résulte que les plus grandes lois de la biologie des êtres simples, s'appliquant aux œufs ou aux spores, pourront se retrouver dans l'histoire des adultes complexes qui proviennent des œufs et des spores. En particulier, les êtres supérieurs donnent naissance, par un processus très complexe et qui n'a rien de commun avec la multiplication scissipare des plastides, à des êtres semblables à eux (v. hérédité) ; ils se 7Jiultiplient donc comme les plastides, et varient comme les plastides, puisqu'ils proviennent de plastides simples, et, par conséquent, toutes les lois générales qui résultent, chez les plastides, uniquement de la propriété de se multiplier et de varier, se retrouveront absolument les mêmes chez les êtres supérieurs considérés comme individus.

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