COLLANTES — COLLE
Collantes (Francisco), peintre espagnol, né à Madrid en 1599, mort en 1634. Parmi ses tableaux, citons un Saint Jérâme'et la Hésurrection de la chair, qui décorent le palais de Buen-Retiro. On voit, au Louvre, un Buisso7i ardent de Collantes.
GOLLAPSUS [psuss — mot lat. qui signifie « chute causée par la laiblesse " ) n. m. Diminution rapide des forces, sans syncope confirmée.
— Encycl. Le collapsus, fréquent dans beaucoup d'empoisonnements, paraît résulter d'un affaiblissement dans l'excitabilité des centres cérébraux. 11 survient brusquement, sans lésion musculaire ou nerveuse, et est caractérisé par ce fait que les malades abandonnent leurs membres à l'action de la pesanteur, sans essayer de réagir à laide de leurs muscles.
COLLARDEAU. Biogr. "V. COLARDEAU.
GOLLARES, bourg do Portugal (Estrômadure [district de Lisbonne]), près de l'Océan et au N. du cap da Roca ; 3.200 hab. Vins et fruits excellents. Marbre noir.
GOIXARION n. m. Genre de mucédinées microscopiques, comprenant deux espèces, qui croissent sur les substances organiques en décomposition.
Collas, tribu du Pérou, qui fut la première rencontrée ar les locas lorsqu'ils arrivèrent au nord du lac Titicaca. ,es envahisseurs appliquèrent ce nom à toutes les tribus de la contrée. A leur exemple, les anciens auteurs espagnols appelèrent Collao le bassin du Titicaca et Collas tous les habitants de ce bassin.
Collas (Achille), mécanicien, né à Paris en 1795, mort en 1859. Il inventa nombre de machines des plus ingénieuses, parmi lesquelles son réducteur est la plus remarquable. Cet instrument a rendu de très grands services à la sculpture, en lui permettant de reproduire à plus petite échelle, et avec une exactitude absolue, des œuvres dart. 11 trouva également une machine à graver les médailles.
COLLATAIRE {ter — du lat. collatus, conféré) n. m. Dr. can. Celui que le coUateur avait pourvu d'un bénéfice.
COLLATE n. m. Sel dérivant de l'acide coUique.
COLLATÉRAL, ALE, AUX (du préf. col, et de latéral) adj. Qui est situé sur le côté et à peu près parallèle : Un boulevard et les rues collatérales.
— Anat. Qui suit une direction sensiblement parallèle : Des artères collatérales, il Substantiv. : Une collatérale.
— Archit. Ne f collatérale. Bas côté, nef parallèle à la nef principale, il Substantiv. : Collatéral ou Collatérale, Bas côté d^une église: Za ne/" eï /escoLLATÉBADX.V. bas côtés.
— Généal. et dr. Se dit des frères, des sœurs d'une personne ou de ses auteurs, et de leurs descendants et ascendants, par opposition aux ascendants et descendants directs : Parents collatéraux. Ligne collatérale, il Héritier collatéral, Celui qui hérite d'un parent en ligne collatérale. Il Succession collatérale. Succession qu'on recueille en qualité de parent collatéral, il Substantiv. Parent collatéral : .4» delà du douzième degré, les collatéraux n'héritent plus. — Fig. Produit, résultat indirect : Le bon sens et le génie sont de la même famille ; l'esprit îi'est qu'un COLLATÉRAL. (De BoDald.)
— Géogr. Points collatéraux, Points qui occupent le milieu entre les points cardinaux, savoir : nord-est, nordouest, sud-est et sud-ouest.
— Hist. Conseil collatéral, Conseil de l'ancien royaume de Naples, qui était composé de deux Aragonais et de deux Napolitains, sous la présidence du vice-roi.
— Mus. Modes ou Tons collatéraux. Syn. de modes ou
TONS PLAGAUX. V. PLAGAL.
— Encycl. Dr. Le mot collatéral désigne la nature particulière de parenté existant entre personnes ne descendant pas les unes des autres, mais se reliant entre elles par suite de leur descendance d'auteurs communs. Les collatéraux sont d'abord les frères et sœurs, qui peuvent être germains, consanguins ou utérins. Les autres collatéraux sont les oncles et tantes, les neveux et nièces, et les cousins. Pour calculer le degré de parenté entre deux collatéraux, on remonte de l'un d'eux à l'auteur commun, et on redescend de là à l'autre collatéral, en comptant le nombre de générations ou de degrés qui les séparent. Ainsi, deux frères sont au deuxième degré, deux cousins germains au quatrième.
L'utilité de connaître le degré de parenté en ligne collatérale se présente principalement en matière de mariage et en matière de succession. Les parents collatéraux sont reprockables comme témoins (C. proc. civ., art. 283). Au criminel, les frères et sœurs des inculpés sont les seuls collatéraux qui ne peuvent être entendus comme témoins (C. instr. crim., art. 156). La parenté collatérale exerce aussi de l'influence sur l'aptitude à exercer certaines fonctions (magistrature, conseil de famille); de même, un notaire ne peut recevoir des actes dans lesquels seraient parties ses collatéraux jusqu'au degré d'oncle et de neveu ïDcIusivement ; ces mêmes collatéraux sont écartés comme témoins instrumentaires.
COLLATÉRALEMENT adv. En ligne collatérale.
COLLATÉRALITÉ n. f. Qualité de collatéral : La colla- TÉRALiTÉ TIC donne droit à la succession que dans certaines limites. (Peu usité.)
COLLATEUR (du lat. collatus, conféré) n. m. Dr. can.
Celui qui conférait, qui avait le droit de conférer un bé-
iiéfice : Le collatecr d'une cure, d'un prieuré, d'un cauu-
nicat. Il Gollateur ordinaire ou simplem. Ordinaire, Celui qui
onférait un bénéfice do droit commun.
COLLATIF, IVE (du lat. collatus, conféré) adj. il Bénéfice colUttif. Dr. cao. Celui qui est susceptible d'être conféré.
GOLLAITN (Lucius taeqdisids), neveu de Tarquin lo Superbe et mari de Lucrèce. Il fut, avec Brutus, après la mort de sa femme et l'expulsion des rois, l'un dos doux premiers consuls do Rome (509 av. J.-C). Il dut bientôt s'exiler, parce qu'on le soupçonnait d'avoir conservé do l'atiachemont pour les rois déchus. Son surnom vient de la ville do CoIIatic, dont il fut en quelque sorte le gouverneur.
COLLATINE (en lat. Collatina), déesse dos collines et des vallf';es. chez les Latins.
COLLATION fjïi-on — lat. collatio ; do confrrre, supin collatum, conférer ou comparer) n. f. Action ou droit de conférer : La collation d un droit, d'un titre, d'un grade.
— Antiq. rom. Tribut, rcdevauce : Collation de la glèbe*
— Dr. Collation de pièces, Opération qui consiste à comparer une copie d'acte authentique avec le titre original
âu'elle reproduit, ou deux copies entre elles pour s'assurer e la parfaite conformité des deux pièces.
— Dr. can. Droit ou action de conférer un bénéfice : La collation des cures appartenait à l'évêgue. iiNom par lequel, au XIII* siècle, on désignait les sermons prononcés soit aux vêpres, soit aux autres offices du soir, ii Provision du coUateur : Avoir la collation de l'ordinaire.
— Gramm. Comparaison. (Peu usité.) il Par ext. Se dit de la comparaison de deux exemplaires quelconques, manuscrits ou imprimés.
— Encycl. Dr. Lorsque le titre original existe, la représentation peut toujours en être exigée, bien que les copies fassent foi de ce qui est contenu au titre. Si le titre original n'existe plus, les copies ne font foi que d'après certaines distinctions ; elles font foi notamment comme l'original, si elles ont été tirées par l'autorité du magistrat, c'est-à-dire collationnées sous son contrôle.
COLLATION {$i-on — lat. collatio, conférence, à cause d'un léger repas que les religieux prenaient autrefois après certaines conférences) n. f. Léger repas que font les catholiques les jours de jeûne, et qui remplace l'un des deux repas principaux. — Par ext. Lé^er repas que 1 on fait dans l'après-midi ou dans la nuit, et où l'on ne sert que des mets froids et des desserts.
Collation (la), tableau de Metsu, au musée de Bruxelles. Une jeune femme blonde est assise sur une chaise et tient un verre.
A ses côtés est un cavalier qui, de la main gauc he ap puyée sur le
dossier de la chaiso, tient un feutre noir à plumes, et qui, de l'autre main, avance un pot de grès aont il semble s'apprêter à verser le contenu .dans le verre de la dame.
COLLATIONNAGE (si-o-naj') n.m. Action de collatiouner des pièces, n On dit mieux collation.
COLLATIONNÉ (si-o-ne), ÉEadj. S'applique à un télégramme, à une dépêche, soumis à la garantie du collationnement.
COLLATIONNEMENT(«/-o-Me-man)n. m. Linguist. Action de collationner. il On dit mieux collation.
— Télégr. électr. Répétition intégrale ou partielle d'un télégramme, faite de bureau à bureau, en vue de diminuer les chances d'erreur.
— Encycl. Télégr. Le collationnement partiel est généralement donné, d'office, pour tout télégramme, et comprend les mots importants ou douteux et les nombres en chiffres. Le collationnement intégral est obligatoire quand l'expéditeur a inscrit, avant l'adresse, l'indication " Collationnement » ou « T. C. Il, et acquitté une surtaxe égale au quart de la taxe principale du télégramme envoyé.
COLLATIONNER (si-o-né) v. a. Comparer avec l'original ou avec une autre copie certifiée conforme : Collationner un acte.
— Imprim. Examiner un livre, feuillet par feuillet, pour s'assurer que ceux-ci sont placés dans leur ordre et que le texte est en tout conforme à la copie originale.
— Télégr. Collationner une dépêche. Opérer le collationnement de la dépêche aux différents bureaux intermédiaires chargés de sa transmission jusqu'à destination, pour s'assurer qu'il n'y a pas fausse interprétation.
— Typogr. Vérifier une épreuve d'imprimerie et voir si les corrections indiquées sur une épreuve précédente ont été faites, it On dit plus ordinairement reviser.
Collationné, ée part. pass. : Actes collât ion nés.
— n. ra. : Un collationné, Copie collationnée. COLLATIONNER [si-o-né — rad. collation) v. n. Faire un
léger repas.
GOLLAZZONE, comm. d'Italie (Ombrie [prov. de Pérouso]), près du Tibre; 2.800 hab.
COLIX (du lat. colla, gr. kolla) n. f. Techn. Nom de diverses matières gluantes, que l'on étend entre deux oljjets pour les faire adhérer l'un à l'autre, n Colle à bonclie, Substance gélatineuse, dure et soluble, que l'on emploie en l'humectant avec de la salive, il Coltc forte. Gélatine faite avec des débris de matières animales, rognures do peaux, oreilles, pieds, etc., particulièrement employée par les ouvriers qui travaillent le bois, n Colle de poisson. Gélatine préparée avec la membrane interne de la vessie natatoire de plusieurs espèces d'esturgeon. (On l'appelle aussi icHTYOcoLLE.) 11 Colle au baquet. Colle qui ne sèrho pas. (Elle est particulièrement employée dans la pointure à la détrempe.) ii Colle de pâte. Colle que l'on obtient eu délayant dans l'ïîau de la farine ou de l'amidon, et en chauffant le tout jusqu'à l'ébullitiou.
— Pop. Bourde, invention, mensonge (par allusion sans doute au sons d'attraper, (Uio prend quelquefois lo mot coller : Conter des colles, il Etre à la colle, marié à la colle, Vivre en ménage sans ôtro marié.
— Loc. fam. Sale comme un pot à colle, Très sale.
— Peinture à la colle, Celle dans laquelle on ajoute aux couleurs étendues un peu do collo au baquet, afin lic leur donner une plus grande adhérence.
— Argot des écoles. Question spécieuse. plutôt que difficile, posée à un candidat dans un examen, dans le but de l'embarrasser. On dit : /'oser ou Pousser une colle. iiPar ext. Examen préparatoire au véritable examen : Etre tangent a une colle, Etro menacé duo examoD d'essai. (So ait à l'Ecole polytechnique.)
— Encycl. Techn. Les colles que l'on utilise dans l'industrie se fabriquent avec des matières végétales ou animales. (Elles constituent des substances gluantes complexes.)
1" Colles végétales. Les colles végétales sont constituées par des matières renfermant de l'amidon qui, mélangées à l'eau chaude, jouissent de la propriété de durcir en séchant. Les plus communes sont la colle de pâte et la colle d'amidon. (On fabrique des colles végétales pour l'apprêt des tissus et des fils en faisant usage de farine do marron d'Inde. Celle qui est employée par les tisserands, connue sous le nom de parou, se compose d'amidon, de farine de froment, de fécule de pomme de terre, de cire blanche, de sulfate de zinc ou de cuivre en cristaux, avec une certaine quantité d'eau.)
2** Colles animales. Ces colles sont tirées des peaux et des cartilages des animaux, dont on extrait la gélatine au moyen d'un certain nombre de manipulations : échaudage des colles-matières, immersion dans un lait de chaux, extraction de la gélatine, soutirage, clarification, moulage, séchage, découpage et lustrage. Elles portent différents noms : la colle blanche diaphane, dite "grenetine»; la colle claire ou colle de Duché; la colle forte des os ou gélatine d'os; la colle do Flandre ; la colle de Hollande; la colle anglaise ; la colle de Givet ; la colle de Paris ou des chapeliers ; la colle au baauet; la colie forte liquide; la colle de poisson ou ichtyocolle.
Il existe plusieurs modes de cuisson et de fabrication : cuisson dans le vide; fabrication par la putréfaction et les acides ; préparation par l'acide sulfureux, par le chlore, etc. On distingue les colles de pieds de veau, de pieds de mouton, de peaux de lapin, de peaux de gants, de parchemin, de peaux d'anguille, etc.
La colle de poisson so fait généralement avec la vessie natatoire des grands esturgeons. Les colles de poisson
Coll l ti I 11 rc 'i double fond contenaût la colle-matiére ; C,chaiiinif ilmuntint la chaudière B ; A, chaudière de conccDtr tti m de la toUe , F, foyer chaufifant les chaudières C et B-
du commerce ont reçu divers noms, suivant le mode de leur fabrication ; elles sont dites : en petits cordons de première et de deuxième sorte, en gros cordons, en feuilles, factices. Ces dernières sont préparées avec des membranes intestinales de poisson desséchées.
^^ Colle à bouche. On la prépare en mélangeant une certaine quantité de gélatine fondue avec du sucre; on l'aromatise avec du citron, puis on la moule et on la coupe par bandes parallèles.
4» Colles de compositions mixtes. Les principales et les plus connues sont : la colle de pâte chinoise, fabriquée avec du sang de bœuf et de la chaux vive; la colle à porcelaine, faite d'un mélange d'amidon, de craie pulvérisée, d'eau pure, d'eau-de-vie, de colle forte, que l'on fait bouillir avec une addition de térébenthine; la colle marine de Jeffery ou glu, mélange de caoutchouc dissous dans une huile essentielle et de gomme laque ; la colle au caoutchouc et à la gutta-percna, qui s'obtient en dissolvant le caoutchouc ou la gutta-percna dans la benzine; la colle à la glycérine, obtenue avec des rognures de peaux ou de la colle forte que l'on fait bouillir dans une chaudière contenant do la glycérine, etc.
Entin, la colle minérale, pour l'encollage et l'apprêt des étoffes, est un produit obtenu en associant le chlorure de calcium et les sulfates d'alumine avec divers composés chimiques, et en additionnant le tout de fécule de pomme de terre.
— Pour le collage des épreuves photographiques, la meilleure colle est l'empois d'amidon des blanchisseuses, a<iditionné de quelques gouttes de formol, destiné à assurer sa conservation.
Colle (La), comm. des Alpes-Maritimes, arr. et à 18 k. de Grasse, au pied de l'Esterel; 1.455 hab. Carrières de pierres de taille, chaux. Huileries, scieries mécaniques.
Colle d*Anchise, bourg d'Italie (Molise [prov. de Campo-lîasso]) ; 2.000 hab.
Colle di val d^Elsa, ville d'Italie (Toscane [prov. de Sienne]), sur l'Eisa, affluent do l'Arno ; 8.640 hab. Evêché, séminaire épiscopal. Papeteries importantes ; verreries, cristaux et poteries; tanneries; industries métallurgiques.
Colle (Raphaël ou Raffaellino dal), peintre italien, né iiColle, près do Foligno, vers 1490, mort à Rome en 1540. Il exécuta pour Jules Romain, dont il avait été le condisciple dans l'atelier de Raphaël, plusieurs travaux à Rome et à Manloue. A la pureté du dessin, à la noblesse du style do l'école romaine, dal Collo joignait le chaud coloris de l'école vénitienne. On cite, parmi ses plus belles peintures, son tableau du Déluge et ses fresques du second éiage du Vatican. Borgo-San-Sepolcro, où il tint pendant quelques années une école, Urbin et Gubbio possèdent des œuvres de dal Colle, également estimées. L'art avec lequel il a reproduit dans plusieurs d'entre elles la manière de Raphaël lui valut le surnom do Rafaellino.
Collé (Charles), chansonnier et auteur dramatique, né et mort à Paris (1709-1783), était lils d'un procureur du roi auChàtelet. Il fut longtemps commis chez le receveur général de la généralité de Paris, puis devint lecteur ot
COLLKCCTIIO — COLLECTIVISME
ColW.
secrétaire du duo d'Orléans, qui lui donna un fnttfrSt daûs los sous-formes. CoUo saûonna à la poésie, fut uji dos fondateurs du Caveau (172U), ot devint un des meilleurs chansonniers du temps. Il écrivit pour lo théâtre du duc d'Orléans des pièces spirituelles , mais licencieuses, ot lit jouor à la Comédte-Frantaise des comédies, dont plusieurs sont charmantes et sont restées longtemps au répertoire. Nous citerons particulièrement : ^x Vérité dans le vin (1747); Ditpuis et Desro7iais (n*>3), et lu F'artw de chassfi df> Henri J V (1774). Ses œuvres ont été réunies en deux recueils : Théâtrcdesociëté{\m), et la C'iansonde Collé {1801). On lui doit encore : Journal historique de Collé (1807), ot Correspondance inédite suivie do fragments inédits do ses œuvres (1804),
CoLLECCHiO, comra. d'Italie (Emilie [prov. de Parme'^, sur le Tare; 4.500 hab.
GOLLECORVINO, comm. d'Italie (Abruzzes [prov. do Teramoj). sur lo fleuve côtier Salino ; 3.200 hab.
COLLECTAIRE {lèk-tèr') n. m. Livre de prières, qui renferme toutes les collectes de l'année.
COLLECTANÉES {lèk — lat. coUectanea , même sens) n. f. pi. Recueil de différentes pièces. — Une collectanêk.
COLLECTE {lèkf — du lat. coîlectus, recueilli) n. f. Quf'te faite pour une œuvre de bienfaisance ou d'intèrL-t public. (Se dit particulièrement des diverses quêtes qui se font dans les églises.)
— Fin. anc. Levée des deniers do la taille ou d'une taxe. Il Exercice des fonctions d'un collecteur, ii Temps pendaut
lequel un collecteur était en fonctions.
— Hist. Assemblée, dans l'ordre de Malte.
— Liturg. Oraison que le prêtre dit à la messe, avant l'épître. Il Assemblée des tidèles de la primitive Eglise.
Il Sacrirtce de la messe, à la même époque.
— Enctcl. Fin. anc. Il ne fallait pas seulement entendre par collecte, en matière de tailles, le recouvrement de la taxe due par chaque redevable, mais encore le soin de répartir sur tous les contribuables la part que chacun devait supporter du montant des tailles de la paroisse, et de poursuivre ensuite sur eux le recouvrement dans les formes prescrites. Les collecteurs des tailles étaient élus par les habitants de chaque paroisse. Primitivement, les collecteurs recevaient des mains des asséieurs le règlement de la portion de taille que chaque particulier devait payer ; mais, par édit de mars itîoo, la fonction des asséieurs fut réunie à celle des collecteurs. Certaines personnes étaient exemptes de la collecte des tailles à raison do leur profession : avocats, médecins, etc.
COLLECTER {lèk) V. a. Recueillir, réunir en collection.
Il La vraie forme est colligkb.
COLLECTER {lèk) v. n. Quêter, faire une collecte.
COLLECTEUR, TRICE {lèk ~ rad. collecter) adj. Qui recueille, qui sert à recueillir ce qui était précédemment épars : Egout collkcteur.
— Bot. Poils collecteurs. Poils qui, recouvrant le stigmate, servent à recueillir et à, retenir les grains de pollen.
— Electr. Pointes collectrices, Celles par lesquelles, théoriquement, s'écoule l'électricité négative des conducteurs d'une machine électrique de Ramsden, sur le plateau mobile en verre qui, lui, est chargé d'électricité positive.
— n. Personne qui fait une collecte ou qui reçoit des cotisations : Collectetjr d'amnônes. \\ Personne qui réunit, qui collectionne : Collectkor d'autographes, il Personne commissionnée pour recouvrer la taille ou tout autre impùt du môme genre, il Collecteur des amendes, Offlcier qui était autrefois préposé à la recette des amendes pour contravention en matière d'eaux et forôts.
COLLECTEUR {lèk — même étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. Electr. Organe des machines dynamo ou magnétoélectriques, ayant pour but de permettre de recueillir les courants produits aans ces machines, il Plaque du condensateur qui est en communication avec une source d'électricité.
— Ostréic. Nom des engins : fa.scines, tuiles, qui servent à recueillir et à nourrir lo naissain des huîtres.
— Physiq. Collecteur a gouttes d'eau. Petit appareil ima-
finé par W. Thomson et servant à étudier le potentiel de air.
— Techn. Nom quo portent la plupart dos conduites principales qui, dans les conduites d'eau, do vapeur, égouts, etc., reçoivent les ramifications plus ou moins nombreuses d'autres conduites secondaires.
COLLECTIF, IVE {lèk — lat. collcctivus; do colligere. supin coltectum, réunir) adj. Qui comprend, qui ombrasse plusieurs personnes ou plusieurs choses ; qui apparient ù un ensemble do personnes ou do choses : Un peuple est un être COLLECTIF. (Lauraguais.) n Qui est pris comme un tout, ù un point de vue d'ensemble : Les hommes considérés d'une manière collectivb.
— Gramm. Se dit dos noms qui expriment un ensemble de personnes ou de choses, comme les mots foule, peuple, armée, assemblée, essaim, tas, t>tc.
— n. m. Nom collectif; sens collectif: Les règles relatives aux coLLKCTWS.w Collectifs partilifs.Coux qui ne désignent qu'une partie des personnes ou dos choses dont on parle. (Alors, ils sont ordmairomont précédés do un, unk) : // y a dans Paris unk foule d'hommes désœuvrés, il Collectifs générawr, Ceux qui désignent la totalité des personnes ou dos choses dont on parle. (Alors, ils sont ordinairement précédés do lk, la, Uis) : La foule des humains est vouée au malheur.
— Anton. Individuel, partitif, dlstrlbutlf.
— Encvcl, Gramm. La rô^;lo de l'accord dos mots on rapport avec un collectif qui les précède présonto trois cas principaux : ("accord do l'adjectif; ï*" accord du vorbo; 3" accord du participe.
1" Accord de Vadicctif. L'adjoctif placé avant lo complément d'un collectif s'accorde tantôt avec lo collectif, tuii
tôt avec le complément ; mai.*! comme, alors, il y a presque toujours un verbe entre l'adjectif et Je mot avec lequel celui-ci s'accorde, c'est à l'alinéa suivant (2") que nous donnons la règle générale.
2» Accord du verbe. Quand le verbe a pour sujet un collectif suivi d'un nom pluriel qui lui sert de <:omplément, il s'accorde tantôt avec le collectif, tantôt avec le complément: La FOULK des curieux nous empêche d'approcher. Une foule de giîns choient à l'influence de la lune rousse. (Dans
10 premier exemple, c'est avec le collectif /"oii/e que lao cord a lieu, parce que le collectif est général; dans lo second, c'est avec le complément gens, parce que lo collectif est partitif. Toute la règle se réduit donc à reconnaître si le collectif est général, ou s'il est partitif. Il est général quand c'est lui qui exprime l'idée dominante. Lo collectif est partitif quand l'idée dominante est exprimée surtout par le complément ; alors, c'est avec ce dernier que l'ai'cord a lieu : Peu de gens négligent leurs intérêts. j
A ces deux règles générales il faut ajouter quelques cas particuliers, assez fréquents, qui en sont l'application ou que l'usage a déterminés. Les collectifs : la plus grande partie de, le plus grand nombre de, la plupart de, beaucoup de, une infinité de, peu de, assez de, trop de. coinbien de, sont en général des collectifs partitifs, qui commandent l'accord avec le complément : La plupart des enfants sont légers. Beaucoup de gens promettent, peu savent tenir. V. peu.
Après les collectifs : force, nombre, quantité, employés sans déterminatif, le verbe s'accorde toujours avec le nom qui suit : Force sottises se débitent tous les jours.
Plus d'un veut le verbe au singulier, bien que cette locution éveille une idée de pluralité : Pu s d'une personne AGIT sans réfléchir. On dira cependant : A Paris, on voit plus d'un fripon qui se dupent l'un l'autre, parce qu'ici l'idée de réciprocité marquée par l'un l'autre appelle nécessairement le pluriel.
Il arrive quelquefois qu'après un collectif précédé do un, une, l'accord se fait avec le collectif : c'est quand l'idée de quantité exprimée par lo collectif est la seule à laquelle on puisse ou Ton veuille rapporter celle du vcrb? et de l'attriout. (Dans ce cas, le collectif n'a plus la valeur d'un simple déterminatif et ne pourrait être remplacé par les adjectifs quelques, plusieurs) : Une partie des ctoyens s'occupe sans cesse à accuser l'autre. (Volt.)
3* Accord du participe. Le participe passé précédé d'un nom collectif s'accorde tantôt avec le collectif, tantôt avec le nom qui suit, mais toujours avec celui de ces deux termes qui est le plus en rapport d'idée avec le participe, et qui, par conséquent, occupe le premier rang dans la pensée. Ainsi, l'on dira, en faisant accorder le participe avec le nom collectif: Comment pourrais-je, madame, arrêter ce torrf.nt de larmes que le temps n'a pas épuisé. (Boss.) Au contraire, on fera accorder le participe avec le nom qui suit le collectif, dans les phrases comme la suivante : François Mansçird est l'un des plus habiles architectes que la France ait eus.
COLLECTIFÈRE (lèk — du lat. collectus, réuni, et ferre, porter) adj. Bot. So dit de la partie supérieure des deux branches du style, quand le stigmate ne se prolonge pas sur cette partie qui ne porte que des collecteurs.
COLLECTION {lè-ksi-on ~- lat. coUectio, même sens) n. f. Réunion d'objets assemblés pour l'instruction, le plaisir, l'utilité : Collection d'estanipes, de médailles.
— Par ext. Réunion de personnes ou de choses : Une collection de maniaques, ii Ensemble do gens ou de choses non réunis de fait, mais considérés ensemble : On appelle « collectifs 1» les noms qui expriment des collections de personnes ou de choses.
— Particulièrem. Recueil de plusieurs ouvrages qui traitent de la même manière : Coixection des bollandistes.
11 Recueil de passages extraits des auteurs ; Le plus riche trésor serait wie collection de bonnes et belles pensées humaines. (Delille.) [Peu usité.] ii Recueil des divers numéros d'une publication : La collection du Journal officiel.
— Admin. mïlit. Collection d'effets. Nom donné à la réunion des effets do toute nature nécessaires pour habiller et équiper un soldat, soit en cas de mobilisation ou de solennité militaire : collection n» 1 (guerre et parade); soit pour sortir on ville : collection n" 2 (extérieur) : soit pour roxercice : collection n* 3 (instruction), chaque collection correspondant ù dos effets dont la vétusté croît avec lo numéro qu'elle porto.
— Méd. Accumulation, amas : Collection rfe pus.
— Pharm. Collection de drogues. Assortiment de substances médicales nécessaires à. unooftlcino,
— Philos, scolast. Réunion do parties : Dieu est l'être infini par intention, comme dit l'école, et non par collection. (Fén.)
— Encycl. Les Grecs ne formèrent dos collections quo pourleurs temples et leurs monuments publics. Moinscréateurs, les Romains devaient être bien plus collectionneurs.
Los premiers rois francs ot mérovingiens aimaient beaucoup les objets d'art ot on possédaient un assez grand nombre dans leurs palais. Dagobort n'avail-il pas confié A saint Eloi des travaux considérables d'orfèvrerie '.'Louis IX no lit-il pas de la Sainte-Chapelle un véritable musée? Enlin, au dire do Guillobert do Metz, « l'hostel do Mestro Jacquo Duchiés, au xiV siècle, était tout ompli do curiosités «.On possède dos inventaires très curieux sur les collections du xv« siècle. A la Renaissance, lo goût dos œuvres d'art so ranime avec une ardeur inouïe. Les papes, los rois, les grands seigneurs, les évêques, les abbés s'occupent à la fois & encourager los maîtres qui sont leurs contemporains et à réunir les œuvres du passé. Co goftt de la collection a beaucoup contribué au développomont do l'art italien. Parmi los collections célèbres du XVI" siècle, il faut citer colles do Jules II, Léon X, François I*-', Charles-Quint, I^aurent de Médicis, Georges d'Amboiso, Marguerite d'Autriche, Mario Stuart, Gabriollo d'Bistréos, Catherine do Médicis, Jean OrosUor.
C'est au XVII* siècle quo lo goût dos collections prend, on France, un essor considérable. Do cotte époque datent los Cabinets où los collectionneurs réunissaient leurs curiosités. Au xviii" siècle, les amateurs sont encore plus nombreux et se rencontrent dans toutes les classes do la société. Au XIX*, so forment de vastes collections, quo leurs possesseurs abandonnent souvent aux musées do l'Etat.
Nous n'envisageons ici que les collections particulières. Los collections publiques sont plus généralement classées sous lo nom do musées.
Lo titre do galerie est on général réservé pour los collections importantes. V. amatkuk.
— BiDLioGR. : Charles Blanc, le Trésor de la curiosité fParis, 1857-18.'i8); Georges Duplossis, /e« Ventes de tableaux, dessins, estampes et objets d'art (lGU-1800) [Paris, 1871); Ernest Busq, dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelot (1882) ; L. Soullié, les Ventes de tableaux, dessins et objets d'art au xix" siècle (Paris, 1896).
COLLECTIONNEMENT [lè-ksi-û-ne-man) n. m. Action de rassembler, de réunir en collection.
COLLECTIONNER {lè-ksi-o-né) v. a. Réunir en collection : Collectionner des timb/-es, des autographes.
— Absol. Faire une collection : Collectionner est un premier degré d'aliénation mentale. (Balz.)
COLLECTIONNEUR, EUSE {lè-ksi-o-neur') n. Personne qui collectionne, qui a la passion de collectionner : La monomanie des collectionneurs «e cotvialt jamais le découragement. (H. Berthoud.) ii Adjectiv. : Touristes collectionneurs.
— Encycl. On englobe aujourd'hui, sous le nom de collectionneurs, aussi oien les amateurs de curiosités que Tes possesseurs de galeries ou de cabinets d'objets d'art, de sciences physiques ou naturelles. Antérieurement au XIX* siècle, on appelait de préférence « amateurs » ou »■ anti<iuaires « les gens do goût qui réunissaient des tableaux, des dessins, des sculptures ou des estampes, et l'on désignait sous l'appellation de « curieux « ceux qui s'entouraient d'objets singuliers, tels que produits exotiques, pièces de mobilier, joyaux, armes, tabatières, pipes, etc., ou encore les propriétaires d'herbiers, de papillons, etc.