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V. COLLECTION, et AMATEUR

COLLECTIVEMENT {lèk — rad. collectif) adv. Ensemble, tous â la fois, sans s'attacher à aucun en particulier : Saluer collectivement une assemblée.

— Gramm. Dans un sens collectif: Le ynot « homme «, pris collectivement, désigne l'ensemble de tous les hommes.

— Anton. Individuellement, distributivement. COLLECTIVISME {lèk, vissm' — du lat. colligere, supin

collectum. rassembler, faire bloc) n. m. Système philosophique et politique, qui voit la solution de la question sociale dans la mise en commun, aux mains et au profit de la collecliviié, de tous les moyens de production : Le collectivisme n'est autre chose que le socialisme intégral. (A. Millerand.) Il Plusieurs disent aussi communisme. V. ce mot, et socialisme.

— Encycl. Polit, et philos. Ce qui, pour les adeptes du collectivisme, caractérise la période capitaliste, c'est la concentration de plus en plus grande des moyens do production en un nombre de mains de plus en plus petit. Le jour, donc, disent-ils, où, parallèlement à la concentration industrielle, commerciale et financière, actuellement sur le point d'être un fait accompli, se serait reconstituée la féodalité terrienne abolie par la Révolution, ce serait, pour les spoliés, le retour au servage, et même à l'esclavage antique. Cependant, le remède n'est pas, comme le voudraient plusieurs, dans l'intervention ae l'Etat pour mettre ces moyens, fragmentés à l'infini, à la disposition des travailleurs. C'est un axiome d'économie politique qu' n en produisant peu, on produit mal et chèrement ; que, plus les opérations se font en grand, plus il y a de valeur dans les objets d'utilité, et moins ils coûtent » . (A. Franck.) Dès lors, en pleine période de production coopérative, avec tendance vers une centralisation toujours croissante des facteurs, vouloir ramener l'industrie moderne à la production isolée, serait faire un pur anachronisme. Et tel est, pourtant, le dilemme en présence duquel on se trouve : soit, pour sauver la liberté, maintenir ou préparer par des lois spéciales le morcellement de la propriété, et cela au profit de quelques citoyens peut-être, mais sûrement au préjudice de la nation, mise ainsi en état d'infériorité vis-à-vis dos puissances rivales; soit laisser s'accomplir la concentration en cours, et par là acheminer les masses à un asservissement définitif.

Dans ces conditions, disent, après K. Marx, les collectivistes, il n'y a qu'une manière de concilier tous les intérêts : c'est, en conservant à la propriété le caractère désormais collectif qu'elle a d'elle-même revêtu, d'étendre à tous los citoyens, à mesure des possibilités, toutefois, et en les proclamant tous copropriétaires par indivis, les avantages que comporte cet état de choses. Cela, d'ailleurs, ù. l'instar soit dos services publics déji organisés, soit des sociétés par actions où, do nos jours, chaque coparticipant tire d'une propriété collective les bienfaits do la propriété individuelle. Et là seulement, suivant la doctrine qui nous occupe, est la solution à l'irréductible antinomie quo, de tout temps, on a voulu voir entre l'individu et la société. Deux faits antagonistes dominent la politique humaine et la résument tout entière : los exigences sociales et les besoins individuels. Si donc ces deux faits sont, par leur opposition, la source do tous les bouleversements, il est clair quo de leur harmonie résulterait la pacification désirée. Mais l aussi, par cela même qu'il est une synthèse, est la raison du double reproche — ses partisans disent » l'éloçe « — adressé au collectivisme, tantôt de n'être, philosopliiquement. que la forme extrême do l'individualisnio, tantôt do sacrifier l'individu à la collectivité.

Toutefois, si rigide paraïsse-t-il, lo principe ne laisse pas que d'admettre quelques exceptions. C'est ainsi qu'échappe à la socialisation coactive la propriété véritablemont individuelle, c'est-ù-diro celle qui, mise en valeur directement par son détenteur, no saurait mériter lo nom do «capilaU, la caractéristique de celui-ci, dans la conception marxiste, étant l'exploitation du travail des autres. Lui échappent également les objets dits « Ue consommation u (aliments, meubles, vêtements, etc.), sur lesquels, dans la mesure oU ils sont indispensables ù son existence, ot dans celle surtout où il a rempli lo devoir social, tout étro humain a un droit imprescriptible, y compris la faculté do les transmettre par héritage. Seule l'appropriation privée dos instruments do production (mines, domaines agricoles, usines, etc.) constitue un péril pour la liberté, lo citoyen qui en est dépourvu dépendant, forcément, de celui qui les possède ; seule, par conséquent, elle doit être proscrite.

Quant aux voies ot moyens préconisés par les collectivistes, ils découlent spontanément, toujours solo» eux, do lu nature dos choses. D'abord, lo canital, oosmopolito par son essence mémo, ayant, gr.Ve A sou élasticité, à sa fluidité exlrêmo, fuit do la question sociale une question désormais • mondiale », c'ohI sur le terrain par \ui-mêmo choisi qu'il importo do le suivre, si l'on veut lo combattre avec oTHcftcitè. Autrement, à chaquo toutmivu

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