‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 147 sur 870 · COMPARAISON · texte numérisé non relu

COMPARAISON

France profondément troublée par les menées des royalistes, dont Georges Caduudal est l'ànie. Un dos lieutenants de ce dernier, sous le pseudonyme do " Morgan ", commando autour d'Avignon la bandô dos compagnons de Jéhn. condottiori de la « bonne cause " , qui, arrêtant les diligences, pillent les deniers publics au nom de Dieu et du .1 roy ". Ce Morgan est l'amant de M'" de Montrovel. Roland', frôro de cette jeune fille et aido do camp de Bonaparte, s'est juré d'exterminer les com^jagnons de John. Morgan, par contre, impose aux siens l obligation de respecter la vie du frère de sa maît*i"esse. La lutte entre ces deux hommes forme l'intrigue du roman, à laquelle se rattache, à travers mille péripéties dramatiques, la vie de Bonaparte durant cette période, et notamment la préparation du is-Brumaire. Dans cet ouvrage, l'histoire est plus 3ue d'habitude respectée par le romancier; le récit, fait 'un style vif et pittoresque, off're un intérêt soutenu. Il se termine par la mort tragique des principaux personnages.

Compagnon (P.), voyageur français du début du xvm« siècle, mort vers 1750. Etant facteur de la Compagnie française du Sénégal, il fut chargé, en 1716, par André Brue, de visiter le royaume de Bambouk et d'en étudier les mines d'or. En l'espace do dix-huit mois, il exécuta trois voyages au Bambouk, en visita les principales mines et leva la carte du pays. Le P. Labat, au tome IV de sa Relation de l'Afrique occidentale, a longuement raconté les explorations de Compagnon au Bambouk.

COMPAGNONNAGE {kon, gno-naf [gn mil.]) n. m. Techn. Durée obligatoire du travail des anciens apprentis devenus compagnons chez leur patron, avant qu'ils pussent travailler pour leur compte, ii Qualité de compagnon : Le compagnonnage confère à l'initié une noblesse dont il est aussitôt fier et jaloux Jusqu'à l'excès. (G. Sand.) ii Association entre compagnons : De inême que la maçonnerie, le compagnonnage possède aussi comme symboles certains instruments d'architecture.

— Fr.-maçonn. Grade de compagnon.

— Encycl. Techn. On désigne sous ce nom des associations assez mystérieuses entre ouvriers de même état ou d'états analogues, en vue de se prêter mutuellement assistance. Elles remontent, d'après la tradition, au x' siècle avant J.-C, à l'époque de la construction du temple de Salomon. Les premières auraient été formées sous le patronage du roi luimême et de deux des chefs chargés de l'exécution de ses volontés. De là trois grandes catégories originaires de compagnons du devoir : !■> les enfants de Salomon ; 2* les enfants de maître Jacques, Gaulois, architecte du roi des Juifs; 3» les enfants du père Soubise, autre Gaulois devenu également architecte de Salomon.

La tradition du compagnonnage passa eu Europe, à l'époque des croisades. Les tailleurs de pierre furent les premiers à l'accepter et prirent la qualification de compagnons étrangers; les menuisiers et les serruriers suivirent, sous la désignation de compagTions de la liberté. Vers 1265, des dissidents formé rent deux nouvelles associations, sous la protection de Jacques Molay, le dernier grand maître des Templiers : celle des tailleurs de pierre, qui prit le nom de compagnons passants, par opposition aux " compagnons étrangers » ; celle des menuisiers, compagnons du devoir, par opposition aux « compagnons de la liberté ».

Ces associations, qui ne vécurent pas dans la suite en très bonne intelligence, constituèrent des sortes de confréries ouvrières, dont la protection accompagnait leurs membres dans toutes leurs pérégrinations laborieuses, et môme, à défaut de travail, leur assurait du pain. On n'y était admis que cinq ans après avoir été reçu apprenti, et sur la production d'un chef-d'œuvre. La réception des compagnons était entourée do cérémonies bizarres.

Le compagnonnage survécut à la Révolution, pendant laquelle il s^tait un peu effacé, pour ne pas attirer l'attention par ses allures mystérieuses. Il se réorganisa sous le Consulat et se propagea sous l'Empire, sous les deux Restaurations et jusqu'à nos jours, au milieu do dissidences et do rivalités entre los ditfêronts Devoirs, qui ont parfois dégénéré en rixes sanglantes, en véritables batailles, livrées presque avec 1 appareil d'une guerre en règle. De 1801 à 1804, à Nantes; en 1818, dans lo Languo- .d.)c;en 1833, 1836, 1837, 18»0, 1811, 1844, à Marseille, Lyon, Uzôs, Grenoble et Paris, des assassinats furent commis. Un compagnon menuisier, Agricol Perdiguier, dit » Avignonnais la Vertu » , essaya do réconcilier les Devoirs entre eux. Il écrivit un Livre du compagnonnage {1839), qui est, en même temps ou'uno histoire "du compagnonnage, un éloquent appel à la concorde. Chateaubriand, Bérauger, Lamartine, Lamennais, encouragèrent ses otTorts. George Sand écrivit, pour l'appuyer, te Compagnon du tour de France. On put croire qu'il avait réussi lorsqu'on 1848, dix mille compagnons do tous les Devoirs, réunis à Paris ot réconciliés par un serment solennel, accoururent avec leurs insignes à l'HAtol do Ville, pour assurer do leur dévouement lo gouvernement provisoire. Mais do nouvelles querelles surgirent. Elles s'ajiaisèrent depuis la guerre de 1870.

— Fr.-maçonn. Lo compagnonnage, douxiômo grade do tous les rits maçonniques, est celui qui raitacho le plus directement la franc-maçonnerie aux anciennes corporations dos bâtisseurs ou maçons do pratique. Pour être initié au grade do compagnon, il faut posséder depuis cinq mois au moins lo grade d'apprenti, ot ôiro admis par la logo do mailres dans un scrulm socrot.

COMPAGNONN£ [kon, gnon' [gn mil.] — fém. do compagnon) n. f. Fommo qui vil avec un honimo. il Femme hardie, vigoureuse ;

Horrible compagnonne,

Dont lo meuton llotirlt ol dont lu nez trogDonne.

Page 1