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COMPAGNIE

Compagnies (granoes). On désigne sous ce nom les bandes de mercenaires composées d'aventuriers de toutes sortes qui combattaient à la solde des princes en temps de guerre, et, en temps de paix, vivaient de vol et de pillage. L'absence d'organisation militaire permanente et régulière faisait que les troupes réunies pour une campagne, après que la guerre était terminée, n'avaient plus de moyens d'existence, et, souvent, sous la conduite de leurs chefs, se transformaient en véritables bandes de brigands. La désorganisation sociale qui accompagna la guerre de Cent ans accrut encore le nombre do ces pillards, qui trouvaient dans la violence leur seul moyen d'existence. On voit apparaître ces bandes d'aventuriers dès le milieu du xii' siècle. Los paysans du centre de la France s'organisèrent, pour leur résister, sous la conduite d'un simple paysan nommé Durant. Dans une seule bataille, à Dun-le-Roi, ils en massacrèrent 12.000. Les nombreuses campagnes de Flandre, entreprises par Philippe le Bel, remplirent le nord de la France de ces bandes de malfaiteurs. Mais ils se dispersèrent par bandes do 50, 60, 100 individus; on leur donna la chasse, et ils furent pendus de toute part.

Les grandes Compagnies étaient composées, pour la majeure partie, de soudards étrangers, Aragonais et Navarrais. Brabançons et Rhénans. Ces bandes prirent des noms divers ; les principales se nommèrent, en Bourgogne, les • écorcheurs » et, dans le Lyonnais, les " tard-venus ■ . Leurs excès ont été décrits par 'les chroniqueurs du temps, particulièrement par Froissart. En 1366 et 1368, Du Guesclin cnlraîiia do nombreuses bandes de ces routiers combattre en Espagne, où elles furent on partie exterminées ; Bernard d'Armagnac en dirigea sur l'Italie. Les grandes Compagniesdisparurentdevant l'administration de Charles vu. Les ordonnances contre le brigandage, énergniucment appliquées.jointosà la prospérité et à l'ordre renaissants, débirrassôrent la France de ces redoutables défenseurs,

qui lui faisaient, on temps do paix, plus do mal que les ptiuoniis en temps de guerre.

— liiBMOGR. : Al. Tuetoy, les Ëcorcheurs sous Charles Vil (MontbcHiard, l87-t); J.Quicherat.^orfW^uerfc Vi/la/ulrando (Paris, 1879); Simëon l^uce, histoire de Bertrand Du (iuesclin (Paris, 18761 ; G. Guigue, les liécils de la guerre de Cent ans: Tara-Venus en Lyonnais, Forez et Jieaujoiais (Lyon, 1886).

Compagnie de Jésus. V. jksuitks.

Compagnies de Jésus ou de Jèhu, ou du Soleil. CclaionC uos bandes royalistes qui, pendant la réaction tliorniidorienne, exercèrent dos représailles sanglantes. Képanducs surtout dans le Midi, uno des plus fameuses fut celle dos enfants du Soleil. Les massacres commencèrent à Marseille, en décembre 1794. En février, ces bandes. coDContréos à Lyon, tuèrent dans les rues les anciens fonctionnaires de la Terreur; les prisons furent envahies et ensanglantées, sans que les représentants du gouvernement missent fin aux désordres. On fit un procès aux principaux chefs, mais ils furent acquittés. La Convention, qui n'était pas directement menacée par eux, toléra leurs excès, qui se multiplièrent à Tarascon, à Aix, dans les prisons, dans les villes et dans les campagnes. Dénoncées enfin à la tribune par Goupilleau de Montaigu, les Compagnies furent l'objet d'une enquête qui n'aboutit pas. Aussi de nouveaux massacres eurent lieu à Lyon et dans l'Ouest (1797). Ce n'est qu'en 1798 que Bernadette, gouverneur do Marseille, fît juger et exécuter les chefs de bandes. Lyon, toujours en proie à la réaction, fut mis en état de siège et délivrée, ainsi que plusieurs villes du Midi, do ces bandes royalistes, qui, refoulées dans l'Ouest, finirent par disparaître, vers 1800.

COMPAGNON (A-on, et gn mil. — du lat. pop.f companio ; de cum, avec, et panis, pain ; proprem. « celui qui partage le pain avec un autre ») i^- ni- Personne qui en accompagne une ou plusieurs autres : Certains religieux ne peuvent sortir qu'avec un compagnon, il Camarade : Un lycéen et ses compagnons, il Collègue, confrère : Tout homme de métiei-aime à dénigrer ses compagnons, li Egal : i\e pouvoir sou/frir ni compagnons ni maîtres, il Individu qui fait quelque chose avec un autre, qui partage quelque chose avec lui : Compagnons d'armes, d'exil.

— Ouvrier qui a fini son apprentissage, mais qui travaille pour le compte d'un industriel ou d'un entrepreneur. Il Nom que se donnent les ouvriers typographes travaillant à la même presse ou à une casse voisine dans le même rang, il Ouvrier affilié à une association d'assistance mutuelle dite q société de compagnonnage » . il Compagnons de rivière, Ceux qui, dans les ports, etc., déchargent les marchandises, il Compagnons étrangers ou ioMps, Tailleurs de pierre de la société des enfants de Salom''7t.

Il Compagnons de la liberté ou G«ro(5, Menuisiers , charpentiers et serruriers de la même société. Il Compagnons passants ouLoups-garous, Tailleurs de pierre de la société des enfants de maître Jacques. \\ Compagnons du devoir ou Dévoirants et par contraction Dévorants, Charpentiers, menuisiers, serruriers, tourneurs, boulangers, cordonniers, etc., formant entre eux une association, il Compagnon de la truelle. Nom familier des ouvriers maçons.

II Mère des compagnons. Femme qui tient une auberge où sont reçus, à frais communs, les membres d'une société de compagnonnage lorsqu'ils sont en voyage.

— Par ext. Se dit des animaux qui vivent avec l'homme : Saint Roch et son compagnon, h Compagnon de saint .\ntoine, Le porc. (Une erreur populaire consiste à croire que ce porc légendaire était l'ami du saint. Bien loin de là : il personnifie le démon soumis, dompté, par l'impassible anachorète.)

— Fig. Ot)jet naturellement uni à un autre ; conséquence obligée : L'orgueil et l'impuissance sont les deux compagnons de l'ignorance. Max. orient.)

— Fam. joyeux compère, homme gai et déluré. (En ce sens, le mot compagnon est souvent d'une nature vague et emprunte sa valeur à l'adjectif dont il est accompagné) : Un hardi, Un rude compagnon. Un gentil compagnon. Il Petit compagnon. Homme sans importance.

— Arg. Compagnon du croc et de la pince. Cambrioleur, voleur. Il On disait autrefois Compagnon de la mate.

— Bot. Compagnon blanc. Nom vulgaire du lycbnis dioïque.

— Fr.-maçonn. Franc-maçon d'un grade immédiatement supérieur à celui des apprentis. V. compagnonnage.

— Hist. Compagnons du prince. Institution des anciens Germains, où quelques historiens ont vu à tort les origines do la féodalité, ii Nom donné, à l'origine do la monarchie, aux guerriers qui entouraient le roi.

— Mamm. Nom vulgaire du campagnol.

— Métrol. Nom du gros de Flandre, dont la valeur était d'un denier tournois, au xiV siècle.

— Loc. div. : De pair à compagnon. D'égal à égal, il Faire le compagnon, Se donner pour habile. || Travailler à dépêche compagnon. Travailler mal et avec hâte. Il Se battre à dépêche compagnon, Se battre à l'aveugle, sans regarder oii Von frappe.

— pBOV. : Qui a compagnon a maftre, On no peut s'associer quoiqu'un sans gêner sa propre liberté.

— Encycl. Les compagnons germains nous sont connus par Tacite : " 11 n'y a pas do honto, dit celui-ci, à figurer parmi les compagnons. Il existe uno vivo émulation parmi les compagnons pour se placer au promierVang, et entre les chefs ponr avoir les compagnons les plus nombreux et les plus intrépides. C'est la dignité, c'est la force, d'être toujours entouré de l'élito des jeunes guerriers : honneur pendant la paix, force pendant la guerre. On est renommé et illustre, non seulement chez son peuple, mais même parmi les nations voisines, si l'on se distinguo par le nombre et par le courage do ses compagnons. Les ciiefs reçoivent alors dos ambassades, dos présents, et leur réputation suffit pour terminer dos

fuorros. Dans les batailles, il est honteux pour un chef 'être vaincu en courage et, pour les compagnons, do ne pas égaler la bravoure du chef. C'est un opprobre, uno tache infamante pour toute la vie do survivre à son chef tué dans un combat. Le défendre, le couvrir do son corps, ajouter à sa gloire par de glorieux exploits, toi est le serment de.s compagnons. Ils reçoivent do la libéralité du chef un choval do guerre, uno framée tachée du sang do l'onncmi. >

— SvN. Compagnon, camarade. V. camaradr. Compagnons de Johu d.i^s), roman d'Alex. Dumas

père ',1801). Bonaparte, à son retour d'Egypto, trouve la

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