COMPATRIOTISME — COMPETENCE
— Fig. Se dit des personnes unies par un lien moral compar^le à celui de la patrie commune : Les gens degénie sont toujours compatriotes entre eux. iM"* de Staël.)
COMPATRIOTISME {kon, tissjn') n. m. Qualité de compatriote; sentiments de compatriote.
COMPAYRÉ (Gabriel), philosophe et homme politique français, né à Albi en 1843. En 1874, il fut appelé à la chaire de philosophie de la faculté des lettres de Toulouse ; dès cette époque, il consacra ses grands efforts à la science de l'éducation. En 1881, il fut élu député par le département du Tarn. Son mandat, renouvelé en 1885, ne le fut pas en 1889. Il entra alors dans l'administration et devint recteur do l'Université de Lyon. Outre ses thèses, il a publié : Histoire critique des doctrines de l'éducation en France depuis le xvi' siècle (1879) ; Eléments d'éducation civique et morale (1880); l'Instruction civique (1883); Histoire de la pédagogie (18S4); Cours de pédagogie théorique et pratique (1885); Notions élémentaires de psychologie (1886); Cours de morale tkéoi-ique et pratique (1887). Il a publié une traduction de la Logique aéductive et inductive de Bain (1875), et une de l'ouvrage de Huxley: Hurne, sa vie, sa philosophie (1880).
COMPELLATIF, IVE {kon-pèl' — du lat. compellare, supin compellatum, interpeller) adj. Qui sert à interpeller; qui indique l'interpellation : Ofié! est une interjection compei.- LATivE. Il Se dit quelquefois des mots comme nwnsieur, mon cher, etc., par lesquels on Interpelle la personne à qui l'on adresse la parole.
— n. m. Phrase, proposition compellative, comme : Je le veux, je le veux, m'entendez-vous ? Dites donc, ynon ami,
VOtILEZ-VOUS M'ÉCOUTER?
GOHPELLE INTRARE (« Forcez-les d'entrer "), paroles tirées d'une parabole de l'Evangile. — Un homme prépara un grand festin auquel il invita beaucoup de monde. Et, à l'heure du repas, il envoya son serviteur dire à ceux qui étaient invités de venir, parce que tout était prêt. Mais tous, comme de concert, commencèrent à s'excuser sous divers prétextes. Le serviteur, étant revenu, rapporta tout ceci à son maître. Alors, le père de famille dit à son serviteur : n Allez sur la place et dans les rués de la ville, et amenez ici les pauvres, les infirmes, les aveuf^les et les boiteux. — Seigneur, répondit le serviteur, j ai fait ce que vous m'avez commandé, et il y a- encore de la place. » Le maître lui dit : n Allez dans les chemins et le long des haies, et forcez les gens d'entrer, afin que ma maison soit remplie; car je vous déclare que nul de ceux que j'avais invités ne sera de mon festin. "
Dans l'application, ces mots Compelle intrare caractérisent la violence que l'on se croit en droit d'exercer sur une personne pour la forcer à faire une chose que l'on juge avantageuse pour elle.
GOMPENDIAIRE (kon-pan-di-èr' — lat. coynpendiarius ; de compendiiim, abrégé) n. m. Auteur d'abrégés. (Se dit très peu et toujours en mauv. part.)
GOMPENDIEUSEMENT [kon-pan, ze-man — lat. compendiose ; de compendium, abrégé) adv. Brièvement, succinctement : Les savants nous ont donné compendikdsement la philosophie du commerce. (Proudh.) [Ce mot semble fait tout exprès pour le style burlesque, par sa manière d'exprimer longuement qu'une chose se fait en abrégé. Une faute très fréquente consiste à employer cet adverbe dans le sens de longuement, avec détail. On lui donne alors la signification diamétralement opposée à celle qu'il a en réalité.]
COMPENDIEUX {kon-pan-di-eù) , EUSE [lat. compendiosus ; de compendium, abrégé] adj. Abrégé, dit en peu do mots : Les formules algébriques ne sojit pas la vérité, J7iais une expression compendiedse de la vérité. (Boss.) [Vx.]
COMPENDIUM [kon-pin-di-om' ~ moi lat.) n. m. Didact. Abrégé : Etudier la philosophie dans un compendium d'écolier, il PL Des CONPENDILM.
— Fig. Résumé typique, image en abrégé.
— Mobil. Meuble qui, dans les écoles, renferme uno collection complète de mesures métriques.
COMPÉNÉTRATION {kon, si-on — du préf. com, et de pénétration) n. f. Pénétration mutuelle : La compénétration de l'âme et du corps.
COBOPENSABLE {kon-pan) adj. Qui peut être compensé : Le calme de la conscience n'est pas co.mpensable. (Boiste.)
COMPENSANT {kon-pan-sa7i), ANTEadj. Qui compense, qui est propre à compenser ; Les biens et les maux sont équilibrés par des biens et des maux compensants. (Peu us.)
COMPENSATEUR, TRICE [kon-pan] adj. Propre à compenser ; qui fournit une compensation : Moyens compensateurs.
COMPENSATEUR (kon-pan) n. m. Qui procure une compensation : Le contrôle universel est le seul et puissant compensateur de toute constitution vicieuse. (Mirab.)
— Ch. de f. Dans les transmissions à distance. Balancier que l'on intercale entre le levier de manœuvre et l'aiguillage, de telle sorte que tout raccourcissement ou tout allongeraemont produit, de chaq^ue côté de ce balancier, sur la tige ou le fil de transmission, se trouve corrigé par l'inclinaison plus ou moins grande que prend le balancier autour de son axe, la tige ou le fil se trouvant relié à chacune des extrémités de ce balancier.
— Electr. Lame de cuivre à courbure variable dans un circuit do grande portée, sur les toits, pour !a chaîne du paratonnerre, afin de compenser, par uno ouverture variable do ce compensateur, les effets de dilatation qui amenaient fréquemment, autrefois, des solutions de contiDuité dans les différentes parties du paratonnerre.
— Mar. Compensateurs magnétiques. Ensemble des aimants, globes de fer doux, barre de Flinders, permettant de compenser le compas.
— Pnys. Compensateur ou adjectîv. Pendule compensateur. Nom donné à divers appareils destinés à corriger les dilatations et contractions du pendule, par des dilatations et des contractions en sens contraire, de façon que la distance, du point do suspension au centre d'oscillation, reste toujours la même. (V. balancier.) ii Compensateur magnétique. Appareil (jui corrige les déviations produites dans la direction de l aiguille do la boussole par le fer employé dans la construction d'un navire.
COHPENSATIF, IVE [kon-pan) adj. Qui produit la compensation.
COMPENSATION (kon-pan, si-on) n. f. Action de compenser, de coutre-baîancer : La compensation du mal par le bien. \\ Dédommagement : Il y a des psi'sonnes pour lesquelles les peines delà vie sont sans compensation. (Custinc.)
— Biol. Compe}îsalio7i de ci-oissance. Loi biologique formulée par Geoffroy Saint-Hilairo et Goethe : " Afin de pouvoir dépenser d'un côté, la nature est obligée d'économiser de l'autre. » (Gœthe.) Ex. : Quand une vache produit beaucoup de lait, elle n engraisse pas; quand une variété de choux produit un feuillage nutritif, elle ne produit pas de graines oléagineuses, etc. (Darwin a essayé d'interpréter cette loi au moyen de la sélection naturelle; elle se ramène plus simplement à la corrélation [v. ce mot], fatale dans un milieu limité.) V. balancement organique.
— Bours. Substitution, opération par laquelle, dans un marché à terme, uno personne qui se trouve à la fois vendeur et acheteur se substitue à son vendeur auprès de son acheteur, il Cours de compensation. Cours conventionnel auquel tous les acheteurs et tous les vendeurs d'une valeur pendant le mois précédent restent acheteurs ou vendeurs de la môme valeur pendant le mois suivant.
— Comm. et bours. Dans un marché à terme, on appelle compensation toute substitution d'un acheteur à un autre.
— Dr. Extinction de deux dettes se produisant lorsque deiLX personnes sont réciproquement créancières et débitr-ices l'une de l'autre : La compensation s'opère de plein droit. { Acad.) li Compensation de dépens. Décision du tribunal qui condamne chacune des deux parties à payer les frais qu'elle a faits.
— Mar. Tables de compensation ou de déviation. Tables au moyen desquelles on peut se passer de compensateurs magnétiques, parce qu'elles indiquent pour tous les rhumbs de vent les déviations correspondantes des compas du bord, il Compensation des compas. V. co.mpas.
— Mécan. Horloge, Montre de compensation, Horloge, Montre, munies d'un pendule compensateur. V. pendule.
— Philos. Systt/ne des compensât iojis ou simplement Compensation, Système d'après lequel les biens et les maux seraient également compensés, et produiraient en somme, pour tous les hommes, un état équivalent.
— Encycl. Bours. Lorsque dos achats et des ventes à terme ont été faits, pour le compte d'une même personne, chez deux agents de change différents, on règle cette double opération par ce qu'on appelle, en langage de bourse, une compensation. Pour faciliter ces règlements, les agents de change établissent, pour chaque liquidation et pour chaque valeur, un cours de compensation, pris parmi ceux qui ont été faits à la Bourse le jour de la liquidation.
— Dr. La compensation fut admise de bonne heure, à Rome, dans les actions de bonne foi pour dettes nées ex eadem causa; mais, dans les actions de droit strict, elle n'eut d'abord que deiLX cas d'application : compensatio de Yargentarius, deductio du bonorum emptor. Marc-Aurèle permit d'user de l'exception de dol pour faire valoir sa propre créance, même ex dispari causa, dans les actions de droit strict, ce qui fut étendu aux actions de bonne foi. Justinien décida que la créance opposée par le défendeur devait être liquide et que la compensation aurait lieu Ipso jure, c'est-à-dire qu'elle devenait un moyen de défense ordinaire, au lieu d'être une exception.
Judiciaire à Rome, la compensation est légale sous le Code civil (art. 1289 à 1299). Comme conditions, les deux dettes doivent avoir pour objet une somme d'argent ou des choses fongibles de même espèce, être liquides et exigibles ; enfin, le créancier de l'une doit être débiteur personnel et principal de l'autre, et. réciproquement, lo créancier de cette dernière doit être débiteur personnel et principal de la première. La compensation opère extinction de plein droit, comme un payement, par la seule coexistence des deux dettes. La compensation facultative est celle qui s'accomplit par la volonté de l'une des parties, en l'absence d'une des conditions ordinaires. La compensation judiciaii^e est celle qui peut être opérée par le juge sur la demande reconventionnelle de la partie dont la créance ne réunit pas encore les conditions de la compensation légale.
— Procéd. civ. Compensation des dépens. Les dépens, qui sont généralement mis à la charge de la partie qui succombe, peuvent être exceptionnellement répartis par le tribunal entre les deux plaideurs : c'est ce qu'on appelle compensation des dépens. Ello a lieu lorsque les parties sont parentes à un certain degré (conjoints, ascendants, descendants, frères et sœurs, ou alliées au même degré), ou si elles ont succombé respectivement sur certains chefs (C. proc, art. 13]).
COMPENSATIONNISTE(A:o«-;)n«-sa-5i-o-nmr)n. m. Partisan des compensations, en matière de droits de douane.
COMPENSATIVEMENT [kon-pan) adv. D'une manière qui établit compensation.
COMPENSATOIRE {kon-pan, to-ar') adj. Qui compense, qui établit une compensation : La propriété a pour conditiotï compensatoire le glanage datis les champs, te ratelage dans les prés, le grappillage dans les vignes. (Proudh.)
COMPENSER (A-on-jjan — lat. compensare ; do cuin, avec, etpendere, supin pensum, peser) v. a. Balancer, équilibrer, corriger : Le gain compense la perte, il Dédommager de : // faut COMPENSER l'absence par le souvenir. (J, Joubert.)
— Bours. Se dit d'un agent de change qui lève des titres contre espèces chez un autre agent, ou qui fait livraison de titres contre espèces.
— Dr. Compenser une dette, La solder au moyen d'uno créance, ii Cotnpenser les dépens. Mettre à la cliarge de chaque partie les frais qui lui sont propres.
Se compenser, v. pr. Etre compensé l'un par l'autre.
COMPÉRAGE {kon, raj') n. m. Qualité de compère; rapport de compère à comoère, ou de compère à commère. Il Se dit quelquefois de l'affinité spirituelle qui existe entre la personne baptisée, lo parrain, la marraine, lo père et la mère.(V. compere.) [Dans un style moins familier, on dit compaterniti^-.] Il Intelligence entre doux compères, ontro deux personnes qui s'entendent pour en tromper d'autres : Le coMPÊHAGE est de règle dans tous les métiers.
COMPÈRE (kon — du préf. com, et do père) n. m. Nom que l'on donne à celui qui a tenu un enfant sur les fonts, vis-à-vis du père, de la mère et de la marraine, et au pèro vis-à-vis du parrain et do la marraine, n Nom d'amitié que les personnes du peuple, et surtout celles de la campagne, se uonncnt et surtout se donnaient entre elles. (Les fabulistes l'emploient en parlant des animaux.)
— Bon vivant, homme très gaî, ou très malin, etc. : Un joyeux COMPÈRE. Un gros compère. Un bon compère. Un rusé COMPERE. Il Individu qui s'entend avec un escamoteur, pour Taider dans l'exécution de ses tours, en se mêlant au public, dont il est inconnu, ii Complice en supercheries : En fait de gouvernement, il faut des compères; sans cela^ la pièce ne s'achèverait pas. (Napol. I*'.)
— Fani. Eti'e compère et compagnon. Etre comme inséparables; s'accorder parfaitement.
— Pop. Compère cochon. Personne d'une familiarité basse ou déplacée.
— PROV. : Tout se fait par compère et par commère.