V. COMMÈRE
Compère (Louis), musicien français, né vers le milieu du xv siècle, mort à Saint-Quentin en 15 1 8, fut l'un des plus fameux contrapontistes de ce temps. On ne connaît que peu de compositions de cet artiste : chants à quatre voix, motets, chansons italiennes, etc., mais elles suffisent pour faire apprécier son talent fort distingué.
COMPÈRE-LORIOT [kon, ri-o) n. m. Ornith. Nom vulgaire du loriot commun, n Syn. do orgelet. V. ce mot. (PI. Des compères-loriots.)
COMPÉRENDINATION [kon-pé-rin, si-on — du lat. cum, avec, et perendinatio, remise au surlendemain) n. f. Dr. rom. Dans la procédure du sacramentum, Promesse réciproque des parties de se retrouver le surlendemain devant le juge.
— Ane. dr. Remise d'un jugement à trois jours, il Assignation à comparaître sous trois jours ou le surlendemain.
GOMPERSONNIER [kon-pèr-so-ni-é — altérât, de l'anc. franc, comparçonnier; de cum, avec, Qtparçon, part, dérivé du lat. partitio. [La forme actuelle est due à une confusion avec le mot personne]) n. m. Ane.
dr. coût. Associé solidaire, pour la tenure d'une terre, avec redevance au seigneur, ii Cohéritier.
(On a dit aussi comparsonnier.)
— Par ext. Personne qui vit ou agit habituellement avec une autre ; Le mai'quis d'Effiat, le com- PERSONNiKR du chevalier de Lorraine... (St-Sim.) [Inus.]
COMPES [kon-pèss — mot lat.; de cum, avec, et pes, pedis, piedj n. m. Antiq. rom. Entraves de fer qu'on mettait aux pieds des esclaves. (On a souvent repré- Compes
sente l'Amour enchaîné au moyen
du co}npes.) \i Instrument de torture employé au moyen âge.
COMPÉSIER (kon-pé-zi-é) v. a. Dr. anc. Inscrire au compoix ou cadastre : Compésier une iei^re, une maison.
COMPETA, comm. d'Espagne (Andalousie [prov. de Malagajj, dans la sierra do Alhama; 3.200 hab. Minoteries, distillerie d'eau-de-vie.
COMPÉTEMMENT [koyi, ta-man) adv. Avec compéteuce, d'une façon compétente : Rien n'est plus contradictoire que de prétendre reyjrt'^e/i/er compétemment la nation. (Mirab.)
COMPÉTENCE [kon, tanss — lat. competentia; de competere, compéter) n. f. Dr. Droit de juger, de connaître : Compétence criminelle, commerciale, civile. Décliner la compétence.
— Par ext. Tribunal compétent.
— Par anal. Aptitude à faire, à décider, à juger: Aujourd'hui, il est peu de gens qui ne croient que la littérature est de leur compétence.
— Compétition, rivalité, conflit de préséance : La moindre ombre de compétence avec itn fils de France a un grand air de ridicule. (De Retz.) [Vieux en ce sens.]
— De compétence. Do mise, convenable : Un habit de
COMPÉTENCE. (lUUS.)
— Encycl. Dr. Compétence administrative. Ce mot désigne l'étendue des pouvoirs de juridiction conférés à certains fonctionnaires de l'ordre administratif. Les règles de cette compétence reposent sur le principe de la séparation des fonctions judiciaires et administratives : il est défendu à chacune des deux autorités de s'immiscer dans les attributions de l'autre. Les juges civils ne peuvent pas entraver l'exécution de mesures prescrites par l'administration, et ils doivent se déclarer incompétents lorsque l'action engagée devant eux contre un fonctionnaire les conduirait à apprécier un acte d'administration; ils ne sont compétents que pour juger des faits personnels. L'ensemble des difficultés et des contestations dont la connaissance appartient aux tribunaux administratifs forme le contentieux administratif.
Compétence civile et commerciale. On entend par cette compétence l'aptitude d'un tribunal à connaître d'une action ou d'uno défense. On distinguo : 1» la compétence ratione ynaterix ou absolue, qui est l'aptitude, pour les tribunaux d'un certain ordre, de connaître certaines catégories d'affaires ; 2" la compétence ralione personse ou relative, qui est l'aptitude, pour l'un des tribunaux d'un certain orare, de connaître d une affaire, à l'exclusion des autres tribunaux du même ordre. Lorsque les règles do compétence n'ont pas été observées, on dit que le tribunal saisi est « incompétent, o Les règles do la compétence ratione materiss sont d'ordre public; celles do la compétence ratione persotix n'ont été établies qu'en vue d'intérêts privés. Nous parlerons, sous les noms des diverses juridictions, de leur compétence ratione viaterise. Mais il faut distinguer, à cet égard, les juridictions de droit commun (tribunaux d'arrondissement, cours d'appel), qui sont compétentes pour toutes les affaires que la loi ne leur a pas enlevées, et les juridictions d'exception, ne pouvant juger que los procès qui leur sont directement attribués. (En ce qui concerne la compétence ratione personœ, v. action. — Pour la compétence en matière commerciale, v.TRiDONAL de Commerce.)
Compétence criminelle. La compétence en matière criminelle est la détermination des attributions de chacune des juridictions au point de vue de la poursuite, do l'instruction, du jugement et do l'exécution du jugement. La compétence que soulève toute infraction est déterminée par la nature du fait {ratione iiiateri^v), la qualité des liorsonncs {ratione personx), les circonstances do lieu {ratio7ie loci). A raison des personnes, il peut y avoir des
juridictions d'oxcoption, on dos formalités préalables. A raison du heu, un mônio délit est suscoptinle d'être déféré à trois juridictions : lieu où il a éié accompli, lieu où réside le prévenu, lieu où il a été trouvé. Si, pour ce motif, plusieurs tribunaux étaient saisis on même temps, on ferait un rèylement de juge"!. Certaines circonstances modifiont aussi les règles ordinaires de t'ompéteuce : nationalité, connexité, complicité. (Nous renvoyons, pour la i umpétence ratione materiœ, aux noms do 'chacune des iuridictions.)
— C. de just. milit. Compétence des tribunaux militaires. Môme envers leurs justiciables, la compétence des tribunaux militaires ne s'étend qu'à la punition des crimes ou délits ; ils no peuvent prononcer sur les actions civiles que ces crimes ou délits pourraient provoquer. Exception, toutefois, pour les prévôtés qui peuvent prononcer sur dos demandes en dommages-intérêts.
En temps do paix, la compétence des conseils de guerre s'étend, pour tous crimes ou délits, militaires ou autres, sauf le cas do complices civils, aux militaires ou assimilés, en activité do service.
Cette compétence ne s'étend que pour les criines et délits militaires aux militaires en congé ou en permission, ou recevant un traitement de l'Etat, sans être employés
fiar lui à proprement parler ; elle s'étend, en outre, à tous es délits d'insoumission.
Si un justiciable des conseils de guerre est prévenu en même temps d'un crime ou délit relevant des tribunaux ordinaires, il doit être d'abord jugé pour le fait entraînant la peine la plus grave, et, en cas d'égalité, il doit l'être d'abord parle tribunal militaire.
Eu temps de guerre, la compétence des conseils de guerre embrasse, outre leurs justiciables du temps de paix, tous les individus employés par l'armée ou autorisés à la suivre.
La compétence des conseils de revision s'étend à tous les jugements des conseils de guerre, sauf suspension du recours en revision aux armées et dans les places assiégées ou investies. Ces conseils ne jugent pas au fond, mais examinent seulement si les formalités prescrites ont été observées en ce qui touche la composition du conseil de guerre, sa compétence, l'application de la peine et tous les détails de procédure.
— Anton. Incompétence.
COMPÉTENT (Ao«j tan), ENTE adj. Qui a qualité pour connaître, pour juger, commander, plaider, etc. : Tribunal, Critique compétent. Partie compétente, ii Légal, déterminé par la loi : Age compétent pour tester, pour contracter.
— Portion compétente. Dr. Part à laquelle des héritiers peuvent prétendre dans un bien.
— Substantiv. Nom que l'on donnait aux néophytes chrétiens d'un certain degré.
— Anton. Incompétent.
COMPÉTER {kon — du lat. competere, dans le sens d'Appartenir. Change é en è devant une syllabe muette : Je compète. Qu'ils compétent; excepté au *fut. de l'iud. et au cond. prés. : Je compéterai . Tu compéterais) v. n. Appartenir comme compétence : Affaire qui ne compète pas à un tribunal, il Appartenir do droit : L'aubaine compète au propriétaire. (Proudh.)
COMPÉTITEUR, TRICE [kon — du lat. competitor, trix ; de cam, avec, et pe.tere, supin petitum, demander) u. Personne qui revendique un objet également revendiqué par une autre : Deux compétitkurs à l'empire.
— adj. : Les princes compétiti%uhs.
— Syn. Compétiteur, concurrent, contendant, émulateur, émule, rival. Compétiteur so dit quand le but à atteindre est une clioso susceptible d'être briguée, quand celui qui y tend commence par poser sa candidature. Concurre7it suppose une chose réservée au plus dign*?, à celui qui surpassera tous les autres; il fait allusion aux jeux anciens, où une récompense était promise comme prix do la course. Contendant suppose la discussion, le débat entre les juges à convaincre par la force des arguments. Emule et rival désignent quelque chose de plus général ; ils supposent un état de lutte habituel et Venvie de se surpasser, non dans une circonstance particulière, mais pour acquérir une supériorité durable. Emule présento cette idée du côté louable et comme stimulant rénergio propre à chacun; rival, au contraire, la présente d'une manière défavorable et comme participant plus ou moins de la jalousie. L'émulateur est celui (jui cherche à so montrer Vémnle; il ne se croit pas l'égal do ceux qu'il
rend pour modèle, il entre .seulement dans la voie où ils ont précédé et il s'efforce do marcher sur leurs traces.
COMPÉTITION {kon, ti-si-on — rad. compétiteur) n. f. Revendication du même objet : Le prolétariat arrive de toute part a la co.mpétition du pouvoir. (E. Littré.)
— l)r. anc. Compétence do connaître et déjuger.
COMPIANO, comm. d'Italie (Emilie [prov. de Parme,) sur le Taru, alduont du Pô ; 2.000 bab. Mines de fer.
COMPIÈGNE liât. Compendium), ch.-l. d'arr. do l'Oise, Bur l'Oise, on aval du contluent do l'Aisne, à 5i kilom. de Boauvais; 15.225 hab. {Compiéf/nois, oises.) Ch. do f. Nord. Tribunaux de l" instance et do commerce {cour d'appel d'Amiens), justice do paix, inspection des forêts, 5" suDdivision militaire du 2" corps d'armée. CoHège communal, bibliothèque. Construction do bateaux, fabriques do cordages pour agrès, de tuyaux do drainage; commerce important do toiles <ie chanvre, do sabots, planches, charbon de terre et produits agricoles; bonneterie, féculorie, brasseries.
Kostos d'anciens remparts; tour (xii" s.) à demi écroulée, sur \bords do l'Oise, dite tour de Je.on d'Arc; porto; chapollo con.strni' on 1552 sur los dessins do Philiboii Dolorme. Eglise Saint-Antoino, on partie du xn" siècle, en partie du xvi», renfermant un baptistère du XI" siècle. Eglise Saint - Jacques , chœur du xiii" siècle, chapelles et tour Honaissance, bénitier du xii' siècle, tableaux de Philippe do Cham.
paigne, de Mignard. Ilôtol do ville, un des plus charmants spécimens do l'art do la Kenaissanco sous Louis XIÏ, contenant lo musoo Vivouel. Sur la place, statue do
Hôtel de ville de t'ompiègne.
Jeanne d'Arc, par Leroux. l'atrie do Pierre d'Ailly, prélat et universitaire. — L'arrondissement a 8 cant., 157 comm. et 95.009 hab. ; le canton, 12 comm. et 2-1.304 hab.
— Histoire. Compiègne remonte probablement à répo(|uo gallo-romaine. Mentionnée pour la première fois dans un diplôme de Chiidobort P' (557), cette ville fut le siègo de plusieurs assemblées ou conciles. Louis lo Débonnaire y fut déposé par SOS tils rebelles (832). Charles le Chauve agrandit Compiègne; il en fut comme le second fondateur. Il créa l'abbaye di; .Saint-Corneille, qui posséda la principale seigneurie de la ville, acquit des richesses considérables, fut réformée par Suger, et se réunit on 1656 au Val-de- Gràce. La ville, érigée en commune dès 1 153, envoya ses milices communales à la bataille de Bouvines, et reçut de Philippe Auguste, pour prix de ses services, la devise : Eegi et regno fidelissima. Charles V, fuyant Paris soulevé par Etienne Marcel, tint à Compiègne" des états généraux en 13dS. Jeanne d'Arc y fut prise dans une sortie contre les Bourguignons (24 mai 1430).
Le château de Compiègne a été construit dans sa plus grande étendue sous Louis XV. par Gabriel, qui utilisa les restes de châteaux anciens (le dernier datait de Charles V); une galerie d'honneur fut ajoutée par Napoléon I". Ce château avules fêtes du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, du mariage de Napoléon I"^ et de Marie-Louise d'Autriche ; les réceptions intimes, chasses, représentations théâtrales du second Empire.
Forêt de Compiègne ou de Cuise (lat. Cotia Sylva). Cette forêt a 14.500 hectares de superlicie et 94 kilomètres de circuit, entre l'Oise, l'Aisne et l'Autonne. On y a découvert environ quarante stations préhistoriques et des édifices gallo-romains à Champlieu. Les rois francs firent de la forêt de Cuise leur terrain de chasse préféré. Une route romaine, dite chaussée de Brunekaut, traversait la forêt de Compiègne. François I", puis Louis XV y firent ouvrir de nouvelles routes. Il y en a aujourd'hui trois cent cinquante-quatre. La forêt est surtout composée de hêtres, do chênes et de charmes. Nombreux villages et hameaux, dont les principaux sont : Saiut-Jean-aux-Bois, ancien prieuré non loin des ruines de l'ancienne villa mérovingienne de Cuise; Pierrefonds, avec son célèbre château.
Compiègne (Louis -Eugène -Henri Ddpont, marquis de), voyageur et écrivain français, né à Fuligny (Aube) en 1846, mort au Caire en 1877. D'abord auditeur au conseil d'Etat, il se conduisit vaillamment pendant la guerre de 1870-1871 ; puis, entraîné par son goût pour les voyages, il so consacra à l'exploration do l'Afrique équatoriale, entre le Gabon et l'estuaire du Congo. En compagnie d'Alfred Marche, il remonta lo cours inexploré de l Ogôoué jusque chez les Osyéba ; mais il dut alors renoncer à poursuivre sa route vers l'E. et regagner la côte (1873-1874). Couronné pour ce voyage par la Société de géoçraphio, Henri do Compiègne se rendit en Egypte, oii il devint secrétaire, puis président de la Société àe géographie du Caire. Il fut tué en duel par un Allemand, nommé Mayor. On a de lui trois ouvrages intéressants :/*.'l/"rj7»e^7Urt/Ôi-irt/t;. Gabonais, Pafionins, dallois [ifilS); l'Afrique équatoriale. Okanda, Uangoucns, Osyéba {lS15); Voyages, chasses et guen^es {lil6).
COMPILATEUR (kon), TRICE [du lat. compilator, trix] n. Personne qui compile (on bonne ou en mauvaise part) : On n'exige point du génie du coMPiLATiiUR, mais on lui demande du goût. (Du Rozoir.)
— n. : Moraliste comph-Atecr.
COMPILATION [kon, si-on) n. f. Action de compiler : La COMPILATION peut être une occupation 1r1fcfre5janfe.11 Résultat do cette action ; recueil d'ouvrages ou do morceaux de divers auteurs : Les compilations de Grotius ne méritaient pas le tribut d'estime que l'ignorance leur a payé. (Volt.)
— Parext. cl au fig. Ramassis de choses entassées sans choix, mal digérées, etc. : L'histoire n'est qu'une vaine compilation.
— Encycl. On donno le nom do compilation à dos ouvrages littéraires ou sciontillques composés d'après un plus ou moins grand nombre d'ouvrages antérieurs, dans le but soit do vulgariser les connaissances en los présentant dans un ordre clair et logique, soit do les condenser afin d'en olfrir l'ensemble ù l'esprit, soit encore do les faire servir au développement d'une idée générale ou d'une doctrine particuliôro. L'exécution d'une bonne compilation présente donc do rôûlles difficultés et il y faut apporter uos qualités nombreuses : science étendue, mémoire tenace, goilt éclairé, rectitude du jupemont, largeur do rintolligouoe. Parmi los bonnes compilations, nous citerons los Annales ecclésiastiques do Uaronius, lo Glossaire do Du Cango, les recueils aes /Jistoricns de Erance do Duchosno et doin Bouquet. L'Encyclopédie du xviii* siècle ollo-même n'est souvent qu'une compilation supérieure, A laquelle so n\(^- Jent des morceaux d écrivains de génie. De nos jours, les compilations se sont multipliées avrc dos mérites divers. Leur nombre s'explique par lacuriosité intellectuellequele développement de l'instruction a éveillé dans los musses, d'une part, et de l'autre nar l'impossiliillié où se treuveiu mémo los plus savants uo tout conuuitro. par le besoin