CONCORDAT
— En'ctcl. Les concombres sont des plantes annuelles, à tiges couchées et munies de vrilles. Les fleurs sont assez grandes, jaunes. Le fruit est une péponide plus ou moins volumineuse, charnue, à écorce plus ou moins épaisse, renfermant de nombreuses graines.
Les espèces, assez nombreuses, que renferme ce genre sont, pour la plupart, originaires des régions chaudes et tempérées de l'Asie, de rAfrique, de l'Australie et de l'Amérique. La plus intéressante est le concombre melon (cwckmis melo), connu sous le nom de rnelon. La plante qui porte plus spécialement, en France, le nom de n concombre ■> est celle que les botanistes nomment cucumis $ativus. Elle a des feuilles larges, découpées, rudes au toucher, d'un vert foncé: un fruit cylindrique, le plus souvent allongé, à écorce mince, lisse ou parsemée de verrues épineuses , à chair plus ou moins blanche.
Originaire des Indes, le concombre est cultivé de temps immémorial dans les jardins potagers.
11 a produit plusieurs variétés, entre autres : le concombre blanc Concombre.
hâtif, à fruit blanc verdâtre; le
concombre à cornichon, vert foncé et rugueux à l'âge où on l'emploie, plus tard jaune foncé et presque lisse. Dans le nord de la France, le concombre se cultive sur couche, comme les melons; mais dans le centre, et à plus forte raison dans le midi, il réussit en pleine terre. Sa chair est blanche, peu sapide et peu nutritive ; on le mange cru, en salade, fortement assaisonné, ou bien cuit au gras ou au maigre et associé aux viandes rôties. La pulpe du concombre est usitée en médecine; on l'emploie comme topique. Les graines font partie des quatre semences froides majeures; on les associe aux amandes douces pour faire des émulsions calmantes et rafraîchissantes.
Le concojJibre serpent {cucumis flexuosus) doit son nom à la forme de ses fruits, longs quelquefois de l mètre et bizarrement contournés. Le concombre papengaie ou pigonde {cucumis acutanguhts) se trouve dans toutes les régions chaudes et tempérées de l'Asie. Il se reconnaît à ses fruits allongés et marqués de dix angles tranchants. On les mange cuits sur la braise, ou bien avec le riz, on, mieux encore, assaisonnés en salade. Lors de la maturité parfaite, la pulpe se dessèche, devient ribreuse, tandis que l'écorce durcit et permet d'en faire de petits vases. Le concombre arada {cticutnis anguria) est cultivé et très estimé à la Jamaïque. Le concombre délicieux {cucumis deliciosus), dont la patrie primitive est inconnue, se cultive beaucoup en Portugal. Sa chair est blanche, fort odorante, d'une saveur très délicate et agréablement parfumée; elle est recouverte d'une écorce panachée d'un jaune plus ou moins foncé. Le fruit, ovoïde arrondi, est de la grosseur d'une pomme reinette: il se distingue du melon par les poils courts de son enveloppe. Le concombre de Perse (cucumis Dudaim) a, au contraire, une chair blanchâtre, molle et un peu fade, mais dont l'odeur est fort agréable.
Plusieurs concombres sont cultivés comme plantes grimpantes d'ornement; nous citerons, entre autres, le concombre métulifère {cucumis )netulifertis)y dont les fruits, d'un beau rouge écarlate, produisent un charmant eflTet. A ce genre appartient encore la coloquinte.
— Comm. Avec la pulpe du concombre, on prépare divers cosmétiques appelés pommade de concombre, qui ont la propriété d'assouplir la peau, de l'adoucir et de faire disparaître ces légères couperoses qui se montrent quelquefois sur le visage. Le plus renommé de ces cosmétiques, le plus en usage, est composé de vaseline au benjoin, de spermaceti et de suc de concombre.
CONCOMITAMMENT \ta-man)a.A\. D'une manière concomitante, par concomitance.
CONCOMITANCE {tanss — du lat. concomitari, accompagner ; de cum, avec, et cames, itis, compagnon) n. f. Concours, existence simultanée de deux choses : La concomitance de deux phénomènes.
— Par concomitance. Théol. Par la nature inséparable de deux objets : Le sang de Jésus-Christ, dans l'eucharistie, est êous l'espèce du pain par concomitante. (Acad.)
GONCOBnTANT (tan), ANTE [lat. concomitans ; de con~ comtVari] adj. Existant simultanément avec un objet principal : Faits concomitants. (On dit concomitant de : Circonstances CONCOMITANTES D'un pJiénoméne.)
— Mus. Sons concomitants. Sons accessoires qui accompagnent toujours le son fondamental : Tout son est accompagné de trois autres sons harmoniques, concomitants ou accessoires. (J.-J. Rouss.)
— Pathol. Symptômes concomitants. Symptômes accessoires, mais importants, qui accompagnent une maladie.
— Théol. Grâce concomitante. Grâce divine qui accompagne toutes les actions.
CONCON D. m. Plante indéterminée, que les habitants de la Guinée employaient broyée avec de l'huile, pour se frotter les jambes et détruire les parasites qui y pénétraient.
GONCONE (Giuseppe), compositeur et professeur italien, né et mort à Turin (I81Û-18G1), fit représenter dans cette ville, en 1836, un opéra intitulé ; un Episodio di san Michèle. Il alla, en 1837, s établir à Paris, et se livra à l'enseignement du chant, tout en publiant, outre un nombre considérable de romances et mélodies vocales, plusieurs recueils de leçons do chant, d'exercices et de vocalises pour les diverses voix d'hommes et de femmes. Concono retourna en 1848 ù Turin, où il obtint la charge d'organiste de la chapelle royale.
CONCORD, nom de plusieurs villes des Etats-Unis d'Amérique : r capitale du New-Hampshire et chef-lieu du comte de Morrimac, sur lo Merrimac ; 17.000 hab. Centre d'an commerce important, alimenté par une industrie active, pour laquelle on a utilisé la force motrice du Merrimac. Fonderies ; fabriques de meubles, de harnais et de wagons considérables : on v travaille aussi lo marbre et le granit. H^tol de ville, Palais de justice, Capitule, prison, asile d'aliénés. Fondée en l'iTy, cette ville s'appela jusqu'en 1705 liumford. — 2" Dans l'Etat de Massachusetts ?t le comté do Middlcscx, à la jonction des deux
rivières qui forment le Concord River ; 4.430 hab.Ville sans industrie, mais célèbre par la beauté de son site, qui a déterminé plusieurs des nommes les plus remarquables de l'Union â s'y tîxer. Sur son territoire eut lieu la bataille de Lexington, le 19 avril 1775. — Z" Dans la Caroline du Nord, chef-lieu du comté de Cabarrus, entre les deux bras du Rock Creek, affluents de droite du Yadkin ; 4.340 hab. Dans les environs, gisements d'or, de cuivre, de galène et de blende. — 4" Dans le Tennessee et le comté de Knox, au S.-O. de Knoxville ; 2.360 hab. Carrières de marbre. Petite industrie.
CONCORDAMMENT {da-man — rad. concorder) adv. Avec accord : Parier concordamment. (Peu usité.)
CONCORDANCE {danss — rad. coJ}Corder) n. f. Accord, conformité : // n'y a pas de politique qui soit grande, si elle n'a pus de concordance avec les intérêts généraux de l'humanité. (Mîch. Chev.)
— Chronol. Concoj-dance des calendriers. Tableau où l'on met en regard le calendrier grégorien et le calendrier républicain, afin qu'on puisse aisément passer de l'un à l'autre, pour la fixation des dates.
— Ecrit, sainte. Ouvrage montrant la suite et l'accord dos quatre textes évangéliques, rapprochés et fondus ensemble. Il Table alphabétique des mots employés dans la Bible, avec indication des textes qui les contiennent.
— Gramm. Accord syntaxique : La concordance de l'adjectif et du substantif, du verbe et du sujet. Concordance des temps. (V. temps), ii Syntaxe de concordance. Celle qui donne les règles de l'accord, par opposition à la syntaxe de détermination ou de régime. {On dit plutôt
SYNTAXE d'accord.)
— Mus. anc. Syn. de consonance.
— Anton. Discordance.
— Enctcl. Ecrit, sainte. I. Concord.\nce de la Bible. On donne ce nom à des dictionnaires qui contiennent, rangés par ordre alphabétique, tous les mots de la Bible, avec l'indication des versets où ces mots se rencontrent :
1° Concordances latines. La plus ancienne de toutes est celle de saint Antoine de Padoue, mort en 1231. Elle a pour titre : Concordances morales de la sainte Ecriture. Le cardinal Hugues de Saint-Cher en composa une plus complète, à laquelle il lit travailler, pendant plusieurs années, cinq cents moines de l'ordre de Saint-Dominique : elle fut publiée en 1543 à Bàle et plusieurs fois réimprimée. La plus récente et la meilleure est celle de Dutripon : 6'oîicordantise Biblir,T sacra-, Vulgalsc editionis (Concordances de la sainte Bible, d'après la" Vulgate) [Paris, 1838].
2" Concorda7ices grecques. Henri Estienne, après avoir divisé en versets le texte grec du Nouveau Testament, en publia une Concordance (Paris, 1594 et 1624).
Des Concordances plus modernes, la meilleure est celle de Bruder (Leipzig, 1842). Il existe une Concordance de la version des Septante, composée par Abraham Tromm, et imprimée à Ulrecht en 1718.
3* Concordances hébraïques. Le rabbin Nathan fit la première en 1524. La plus récente est celle de Jules Fiirst, parue à Leipzig en 1840.
4" Concordances françaises. La plus ancienne fut publiée à Genève en 1564, et généralement attribuée à Calvin, qui mourut cette même année. Il en existe une plus moderne, c'est celle de Duverger {Genève, 1839-184ij.
Ces Concordances ont été imitées pour le Coran. On peut citercelle de Calcutta (ISU), et celle de Leipzig (1842).
II. On appeHe aussi Concordances les ouvrages qui ont pour but de présenter, dans un récit unique, les faits racontés par les quatre évangélistes et d'en harmoniser les divergences apparentes. Saint Augustin, après Tatîen, a entrepris ce travail et posé les principes qui, plus tard, ont guidé les exégètes catholiques et, en particulier, Gerson. De nombreux écrivains protestants ont traité ce même sujet, mais en se plaçant à des points de vue différents. On peut citer : Osiander (1537), défenseur zélé de l'inspiration divine ; Chemnitz (1593), Bengel (1734), partisans d'une interprétation plus libre ; enfin, Storr (1794) et surtout Wiseler (1843), et Tischendorf (1854), représentants de la critique la plus hardie.
CONCORDANT (rfrtn) n. et adj. S'est dit de la voix d'homme intermédiaire entre la voix de ténor et la voix de basse, qui se trouve formée des sons les moins élevés du ténor et les moins graves de la basse. (Ce mot a été remplacé par celui de baryton. On l'écrivait, comme ce dernier, sur la clef de fa quatrième ligne, parfois même sur la clef de fa troisième ligne.)
CONCORDANT {dan), ANTE [rad. concorder] adj. Qui s'accorde, qui est conforme : Des témoignages concordants. Des présomptions concordantes.
— Dr. anc. Mariage concordant. Celui où la bonne harmonie régnait entre les conjoints.
— Littér. Vers concordants. Vers ayant une partie qui leur est commune et une partie distincte, et qui sont destinés à être chantés â la fois par plusieurs personnages ;
iDieu sait s'il reviendra.
Le ciel vous le rendra.
Coure après qui voudra.
— Anton. Discordant, disparate, dissonant.
CONCORDANTIEL, ELLE {si-èl') adj. Destiné à établir une concordance ; Tableau concordantiel des calendriers.
CONCORDAT {da — dii lat. concordare, supin concordatum, concorder) n. m. Hist. Traité passé, entre le pape et un souverain, pour régler les intérêts religieux dans les ICtals do ce dernier : Le concordat de Trançois i•^ Le concordat de iSOI.
— Se dit absolum. du concordat de 1801 : Observer le Concordat.
— Se disait autrefois d'un Accord entre les officiers d'un régiment pour payer une prime à ceux d'entre eux qui, occupant un grade supérieur, prenaient leur retraite et procuraient ainsi aux autres des chances d'avancement : Les concordats furent prohibés à l'époque où l'on s'occupa de réprimer la vénalité des emplois. (Do Chesnel.)
— Dr. comm. "V. la partie encycl.
— Enctcl. Hist. On nommait autrefois concordats \e& transactions conclues, soit entre divers prétendants à un mémo bénéfice, soit entre lo supérieur d'un monastère et ses religieux. Ce nom fut appliqué, dans la suite, aux traités qui règlent les rapports réciproques de l'Eglise et de l'Etat, et qui sont consentis par le pape et les gouvernements civils.
Lo plus ancien concordai est celui de Worms (1U2),
I entre le pape Calixte et l'empereur Henri V. L'empereur renonçait à donner l'investiture des bénéfices ecclésiastiques par la crosse et l'anneau; le pape lui permettait de la donner par le sceptre, et lui concédait le droit de régale. Ce traité mit tin â la lutte du sacerdoce et de l'empire.
Le Concordat germanique {liGl), conclu entre le pape Pvicolas V et l'empereur Frédéric III, et approuvé partons les souverains allemands, maintint les élections dans les chapitres et les monastères, réservant au pape la confirmation des élus.
En France, on compte quatre concordats, soit conclus, soit au moins tentés entre le saint-siège et les divers gouvernements.
— Concordat de i5f6. La pragmatique sanction de Charles VIT (1438) reconnaissait aux chapitres des cathédrales le droit d'élire les évêques. interdisait les annales. sortes d'impôts perçus par le pape sur les églises, et soumettait les bulles pontificales et les canons des conciles à l'approbation du roi. Cet acte avait toujours été, delà part de la cour de Rome, l'objet de vives réclamations. François ï"" consentit à l'abroger, et à signer, on 1516, avec le pape Léon X, un nouveau concordat, qui enlevait aux chapitres le droit d'élire les évêques et conférait au roi celui de les nommer, réservant l'institution canonique au saint-siège. Les annates et les appels à Rome étaient rétablis. Le clergé français, l'Université de Paris n'acceptèrent ce concordat qu'avec répugnance ; le parlement s'y montra toujours opposé. Il resta cependant en vigueur jusqu'à la Révolution. La constitution civile du clergé, qui lui fut substituée par l'Assemblée constituante (12 juin. 1790), devint l'occasion d'une guerre violente contrf le clergé et la religion catholiques. Cet état de cho?;cs s.^ prolongeantavec des alternatives d'exaspération et d'upaisèment, le général Bonaparte, devenu premier consul, résolut d^- mettre fin.
— Concordat de iSOI . Des négociations laborieuses furent entamées avec la cour de Rome : l'abbé Dernier et de Cacault y prirent part au nom du gouvernement français; Spina'et le cardinal Consalvi au nom du pape. Plusieurs fois sur le point d'être rompues, elles réussirent enfin. Le concordat fut signé le 15 juillet 1801, converti en loi le 8 avril 1802 et solennellement publié le 18 avril, jour de Pâques. Ce traité célèbre préside encore aujourd'hui aux relations entre lo gouvernement français, le saint-siège et le clergécatholiquë. Il contient dix-sept articles. Le premier reconnaît la religion « catholique, apostolique et romaine " comme « la religion de la grande majorité des Français <■ , assure son libre exercice et la publicité de son culte, sous la seule réserve des « règlements de police u nécessaires pour la tranquillité publique. Les articles 2 et 3 décident qu'une nouvelle circonscription des sièges épiscopaux sera faite, et que les anciens titulaires seront, de bon gré ou non, remplacés par de nouveaux. Les articles 4 et 5 transfèrent au Premier Consul le droit de nommer les évêques, réservant, comme dans le concordat de 1516, l'institution canonique au pape. D'après les articles 6 et 7, les évêques et les ecclésiastiques du second ordre devront prêter serment au gouvernement. Les articles 9, 10 et 11 reconnaissent aux évêques le droit d'établir la circonscription des paroisses, de nommer les curés et les chanoines de leur chapitre avec l'approbation du gouvernement. Un séminaire est établi dans chaque diocèse. L'article 12 rend aux évêques les églises non aliénées et nécessaires au culte. L'article 13 ratifie la vente des biens du clergé et déclare que leurs possesseurs ne pourront être inquiétés. L'article 14 assure, en retour, un traitement convenable aux évêques et aux curés; l'article 15 annonce pour l'avenir des dispositions légales devant permettre aux fidèles de faire des donations en faveur des églises. Les articles 16 et 17 reconnaissent au Premier Consul et à ses successeurs les mêmes droits et prérogatives dont jouissaient autrefois les anciens rois, à condition, toutefois, qu'ils soient catholiques. Dans le cas contraire, un nouveau traité serait nécessaire.
Dqs articles organiques furent adjoints par le gouvernement au traité conclu avec le saint-siège, et publiés en même temps que lui.
Ce concordat aété, et estencore, l'objet d'appréciations diverses. Ses adversaires soutiennent qu'il n'a jamais été, dans la pensée de Napoléon, qu'un instrument de règne, un moyen d'exercer une pression sur la cour de Rome et de transformer le clergé en un corps de fonctionnaires de l'Etat. Ses partisans font remarquer qu'il a rétabli l'ordre, la paix et la hiérarchie canonique dans l'Eglise de France, renoué les relations officielles entre le pape et le gouvernement français, inauguré entre les deux pouvoirs un accord qui a persisté à travers les révolutions et les grands événements de la politique.
— Concordat de iSfS. C'est le nom que Napoléon I" fit donner dans le t. Moniteur», aux concessions qu'il avait arrachées à Pie VII, prisonnier à Fontainebleau, et que le pape désavoua, dans sa lettre du 23 mars delà même année.
— Co7îcordat de fSH. On appelle ainsi un traité conclu, le 16 juillet 1816, par le comte de Blacas, au nom de Louis XVIII, et le cardinal Consalvi, représentant Pie 'VU, mais que les Chambres françaises refusèrent de ratifier en 1817. Les dispositions relatives à la création de nouveaux évôchés furent seules conservées, et. après modification, sanctionnées par la loi du 9 juillet 1821.
La plupart des autres Etats de l'Europe ont conclu des concordats avec le saint-siège. Ainsi, la Bavière en 1817 ; la Prusse en 1821; le Wurtemberg et le grand-duché de Bade en 1807; l'Autriche en 1855, l'Espagne en 1851. La Belgique est restée soumise au régime du concordat de 1801, bien qu'elle forme un Etat indépendant de la France.
— BiBLiOGR. : de Pradt, les Quatre concordats (Paris, 1818-1820); d'Haussonville, l'Eglise 7'omaine et le Premier Empire (Paris, 1868-1870); P. Theiner, Histoire des deux concordats..., conclus en fSOl et f SOS par Napoléon Bonaparte et le saint-siège (Bar-le-Duc, 1869-1870); Consalvi, Mémoires du cardinal Consalvi (Paris, 1S64).
— Dr. comm. Le concordat est une convention intervenue entre le failli et la majorité de ses créanciers, et dont l'effet est de remettre le failli à la tête de ses affaires. Il faut la majorité en nombre et une majorité en sommes, qui, depuis la loi du 4 mars 1889, est non plus des trois quarts, mais des deux tiers. Le concordat doit être homologué par le tribunal de commerce. II ne peut pas être accordé à un banqueroutier frauduleux. Le concordat fait cesser le dessaisissement, fait revivre les poursuites individuelles des créanciers et améliore la po-
sitiou du failli par los romisos qui lui sont consontios. Il poul ôtro aiiiiulô pour cause do dnl, ou ai)ros condamnation pour bauiiueruuto l'raudulousi?, ou résolu pour inoxécutu)n des conditions. Lo concordat par abandon d'actif {loi du 17 juill. 1850) lib6ro le failli, raoyounant l'abandon do tout ou partie do son actif.
CONCORDATAIRE {ith'') n. m. Ecclésiastiquo qui avait accepté le concordat do 1801. (On dit aussi concordatiste.)
— Adjoctiv. : £'t'(?ffue concordatairl;. h Qui a rapport au concordat do 1801 : Il y a un corps de doctrine qui s'appelle les lois CONCORDATAIRES. Il l'ailii concordataire, FailU qui a obtenu un concordat.
CONCORDE ^lat. concordia; de cum, avec, et cor, cordis, cœur) n. f. Union dos esprits qui produit la paix : La concorde est un besoin du cœur humain. (Lamart.)
— Kcrit. sainte. Concorde évanijèliqae, Ouvrage dans leauol on fond en un soûl récit les textes des quatre évangélistes, en s'ertorcant de les concilier.
— Hist. velig. Formulaire de concorde, Ecrit dirigé contre los zwingliens, et ajouté par los luthériens à la confession d'Augsbourg.
— ANTON. Désaccord, discorde, dissension, dissentiment, dissidence, division, mésintelligence, scission, zizanie.
Concorde (fêtes de la). Trois solennités de l'Iiistoire nationale, en France, ont porté co nom. La première eut lieu au Champ-de-Mars, pendant la Révolution : elle consista dans un cortège parti de la Bastille et composé do chars et statues allégoriques de la Liberté, de l'Agriculture, du Commerce, de l Armée et de la Marine. La seconde, le 20 avril 184S, fut célébrée sur la place de l'Etoile : les chefs du gouvernement, groupés sous l'Arc de triomphe, distribuèrent les drapeaux aux troupes et assistèrent à leur défilé, qui ne dura pas moins de douze heures. Enfin, le 21 mai suivant, une autre fête de la Concorde eut lieu encore au Champ-de-Mars, en l'honneur des gardes nationales de province.
Concorde (pont de la), à Paris, entre la place de la Concorde et le palais de la Chambre des députés. Sa construction, ordonnée par édit du 7 septembre 1786, fut entreprise au commencement de 1787, sur les plans de Personnet. La pose de la première pierre eut lieu en grande cérémonie dans le cours de 1788, les travaux de fondatiou dans le Ut du fleuve ayant occupé entièrement l'année 17S7. On le dénomma alors pont Louis XVL L'œuvre ne fut entièrement achevée qu en 1793. La décoration du pont, appelé depuis 1795 pont de la Concorde, comportait douze statues d'hommes célèbres qui, jugées trop massives, furent transportées dans la grande cour du château de Versailles.
Concorde (place delà), à Paris, la plus belle, peut-être, des places du monde entier, date de 1748. Louis XV venait d'être gravement malade, et les Parisiens décidèrent de lui élever une statue équestre, pour célébrer son rétablissement. Le roi donna à la ville (par lettres patentes expédiées en 1757), pour édifier cette statue, l'emplacement situé à l'extrémité du jardin des Tuileries. La statue, œuvre de Bouchardon, achevée par Pigalle, fut inaugurée solennellement le 20 juin 1763 ;elle excita peu l'admiration. Aux angles du piédestal se dressaient la Paix, la Prudence, la Force et la Justice, ce qui inspira le malicieux distique que voici :
Oh ! la belle statue ! Oh ! le beau piédestal ! Les Vertus sont ù. pied, le Vice eat ft cheval!
Le meilleur architecte do l'époque, Gabriel, compléta la décoration de la place en construisant les deux belles façades monumentales que sépare la rue Royale. Celle de
fauche, destinée d'abord à être hôtel des Monnaies, est evenue successivement hôtel de Coislin, hôtel Clisson, hôtel de Plessis-Bellièvre,le garde-meuble de la couronne; l'Automobile-Club i'occupe depuis lo mois d'octobre 1898. Le palais de droite est le siège du ministère de la marine.
La place portait alors le nom do Louis XV. Le 12 août 1792, la statue du roi fui abattue et remplacée par une image do la Liberté. En même temps, la place reçut lo nom de «place de la Révolution n. L'échafaud s'y dressa en permanence pendant la Terreur. Parmi les plus illustres têtes qui y tombèrent, il faut citer celles de Louis XVI et de Marie-Antoinette, do M"* Roland, do Louis-Philippe-Egalité, de M""" du Barry, des brissotins.etc. Une loi du 26 octobre 1795 lui donna le nom de place de la Concorde. Sa décoration date du règne do Louis- Philippe. C'est on 183G qu'y turent installés l'obélisque do Louqsor, los doux fontaines monumentales, les huit statues do villes : Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, Nantes, Lille, Strasbourg, Brest. Colles de Strasbourg et do Lillo sont l'œuvre do Pradior. A l'entrée de l'avenue des Chanips-Elvsées, se drossent les Chevaux dits de Marly, sculptés par Guillaume Coustou. Ils font vis-à-vis à la lieyiommée et au Mircure do Coysovox, souvent désignés sous lo nom do Chevaux aiW's, à l'enlréo dos Tuileries.