‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 179 sur 870 · CONCIS — CONCOMBRE · texte numérisé non relu

CONCIS — CONCOMBRE

le cardinal-doyen fait sonner une cloche, ot, à partir do ce moment, personne no peut ontror au conclave ot personne n'en peut sortir. Si un cardinal sortait, il ne serait plus admis à rentrer et no participerait pas à l'élection. Les portos et los fenêtres du palais sont murées, sauf, dans cliatiuo chambre, une petite ouverture nccessairo pour donner du jour. Les cellules n'ont qu'une sortie sur le corridor. Los entrées du palais sont normétiquement closes, excepté l'entrée principale, où veille un poste nombreux, sous les ordres du maréchal du conclave. Les cardinaux no reçoivent leurs aliments que par quatre tours, semblables à coux des monastères de religieuses, et après que les gardions se sont assurés qu'aucun écrit n'a été glissé dans los plats. Après chaque repas, les tours sont formés et scellés. D'après les anciens règlements, si, après trois jours, l'élection n'avait pas eu lieu, le menu des cardinaux devrait être réduit à un seul plat; après cinq jours, on ne devrait plus leur servir que du pain, du vin et de l'eau. Outre les conclavistes, qui sont ordinairement deux par cardinal, un ecclésiastique ot un valet laïque, il y a, à l'intérieur ; six maîtres de cérémonies, trois clercs sacristains, un confesseur, deux secrétaires, doux médecins, un pharmacien avec deux aides, un chirurgien, quatre barbiers, vingt-quatre valets, un menuisier, un serrurier et un maçon, avec un aide chacun, un vitrier, un plombier, plus des cuisiniers avec des garçons.

Les cardinaux disent la messe dans une des pièces de leur appartement, qui contient un autel, ot se réunissent deux fois par jour, le matin et le soir, dans la chapelle Sixtine, pour procéder au scrutin, après avoir juré chaque fois sur l'autel qu'ils procèdent sans brigue ni vue humaine. Pendant toute la durée du conclave, les affaires de l'Eglise les plus urgentes sont expédiées par le cardinal-doyen, assisté de trois autres cardinaux : il communique avec les ambassadeurs des puissances catholiques, à travers un guichet pratiqué à une petite fenêtre.

Depuis les constitutions de Grégjoire XV, en 1621 et en 1622, l'élection du pape doit avoir lieu par le scrutin, complété Quelquefois par l'accession. Les cardinaux, après avoir prête serment de voter suivant leur conscience, déposent dans un calice un billet plusieurs fois replié sur luimême et contenant, dans un premier pli. le nom de l'élu, dans un second pli, le nom de l'électeur. Les premiers plis sont décachetés d'abord; si aucun candidat n a obtenu ses deux tiers des voix, les billets sont aussitôt brûlés. Si un cardinal a réuni la majorité exigée, on décachette les seconds plis, et, après vérification des votes émis, le nouveau pape est proclamé. Quand l élection traîne en longueur, on peut recourir à l'accession, c'est-à-dire que, le scrutin n'ayant pas donné de résultat, chaque cardinal rédige un second billet. Là, ou bien il déclare n'accéder à personne {accedo nemini)^ ou bien il se rallie à un candidat différent de celui pour qui il a voté d'abord, et qui a obtenu au scrutin un certain nombre de suffrages. On additionne les voix recueillies de cette façon avec celles que le scrutin a réunies, et, si un cardinal en a les deux tiers, il est proclamé pape.

Pie IX, dans la bulle Consulturi , demeurée secrète de son vivant, réclame, pour la validité do l'élection, la présence au moins de la moitié plus un de tous les cardinaux vivants et les deux tiers des voix des votants.

On sait que la foule massée sur la place de Saint- Pierre reconnaît s'il y a élection à la fumée qui sort du

CoQclamatioo, bas-relief (Louvre).

C'en est fait, c'est fini. "

CONCLAVE {du lat. cum, avec, et clavis, clef; jiarce que les cardinaux ne peuvent sortir de ce lieu avant que l'élection soit faite) n. m. Lieu où s'assemblent les cardinaux pour élire un pape : Entrer au conclave. Il Assemblée de cardinaux réunis pour l'élection du pape : Conclavk très divisé.

-^ Conclave de..... Conclave où toi papo a été élu : Le CONCLAVE DE Pie IX.

— Antiq. rom. Pièce d'habitation qui ne servait pas do passage, ot que l'on pouvait fermer sans gôner la circulation dans le reste de la maison.

— Hist. Assemblée de chevaliers do Malte, réunis pour l'élection du grand maître.

— Encycl. Hist. eccl. Au sons propre, los conclams ne datent que du règlement fait par Grégoire X, dans la cinquième session du deuxième concile do Latran , pour 1 élection dos papes (1274). A la mort de son prédécesseur Clément IV, los cardinaux, réunis à Viterbe, avaient laissé lo saint-siège vacant depuis le 22 novembre 1268 jusqu'au 1" septembre 1271. On sait que, depuis le xi" siècle^l'élection du pape appartenait aux soûls cardinaux. Pour forcer coux do Viterbe à s'entendre. Hoynier Gatto, gouvernour do la ville, sur les instances do saint lîonavonturo, los enferma dans un palais dont ils no devaient pas sortir avant d'avoir terminé l'élection. Grégoire X fit uno loi de colto mesure accidentelle. Il décida que, le dixième jour après la mort du pape, ou lo lendemain do sa sépulture, les cardinaux se réuniraient dans la ville môme où il aurait oxiiiré, ot resteraient enfermés jusqu'à co qu'ils eussent élu son successeur. Lo nom de conclave (du lat. cum clave, sous clof) fut donné tant à la réunion des cardinaux, qu'au lieu où ils étaient enfermés. Malgré la décision do Grégoire X, l'usago a prévalu do tenir lo conclave à Homo, sauf le cas de force majeure, même si lo papo ost mort ailleurs. On fait construire, on cloisons do sapin, dans une dos galeries du Vatican, autant do cellules qu'il doit y avoir de cardinaux présents, sur los soixanto-dix dont so compose lo sacré collège, quand il ost complot. Ces cellules ont quatre métros sur trois. Ou los numérote, et elles sont tirées au sort. Lo premier jour, avant tout scrutin, les cardinaux peuvent recevoir dans h urs cellules la visite dos prélats ot dos ambassadeurs. Mais, dè.s lo suir mémo,

conclave. Mais elle s'y trompe quelquefois, ot voici comment. Dès que la révision au scrutm ost terminée, tous les bulletins sont brûlés, séance tenante, dans un poêle placé à l'embrasure d'une fenêtre ou dans quelque coin do la chapelle. S'il n'y a pas élection, cotio combustion se fait avec quelques poignées de paillo humide, do façon à produire la fameuse sfumata guettée au dehors par lo

f)euple. Si, au contraire, l'élection est consommée, los buletins sont brûlés néanmoins, mais sans paille humide. C'est uno rapide flambée qui no donne qu uno fumée invisible ou douteuse, sur la<piollo la foule discute parfois jusqu'au moment de l'annonce définitive. Cette annonco est faite à la foule du haut d'une galerie do Saint-Piorre

Sar lo premier cardinal-diacre. Celui-ci lance on outre ans l'espace des morceaux de papier portant lo nom de l'élu.

— liiDLiOGR. : Lucius Lector, le Conclave {Vavis, 189^).

Conclaves depuis Martin "V jusqu*à Pie EX (Histoire niPLOMATiyUK DKs}, pur Pctlruocolli dolla Gatiiua, en italien. Cet ouvrage, publié on 18('. i, contient le récit, d'après uno foule de documents, des faits qui ont précédé, accompagné, suivi chaque conclave. L'autour croit reconnaître, à côté do l'autorité pontificale, l'oxistenco ot les progrès d'un mouvement puissant, qui tendait à grouper les différents peuples d'Italie et à les pousser à l'unité. Il annonco que Pie IX n'aura pas de successeur. On sait que los événements n'ont pas justifié cetto prophétie.

CONCLAVISTE {visst') n. m. Cardinal enfermé au conclave, et, plus souvent, Ecclésiastique ou laïque qui l'y accompagne pour le servir.

CONCLUANT {hlu-tin), ANTE adj. Qui m6no à la conclusion ; qui prouve d'une manière forte et décisive : Des raisons, Des expériences fONCLOANTics.

— Anton. Improbant, inconcluaDt, sophistique. CONCLUDC n. f. Sorte do pùtéo fabriquée avec do la

moelle, du sucre et do la cannelle, qu'on donnait aux oiseaux de haut vol, pour los exciter à la chasse.

CONCLURE {du lat. concludcre : de cum, avec, cl claudere, cloro : Jù conclus, nous concluons. Je concluais, nous concluiotts. Je conclus, nous conclûmes. Je conclurai, nous conclurons. Je conchrais, nous conclurions. Conclus, concluonSf concluez. Que je conclue, que nous concluions. Que

je conclusse, que nous conclussiondu, ue) V. a. Ri

Concluant, ante. Con- ^ er, résoudre d'une manière définitive : Conclure un traité, la paix. Concldre xtn mariage. Il Décider après déhbération : Conclure de partir, n Finir, terminer : Milton est le premier qui ait conclu l'épopée par le malheur du principal personnage. (Chateaubr.) ii Déduire comme conséquence : Il ne faut pas conclure au particulier au générai.

— Conclure à, Opiner, se prononcer pour : Conclure à la mort, il Conduire à : L'ignorance et la misère concluent fatalement k la maladie et k la mort. (Latena.)

— Dr. anc. Conclure au greffe. Passer un appointoment au greffe sur des procès par écrit, pour décider qu'il a été bien ou mal jugé, formalité à laquelle étaient astreints les procureurs desappelants, faute de quoi intervenait un arrêt par défaut confirmant la dernière sentence. V. conclusion.

Se conclure, v. pr. Etre conclu, avec les divers sens du verbe conclure.

— Stn. Conclure, induire, inférer, déduire. Conclure, c'est, d'une manière générale, tirer la conséquence qui termine un raisonnement. Inférer, c'est conclure du particulier au particulier; induire, c'est conclure du particulier au général, et déduire, c'est conclure du général au particulier.

CONCLUSIF, rVE adj. Qui contient une conclusion : Proposition conclusive.

— Gramm. Conjonction conclusive. Celle qui indique uno conclusion, comme donc, ainsi, partant.

CONCLUSION n. f. Action de conclure, de terminer; résultat de cette action : Conclusion d'un traité, d'un mariage. La conclusion d'un livre, d'un discours, il Résultat d'une délibération, il Conséquence déduite d'un raisonnement, d'une démonstration : Conclusion mal tirée.

— EUipt. : Co7iclusion, Voici ce qu'il faut conclure ; voici ce qui arriva à la fin.

— Dr. Au plur. Expression des demandes, des prétentions : Prendre, Déposer des conclusions, n Conclusions conformes, Conclusioyis contraires. Conclusions du ministère public conformes, contraires à l'arrêt rendu, ii Appuintement de conclusions, Appointoment qui s'ordonnait en appel, dans une affaire jugée eu première instance par forclusion, ou après des productions respectives. Il Arrêt de conclusion, Appointoment à fournir griefs et réponses, servant à mettre en état un procès par écrit. (Vieux.)

— Liturg. Nom donné, par saint Grégoire, à l'oraison qu'on appelle aujourd'hui pt>si-co7»muHion.

— Philos. Proposition d'un argument qui se déduit des autres, appelés prémisses ; Baisonrier est faire voir l'aiialogie de /a conclusion «l'ec les donyiées primitives. (L.'^'inel.)^

— Rhétor. Dernière partie d'un discours, appelée aussi péroraison.

— Syn. Conclusion, conséquence. La conclusion est la proposition à laquelle aboutit lo raisonnement. La conséquence est le lien logique qui permet de passer des prémisses à la conclusion. Une conséquence est fausse quand elle ne résulte pas bien des principes ; uno conclusion est fausse quand elle est par elle-même l'énoncé d'une erreur.

— Anton. Prémisses, début, préliminaires.

— Encycl. En T. de palais, on appelle conclusions les demandes qu'on forme contre une partie ou les objections que le défendeur oppose en réponse. Les conclusions sont la partie essentielle de la procédure.

Les conclusions sont principales ou subsidiaires. Les principales contiennent les prétentions qu'elles désirent voir admettre en premier lieu par lo tribunal. Los subsidiaires comprennent les prétentions plus modestes, pour le cas où le tribunal n'accorderait pas les principales.

Les conclusions sont exceptionnelles, lorsqu elles ne touchent pas au fond môme du litige, et au fond, lorsqu'elles entrent dans le vif du débat.

Enfin, on nomme coriclusions reconventionnelles celles prises par le défendeur contre le demandeur.

On appelle aussi coyiclusions l'opinion émise à l'audience par le ministère public, en matière civile.

CONCLUSUM [zom' — mol lat. qui signif. chose conclue) n. m. Hist. Décision de certaines assemblées, comme la diète germanique, ou lo conseil aulique.

— Par ext. Résolution d'une assemblée quelconque.

— Diplom. Note résumant des débats, dos demandes, des allégations.

GONCO, comm. d'Italie (Vônétie fprov. de Vicence]\ à la source de la Liverda, affluent du bacchigliono ; 3.900 h.

CONCOCTEUR, TRICE (du lat. concoquere, supiu concoctum, cuire) adj. Favorable à la digestion.

CONCOCTION {ko'ksi — rad. coneocteur) n. f. Digestion des aliments dans l'estomac. Il Autrof. Maturation des humeurs.

— Dans lo langage vulgaire. Action de faire cuiro : La CONCOCTION des œufs. (Brill.-Sav.) [Inus.]

CONCOLITAN, chef gaulois du m* siècle avant notre ère. 11 fut mis, avec Aneroëst, on 225, à la tôlo dos Gésates, confédération formée do diverses peuplades des Alpes. Appelé par los Boii et les Insubros, il envahit l'Italie, battit uno armée romaine près do Fésules ; mais, bientôt après, il so vit attaquer à la fois par los légions d'-'Einilius et celles d'Attilius Rogulus. Après une lutto acliarnée, Concolitan fut pris avec 10.000 dos siens, et conduit à Romo, où il figura dans lo triomphe du vainqueur. Il mourut en prison.

CONCOLORE (du lat. cum, avec, ot color, couleur) ac^. Qui a uno couleur uniforme : Papillon coNCOLORK.

CONCOMBRE {konbr' — lat. cucumis, cris, même sons) n. m. Genre do plantes, do la famille dos cucurbitacéos, tribu des cucumérinées : Le concomdrk se cultive exactement de la mâme manière que le melon. (Raspail.) Ii Fruit comestible de la môme plante : Salade de ct>NCOMimKs. CoNcoMBBK/'rtm. Il Concombre marron. Nom vulgaire d uno espèce do cucurbitacéo , dont lo nom scioulifiquo est cucMmM anguria, originaire dos Antilles. Il Concombre d'dnc. Nom commun do ïechallium ctaterium. Il Concombre de Malte, Nom vulgaire do cucurbita pepo. Il Concombre sauvage. Nom vulgaire do la melothria penduta provouuut de la Guvane.

— Faiù Nigaud, niais, ii On dit plus souvent cornichon.

— Kchin. Concofnbre de mer. Nom vulgaire do dilférentes espèces d'échinodormes et d'holothuries, qui ont la lormo allongée d'un concombre.

— Moll. Nom vulgaire do la voluto glabre.

— Comm. V. la partie oncycl.

CONCOMITAMMENT

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