V. AFFLUKNCE
— Encycl. Philos. Aux yeux de la scolasliquo, la matière, étant sans vie, était," par conséquent, sans mouvement propre; elle ne pouvait so mouvoir quo parl'inter- \eniionde l'Etro suprême. Mais cet Etre uUîni, créateur ■t moteur do toutes choses, agissait-il sur elle médiate- "lent, ou immédiatement? Se contoutait-il de donner uno luis pour toutes A. la matière la capacité do so mouvoir, ou bien exerçait-il uno influence dirocio sur tous ses mouvements? Telle est la question qui, sous lo nom do concours divin, a été tant agitée au moyeu âge. Saint Thomas d'Aquin ot la plupart des scolastiques so prononcent pour la douxiômo solution.
— Agric. Concours agricoles. Actuolloment, il existe ou Franco, organisés par l'administration do l'agriculturo : un concours général à Paris, des concours on province .[ualiliés de >> régionaux », des concours hippiques, dos concours do primo d'honneur et do prix culturaux, etc.
Concours général agricole. Il a liou annuoUomont ik Paris, ot constitue une vaste exposition agricole et horticole, comportant l'exhibition d'animaux do boucherie,. d'animaux reproducteurs màlos ot femelles, d'animaux vivants de basse-cour, do volailles mortes, do plantes do grande culture ot maraîchères, plantes dornemont, (leurs, fruits frais ot socs, semences, entrais, produits dos laiteries ot fromageries, vins, liuilos, miols, ciros, maiériel pour renseignement agricole, instruments ot machines culturales, etc. Ceux de 1897 ot do 18i)8 ont ou liou dans la Gaiorio dos machines. .
Les récompenses décernées aux exposants daumioux sont, outre un certain nombre do nrixdhonneur.dos priiuos on argent de valeur variable ot de simples mentions.
Les exposants dos produits agricoles divers peuvent recevoir des médailles d'or, d'argent ou do bronze. Ou décerne pour les vins dos diplômes do médailles. Les exposants d'instruments et machines ne sont pas récompensés ; un considère qu'il s'agit, en ce qui les concerne, non d'un concours, mais d'une exposition, qui est en mémo temps un moyen de réclame ot do vente. Au coiu'onrs do ismi, l'adniiuistralion do l'acriculture a, cependaiU, voulu récompouser par dos médailles los coustructeurs doa
CONCRAIRE - CONCtPISCENCE
meilleurs appareils ioventés pour prévenir les accidents occasionnés par les machines à battre.
Le concours général agricole rapporte à 1 Etat une centaine de mille francs, résultant du produit des entrées. 11 lui coûte à peu près tjuatre fois autant. Le jury compte environ 600 membres, divisés en plusieurs sections.
Concours régionaux. Ils datent de 1S51 : leur organisation a subi des modifications diverses. Us sont actuellement au nombre de cinq par année, et, comme tout propriétaire peut présenter ses animaux dans tel de ces concours qu'il fui convient (mais dans celui-là seulement), il en résulte que la dénomination de régional na plus de raison d'être aujourd'hui.
On expose dans les concours régionaux des animaux reproducteurs, des produits et des instruments et machines agricoles. Les exposants d'animaux peuvent recevoir des prix en argent accompagnés de médailles, et le jury attribue, en outre, des prix d'ensemble s'appliquant à une bande d'animaux. Les autres exposants qui en sont jugés dignes reçoivent des médailles ou des diplômes de médailles, exception faite pour les exposants de machines, dencrais, de tourteaux, et généralement d objets ou de prod'ùits qui se vendent à la culture. ,. .c
Les animaux, instruments et produits invendus, benehcient au retour, de la eratuité du transport. L'Etat prend à sa charge les prix et" médailles et les frais généraux du concours, mais ses frais d'aménagement incombent à la ville où il a lien. Celle-ci perçoit pour son compte le prix des entrées. ...... ■
Concours hippique. Fondé en 1S66 par la Société hippique de Paris, ce concours eut lieu annuellement au Palais de l'Industrie jusqu'en 1898, date à laquelle il a été transporté à la Galerie des machines du Champ-de-Mars. Il consiste en exercices d'équitation pour jeunes gens, en saut d'obstacles pour ofiiciers et centlemen, en présentation de chevaux attelés seuls ou appariés par couples. Le concours hippique ou ■ l'Hippique », comme on l'appelle ordinairement, est, par excellence, une réunion mondaine.
Concoursde primes d'honneur el de prixcultiiraux.y. PRIME
d'honneur.
B.-arts. Les Grecs établirent de bonne heure des concours. Dès le siècle de Périclès, un concours de peinture {eertamen picturs) fut institué à Corinthe et à Delphes.
Apelle prit part â un concours, où le sujet proposé était un cheval.
A la même époque, eut lieu un concours auquel le peintre Aétion se présenta avec un tableau dont le sujet était le Mariage d'Alexandre et de Boxane.
B y avait aussi des concours d'architecture et des concours de sculpture. Les Athéniens voulaient consacrer une statue à Vénus. Agoracrite et Alcamène, tous deux élèves de Phidias, tirent chacun une Vénus : celle d'Alcamène fut reçue ; Agoracrite reprit la sienne.
Rome emprunta 'sans doute à la Grèce le principe des concours ; mais il est probable que ce moyen de favoriser les progrès de l'art ne fut guère usité après la chute de liberté romaine. Les Césars proférèrent à ce système équitable une répartition des commandes inspirée par la faveur seule. Nous voyons reparaître les concours en Italie, vers la fin du moven âge. Les membres de la fabrique du Baptistère de S'aint-Jean, à Florence, en ouvrirent un pour l'exécution d'une porte destinée à servir de pendant à celle de N'icolas de Pise. Un concours ayant été ouvert à Florence, sous Côme I*', pour l'exécution d'une fontaine monumentale, des modèles furent présentés par Jean Bologne, Benvenuto Cellini, Dante et 1 Ammanati. Celui-ci obtint la commande, grâce à l'appui du grand-duc; sa fontaine est assurément une œuvre remarquable ; mais nous savons par Vasari que les projets de ses concurrents avaient été jugés supérieurs au sien par le public florentin.
Ce n'est guère que depuis le milieu du six' siècle que l'on a songé à entourer les concours de garanties nécessaires d'indépendance et d'impartialité. Le système, qui paraît le plus équitable de tous, et qui a prévalu pour la formation du jury des expositions annuelles, consiste à déférer le jugement des concours à un jury plus ou moins nombreux, composé d'artistes et d'amateurs, et élu par les concurrents eux-mêmes. Pour ce qui est de la distribution des travaux publics, elle est laissée à la discrétion absolue du gouvernement. Toutefois, lorsqu'il s'est agi, notamment, de confier les travaux du nouvel Opéra, on a ouvert des concours, et, à des dates plus récentes, pour l'exécution de monuments de moindre importance, on use volontiers de ce système, qui met souvent en lumière un débutant on un inconnu. Quant aux concours d'école multipliés à l'infini dans certains établissements, on ne peut qu'en réprouver l'abus. Le concours stimule, sans doute, mais le surmenage auquel se livrent les concurrents nuit à leur formation intellectuelle.
— Enseign. Concours académiques. Chaque année, les diverses académies décernent un grand nombre de prix, pour la plupart ensuite d'un concours. La liste des prix mis au concours et le montant de ces prix se trouvent dans l'Annuaire de l'Institut, et les conditions à remplir, pour quelques concours particuliers, se trouvent dans des programmes publiés annuellement et distribués au secrétariat de l'Institut, qui les distribue à toute personne qui en fait la demande.
Concours général entre les élèves des lycées et collèges de Paris et de Versailles. L'origine du concours général remonte à 1747; mais, après une interruption pendant la période révolutionnaire, il fut rétabli en 1808, à peu près dans les conditions où il existe encore aujourd'hui. Ce concours a lieu, chaque année, entre les élèves des lycées et collèges de Paris et de Versailles, pour les classes de mathématiques spéciales, de philosophie, de mathématiques élémentaires, de rhétorique, de seconde, de troisième et de quatrième, et la distribution des prix se fait, on général, le premier lundi du mois d août. Les lauréats des trois prix d'honneur l'mathématiques spéciales, philosophie, discours français) sont invités au dîner, suivi de réception, qui a lieu le soir chez le ministre de l'instruction publique.
Concours général des lycées et collèges des départements. Après avoir subi des alternatiVes diverses, depuis 1880 un concours existe entre les premiers élèves des lycées et collèges départementaux; des prix particuliers sont affectés à ce concours. Mais on établit un classement commun entre les lycées et collèges des déparlements et ceux de Paris, ot le résultat en est proclamé chaque année  la Sorbonnc.
— Estbét. Concours de beauté. Cette institution parait
fort ancienne en Grèce; et peut-être y est-il déjà fait allusion dans l'Iliade. .\ l'époque historique, des concours de beauté ou Kaltisleia sont mentionnés en divers pays : pour les femmes, il Tenedos, à IHeraion de Lesbos, et chez les Parrhasiens d'Arcadie à la l'été de Démèter: pour les hommes, à Elis, pour la fête d'Athéna. L'origine de cette institution paraît être dans une idée religieuse. Pour certaines fonctions du culte, on devait avoir un corps sans défaut : d'où la nécessité de choisir les plus beaux hommes ou les plus belles femmes, et, pour cela, de les faire concourir entre eux. — Encore aujourd'hui, des concours de beauté pour les femmes ou les petits enfants sont institués dans certains pays.
CONCRAIRE {k-rér — rad. concret) v. a. Former un tout concret de. ,11 est opposé à abstrairb.)
CONCRIXR (du préf. cou, et de créer) v. a. Créer, produire enscmlile : Concréer une œuvre. (Peu usité.)
Se concréer, v. pr. Se créer : Le miel se concrée d'une humeur douce. (Malherbe.)
CONCRÉFIER (de concret, et du lat. facere, faire' v. a. Rendre concret : Concrêfier des matières. Se concrêfier, v. pr. Devenir concret.
CONCREMIERS, comm. de l'Indre, arrond. et à 6kilom. du Blanc, sur l'Anglin; 916 hab. Château de Roche.
CONCRESCENCE {krèss-sanss — du lat. cum, avec, et crescere, croître) n. f. Croissance en commun de plusieurs organes.
— Enctcl. Lorsque deux ou plusieurs organes naissent côte à côte en des points très rapprochés, ils peuvent croître en commun de manière à ne former qu'une seule masse : c'est le phénomène de la concrescence. Il peut porter sur les racines, les tiges, les feuilles, sur les pièces différentes d'un verticille floral, sur les différents verticilles d'une même fleur, etc.
CONCHESCENT {krèss-san), ENTE adj. Se dit des organes alTectés par le phénomène de la concrescence : Les pétales de la primevère sont con-crescents. L'axe de l'inflorescence du tilleul est concrescent avec sa bradée mère.
CONCRESCIBILITÉ {krèss-si) n. f. Qualité de ce qui est concrescible : La concrescibilité du sang est plus grande chez l'homme adulte que chez l'enfant. (Dupuytren.)
CONCRESCIBLE {krèss-sibl') adj. Qui peut se concrêfier : Le cristallin est formé d'une matière albumineuse, concrescible par l'alcool et la chaleur. (Richerand.)
CONCRET (Atc), ETE [lat. concretus : de cum, avec, et crescere, supin cretum, croître] adj. Epais, condensé, non liquide : Une matière coxcRt:TE.
— Par ext. Formé de plusieurs parties, composé : La molécule même est un objet conxbet.
— Arithm. Nombre concret. Celui qui est accompagné de la détermination de l'espèce des unités, comme quatre soldats, vingt écus, cent ans, par opposition aux nombres abstraits, comme quatre, vingt, cent.
— Gramm. Verbe concret. Verbe contenant en lui le verbe substantif et l'attribut, comme aimer (être aimant).
Il On dit aussi verbe attributif.
— Log. Déterminé, précisé, exprimant un objet particulier, individuel, par opposition à abstrait : Corps et rond sont des termes abstraits, corps rond est un terme concret.
— Philos. .Science concrète. Science ayant un objet particulier et déterminé dans l'espèce, comme l'anatomie, la botanique, par opposition aux sciences abstraites, qui ne s'occupent que de lois générales, comme la métaphysique et la logique.
— n. m. Objet concret; état de ce qui est concret : On va du concret à Tabstrait par cette opération bien connue qu'on nomme Vabstraction. {X. Cousin.)
— Chim. Corps solide ; L'antimoine est un concret naturel, et le savon un concret artificiel. (Harris.) [Vieux.]
— Techn. Nom d'origine anglaise, donné à une espèce de béton dans la composition duquel entrent de la cendre, du ciment et du sable.
— Anton. Abstrait.
— Enctcl. Le concret est, pour ainsi parler, la matière brute à laquelle l'intelligence donnera ensuite une forme. Dans la nature, il n'y a que du concret; dans l'esprit, il n'y a que de l'abstrait, t'ne chose concrète peut être touchée, palpée, sentie; elle n'est jamais connue, elle n'est même proprement jamais perçue. Pour percevoir, il faut non seulement subir l'impression d'un contact avec un objet, mais se faire une idée de cet objet, le considérer comme existant de telle ou telle manière, il faut enfin le transformer en une idée abstraite, ne fût-ce qu'en lui donnant un nom. Si je dis ; un homme, j'emploie une idée abstraite ; car, ce qui existe réellement, ce n'est pas un homme en général, c'est tel homme en particulier, avec tel ensemble de qualités caractéristiques. Le concret est donc toujours particulier, par rapport à l'abstrait, qui représente au contraire le général, à un certain degré. — Pour le passage du concret à l'abstrait, qui constitue l'acte essentiel de la
pensée, V. les mots abstraction, GÉNÉRALISATION, et PENSÉE.
CONCRÉTER (change ^ en é devant une syllabe muette : Je concrète. Qu'ils concrètent ; excepté au fut. de l'ind. et au prés, du condit. : Je concréterai. Vous concréteriez) v. a. Rendre concret, solide; durcir, épaissir :ie/'ro!'rf concrète la plupart des liquides, ii Réunir en un tout concret, donner un caractère concret à.
Se concréter, v. pr. Devenir concret à.
CONCRÉTION {si-on) n. f. Action de devenir concret : L'élévation de la température est une cause qui s'oppose à la CONCRÉTION du Sang. (Dupuytren.) ii Corps résultant d'une concrétion, de l'épaississemént d'un liquide ou de l'agrégat des solides tenus en suspension : Les stalactites sont des CONCRÉTIONS calcaires.
— Fie. Manifestation, traduction sensible, matérielle : La guillotine est la concrétion de la loi. (V. Hugo.)
— Bot. Dépôt do molécules inorganiques qui se forme dans les végétaux, et qu'on observe surtout dans la tige des graminées, dans la chair des poires, etc.
— Chir. Adhérence dos parties qui sont naturellement divisées : La concrétion despaupières.
— Enctcl. Méd. V. calccl.
— Miner. Les concréd'on* minérales résultent delà concentration, par séparation moléculaire, des éléments d'une substance minérale, qui se groupent en certains points de la roche qui les contenait à l'état disséminé: ils forment alors des rognons amorphes, plus ou moins tuberculeux,
comme le silex pyromaque, noyé dans Ta craie, l'opale mènilite. dans les marnes du gypse, etc.; ou bien des masses mamelonnées, comme la caJcédoine dans les géodes.
CONCRÉTIONNAIRE {si-o-nèr') adj. Disposé en concrétion.
CONCEIÉTIONNÉ (si-o-nt^), ÉE adj. Géol. Qui a été formé par inliltration ou par dépôts successifs.
— Minér. Qui a le caractère d'une concrétion.
CONCRÉTIONNER [sî-o-né] (SE) V. pr. Se mettre à l'état •le concrétion.
CONCREU n. m. Dr. anc. Mot employé, dans quelques ordonnances, pour désigner les fruits d'une terre labourée.
CONÇU, UE part. pass. du v. Concevoir.
CONCUBIN, INE (du lat. cum, avec, et cubare, coucher) adj. Qui a rapport au concubinage, qui est de la nature du concubinage : Union coNcreiNE. (Inus.) il Qui vit en concubinage : Epoux CONCUBINS.
— "Substantiv. : Des concubins.
CONCUBINAGE {naf — rad. concubin) n. m. Etat d'un homme et d'une femme qui vivent ensemble maritalement, sans être mariés.
— Fig. Rapports familiers et sans règle : Les monomanes vivent avec leur fantaisie dans un heureux concubinage.
— Enctcl. Dans l'ancienne France, le concubinage fut traité avec sévérité. Plusieurs coutumes, et surtout l'ordonnance de I629,avaientdéclarénulles les donations entre concubins.
CONCUBINAIRE {nèr') n. m. Homme qui vit avec uno concubine, i PI. Personnes qui vivent ensemble en concubinage.
— Adjectiv. : Maris concubinaires. ii Qui a rapport au concubinage : Habitudes concdbinaires.
CONCUBINAIREMENT {nè-re) adv. En concubinage :
Vitre CONCUBINAIREMENT.
CONCUBINAT (na — du lat. concubinatus) n. m. D'une manière générale, Etat de deux personnes vivant maritalement, sans être mariées, il En dr. rom., Mariage avec une personne d'une condition inférieure. V. concubinage.
— Encycl. Le concubinage est une union irrégulière qui a été fréquente dans l'antiquité. Chez les Grecs, le concubinage n'entraînait aucune déconsidération, et était dans une certaine mesure reconnu par les lois; les enfants restaient en dehors de la famille légale, mais pouvaient acquérir de leurs parents la qualité de citoyens.
A Rome, le caractère du concubinage, appelé plutôt concubinat, a été controversé. Une opinion traditionnelle, qui a eu des partisans jusque de notre temps, admet que le concubinat romain aurait été un véritable mariage inférieur, une sorte de mariage morganatique, produisant certains etfets civils. D'après une autre doctrine, développée notamment par Paul Gide en isso. le concubinat n'aurait été qu'un concubinage ne tombant pas sous les lois pénales comme le stuprum. mais sans effets civils propres et no créant pas de relation légale entre les enfants et leur père. Sous Justinien. il fut permis au père de légitimer les enfants issus du concubinat, et le concubinatus prit une importance juridique qu'il n'avait pas précédemment: la concubine eut même un droit de succession, très limité d'ailleurs.
CONCUBINE (lat. concubina ; de cum, avec, et cubare, coucher) n. f. Femme qui vit maritalement avec un homme auquel elle n'est pas mariée : Darius se faisait suivre par trois cent soixante-ciiw concubines. (Vaugelas.)
— Dr. rom. Femme légitime, d'après une opinion traditionnelle, mais de condition inférieure à celle du mari.