V. CONCUBINAGE
CONCULCATEUR, TRIGE (rad. concuîquer) n. Personne qui foule aux pieds qui opprime : Un conculcateub de peuples. (Peu usité.)
CONCULQUER {ké — lat. conculcare ; de ctun, avec, et calcare, fouler aux pieds) v. a. Fouler aux pieds. Il Terrasser, anéantir. (Vieux.)
CONCUPISCENCE (pm-san« — lat. concupiscentia ; de concupiscere, convoiter) n. f. Penchant à jouir des biens de la terre, et particulièrement des plaisirs sensuels : La CONCUPISCENCE, c'est uH attrait qui nous fait iiicliner à la créature, au préjudice du Créateur. (Boss.)
— Par ext. Autrefois, Ardeur, passion :
Nous aimons les bijoux avec concupiscence.
Reonard.
— Théol. Attrait naturel, qui a quelque chose de sensible et d'égoïste : La concupiscence, qui est l'amourpropre, peut être vaincue, 7nais non pas éteinte, ni entièrement désarmée. (^Boss.t
— Encycl. Théol. Il n'est pas de religion ni de philosophie qui ne se soient occupées des passions. La morale bouddhique les considère et les proscrit toutes, quelles qu'elles soient, comme appartenant au domaine de la maia, c'est-à-dire de la vanité. Les stoïciens condamnaient également l'appétit sensible auquel ils reprochaient de troubler la paix du sage. Les épicuriens, au contraire, ne voulaient retrancher aucune des forces de l'àme humaine et faisaient de la conformité à la nature la règle de la vie et de la vertu. La doctrine catholique est tout autre : elle constate dans l'homme des penchants qui le portent vers les biens sensibles. Ces penchants ne sont pas radicalement ma.uvais; contenus et dirigés par la raison, ils devaient, d'après le pian divin, être pour la volonté d'utiles auxiliaires. Mais le péché originel a rompu l'équilibre de l'àmo humaine : tout ce qu'a perdu la volonté alfaiblie, l'appétit sensible l'a gagné ; dès lors, non content de servir, il aspire à dominer ; c'est ce dérèglement qui a reçu le nom de concupiscence. Ainsi entendue, la concupiscence est considérée comme l'ennemie de notre salut. Elle est, d'après saint Paul (Rom. VII, 7), une loi de péché contraire à la loi de Dieu. Jean (I.Ep. ii, 26), dans une analyse profonde, la décompose en trois éléments : là concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, l'orgueil de la vie; saint Augustin en résume les caractères en un mot : ^ l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu. « Le baptême ne détruit pas la concupiscence, mais il arme la volonté d'une force nouvelle. L'àme humaine devient, alors, le théâtre d'une guerro acharnée : d'un côté la concupiscence, do l'autre la grâce divine : entre les deux, la volonté libre, qui doit triompher de la première avec lo secours de la seconde.
Dans le langage de l'école, la concupiscence antécédente
désigne les mouvoments prime-sautiors do la passion qui, préct^dant l'action lio la volonté, no peuvent ôtro imputes àriioniine et u'ont rien de coupable ; au coiitraii'o, la cun~ cHpiscence cousëtjutiite désigne les impulsions sensibles aux(iuolles lavolunté a donné librenïont son conscntonient otqui, par conso(juent, sont dos fautes, quand elles ont eu pour résultat la transgression d'un comniaudement.
— BiBLiortR. : lîossuot, Traité de la concupiscence.
CONCUPISCENT [pis-san), ENTE adj. Qui a do la concupiscence : Une rîme concdï'isckntk. ii Insi>iré par la concupiscenco : PavuUs, Œillades concupisckntks.
CONCUPISCIBLE {piss-sibl') adj. Inspiré par le désir do la ptjssession : Les philosophes appellent appétit coNcurtsciULii celui où domine le dt-sir. (tîoss.) [Vieux.]
CONCURÉ {du préf. con, et do curé) n. m. Prétro qui exerçait la charge do curé, concurremment avec d'autres.
CONCURREMMENT {m-mrtnj adv. En concurrence, d'une façon rivale : La plus petite chose, poursuivie concurremment, divise les hommes. (De Bonald.) Il Ensemble, de concert : Il faut que le criininel, concurremment avec la loi, se choisisse des juges. (Montesq.)
CONCURRENCE {ranss — du lat. concurrere, concourir) n. f. y'est dit pour Rencontre d'idées, d'expressions : Que si ion rencontre des concurrences dans mes vers, qu'on ne les prenne pas pour des larcins. (Corneille, préface do Cli~ tandre.) il Auj. Compétition, prétentions rivales à un même objet : Â'tre en concurrence.
— Fig. Rivalité morale: L'émulation^ cette concurrence des âmes, est l'aiguillon de la perfectibilité. (Portalis.)
— En concurrence. Autrefois, Douteux, mis en question : Grâce JL Dieu, mon bonheur n'est plus en concurrence.
MOUEKB.
— Jusqu'à concuT^'ence de, Jusqu'à ce que telle limite soit attemte : Payer cinquante francs par mois, jusqu'à, concurrence de mille francs.
— Biol. Concurrence vitale. Expression employée souvent en France pour représenter la lutto pour l'existence ou struggle for life.
— Conim. Rivalité entre entrepreneurs, fabricants ou commerçants, pour l'exécution des travaux ou la vente des produits : C'est la concurrence gui met un Juste prix aux ynarchandises. (Montesq.)
— Dr. Egalité de droits : Créanciers qui, par la date de leurs créatices, viennent en concurrence, il Droit qui appartient à différents juges ou officiers publics de connaître d'une affaire.
— Econ. polit. Compétition s'établissant entre individus qui aspirent aux mêmes avantages et s'efforcent de les obtenir.
— Liturg. Concurrence d'office. So dit lorsque avec les secondes vôpres d'une féto double concourent les premières vêpres d'une autre féto double qui doit se célébrer le jour suivant.
— Encycl. Biol. L'expression concurrence i'i7a/e est préférable à l'expression plus imagée lutte pour l'existence, précisément parce que cette dernière expression est trop imagée et a quelquefois, par suite, amené à mal comprendre la théorie de Darwin. Ce n'est que dans des cas très spéciaux que la concurrence vitale se traduit par une lutte réelle, par un véritable corps à corps. En particulier, dans le règne végétal, cette image de lutte est tout à fait impropre ; elle conduit, d'ailleurs, à considérer la sélection naturelle comme résultant de la persistance du plus fort, tandis qu'elle résulte, en réalité, de la persistance du plus apte dans les conditio7is considérées. Voici, par exemple, une pelouse à sol acide et ombragé; les graminées y disparaissent rapidement, sous lonvahissement progressif dos mousses. Direz-vous que la mousse est plus lorto que le gazon? Evidemment, non; amendez la pelouse et coupez les arbres qui l'ombragent; les graminées feront, à leur tour, disparaître la mousse. C'est donc que les graminées sont plus aptes dans les dernières conditions (soleil, terre alcaline), et les mousses dans les premières (ombre, terre acide) ; aussi les mousses l'emportent-elles dans le premier cas, les graminées dans le second, et, dans chaque cas, la concurrence vitale détermine la persistance du plus apte.
— BiBLioGH. ; Darwin, l'Origine des espèces par sélection 7iaCurelle (Londres, 1859).
— Dr. comm. Concurrence déloyale. On appelle ainsi tout acte fait de mauvaise foi par un commerçant, dans le but d'amener une confusion, à son prolit. entre ses produits et ceux d'un établissement rival, ou do détourner la clientèle de ce rival en dépréciant ses produits ou en lui dérobant ses secrets commerciaux ou industriels. Plusieurs lois punissent comme délits correctionnels les faits les plus graves : la loi du 28 juillet 182t, relative au nom industriel; la loi du 5 juillet 18i-i, sur les brevets d'invention ; la loi du 23 juin 1857, sur los marques do fabrique ; celle du 30 avril 1886, qui vise les fraudes concernant los récompenses obtenues dans les expositions industrielles. Les faits non prévus par la loi pénale constituent spécialement los faits do conrurrenco déloyale. Ils sont très variables et engendrent une action en dommages-intérêts,fondée sur l'article 1382 du Code civil. La concurrence déloyale suppose la fraude. S'il y a ou préjudice sans intention mauvaise, il peut bien y avoir lieu A dommagesintérêts, mais c'est seulement un quasi-délit (art. iSy;}).
— Polit, et philos. Conformément aux lois qui régissent toute matière, la concurrence a été jusqu'ici, dans les .sociétés humaines comme ailleurs, i'ûmo et le principal facteur du progrès ; chaque être, sous son aiguillon, pour vivre et so perpétuer, s'offorçant do so surpasser, de remporter la palme uo la suiirématio. Aussi bien ne saurait-on s'étonner, dès lors, qu a mesure que l'on monte dans la hiérarchie dos corps vivants, on voie croître on nombre et so compliquer les conditions do la lutto. C'est ainsi que, chez les organismes les plus élevés, los rapports très complexes qui Unissent para'établirengondrent a la longue une atmosphère nouvelle; le mondo moral apparaît avec tout son cortège d'éléments <lun ordre supérieur, dont los offols, souvent, sont aussi |)uissants qu'inattendus.
Et cependant, mémo ainsi aéponilléo do ses attributs do violence ou do barbarie, la concurrenco serait, ù. elle seule, un très imparfait agent do civilisation. Une invention, une utilité no peut devenir un progrès qu'à la condition do passer île 1 iinlividu qui l'a trouvée à la communauté par uno Horto d'incorporation. En d'autres termes, ce qui constitue un progrès, co n'est ui uno richotiHO, ni