V. COMPETITEUR
CONCURRENTIEL, ELLE {ran-si-èl') adj. Qui fait concurrence : Co>iipaijnies CONCURRENTIELLES.
CONCURRER v. n. Concourir : Actions qui concurrent. (Corneille.) [Vieux.]
CONCUSCONINE {kuss) n. f. Alcaloïde C"H»*Az'0*, isomérique avec la cusconine, extrait d'une espèce de quinquina.
CONCUSSION (lat. concussio ; de concutere, supin concussum, secouer) n. f. Secousse, ébranlement. (Vieux.)
— Fig. Malversation dans l'exercice d'une fonction publique, et plus particulièrement dans le maniement des deniers publics.
— Encycl. Dr. La concussion était autrefois punie avec la plus grande rigueur. A Rome, la loi des Douze-Tables la frappait de la peine do mort. Le code Justinien ordonnait la restitution du quadruple, indépendamment du bannissement perpétuel. Eu France, sous Philippe IV, Louis X et Charles IV, la concussion fut punie de mort. L'ordonnance de Blois (1579) prononçait la même peine contre les officiers de justice qui exigeaient des salaires plus élevés quo ceux alloués par les tribunaux. Sous Richelieu, Marillac, et, plus tard, Lally-Tolendal ont été exécutés comme concussionnaires.
La concussion est aujourd'hui prévue par l'article 174 du Code pénal, modifié et complété par la loi du 13 mai 1863. Trois éléments constituent l'infraction : abus d'autorité, illégalité de perception, mauvaise foi de l'agent. La concussion est tantôt un crime, tantôt un délit. La pénalité est graduée d'après la qualité du coupable et l'importance des sommes indûment perçues. Si la perception illégale a été supérieure à 300 francs, et que l'inculpé soit un fonctionnaire ou un officier public, le fait est un crime puni de la réclusion; si l'inculpé n'est qu'un commis ou préposé, il y a délit, puni de deux à cinq ans d'emprisonnement. Pour une perception inférieure à 300 francs, le fait est toujours un délit, puni d'un emprisonnement de deux à. cinq ans, si l'inculpé est un fonctionnaire ou ofticier public ; d'un an à quatre, s'il est commis ou préposé.
CONCUSSIONNAIRE (si-o-nér) n. m. Fonctionnaire coupal)le de concussion : Les concussionnaires sont phts coupables que les faïur monnayeurs.
— Adjectiv. : Juge concussionnaire.
GONDAL, comm. de Saône-et-Loire, arr. et à 22 kilom. de Louhans, sur lo Besançon, près do son confluent avec le Solnan, dans la Bresse louhannaise ; 908 hab. Tuileries.
CONDALIE {li) n. f. Genre do rhamnacéos, dont on connaît uno dizaine d'espèces, des régions chaudes do l'Amérique.
CONDALIUM [li-om' — du gr.
kondulos, articulation) n. m.
Anneau que les Romains portaient à la première articulation do l'index.
CONDAMINE n. f. Nom do
la terre végétale, dans uno partie du midi do la Erance.
GONDAKINE (La), savant français. V. L\ Condamine.
GONDAMINE-CHÂTELARD, comm. dos Basses- Aines, arr. et i 13 kiloni. de Barcelonnctto, au coutluont du Parpaillon et do rUl)ayo; 1.245 hab.
CONDAMINÉE (n^ —de La Condamine, n. pr.) n. f.Gonro de rubiaccos, tribu àcscondaminées, comprenant plusieurs es]ièces, qui croissent au Pérou, A. ta Nouvollo-Gronado et en Bolivie : La conoaminée tinctoriale est cultivée en l'Europe. (G. Lemairo.)
CONDAMINÉES {né) Tï. f. pi. Tribu do rubiacéos, comprenant les vucondaminéeSf portlandiées et pinckncyées. — Une coNDAMiNi-n:.
CONDAMNABLE (da-nabl') adj. Qui mérite d'êtro condamné ou birtnié; //omme conhamnauI-K. /Ic^^condamnaui.k.
— Anton. Excusable, JuBtltlnblo. louable.
CONDAMNATEUR (dii-na) n. m. Celui qui condamne ou (pu a condamné : Les condamnatudrs de Calas.
CONDAMNATION {da-na-si — lat. condemnatio; do co?idvmnarc, supin condemnatutn, condamner) n. f. Sontonco judiciaire qui obtigo & uno exécution civilo ou pénalo : Condamnation (^Mn troleur, d'un livre hérétioue. Condamnation aux travaux forcés, il Poîno À laquelle on est condamné : Subir sa condamnation.
— Fig. BIAmo, désapprobation : L'amour-nroprc souffre plus patiemment la coniiamnation de nos goûts que de nos o^)jni'ont.(LaRochof.) ii Objetdont la comparaison ou l'identité avec un autre porto A blftmer, ii condamner co dernier : Le même Evangile qui sera le salut et la rédemption des uns sera la condamnation des autres. (Mass.)
— Subir condamnation. Ne pus interjeter appol de lu
A, condalium.
sentence de ses juges, il Passer condamnation. Accepter d'avanco un jugement en faveur de la partie adverse. — Fig. Avouer son tort ou renoncer à se défendre. (On disait autrefois Prendre condamnation.)
— Dr. Condamnatiim contradictoire, Cello qui est portée après quo les deux parties ont posé leurs conclusions respectives, il Condamnation par défaut, V. défaut, h C'ondamnat ion par contumace. \ . contumack. Il Condamnation par corps. Celle qui prononce une poino afflictive; pat exemple, la prison ou la mort, n Condam?iution afflictive, Celle qui prive lo condamné de certains droits civils ou politiques. Il Condamnation ad omnia citra mortem. Se disait autrefois de la condamnation aux plus grandes peines, la mort exceptée, il Condamnation volontaire. So disait, on Hollande et en Belgique, d'un Jugement qui confirmait un contrat intervenu entre les parties durant le procès.
Il PI. Frais et dépens do justice auxquels ou est coudamné : Payer ses condamnations.
— Encycl. Dr. rom. Dans le système formulaire, la condemnatio était la partie de la formule dans laquelle le magistrat donnait au juge le pouvoir de condamner ou d'absoudre. La condemnatio se trouvait dans toutes les formules, sauf les pryjudiciales formula?, où le demandeur ne demandait au juge que la constatation d'un fait. Toute condamnation étant pécuniaire, la condemnatio conférait seulement au juge le droit de condamner à une somme d'argent ; mais l'introduction de la clausula arbitraria permettait de remédier aux inconvénients de cette règle. I^orsque la condemnatio était certas pecunirp, le juge n'avait aucun pouvoir d'appréciation ; lorsqu'elle était incertx pecunix, le juge estimait le montant de l'intérêt en litige.
— C. de just. milit. La condamnation ne peut être prononcée, par un conseil de guerre composé de sept membres, qu'à la majorité de cinq voix contre deux. Autrement, l'accusé bénéficie de la « minorité de faveur u. Les circonstances atténuantes peuvent, quand il y a lieu, lui être accordées à la simple pluralité des voix. Mais, pour toutes les circonstances aggravantes et autres questions susceptibles d'être posées au conseil, telles que discernement et application de la peine, elles ne peuvent être résolues contre l'accusé qu'à la majorité de cinq voix contre deux.
La condamnation est exécutoire dans les vingt-quatre heures, sauf recours en revision, et dans les vingt-quatre heures après rejet de ce recours.
La condamnation à la peine de mort entraîne la dégradation, lorsqu'elle est prononcée en vertu des lois pénales ordinaires, de même que toute condamnation aux travaux forcés, à la déportation, détention, réclusion ou au bannissement.
Toute condamnation prononcée contre un officier, par n'importe quel tribunal, pour l'un des délits prévus par les articles 401 à 403, ou 405 à 408 du Code pénal, entraîne la perte du grade.
— Anton. Absolution, acquittement, décharge, justification, libération.
CONDAMNATOIRE {da-na-to-ar') adj. Portant condamnation : Sentence condamnatoire.
CONDAMNÉ {da-né), ÉE n. Personne frappée d'une condamnation : Conduire un condamné en prison.
— Toilette du condamné. Préparatifs qui précèdent l'exécution par la guillotine, et qui consistent dans un ensemble de précautions prises sur le condamné même, pour qu'il soit hors d'état do résister et quo l'instrument du supplice agisse sans obstacle.
CONDAMNER {da-né — du lat. condemnare ; do cum, avec, et damnare, condamnera v. a. Déclarer coupable et frapper d'une peine : Jl vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamnkr un irmocent. (Volt.) fOn a dit condamner de, au lieu de condamner à; en style ao palais, on dit encore condamner en. quand il s'agit d'une condamnation pécuniaire.] n Blâmer, désapprouver, se prononcer contre : Les hommes condamnent le soir ce qu'ils ont approuvé le matin. (Frédéric IL)
— Interdire l'usago do : Condamner un livre. Mot dont l'usage a condamné l'emploi, il Déclarer hors do service : Matériel comdamnb. (So dit particulièrement en parlant d'un navire.)
— Déclarer perdu sans ressource, en parlant d'un malade : Beaucoup se sauvent, que les médecins avaient condamnés.
— Servir, par comparaison, à la condamnation do ; servir do prouves contre : Le monde n'a jamais aimé ta vérité, parce que la vérité a toujours condamné le monde. (Mass.)
Il Déterminer la condamnation do : Témoignage gui condamnk un accusé.
— Vouer, astreindre, réduire : Le despotisme condamne les hommes à déguiser leurs vertus, (B. Const.)
— Bouchep, obturer : L'impôt des portes et fenêtres fait condamner beaucoup d'ouvertures, ii Fig. Condamner sa porte. Déclarer qu'on no recevra personne, n A bord, Condamner un panneau, Kn interdire l'usage.
Se condamner, v. pr. Ktre condamné : Suivant la puissance du coupable ou l'intérél des jufjes. le crime SK condamnk ou s'absout. II Se désapprouver mutuellement, n Se désapprouver, so bl&mer soi-même; donner dos preuves contre soi : Siî condamni-:r par ses propres discours. \\ S'astreindre, se réduire : Sr. condamner nu silence.
— SvN. Condamner, blâmer, censurer, critiquer, désapprouver, épiloguer, Irondor, Improuver, reprendre, réprimander, réprouver, trouver A redire. ^'. hi.àmkr.
— .Anton. Absoudre, acquitter, Uécharger, disculper, excuser, Innocenter, justifier, libérer, relaxer.
CONDAPILLY ou Kondapalu, ville do l'Indo anglaise (district do Kistna [pré.sid. de Madras]\ sur le lleuvo côtier Krichna ou Kislna ; 4.2iio hab. Ville en décadence (autrefois place forto importante), qui Ait assiégée six fois entre ll7l et 1700.
CONDAT, comm.doïaCorrône, nrrond. et A 29 kilom. d6 Tulle, prés du coniluent du Ganaveix avec lo Bradascou; 1.747 hab. — Comm. du Puv-de-néme. arrond. et A HO kil. d'Ambert. dans les monts Dohirc. sur le Latroux, «fduont de l'Kau-Mére : *.iRJ hab. Améthystes. — Comm. du Puydo-OAmn. arrond. et i\ ^7 kilom."do Hiom, sur le ruisseau do Tix,afIîuentduSioulet; i.ïOShab.—Comm.do la Haute- Vienne, nrrond. et Ù4 kil. de Limoges, prés do la Vienne; l.ï3(î hab. (lisenients de kaolin. Fabriques d'émaux ot do porcelaine; enilocliago de laines.
GoNDAT ou CoNDAT en Fônlers, comm. du Cantal, nrrond. et A 48 kilom. de Mur;U, pri»s du coniluent do
Armes de la famille de Coudé
CONDAT — COi\DE
laKue et de Ja Santoire ; 2.596 hab. Aux environs, sources minérales ; scieries dans les .sapinières voisines. Ruines de l'abbaye de Féniers (ordre de Cîteaux), fondée dans le XII* siècle. Uue pyramide basaltique, appelée la Roche- Pointue, s'élève dans le Ut de la Santoire, près de Condat. Belle grotte.
Condat (J.), littérateur français. V. Chapelot.
CONDATE n. m. Ane. géogr. Mot celtique, signifiant « confluent ", dont on a fait le nom d'un certain nombre de villes de l'ancienne Gaule. (De là est venu le mot condé, qui désignait aussi, et qui désigne, encore aujourd'hui, plusieurs villes de France.)
Gond AT-LA-M ONT AGNE, nom de la ville de Saint- Claude, pendant la Révolution.
CONDE (José-Antonio), orientaliste et historien espagnol, né dans la province de Cuenca vers 1765, mort en 1820. Il fut archiviste au ministère de l'intérieur et bibliothécaire à TEscurial sous le roi Joseph. Il s'est occupé exclusivement de recherches sur les Arabes d'Espagne. Il a publié plusieurs ouvrages tirés de manuscrits arabes : Abu Abd-Allak Muhammad bon Muhammad al sharif al Edrisi. Descripcinn de Espana (1799); Histovia de la dominaci'in de los Arabes en Espana, sacada de varias ma}iuscritos y ynemorias arabitjas (1S20-1S21).
CONDÉ (peut-être une apocope de concéder) n. m. Arg. Permission, faveur, accordée généralement par le maire, pour les jeux, les exhibitions, etc., dans les foires et sur b voie publique, il Grand condé, Préfet. Il Petit condé, Maire. Il Demi-condé, Adjoint au maire, il Condé franc OMaffranchi, Fonctionnaire facile à corrompre.
GoNDÉ (Jean de), écrivain du xni* siècle. On ne connaît de lui que ses œuvres, d'ailleurs très remarquables, lesquelles consistent en quelques pièces en prose, quelques vers et deux Mystères. Citons une pièce satirique : Chanoinesses et Bernardines.
GoNDÉ. La seigneurie de Condé, d'abord domaine do la maison des sires d'Avesnes, passa ensuite dans la maison de Luxembourg. Marie de Luxembourg, veuve de Jacfjues de Savoie, tille et principale héritière de Pierre de Luxembourg, comte do Saint-Paul, la porta dans la maison de Bourbon, en épousant en secondes noces, en 1487, François de Bourbon, comte de Vendôme, père de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, péi!
lui-même de Louis de Bourbon, au leur du rameau do Bourbon-Condé, dont les deux derniers représentants furent Louis-Henri-Joseph, prince de' Condé, plus connu sous le nom de duc de Bourbon, trouvé pendu dans sa chambre en 1830, et le tils de ce dernier, le duc d'Enghien, fusillé à Vincennes en 1804.
Les membres de cette famille sont célèbres par le rôle actif qu'ils ont joué dans les troubles religieux et politiques, et dans notre histoire militaire.
— BiBLioGR. : duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé (Paris, 1869 et suiv.).
GONDÉ (Louis I" DE Bourbon, prince de), tige de la maison de Coudé, né à Vendôme en 1530, mort en 1569. Il était le cinquième fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et l'oncle paternel de Henri IV. Le prince de Condé commença la fortune de sa maison pendant les guerres du règne de Henri II. A l'avènement de François II, il se jeta dans le calvinisme, dont l'esprit austère contrastait avec la licence de ses mœurs, dans l'espoir d'attacher sa fortune aux chances du triomphe de ce parti. Il y était entraîné aussi par esprit de rivalité contre les Guises, dont l'influence toujours croissante lui semblait injurieuse pour les princes du sang et dangereuse pour le pays.
Bien qu'il eût solennellement nié toute participation à la conjuration d'Amboise, il fut aux états généraux d'Orléans, livré à une commission qui le condamna à mort (1560). La mort du roi sauva le prince.
Après le massacre de Vassy (1562), Condé se mit à la tête des protestants commença la guerre civile par la prise d'Orléans et livra Le Havre aux Anglais, pour obtenir des secours d'Elisabeth. A la bataille do Dreux, il fut blessé et fait prisonnier, puis rendu à la liberté par le traité d'Amboise (1563), reprit les armes en 1567. tenta de surprendre la reine mère oilo roi à Meaux, livra au connétable de Montmorency la bataille do Saint-Denis (1567), restée indécise, tit do nouveau la paix avec la cour lors du traité de 1568, et fut rejeté dans la guerre civile par une tentative avortée d'arrestation. Blessé à la bataille de Jarnac et fait prisonnier, il fut assassiné par Muntesqniou, capitaine des gardes du duc d'Anjou, qui lui cassa la tète d'un coup do pistolet. Ce prince était aussi spirituel que brave, mais d un caractère violent. Il était d ailleurs de chétîve apparence et bossu.
GoNDÉ (Henri I*"^ de Bourbon, duc d'Enghien, prince de), tils du précédent, né à la t'erté-sous-Jouarro en 1552, mort en 1588. Au lendemain de Jarnac, il vint à l'armée réformée avec son cou.sin Henri de Navarre (depuis Henri IV), sous la direction de l'amiral Coligny. Lors du massacre do la Saint-Barthélémy, mis en demeure par Charles IX de choisir entre la messe ou la mort, il promit d'abjurer. Vers la fin du règne de Charles IX, il s enfuit en Allemagne, leva quelques troupes, et rentra en Franco pour recommencer les guerres religieuses. Il combattit bravement ù Coutras (1587), et mourut l'année suivante à Saittt-Jean-d'Angély ; on dit qu'il fut empoisonné.
Condé (Henri II DE Boorbon, duc d'Enghien, prince db), fils posthume du précédent, né à. Saint-Jean-d'Angoly on 1588, mort à Paris en 1646. Henri IV, son parrain, le fit élever dans le catholicisme, et lui fit épouser, en 1609,
Louis l"' de Coudé.
Charlotte-Marguerite de Montmorency, dont il était luimôme épris. Pour soustraire sa jeune femme aux poursuites du roi, Condé s'enfuit à l'étranger, et ne revint en France qu'après la mort de ce prince. Son ambition, ses intrigues et ses révoltes troublèrent les premières années du règne de Louis XIII. Malgré d'énormes sacrifices, la régente ne put le satisfaire et finit par le jeter à Vincennes, où il resta trois ans. Il combattit ensuite les protestants dans le Midi avec plus de bravoure et de zèle que de talent véritable. Discipliné par Richelieu, il se montra dès lors le plus soumis aes courtisans et entra au conseil de régence après la mort du roi. Avide d'argent et de faveurs, il avait accepté pour son fils, le duc d'Eugliien (plus tard le grand Condé), la main d'une nièce du cardinal. Il avait été chargé de quelques opérations dans la guerre de Catalogne.
GoNDÉ (princesse Marie de). V. Clèves.
CoNDÉ (Louis II DE Bourbon, prince de), surnommé le Grand Condè, l'un des plus grands capitaines du xvu" siècle et le plus illustre des Condés, né à Paris en 1621, mort à Fontainebleau en 1686. Il porta, du vivant de son père, le titre de duc d'Enghien, et fut marié en 1641 à une nièce de Richelieu. Il fit ses premières armes à dix-neuf ans; il en avait à peine vingt-deux lorsqu'il reçut le commandement des troupes chargées de repousser les Espagnols des frontières françaises du Nord et remporta la victoire de Rocroi (1643), couronnant son succès par la prise de Thionvillo et de qiielques autres places. L'année suivante, il alla joindre Turenne à l'armée d'Allemagne, tenue en échec par un grand homme de guerre, Mercy, qu'il battit dans les journées sanglantes de Fribourg (1644). L'occupation d'une partie du Palatinat, la prise de Mayence, de Landau et de plusieurs autres places, la victoire de Nordliugen (1645'), suivirent et complétèrent les grands combats de Fribourg. L'année suivante, le duc d'Enghien, devenu ])rince de Condé par la mort de son père, après une suite d'opérations dans les Pays-Bas, recevait la capitulation do Dunkerque et restituait cette place importante à la France. Il fut ensuite envoyé en Catalogne (1647), mais échoua au siège de Lérida. En 1648, il répara ses revers d'Espagne par des victoires en Flandre, écrasa à Lens les restes de cette redoutable infanterie espagnole, dont il avait brisé le prestige à Rocroi. et hâta par ses succès la conclusion du traité de Westuhalie. Jeté au milieu des intrigues de la Fronde, il prit d'abord parti pour la cour, assiégea et prit Paris, mais mit ses services à un si haut prix que la reine et son ministre, poussés à bout, et connaissant d'ailleurs ses intrigues secrètes, le firent arrêter et enfermer à Vincennes (1650). Il sortit de prison au bout d'un an, ne respirant que la vengeance, et se mit à la tête d'une nouvelle Fronde. Il s'établit à Bordeaux, dans son gouvernement , entame des négociations avec l'Espagne, met le Midi en feu, et, malgré quelques écliecs, marche sur Paris et livre à Turenne le sanglant combat du faubourg Saint-Antoine, où le canon de la Bastille, tiré sur les troupes royales par ordre de Mademoiselle, fille de Gaston, le sauva d'une défaite imminente et lui permit d'entrer dans la capitale. Cependant, au moment où il semblait triompher, sa cause était perdue. Abandonné d'an grand nombre doses partisans, serré de près par Turenne , lassé peut-être d'une guerre sans issue, il s'enfuit dans les Pays-Bas et se jeta dans les bras des Espagnols, qui lui donnèrent un commandement dans leur armée (1653). On vit alors le vainqueur de Rocroi, mercenaire à la solde de Philippe IV, tourner ses armes contre sa patrie et dévaster les provinces françaises du Nord. Dans cette triste guerre, où il eut Turenne pour adversaire, il ne fut d'ailleurs que rarement heureux, essaya inutilement de reprendre Arras et ne put empêcher don Juan de perdre la bataille des Dunes (1658). A la paix des Pyrénées, Condé fut rétabli dans ses honneurs et dignités- Il fut, avec l'assentiment du roi, candidat au trône de Pologne, mais les négociations, poursuivies pendant huit ans (1660-i66s), ne purent lui assurer la succession de Jean-Casimir. Chargé de l'invasion de la Franche-Comté en 1668, il fit, en trois semaines, la conquête de cette province, commanda l'un des quatre corps destinés à agir en Hollande (1672), fit capituler Wesel et plusieurs autres places, écrasa le prince d'Orange à Senef (1674), et lui fit lever le siège d'Oudenarde. Après un nouvel échec au trône de Pologne, il fut envoyé en Alsace après la mort de Turenne, pour défendre cette province contre MoutecucuUi (1675). Ce fut sa dernière campagne. Vieux et perclus dégoutte, traité d'ailleurs assez froidement par Louis XIV. il passa ses dernières années dans sa somptueuse retraite de Cliantilly, entouré de poètes et de littérateurs, et livré à la fin de sa vie aux mspirations religieuses de Bossuet, qui devait faire entendre sa grande voix sur son cercueil, et consacrer sa gloire pour la postérité.
Condé est un des plus grands noms de l'histoire militaire de la France. Quand il cessa de commander aux armées, surtout vers la fin de sa vie, il donna à ses contemporains, rimpres.sion d'une âme noble et élevée. Il le fallait pour faire oublier les violences de sa jeunesse et les erreurs do sa maturité. Il est certain que la magnifique oraison funèbre de Bossuet a singulièrement idéalisé los traits du caractère do ce grand capitaine.
GONDÉ Ulenri-Jules dk Bourbon, prince de), fils du précédent, né et mort à Paris (1643-1709). Tout enfant, sa mère lui fit jouer un rôle dans la Fronde. Plus tard, il combattit avec son père dans les raugs des Espagnols, rentra en grâce en mémo temps que lui, le suivit dans les campagnes de Franche-Comté, do Hollande et du Rhin, ot lui sauva la vie à Senef. Il avait épousé, en 1663, au moment où l'on songeait à lui, à défaut do son pore, pour le trône do Varsovie, Anne do Bavière, princesse palatine, nièce de la reine do Pologne, Mario de Gonzague.
CoNDÉ (Louis III DH Bourbon-), v. Bourbon-Condk.
Louis II de CoDdé.
Condé (Louis-Henri, duc de Bourbon, prince de). V. Bourbon.
GoNDÉ (Louis-Joseph de Bourbon, prince dk), général en chef de l'émigraliun, né à Paris en 1736, mort en 1818. Après avoir hérité de la plupart des charges de son père Louis-Henri de Bourbon, et reçu le gouvernement de la Bourgogne, il fit avec distinction la guerre de Sept ans. Pendant la longue paix qui suivit, il partagea son temps entre son gouvernement de Bourgogne, l'embellissement de Chantilly et la construction du Palais-Bourbon. Lié avec les littérateurs du siècle, il passait pour un prince lil)éral. On le vit prendre part à l'opposition du parlement contre Maupeou, mais il s'éleva avec énergie contre les réformes militaires de Saint-Germain et, lors de l'Assemblée des notables (1788), il fut un des princes du sang qui signèrent le fameux Mémoire contre le redoublement du tiers aux états généraux. Aussitôt après la prise de la Bastille, il sortit de France pour commencer contre la Révolution une longue, mais impuissante croisade. Mis â la tête de l'armée de gentilshommes formée à Coblentz, il fut tenu à l'écart pendant la campagne de 1792, combattit sous les ordres de Wurmser, dans celle de 1793, resta cantonné le long du Rhin pendant les années 1794-1795, parvint à séduire Pichegru par de brillantes promesses, passa tour à tour à la solde de l'Angleterre, de l'Autriche et de la Russie, et dut, en 1801, présider lui-même à la dissolution de son corps d'armée. Il se rendit en Angleterre, où il vécut obscur, avec la princesse douairière de Monaco, qu'il épousa en secondes noces. Rentré en France en 1814, il reprit sa charge de grand maître de la maison du roi, à laciuelle Louis XVIII joignit le titre de " colonel général de 1 infanterie française ".
GONDÉ (Louis-Henri-Joseph, duc de Bourbon, prince de), le dernier des Condés, né en i756, mort en 1830, fils du précèdent. 11 assista au siège de Gibraltar, mais n'y joua
3u'un rôle d'apparat. Lors de la convocation de l'Assemblée es notables, il signa avec son père la fameuse protestation des princes contre les idées nouvelles et le suivit dans l'émigration. Il servit sous ses ordres dans Varmée de Condé, et se retira en Angleterre après le licenciement de cette armée. En 1814, il rentra en France avec Louis XVIII, fit de vaines tentatives, lors du retour de l'île d'Elbe, pour soulever les départements de l'Ouest, et se vit contraint d'accéder à une capitulation et de s'embarquer pour l'Espagne. Pendant la Restauration, il vécut écarté des aff'aires. Confiné dans sa petite cour de Saint-Leu ou de Chantilly, il faisait de la chasse son unique occupation. Lors de la révolution de 1830, il reconnut sans difficulté son neveu comme roi des Français.
Le faible vieillard était alors entièrement dominé par une Anglaise, Sophie Dawes, née Clarke, dont le passé était assez équivoque, et qu'il avait mariée à un gentilhomme de sa maison, le baron de Feuchères, loyal soldat, dont la bonne foi trompée servit à couvrir pendantquolque temps le scandale d'amours adultères. Sous sou influence, le prince se décida à rédiger un testament par lequel il instituait le duc d'Aumale son légataire universel et assurait à la baronne, soit en terre, soit en argent, un legs d'environ 10 millions (30 août 1829). Le 26 août 1830, te prince se coucha, comme à l'ordinaire, au château de Saint-Leu, où il était momentanément; on le trouva pendu, ou plutôt accroché â l'espagnolette de la fenêtre, par deux moucboirs passés l'un dans l'autre, les genoux ployés, les pieds traînant sur les tapis. Cette circonstance semblaitécarter l'hypothèse du suicide et frappa tous les assistants. Les princes deRohan, héritiers collatéraux, intentèrent à M"* de Feuchères un procès en captation, que d'ailleurs ils perdirent. Jamais le redoutable problème ne fut éclairci.
GondÉ (Louis-Antoine-Henri de Bourbon-), fils du précédent, connu surtout sous le nom de duc d'Enghien.