CONFESSION
l'histoire à peine déguisée do sa liaison avec George Sand, histoire dont co livre est, pour le fond même, une relation fidèle. Nous louerons avant tout la sincérité du poète et, mieux encore, la délicatesse avec laquelle il donne le beau rôle à la jeune femme, qui n'était pourtant pas sans avoir aussi des torts.
Octave, né en isio, type d'une génération inquiète et précocement soucieuse, est trompé par sa maîtresse, la quitte, puis cherche à étourdir son désespoir par la débauche. Ce sont les deux premiers livres. Dans le troisième, on lo voit s'éprendre de M-« Brigitte Pierson jouno femme douce, grave, pieuse, qui, bientôt, est touchée de son amour. Rien de plus frais, de plus suave que 1 Idylle de cette passion naissante. Avec le quatrième commencent, presque aussitôt, les doutes, les soupçons les inquiétudes par lesquelles Octave semble pron.lre' plaisir à torturer son cœur et celui de sa maîtresse. Mussot veut montrer, en écrivant sa propre histoire, quo la débauche rend pour toujours incapable d'aimer. Octave corrompt lui-même son bonheur par des jalousies fantas- ■ ques, par des caprices dépravés, souillo soc amour par les ressouvenirs involontaires du libertinage qui l'a précocement flétri. Enfin, dans le cinquième livre, apparaît un troisième personnage, Smith (autrement dit Pagcllo), que Brigitte, lassée finalement d'Octave, se prend à aimer. Octave, descendant au fond de lui-même, se reconnaît coupable de tout le mal, et il laisse partir la jeune femme avec Smith, en • remerciant Dieu que, de trois êtres qui avaient soufi'ert par sa faute, il ne reste qu'un malheureux n.
La Confession d'un Enfant du siècle est une des œuvres les plus caractéristiques du temps. Œuvre inégale, à laquelle on peut reprocher soit, pour la composition, uu certain décousu, soit, pour le style, bien des pages ampoulées et déclamatoires, elle renferme aussi quelques parties supérieures; toute l'idylle, par exemple, qui est d'un exquis poète, et, çà et là, maints chapitres, sans compter un grand nombre de réflexions et do ma.ximes détachées, qui dénotent un observateur des plus pénétrants. Confession, par le comte Léon Tolsto'i. L'ouvrage a été écrit en 1882. C'est une sorte d'autobiographie morale. L auteur nous y indique par quelles phases il a passé avant d'adopter la philosophie religieuse qui finit par donner la paix à son cœur. Las do la gloire militaire, puis des lettres, cherchant avec angoisse le sens de la vie, son mariage et le bonheur qu'il y trouve le distrayent pendant quinze ans du redoutable problème. Mais, au bout de ce temps, ses inquiétudes et ses perplexités so réveillent. Il demande aux savants, aux philosophes, le secret de la destinée humaine, et la science ne lui apprend rien, et toutes les philosophies le conduisent fatalement au pessimisme. Il se tourne alors vers les religions, qui, seules, donnent au peuple la force de vivre, et prend le parti de croire ce que croit le peuple. Mais il lui semble que les diverses Eglises détruisent l'unité d'amour par une orthodoxie étroite, et que, dans toutes, le faux ot lo mal se mêlent au vrai et au bien. La tâche qui lui reste, c'est de séparer le vrai du faux, le bien du mal. Un autre livre. Ma religion, publié l'année suivante, expose quelle est, après cette épuration, la foi de Tolstoï, cette foi qui le fait vivre.
Confessions helvétiques. La première , appelée Confession de Bàle, fut rédigée en 1530 par Zwingli pour les protestants de Suisse, et adoptée en 1534 à Bâle. I^a seconde, rédigée en 1566 par Th. de Bèze et Bullinger, est encore en vigueur aujourd'hui. Elle reçut l'adhésion des Eglises d'Ecosse, de 'France, do Hongrie et de Pologne. Elle n'admet que l'autorité de la Bible en matière de foi, enseigne la prédestination, ne reconnaît que deux sacromonts : le baptême et la Cène, ot condamne les images.
Confessions de saint Augustin. V. Auodstin.
Confessions (les), de Jean-Jacques Rousseau. Quand lo libraire Rey, d'Amsterdam, lui suggéra la première idée do co livre, Rousseau, tout d'abord, craignit de « compromettre le secret d'autrui • ; mais c'était une idée trop conforme à son humeur pour qu'il hésitât bien longtemps. Dès le début de 1765, après son départ de Montmorency, il se mit à l'œuvre. Six ans après, le manuscrit était terminé. Les six promior-s livres parurent en 1781 et les six derniers en 1788, mais avec beaucoup do coupures. En 1795, l'ouvrago fut publié dans son intégrité.
Rousseau y raconto l'histoiro de sa vie jusqu'à l'année 1765. La promièro partie va jusqu'en 1711. Il voulait s'arrêter là. Mais, • après doux ans de silence et do patience ., il reprit la plume, croy.ant nécessaire do répondre à ses ennemis, et, du reste, so promettant, pour rassurer sa conscience, do ne laisser paraître la deuxième partie qu'en 1800. Il y a dans les Confessions autre chose que des faits. Ce n'est pas seulement l'histoire do sa vio que nous raconto Jean-Jacques, c'est aussi, c'est surtout « l'histoire de son âme ».
Les Confessions sont l'ouvrage le plus caractéristiquo de Jean -Jacques, considéré comme l'initiateur du XIX' siècle sentimental et littéraire. Co livre marque, plus qu'aucun autre, l'avènement du « moi •, qui devait régner sans partage dans la littérature romantique. Lo • moi » do Rousseau nous y est plus d'une l'ois gâté par l'orgueil, par une misanthropie chagrine et ulcérée, par les écarts d'une imagination maladive; sa sincérité, d'ailleurs, tourne au cynisme, quand il nous dévoile corutines taches, dont il eût bien pu garder pour lui le secret. Mais nous y retrouvons aussi ce qu'il y a en Rousseau do plus touchant, do plus prestigieux : nous y retrouvons, sans aucune traco do déclamation ou do sophisme, sa toudrosse, sa générosité native, sa candide uonhomio, son vif instinct do la vie intimo et iloiiicstiiiuo, son amour de la nature, son goût do la mélancolie et do la rêverie, ot cha-
cun de ces sentiments lui a inspiré des pitges qui comptent entre les plus gracieuses de son œuvre, ou los plus élo- ([uontes ot les plus profondément émues.
Confessions d'un Anglais mangeur d'opium
[Confessions of an Engii^h opium caler], par Thomas do Quincey ^Londres, 1821, 1822, 1850). Co livre humorisiiquo est une sorte d'autobiographie. Songe ot réalité, sagesse ot folie, soulfranco et béatitude, vérité ot fiction se coufondcnt dans ces divagations d'un homme qui fut réelloment l'esclave de l'opium. Los Confessions furent traduites, dès 1 828, par Alfred do Mussot {l'Anglais mangeur d'opium, par A. I). M.); mais cette traduction l'autaisislo d'un écolier do <lix-huit ans no fait pas partie dos «i^uvres
CONFESSIONNAlUE — CONFINER
Confessionnal (xv* s.
Confessionnal.
complètes du poète. Charles Baudelaire, dans ses Paradis artificiels, analyse les Confessions d'une manière très complète, et en donne des extraits littéralement traduits. Ce livre passe pour être le chef-d'œuvre de Quincey. C'est une œuvre d'une incontestable originalité, létude d'un était pathologique singulier. L'auteur a de la sensibilité, et sou goût poétique l'arrache fréquemment aux fantaisies dans lesquelles l'entrainent ses théories philosophiques. Sa prose est toujours mélodieuse, mais son humour parait quelquefois affecté.
CONFESSIONNAIRE {fé-si-0-nèr' } adj. Qui a rapport à la confession religieuse ; Docteurs coNFESsioNNAiRBS. (Calvin.) [Vieux.]
CONFESSIONNAL {fé-si-o-7îal' — rad. confession) n. m. Meuble d'église, dans lequel le prêtre catholique s'enferme pour entendre la confession du pénitent: Dans Saint-Pierre, il y a des CONFESSIONNAUX pour tous Us idiomes. (Th. Gaut.)
— Fig. Confession : Wenceslas faisait noyer les prêtres gui refusaient de lui livrer le secret
du CONFESSIONNAL. (V. HugO.)
— Par ext. Grand fauteuil pour les malades.
— Encycl. Le confessionnal se compose ordinairement de trois compartiments. Celui du milieu renferme un banc sur lequel le prêtre s'assoit, et communique avec les deux autres par des ouvertures en forme de treillis ou de grillages, que des volets peuvent fermer. Les deux compartiments de côté sont destinés aux fidèles et contiennent un prie-Dieu surmonté d'un crucifix. Les confessionnaux ne datent que du xvi' siècle; avant cette époque, les confesseurs se plaçaient sur des bancs de pierre aménagés à cet effet, et les pénitents s'agenouillaient auprès d'eux. Un prêtre ne peut pas entendre la confession d'une femme en dehors du confessionnal, sauf le cas de maladie.
CONFESSIONNALISMB Ifé-si-o-na-lissyn') n. m. Attachement étroit à une confession religieuse.
CONFESSIONNEL, ELLE (fé-si-o-tièr) adj. Qui a rapport à la confession de foi : Symbole confkssionnkl. Article