CONFÉRENCE — CONFESSEUR
Î>ar l'entremise de leurs présidents et après en avoir averti es préfets, une entente sur les objets d'utilité départementale compris dans leurs attributions et qui intéressent à la fois leurs départements respectifs. Ces questions d intérêt commun doivent être débattues dans des conférences où chaque conseil général est représenté soit par sa commission départementale, soit par une commission spéciale nommée à cet effet. Les décisions qui y sont prises ne sont exécutoires qu'après ratification par tous les conseils intéressés. (Art. 89, 90 et 91 de la loi du 10 août 1S71.)
Conférences intercoinmunales. Les conseils municipaux peuvent également, sous le contrôle de l'administration supérieure, par des commissions intercommunales choisies dans leur sens, qui confèrent sur les décisions à soumettre à chacune des assemblées intéressées, se concerter sur des objets d'intérêt commun. (Art. 116, 117, 118 de la loi du 5 avril 1884.)
— Enseigu. Conférences pédagogiques. On nomme ainsi, dans l'enseignement primaire, des réunions périodiques d'instituteurs, ayant lieu au chef-lieu de canton, sous la présidence de l'inspecteur primaire. Instituées en 1835, elles eurent des fortunes fort diverses, jusqu'en 1878, époque à laquelle elles furent régularisées et réglementées par une circulaire ministérielle. Elles ont pour objet l'étude de diverses questions pédagogiques fixées par l'inspecteur d'académie. Les sujets à traiter doivent ôtre fixés assez longtemps d'avance pour que les instituteurs puissent en proparer la solution. C'est aussi dans une conférence spéciale que les instituteurs et institutrices de chaque canton arrêtent la liste des ouvrages dont ils proposent l'adoption dans les écoles publiques.
Les maîtres de conférences, dans les diverses facultés, sont chargés, soit de compléter, par des leçons auxi- , liaires et d'un caractère plus intime, les cours des professeurs titulaires, soit de professer une branche de 1 enseignement pour laquelle ils ont des aptitudes spéciales, ou qui n'est pas représentée dans l'établissement auquel ils sont attachés.
Conférences publiques. On entend aujourd'hui par conférence une sorte de leçon familière sur une question de morale, de politique ou de littérature, qui peut intéresser le public. Ce genre, qui a d'ailleurs quelque rapport avec les fl lectures » d'Angleterre, fut introduit en Franco par Deschanol, qui, après le coup d'Etat du Deux-Décembre, l'avait pratiqué en Belgique. Un peu plus tard, Albert Le Roy ouvrit, rue de la Paix, une salle où se firent entendre Jules Simon, Pelletan, Brisson, Legouvé, etc. En 1867, fut ouverte celle du boulevard des Capucines. Vers la même époque, Ballande jouait dans ses matinées de la Gaité des pièces de théâtre oubliées ou peu connues, dont la représentation était précédée d'une conférence. Sarcey y fit plus d'une fois applaudir sa parole alerte et sans apprêt. Depuis ce temps, les conférences se sont multipliées. Signalons notamment celles de l'Odéon. Brunetière donna là, en quinze séances, un tableau de l'évolution dramatique en France. Aujourd'hui, on en fait un peu partout : celles de la Bodinièro attirent toujours un public nombreux do lettrés et d'érudits. Certains conférenciers français vont même à l'étranger, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, aux Etats-Unis. Il entre sans doute dans le goût des conférences un peu de mode et quelque snobisme. Mais elles n'en sont pas moins utiles. Même, si la composition ordinaire du public oblige à traiter les sujets dune manière un peu superficielle, elles contribuent pourtant à entretenir et à développer le goût des choses de l'esprit.
— Relig. 1. Les conférences ecclésiastiques ont été instituées vers le ix* siècle. On les trouve ordonnées et réglementées par les derniers capitulaires de Chariemagne, les ordounances d'Hiucmar, archevêque de Reims (840) et de plusieurs évêques du même temps, les canons des conciles d'Exeter ( 1 13i) et de Londres (1237). Elles avaient pour objet de maintenir dans le clergé séculier le zèle
Sour les études sacrées. C'est pourquoi le premier jour e chaque mois (d'où le nom de calendes donné souvent autrefois aux conférences), les vicaires et les curés d'un même doyenné devaient se réunir chez le doyen ou l'archiprêtre, pour discuter des questions de dogme, do morale ou de liturgie : le résultat de la délibération devait être commuDiqué à l'évêque. Quand la conférence (en lat. coliatio) tombait un jour de jeûne, ceux qui y prenaient part étaient autorisés, à cause de la fatigue du déplacement, à prendre un peu de nourriture. C est l'origine de la collation ou second repas plus léger que le premier, permis les jours do jeûne.
Les conférences paraissent être tombées en désuétude, au commencement du xiv" siècle. Le concile do Trente recommanda aux évêques de les rétablir. Saint Charles Borromée, archevêque de Milan, déploya un grand zèle pour les faire refleurir dans son diocèse. Son exemple fut imité par les évêques d'Italie, de France et des Pays-Bas. Interrompues en France par la Révolution, les conférences ecclésiastiques sont actuellement en usage dans tous les diocèses. Chaque année, l'évêque publie un programme des questions de aogme, de morale, d Ecriture sainte et d'histoire ecclésiastique qui doivent être traitées par écrit. La réunion a lieu chez le curé-doyen ou, dans les grandes villes, chez un curé désigné par l'évêque, ou, quelquefois, tantôt chez un membre do la conférence, tantôt chez un autre. On dît alors que les conférences sont ambulantes.
Chaque membre de laconférenco est appelé à faire à son tour un travail sur une des matières désignées. Une liste des présents et des ab.sents, dressée par le secrétaire, est envoyée à l'évôché, avec un procès-verbal de la réunion.
On nomme conférences du cas de conscience les réunions que le clergé do Paris tient quatre fois par an dans l'église Sainl-Roch, pour y discuter eu présence de l'archevêque des questions do morale présentées sous forme do cas do conscience.
IL On nomme au.9si conférences une série de discours apologétiques de la religion et do la doctrine catholiques, prononcés depuis lo commencement du xix" siècle, par des orateurs célèbres. L'abbé do Frayssinous, depuis évoque d'Hcrraonolis. inaugura ce genre nouveau de prédication dans l'église des Carmes, à Paris, très peu do temps après le Conconlat. Continuées dans la chaire de Saint-Sulpico, ces conférences attirèrent uno foule nombreuse. L'orateur les a publiées en 1825, après les avoir retouchées : elles contiennent une apologie raisounéo dos dogmes catholiques.
Lo second conférencier, par ordre de date, fut l'abbé Lacordaire. Déjà, en 1834, Lacordaire avait donné, dans la chapelle du collège Stanislas, dos conférences qui avaient eu un grand retentissement. Sur la demande do Frédéric
Ozanam, fondateur de la société de Saint-Vincent-de-Pau!, Mei^deQuélen confiaà Lacordaire la chaire de Notre-Dame, qu'il occupa en 1835 et eu 1836, enfin de 1843 à 1851. En 1854, il Compléta son œuvre en prêchant à Toulouse. Ses conférences, publiées en 1857, ont conservé quelque chose de l'éclat et de la fougue de sa parole.
Le P. de Ravignan occupa la chaire do Notre-Dame de 1837 à 1846, dans le temps où Lacordaire la laissait libre.
Un autre jésuite, lo P. Félix, prit pour sujet des conférences qu'il prêcha à Notre-Dame, de 1856 à 1869 : le Progrès par le cliristiaJiisme. Les conférences du P. Félix ont été publiées en 1869.
Les conférences de Notre-Dame ont continué d'attirer pendant le carême et pendant l'Avent, un grand nombre d'auditeurs. Le P. Hyacinthe Loyson, avant de rompre avec l'Eglise catholique, le P.Monsabrépendant vingt ans, et M^"" d'Hulst après lui, ont prononcé des conférences qui ont été aussi publiées, et où ils ont soutenu avec talent l'honneur d'une chaire illustre.
Conférence avec M. Claude, lyiinistre de Charenton, sur la mftttère de l'Eglise, par Bossuet (Paris, 1682). Cette conférence eut lieu en 1678, à l'hôtel de Roye, sur la demande de M"" de Duras, qui depuis se convertit au catholicisme. La discussion eut pour objet l'autorité de l'Eglise. Bossuet y déploya toute son érudition et son éloquence. Claude ne fut pas indigne de son adversaire. Il publia lui-même une Réponse au livre de M. de Meaux (Pans, 1683).
Conférence (^porte de la), à Paris. Uue inscription apposée par la ville de Paris, en 1889, sur la balustrade de la terrasse des Tuileries dite du » b&rd de l'eau », tout près de la place de la Concorde, indique que là se trouvait la porte de la Conférence, élevée par Pidoux en 1632, démolie en 1730. Cette porte, d'un aspect monumental, était la troisième qui ait été ouverte sur la rive droite de la Seine; la première, datant de Philippe Auguste, était située à l'extrémité du Louvre; la deuxième, dite « Porte neuve " , appartenait à l'enceinte de Charles V et s'ouvrait à hauteur des guichets du Carrousel. La porte de la Conférence faisait partie de l'enceinte bastionnée commencée en 1563, achevée seulement sous Louis XIII. Elle devait son nom aux conférences qui eurent lieuàSuresnesen 1593, entre Henri IV et les ligueurs. Ce nom s'est conservé dans celui de » quai do la Conférence ", entre les ponts de la Concorde et de l'Aima, parallèle au Cours-la-Reine.
Conférences et Discours synodaux sur les principaux devoirs des ecclésiastiques, par Massillon, puDliés par son neveu (i746, 1753). Massillon prêcha ces conférences au séminaire de Saint-Magloire, à Paris, quand il en était le supérieur, et dans celui de Clcrmont, lorsqu'il fut évêque de cette ville. Les Discours synodaux ont été prononcés dans les synodes annuels du diocèse de Clermont. L'objet des unes et des autres est la formation du prêtre, le développement de l'esprit sacerdotal, les devoirs du ministère, les défauts à éviter, les abus à. combattre. Massillon y exprime, dans un stylo qui no le cède en rion à celui du Grand et du Petit Carême, les préoccupations et la sollicitude d'un pasteur digne de l'évangile.
Conférence (île de la), v. Faisans (île des). CONFÉRENCIER {ran-si-é) V. n. Faire une conférence.
CONFÉRENCIER {ran-si-é), ÈRE n. Membre d'une conférence d'étudiants ou d'ecclésiastiques, il Personne qui préside une de ces conférences, il Orateur qui parle dans une réunion, qui fait une conférence.
CONFÈRENT (ran) n. m. Dignitaire que la république de Venise choisissait, en certains cas, pour conférer avec les ambassadeurs.
CONFÉRER (du lat. cojt ferre; de cum, avec, et ferre, porter. — Change ^ en è devant une syllabe muette : Je confère. Que tu confères; excepté au fut. et au cond. : Je conférerai. Tu coiiféi-erais) v. a. Comparer, collationner : Conférer rf es textes, des passages. (S'écrit en abrégé «Cf ».)
— Conférer des épreuves. Typogr. Les comparer pour voir si les corrections indiquées sur l'une ont été faites sur l'autre, il On dit, plus ordinairement, reviser.
— Accorder, donner, communiquer : Conférer i(7ie dignité.
— V. n. Tenir conférence, s'entretenir : Conférer avec son avocat.
— Antref. Contribuer, concourir.
Se conférer, v. pr. Etre conféré, ii Donner à soi-même : Les prêtres se confèrent à eux-mêmes le sacrement de l'eucharistie.
— Syn. Conférer, déférer. Conférer, c'est donner un titre, confier une charge selon les formes ordinaires, et parce que, la charge étant vacante, il faut nommer celui qui doit la remplir. Déférer annonce quelque chose d'extraordinaire :
c'est un mérite éclatant qu'on veut récompenser, c'est un pouvoir nouveau qu'il faut créer, à cause de certaines circonstances exceptionnelles.
CONFERVACÉES {fèr') n. f. pi. Famille de chlorophycées, à laquelle appartient lo genre conferve. — Une
CONFERVACÉE.
— Encycl. Les confervacées sont des algues vertes à thalle pluricoUuIaire et ordinairement lilamenteux, dont la plupart vivent dans les eaux douces. Elles se multiplient généralement par des zoospores. Leur œuf se forme tantôt par isogamie, avec gamètes mobiles et biciliés (conferve), tantôt par hétérogamie, avec oosphère immobile etanthéro-zoïde (formation de l'œuf mobile (œdonogo). «^hez rredosonium
^ ^ ' ciliatum).
CONFERVE ifêrv' — lat. conferva; de conferverc, souder, parce que les anciens attribuaient à ces plantes la vertu de cicatriser les plaies) n. f. Genre de végétaux cryptogames, de la famille dos algues, et type de la tribu des confervacées : Les conferves habitent toutes les tners et les eaux douces. (C. Montagne.)
— Encycl. Los conferves sont des végétaux filamontou.x, simples ou rameux, cylindriciuos, flexibles, membraneux, transparents, divisés par des cloisons transversales on articles remplis de matière verte, rarement d'une autre couleur. Ces algues flottent ordinairement en masses plus ou mains volumineuses sur les eaux douces.
plus rarement sur les eaux salées; d'autres fois, elles sont fixées par l'une de leurs extrémités sur les rochers» les sables, les corps inertes, ou même sur d'autres plantes. Elles commencent à végéter au printemps, et continuent ^ se reproduire pendant une partie de l'été. La reproduction ou la propagation ne se fait pas de la même manière dans toutes les espèces, et les auteurs ne sont même pas d'accord sur ce point. Elles se multiplient avec une prodigieuse facilité.
CONFERVICOLE {fèr' ~- de conferve, et du lat. colère, habiter) adj. Hist. nat. Qui croît ou qui vit parmi les conferves.
CONFERVIFORME [fèr' — de conferve, et forme) adj . Qui ressemble aux conferves.
CONFERVITE [fèr') n. f. Genre d'algues fossiles, analogues aux conferves.
CONFERVOÏDE [fèr" — de conferve, et du gr. eidos, aspect) adj. Bot. Qui a l'apparence, la forme extérieure des conferves : Dans les lichens, la couche médullaire supérieure repose sur un organe filamenteux confebvoïde, qu'on nomme hypothalle.
CONFERVOÏDÉES n. f. pi. Algues chez lesquelles les articles qui les constituent, après avoir nourri la plante, remplissent les fonctions de la reproduction. — Une con-
FhRVOÏDÉE.
— Encycl. La multiplication des confervoîdées peut se faire : l'par formation de zoospores (chez un grand nombre de ces algues, les utricules se rompent brusquement et projettent avec impétuosité les spores) ; 2" par duplication (les filaments se divisent, soit latéralement, soit longitudinalement); 3" au moyen de zygospores, c'est-à-dire par concentration de la substance endochromique de deux cellules voisines (c'est un phénomène de conjugaison). Les confervoîdées se divisent en : confervacées, ulvacées, nostoclnnées, hydrodictées et conjuguées.
GONFÈS, ESSE (fé, fèss — du lat. confessus ; de confiteri, supin confessum, avouer) adj. Qui s'est confessé : Mourir confès. (Vieux.)
— n. m. Confesseur. (Vieux.)
CONFESSANT {fé-san), ANTE n. Fam. Personne qui confesse.
CONFESSE ifèss) n. f. Confession, action de se confesser. (Usité seulement avec les prépositions à et de) : Aller à confesse. Etre à confesse, \enir de confesse.
CONFESSER [fé-sé — rad. confe.ise) v. a. Avouer, reconnaître : Confesser ses torts.~On dit parfois familièrement, dans ce sens : Confesser la dette, ii Proclamer, reconnaître hautement : Confesser sa foi. Les 7narlgrs, au milieu des tourments, confessaient Jésus-Christ. ii Avouer à une personne compétente, pour obtenir l'absolution : Confesser ses péchés.
— Fig. Sonder, chercher, arriver à connaître : Les bons médecins confessent leurs malades.
— Fam. Confesser quelqu'un, Le faire parler, lui tirer subtilement des aveux.
— Recevoir la confession de : Dans plusieurs communautés de femmes, les abbesses consei'vèrcnt longtemps l'usage de CONFESSER leu7's religieuses, il S'emploie] aussi absolument : Ce prêtre ne confi';sse pas.
— Loc. PROV. : C'est le diable à confesser, C'est difficile comme d'envoyer le diable à confesse, ou comme de débrouiller en confession les péchés du diable.
Confessé, ée part. pass. du v. Confesser.
— pRov. : Péché confessé est à moitié pardooDé, La franchise appelle l'indulgence.
Se confesser, v. pr. Etre confessé, avoué : Il est des pêches aimables qui se confessent sans répugnance, il S'avouer, se reconnaître soi-même ; Se confesser coupable. Il Faire l'aveu de ses fautes et, spécialem.. Avouer ses péchés à un prêtre, pour en recevoir l'absolution : La plupart des pécheurs passent leur vie à offenser Dieu et à se CONFESSER. (Clément XIV.)
— Loc. prov. : .'Se confesser au renard, Faire des confidences à qui peut en abuser, comme la poule qui se confesse au renard déguisé en prêtre, dans le Roman de Renart.
— Anton. Dénier, disconvenir, nier, protester. — Cacher, dissimuler, taire.
CONFESSEUR {fé-seur') n. m. Chrétien qui a confessé sa foi au péril de sa vie, sans avoir été livré à la mort : Par la nature même des choses, les confesseurs et les martyrs doivent précéder les docteurs. (J. de Maistre.) il Saint qui, dans l'office, n'a pas de titre particulier pour le distinguer, n'étant ni apôtre, ni martyr : Les saints confesseurs de la foi,
— Prêtre qui entend les confessions. Il Par ext. ot fam. Personne à qui l'on peut, l'on doit même tout dire : Le médecin, l'avocat sont des confesseurs.
— Fam. Confident.
— Hist. Confesseur du roi, Officier commensal ecclésiastique chargé d'entendre la confession du roi, et ayant titre de quatrième ecclésiasti(jue de la cour. (Il avait les causes commises aux requêtes de l'hôtel ou du palais, et jouissait du droit d'être réputé présent aux bénéfices dont il était pourvu.)
— Liturg. Ancien nom des chantres.
— Adjoctiv.Quiacoufessé lafoi : La vraiecroix estportée par quatre évêques confesseurs et martyrs. (Chateaubr.)
— Encycl. Liturg. Dans le style liturgique, le nom de confesseurs est donné à tous les saints honorés d'un culte public, qui ne sont ni apôtres, ni înartyrs. Il y a les confesseurs pontifes, les confesseurs docteurs, et les confesseurs 7ion pontifes. Le culte des confesseurs a été en usage dans l'Eglise, dès le iv" siècle. A cette époque, leurs noms furent insérés dans les triptyques, et on célébra leurs fêtes. Actuellement, il existe au commun du bréviaire romain un office différent pour les confesseurs pontifes et pour les confesseurs non pontifes. Les ornements que revêt le prêtre pour dire la messe, en l'honneur des uns comme des autres, sont de couleur blanche.
— Dr. canon. Le ministre du sacrement de pénitence qui entend les confessions des fidèles pour leur donner 1 absolution se nomme confesseur (en latin confessarius). Primitivement, l'évêque et son pénitencier étaient les seuls confesseurs de chaque diocèse ; ils le sont demeurés pour les confessions publiques, tant que l'usage en persista. De bonne heure, l'évêque autorisa un certain nombre de prêtres à recevoir les aveux secrets des fidèles. A mesure que les paroisses s'organisèrent, les curés devinrent do droit les confesseurs do leurs paroissiens. C'est
encore d eux c|iio le quatrième conrilo lie Latran ordonne do lairo la contcssioii aiiuuello (ju'il proscrit. Lo jiapo ot les ov<*iiuos ouront toujours la lacullA do clioisir oux-mômos lour^ conlcssour. Primitivoulout, les prfttrcs no pouvaient s'adrossor qu'aux confossours ([uo révt^iiuo lour désignait; mais, à partir do la tin du xiii- siècle, on lour laissa la liberté do les choisir oux-niémos. Somblablo latitude fut accordée aux rois do Franco par les papes du XIV" siècle, GrégoiroX, Clément VI, Urbain V, GrégoireXI. Auparavant, ils devaient demander uu confesseur a 1 ev6que du lieu où ils se trouvaient.
Les abbés confossaiont leurs religieux dans les règles los plus anciennes; peu i pou les moines, toujours obligés de déclarer à l'abbé les lautes contre la règle, purent accuser leurs péchés à d'autres prêtres. Eu.x-mêmes, dès le viir siècle, commencèrent à entendre les confessions des lidèles. Les grands ordres mendiants du xu' siècle reçurent du pape le pouvoir do confesser tous ceux qui s'adresseraient a eux, toutefois, après avoir demandé l'autorisation do l'évéque du lieu. Actuellement, les pénitents sont libres de choisir à leur gré un confesseur parmi les prêtres approuvés. On nomme ainsi les prêtres séculiers, à qui lour évoque a conféré lo droit d'administrer le sacrement de pénitence, et les religieux que leurs supérieurs ont chargés do ce ministère avec l'agrément de levéque. L'Kglise enseigne au confesseur qu'au tribunal de la pénitence il est juge, médecin et père : juge, il doit discerner les fautes et les dispositions du pénitent, porter la lumière dans sa conscience et l'aider à se condamner luimême ; médecin, il faut qu'il cherche et trouve les remèdes que réclament les maladies morales, sachant mettre le fer dans les plaies ot ordonner les sacrilices nécessaires; père, il a surtout pour mission de consoler, de soutenir et d'encourager ; sa toute-puissance est faite de miséricorde ; il est lo ministre du pardon. L'autorité ecclésiastique a toujours veillé avec sollicitude sur l'exercice de la charge de confesseur. Le pape Benoît Xl'V, en particulier, a pris des dispositions sévères pour maintenir toujours les prêtres à la hauteur de leur mission. Il n'y a pas de fonctions dont la dignité soit sauvegardée par des règlements plus rigoureux.
— Confesseurs des religieuses. Les religieuses cloîtrées ont ordinairement un confesseur ordinaire, qui est ou non l'aumônier du couvent, et des confesseurs extraordinaires, à qui elles doivent se présenter, soit tous les mois, soit plus ou moins souvent, suivant ce que la règle de l'ordre prescrit en cette matière.
— Hist. Confesseurs des rois. C'est Henri IV qui, le premier des rois do France, choisit pour confesseur un jésuite, le P. Cotton ; son exemple a été suivi par ses successeurs immédiats. Sous Louis XIV, le confesseur du roi fut chargé de la feuille des bénédces, c'est-à-dire delà proposition des candidats pour les bénélices dont le roi avait la nomination. Louis XIV eut successivement pour confesseurs le P. Ferrier, le P. Lachaise et le P. Le Tellier ou Tellier, diaprés Saint-Simon. C'est le P. Pérusseau qui cterça, d ailleurs fort honorablement, la charge de confesseur do Louis XV, tant que Louis XV se confessa.
Confesseur de la reine Marguerite (le). Nom
donné à I auteur anonyme d'une histoire de saint Louis, qui fut écrite entre 1297 ot 1307. — Cet ouvrage, rédigé surtout dans un dessein d'édification, est précieux parce qu'il suit de près les enquêtes pour la canonisation de saint 'ouïs, dont le texte est aujourd'hui perdu.
CONFESSION (fé-si-on — rad. confesser) a. f. Aveu : La CONCESSION généreuse et libre énerve le reproche et désarme
I injure. (Montaigne.) ii Aveu général do ses fautes ; Pour moi, je veux faire ici ma confession sans détour. (J.-J. Kouss.) — Se dit particulièrement de l'aveu des péchés fait aux prêtres catholiques avec l'intention d'en obtenir l'absolution : Le triLunal de la confession, h Action d'entendre les aveux d'un pénitent, en parlant du prêtre : Faire la confession d'un criminel.
— Confession générale, Celle qui s'étend aux péchés do la vie entière, il Confession auriculaire ou privée. Celle qui est faite en secret à un prêtre, ii Confession publique, Celle qu on faisait autrefois devant le peuple assemblé.
— .S'ceau ou Secret de la confession. V. la partie encycl.
II Fam. : Confier une chose d quelqu'un sous le sceau de la CONFESSION, La lui dire en lui recommandant le secret lo plus rigoureux.
— Billet de confession. V. la partie encycl.
, — Plu""- Ouvrage contenant des aveux sur la vie do 1 autour: Les Confessions de saint Augustin, de J.-J. Ilousseau.
— Archéol. V. la partie encycl.
— Dr. Diviser ta confession, Prendre et laisser dans les aveux d'un accusé : Jl ne faut pas diviser la confession.
— Liturg. Afiirmation publique do sa foi : Le spectateur céleste de notre confession nous rendra nos corps plus qlorieux etnlus éclatants. (Mass.) il Formule catholique d'aveu des péchés, aussi appelée Confiteor, parce quelle commence par ce mot. ll Confession de foi ou simplement Confession, Tableau résumé dos articles qui contiennent la déclaration do la foi d'un individu ou d'une Eglise.
— Khét. Figure qui consiste dans un aveu fait â son adversaire. Ex. : L'accusé avait tort, j'en conviens ; mais la faute est-elle condamnée par la loi ?
— Loc. pRov. : On lui donnerait le bon Dieu sans coaJesslon, bon extérieur inspire toute conliance. au point qu'on croirait qu il n'aurait pas besoin do so confnssor avant de communier. (No se dit guèro qu'on mauvaise part, d'une personne hypocrite.)
— Syn. Confession, aveu. V. aveu.
— Anton. DénégaUon, déni, dIssimulaUon, négaUon. protestation. ^ '
— Encycl. Tliéol. La confession, ou aveu des péchés fait à un prêtre approuvé, est une des trois conditions nécessaires pour recevoir d'une manière efllcaco lo sacrement de péniteuco. L aveu des fautes était pratiqué, sous différentes formes, dans los religions antiques do la Perse do l'Inde ot de 1 extrême Orient : il était certainement imposé dans une certaine mesure, à ceux qui se faisaient initier aux mystères d'Elousisot de Samothrace. Mais, nulle part il no so présente à nous avec la rigueur quo lui a donnée la religion catholique. Le principe do la confession est renfermé dans ces paroles que Jésus-Christ a adressées à ses iipfttres (Jean, XX, v. 22) : . Les péchés seront remis à ceux aqui von» les remettrez; ils seront retenus ù ceux à qui vous los retiendrez. . Le pouvoir de juger les péchés suppose pour lo ministre do Jésus-Christ lo droit do los con-
naître ot, pour lo pénitent, le devoir d'en faire l'aveu. C'est co qu'a compris ot pratiqué dès les pormiers jours l'Eglise chrétienne. Ceux qui avaient commis des fautes graves étaient exclus de la communauté des tidèlos, mais ils pouvaient y rentrer après avoir fait pénitence. Or la première des conditions imposées au pénitent était la déclaration do sa faute, faite en public dans les premiers temps, en secret dans la suite.
C'est d'après cet aveu quo lo pécheur était soumis à celui des canons pénitentiaux qui regardait sa faute. Il est à remarquer que les Grecs et toutes les sectes orientales, les arméniens, les coptes, les monophysitos et los nestoriens, en se séparant do l'Eglise catholique, ont conservé la confession.
La confession doit être humble, c'est-à-dire accompan-née de repentir et faite en vue de recevoir l'absolution ; m-ale, c'est-à-dire prononcée distinctement par les lèvres ; complète, c'est-à-dire comprenant tous les péchés, au moins mortels, dont le pénitent se souvient. L'omission volontaire d'une faute grave rend la confession sacrilège, si elle a été suivie de l'absolution. Une impossibilité physique comme une infirmité, peut autoriser le pénitent à se confesser par signes ou par écrit.
Une confession est dite publique, quand elle a dos témoins ; secrète ou auriculaire, quand elle est faite au prêtre seul.' La confession auriculaire est seule imposée aux fidèles. On nomme confession générale celle qui contient l'aveu des fautes de toute une vie ; particulière, celle qui ne remonte que jusqu'à la dernière absolution reçue. Il a toujours été admis dans l'Eglise que le chrétien qui avait commis une faute grave devait la déclarer au plus tôt; de plus, les fidèles se confessaient avant de communier et dans le temps de pénitence, comme le carême. Le quatrième concile de Latran (1216) ordonna à tout fidèle de l'un et l'autre sexe, qui aurait atteint l'âge de raison, de se confesser au moins une fois l'an et de communier au temps de Pâques, sous peine d'excommunication durant sa vie et de privation de la sépulture chrétienne après sa mort. Mais les fidèles sont exhortés à se confesser beaucoup plus souvent. Car, aux yeux de l'Eglise, les avantages de la confession suivie de l'absolution, c'est, outre la grâce sacramentelle, l'apaisement des remords pour le passé, l'amendement pour l'avenir, le relèvement moral de l'individu, une garantie de sécurité pour la société par l'extinction des haines et la réparation des torts.
Luther, après Wiclef, rejeta l'institution divine ot l'obligation de la confession, mais il en permit l'usage aux enfants et aux jeunes gens. Calvin fut plus radical et abolit complètement tout aveu des péchés fait à un homme. Cependant, à plusieurs reprises, et en particulier à Nuremberg en 1552, à Strasbourg en 1670, des synodes protestants ont réclamé le rétablissement de la confession. En Angleterre, un mouvement si puissant s'est dessiné en ce sens parmi les puséistes que cent évêques anglais, réunis à Londres en 1878, ont cru devoir faire appel à toute leur autorité pour y mettre obstacle.
Sceau de la confession. On nomme ainsi l'obligation rigoureuse imposée au confesseur de ne rien dévoiler, sans la permission du pénitent, de ce qui a été dit dans une confession sacramentelle. Le prêtre qui aurait manqué à ce devoir, un des plus graves de son mini.stère, serait destitué de ses fonctions. Aucune raison : ni la sécurité de l'Etat, ni le bien de lEglise, ni le péril personnel du confesseur, ne peut jamais autoriser la révélation do péchés accusés au confessionnal. On sait quo saint Jean Népomucène aima mieux mourir quo de faire connaître à l'empereur Wenceslas la confession de l'impératrice Jeanne.
Billet de confession. On appelle ainsi le billet que le confesseur donne à son pénitent pour attester qu'il la entendu en confession. Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, ce billet fut exigé dos calvinistes nouvellement convertis; il fut encore imposé, après la publication do la bullo Unigenitus, à tous ceux qui étaient soupçonnés de jansénisme. Actuellement, en France, il est demandé aux futurs époux qui se présentent devant lour curé pour contracter mariage.
Denier de confession. On désignait do ce nom une offrande en argent quo les pénitents remettaient autrefois à lour confesseur ot qui faisait partie du casuol. Cet usage, depuis longtemps, est aboli dans l'Eglise catholique; if a persisté [larmi les luthériens, pour qui, cependant, la confession n est qu'une pratique tolérée.
— ; Archéol. Confession des martyrs. Dans les auteurs anciens, ce mot indiquait le lieu où le corps d'un martyr avait été inhumé ; il fut plus tard appliqué à l'autel bâti audessus do co tombeau dans la crypte des anciennes églises, comme ceux que l'on voit encore à Rome dans les chapelles souterraines do SaintPrisquo, do Saint-Sylvestre ot de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Enfin, ce mémo nom fut encore donné à l'autel élevé dans la basilique même ot indiquant à tous les regards, par ses vastes proportions, lo point précis do la crypte où reposaient los ossements du martyr. Dès lo ii- siècle, une confession avait été érigée au-dessus du tombeau des apôtres saint Pierre et saint Paul, au Vatican ; plusieurs fois transformée, elle est maintenant' comprise dans la basilique de Saint-Pierre. Chez les écrivains ecclésiastiques, les mots confession des martyrs ont souvent pour synonymes les expressions memoria ou martgricum : on los trouve parfois employés pour désigner, par extension, la basilique ollemémo qui contient le corps du martyr.
— ^ Roi. bouddh. Dans l'Inde, la confession publique ou auriculaire parait remonter ù une très haute antiquité; les lois do Manou l'imnoseut dans certains cas graves. On la trouve également chez les djains, avec un caractère rédempteur plus marqué, car elle se complèto do l'absolution. La confession a été érigée en institution dogmatique par le bouddhisme. Dans lo Vinai/a se trouve une formule détaillée do confession devant l'àssenibléo dos religieux. Elle avait exclusivement un caractère d'expiation, mais n'olfaçait pas los péchés; on lui donna ensuite une très grande efhcacito pour obtenir le salut. C'est sous cette forme im'nn la trouve encore au Tliibet, en Chine ot au Japon. Nulle part, d'ailleurs, dans ces pays, la confossion n'est obligatoire pour les laïques.
Confession d'Augsbourg. 'V. AuosDounn (Confession d').
Confession d'Emden. V. Emdbn (Confossion d').
Confession d'un Enfant du siècle (la), par Alfred do Musset. La Confession d'un Knfnnt du siècle fut publiée on U36. Musset avait alors vingt-six oiis. Il y raconto