V. CŒllR
— Circulation artérielle. Le sang lancé par le cœur dans les artères est à une pression de 180 raillimètros de mercure au voisinage de l'aorte, et de 100 environ vers les capillaires. La pression artérielle se mesure au moyen d'un manomètre à mercure {/ajmographiojï hémodtfnanomé/re), dont une branche est abouchée avec une artère ; l'autre, ouverte, contient une tige légère, qui monte ou descend avec le niveau mercuriol. La pression sanguine subit do grandes oscillations, duos aux mouvements respiratoires. Le système nerveux par les vaso-motews exerce aussi son influence.
Le sang ne se meut pas par à-coups; l'élasticité des parois artérielles permet un écoulement continu, bien que non constant. La vitesse du sang, mesurée soit avec l'hémotachomètre ou l'hémodromomètre, est en moyenne de 200 millimètres par seconde.
La systole ventriculaire produit dans les artères une ondulation qui est le pouls et qui s'étudie par les sphygmographcs, ou plus simplement par le doigt appliqué sur l'artère radiale.
— Circulation capillaire. La circulation capillaire est absolument uniforme ; le sang s'écoule des artères vers les veines avec une vitesse constante. V. capillaire.
— Circulation veineuse. Le sang progresse dans les veines, grâce à la petite différence dépression qui existe entre les capillaires et les oreillettes. On invoque encore, pour expliquer la circulation veineuse : l'aspiration produite par le cœur au moment de la diastole, l'aspiration thoraciquo due à l'inspiration, les contractions des muscles ; enfin, des valvules empêchent tout changement dans le cours du sang. Un globule sanguin peut parcourir la grande circulation en 24 secondes, et la petite en 6.
— Circulation lymphatique. L'appareil circulatoire lymphatique possède des vaisseaux et des ganglions lympha^ tiques. Les vaisseaux livrent passage à la fois au chyle et à la lymphe; ils conduisent ces deux liquides par l'intermédiaire de la grande veine lymphatique et le canal thoracique aux deux veines sous-clavières. Le sang re*;oit ainsi les éléments réparateurs qui lui sont nécessaires.
Les causes de la circulation lymphatique sont celles de la circulation veineuse. ,
— Embryog^. Circulation de l'embryon humain. Pendant la vie intra-utérine, l'embryon possède deux modes de circulation : la première, ou circulation ompkalo-mé.sentérigue, qui dure du quinzième au qnarante-cinquièmnjour, et la seconde, ou circulation placentaire, gui se termine à la naissance.
Durant le temps de la première circulation, le ca-ur est un simple cylindre contractile. Les artères partent d'une extrémité, les veines aboutissent à l'autre.
La circulation placentaire est plus complexe. Le cœur possède trois cavités : la carité ventriculairr, qui donnera naissance aux ventricules; la carité auriculaire, constituée par les oreillettes communiquant par le trou de Dotal; In bulbe aortique, communiquant avec la cavité ventriculaire, origine de l'artèrn pulmonaire et de l'aorte. La petite circulation n'existe pas; c'est le placenta qui sert à oxygéner le sang fœtal. Les deux artères ombilicales lui apportent le sang veineux; la veine ombilicale emporte le sang artériel. Vers lo quinzième jour après la naissance, la circulation est somblablo à celle do l'adulto.
— Physiol. comp. Le système vasoulairo so complique à mesure qu'on avance dans la série animale; la perfection de l'appareil circulatoire réside dans la différenciation on cœur droit et gauche, et on veines et artères. Choz los animaux inférieurs, où le sang no circule pas dans dos vaisseaux clos, on voit le liquide décrire dans lo corps dn véritables courants, allant ainsi vivifier los diverses régions. Qu'il existe un ou plusieurs cœurs puisatiles. ou un vaisseau dorsal comme chez les insectes, la circulation des animaux inférieurs est presque toujours lacunaire, parce que lo sang baigne la cavité viscérale et circule dans un appareil do vaisseaux incomplètement clos. Il faut arriver aux mollusques pour trouver des canaux do deux natures, rappelant les veines et los artères; mais il y a mélange continuel entre lo sang artériel ot veineux. CÎo mélange a d'ailleurs lieu dans lo cœur des vertébrés inférieurs (poissons, amphibiens, reptiles), parce que les vontriculos cornmunifiuent entre eux. Chez los mammifères ot los oiseaux, ce mélange n'a pas lieu. Qu'il s'agisse do l'homme ou des mammifères, le plan de l'appareil est lo môme et ses fonc lions idonliquos.
— Ilist. L'antiquité classique no connut pas plus que lo moyen flgo les principes de la circulation du sang. Aristoto pensait que l'air passait directomont des poumonsdans les artères pour voiur refroidir lo sang. Galion réagit contre cette orr(Hir. miiis il confondit les pliénomènos dn hL cbylilioation ol, (le la respiration, leur donnant le c(niir pour contre commun d'action; il considère lo foie commo \t\ générateur du sang. Michel yervot, en irjrtS.pose lo premier nottomont lo principe d'un cœur divisé on cœur gaucho ot cœur droit, servi par dos artôros et des voinos, ot il énonro
fa circulation pulmonaire. En 1555, André Vésalo confirme par ses descriptions anatomiques lo bien-fondé do ce dire ot prouve quo la cloison mitoyenne dos ventricules n'est pas percée. Mais c'est à W. Harvoy (16291 quo revient i'immortol honneur de formuler nettement (os lois do la circulation générale. Hudbeck ot Uartholin établirent plus tard la nature dos vaisseaux lymphatiques et lour rôle. Kn 182'», Magondio démontre le pouvoir absorbant des veines, ot, bien plus tard, Claude Bernard établit l'importauce des circulations locales et dos vaso-moteurs.
— Bot. Chez les plantes cellulairns. dont la structure est à peu près homogène, les échanges do substances entre les diverses régions du corps so font par simple diffusion à travers los membranes do séparation dos cellules.
Chez les plantes vasculaires so différencie un appareil conducteur, adapté à la circulation des produits solubles. Celle-ci comprend : i"» le transport des liquides absorbés par la plante dans le milieu extérieur [sève brute) ; 2" le transport, vers les points où ils doivent être utilisés, des matériaux qu'elle a élaborés (sève élaborée).
La sève brute, puisée dans le sol par les poils radicaux, traverse rapidement l'écorce de la racine, pénètre dans le cylindre central et se rassemble dans los vaisseaux du bois, qui la transporto vers la tige. La sève ascendante passe ensuite dans la partie ligneuse des nervures foliaires; celles-ci, enfin, vont la répandre dans les éléments du parenchyme chlorophyllien.
On peut attribuer l'ascension de la sève brute à trois causes principales : 1" la pression exercée, à chaque instant, par les li(^uides ber ; R, ra nouveaux qu'absorbent les poils ra- *=>":? ï.*^- ^^se dicaux sur ceux qui ont déjà pénétre dans le corps do la plante {vis a tergo); 2° la capillarité des vaisseaux ligneux ; 3"* Vaspiration, produite par le rejet de la vapeur d eau dans l'air {transpiration des parties aériennes de la plante).
Le transport des produits solubles élaborés par le parenchyme chlorophyllien des feuilles se fait, selon toute vraisemblance, par les tubes criblés du liber. Si l'on enlève sur une certaine longueur d'une branche d'un arbre fruitier un anneau de l'écorce, c'est-à-dire l'ensemble des tissus extérieurs au cambium et comprenant le liber, on constate que les fruits portés par la partie extrême de la branche prennent un développement remarquable (expériences d'Hanstein) : on en conclut que la sève élaborée dans les feuilles a été arrêtée par la décortication et utilisée sur place. Si la décortication respecte le liber, le développement des fruits est normal : c'est donc par le liber que chemine la sève élaborée. — Dans les arbres à feuilles caduques, l'élaboration et la circulation de la sève se trouvent arrêtées en hiver par la chute des feuilles : les orifices des cribles libériens s'oblitèrent.
— Circulation des gaz. Il y a lieu de considérer, en physiologie végétale, une circulation des gaz dans lo corps de la plante.
Les gaz qui entrent dans l'organisme végétal ou qui on sortent peuvent diffuser simplement à travers les membranes des cellules opidermiques ; chez les plantes pourvues do stomates, ces organes jouent dans les échanges gazeux un rôle prépondérant. Ayant pénétré dans le corps de la plante, les gaz v (-irculent de proche en proche, à travers les espaces aérifères (méats et lacunes).
Si l'on considère une des cellules qui bordent une chambre sous-stoinatique, et si la plante ost placée à l'obscurité, il y a éauilibre gazeux entre la cellule bordante et la chambre sous-stomatiquo, entre celle-ci et l'atmosphère extérieure. La lumière, on éclairant la plante, romnt l'équilibre, de l'oxygène se dégage do la cellule, ot ao l'anhydride carbonique pénètre do l'atmosphèro do la chambre sous-stomatiquo dans la cellule. En mémo temps, do l'anhydride carbonique, venu do l'oxtériour, remplace celui qui a disparu do l'atmosphère interne, tandis quo l'excès d'oxygène contenu dans celle-ci diffuse à l'extérieur. Ainsi la circulation gazeuse so règle étroitement sur la consommation faite par la cellule.
— Circulation de la sève. V. sftvK.
— Econ. polit. Kconomiquement, la circulation se jïrésenlo sous doux aspects bien distincts : V collo des produits qui emprunte les routes, los chemins de for, la navigation maritime et los canaux ; 2" celle des capitaux, qui est la contre-partie de la première, qui sort ù stimuler la production ot aussi à régler la valeur des échanges aux- (juols elle donne lieu pour atteindre la consommation, et qui se traduit parla circulation do la monnaie, des billets (lo banque, dos effets de commerce, etc. On dit la circulu-
• tien métallique lorsqu'il s'agit dos ospôcos monétaires, ot la circulation fiduciaire lorsqu'il s'agit dos titres do crédit émis par les banques ou par los particuliers : colto dernière correspond a des opérations faites à crédit, dont le règlement ne se fait pas au comptant, immédiatement.
La circulation au comptant — lo troc ancien — a pour instrument principal la monnaie ; mais, aujourd'hui, la circulation lliluciairo a pris une importance prépondérante ot a donné naissance à l'industrie des banques. Il ne faut pas perdre do vuo, toutefois, quo, si la monnaie est improductive par olIe-mAme, los titres do crédit no valent que par la garantie qu'ils offrent, et quo l'on peut facilement en abuser.
CIRCULATOIRE adj. Qui appartient, qui a rapport on
particulier à la circulation du sang.
CIRCULER (lat. circulari) v. a. Se mouvoir d'une façon continue, en revenant à son point de départ, ou do façon (|U0 de nouveaux objets succèdent constamment A ceux quo te mouvement emporte : Lu sang ciltcULlc dans Ivs veines. La terre cikciilk autour du soleil. Il Aller, venir, so mouvoir, so rransportor ou ftro trunspurlô d'un ondroil
Circulation des f^az dans uiio chambre souB-ston)3tlqu(;.