‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 218 sur 870 · PONSARD · texte numérisé non relu

PONSARD

— adj. Qui conserve, qui cherche ou tend à conserver; L'hygiène est à la fois présenmtrice et conservatrice.

— Chirurgie conservatrice, Celle qui s'etforce à conserver la plus grande jiartie possible des organes de l'opéré, et réduit les opérations et ablations au mijiimum : Chirurgien CONSlilRVATBDR.

— Sénat conservateur. Nom donné, on France, sous le premier et sous le second Empire, au Sénat, premier grand corps do l'Etat, chargé de veiller au maintien do la constitution.

Conservateur (le), journal du parti royaliste intransigeant sous Louis XVIIL II fut fondé en octobre 18is et dirigé par Chateaubriand et Lamennais, qui traitait plus spécialement les questions religieuses. 11 avait pour principaux rédacteurs le cardinal de La Luzerne, de H«nald et de Castolbajac, un des membres les plus iullut-iits do la " Congrégation ". De Genoude, Berryor, Lamartine, y firent leurs premières armes. Le regret do la monarchie absolue, l'opposition ardente à tout projet de réforme dans lo sens libéral, telle fut la « ligne " politique invariablement suivie par l'organe dos ultras. Son zùlo royaliste fut, d'ailleurs, bien mal récompensé : au moment'du rétablissement de la censure, on 1820, « lo Conservateur » dut cesser sa publication.

CONSERVATIF, IVE {sèr) adj. Qui a pour objet do conserver : 'r<ms les règlements des ajiciennes maitinses sont coNSKBVATiKS. (Sismondi.)

— n. m. |)1. Nom que les Anglais donnent quelquefois aux tories ou (^unsorvatours.

CONSERVATION {sèr-va-si) n. f. Action do conserver, de maintenir dans son état propre : Le despotisme est de CONSERVATION périlleuse, w So dit particulièrement et absolument de l'action qui prolonge la vie, qui la maintient, qui la conserve : L'instinct de la conservation est inné dans tous les animaux. (Alibert.)

— Etat d'un objet qui a peu ou point souffert, qui s'est pou ou point altéré : La conservation d'une denrée alimentaire, d'un tableau, d'un objet d'art.

— Dr. et admin. Fonctions d'un conservateur; administration régie par un cons^vatour; local où est établi le service du conservateur : Im conservation des eaux et forêts. La conservation des hypothèques, il Conservation forestière, Division du territoire placée sous la surveillance d'un conservateur des forêts, n Conservation de Lyon. Ancien tribunal do commerce do Lyon.

— Politiq. Action de ceux qni s'opposent aux cliantroments , et s'oll'orcont de maintenir l'ordre do choses existant : L'esprit de conservation l'emporte souvent sur l'esprit de progrès.

— Encyol. Oéom. Conservation du genre. V. genrk.

— Mécan. Conservation des forces vives. V. knekgie, FORCE (vive).

Conservation du mouvement du centre de gravité. Quand un corps so meut, lo contre do gravité du corps décrit une trajectoire qui no dépond absolument que dos forces extérieures; les forces intérieures pouvont changer brusquomont, lo contro de gravite ne modiiio en aucune fa^on Bon mouvoniont. yuand une bombo viont à éclater, lo

CONSÉQUENTIEL — CONSERVER

contre do gravité dos différents éclats continue à décrire sa trajocto;re, car les forces extérieures, qui .sont les poids des différents éclats, n'ont pas été modifiées; lorsqu'un éclat viont à toucher le sol, la résistance du sol intervient ot la trajectoire du centre do gravité se modifie.

— Techn. Conservation des bois. On appelle ainsi une opération qui consiste à soumettre les Dois à certaines pniparations empochant l'altération on la dosLruction par l'humidité ou les insectes. Il existe ditloronls procédL'S : on premier lieu, l'application supcriiciollo d'agents jouant le rôle d'antiseptiques, comme la. peinture, limmersion, la carbo7iisation, puis la pression en vase clos, spécialement employées avoc les bois secs, et \a pression à l'air libre, que l'on applique aux bois on grume.

Los procédés par infiltration naturelle ou par déplacement s appliquent tout spécialement aux bois encore sur pied, ou que l'on vient d'abattre.

Conservation des pierres. La majeure partie des procédés on usage pour la conservation des bois sont également applicables à la conservation des pierres. On emploie principalement le procédé par peinture et celui par pénétration d'un liquide par pression en vase clos. On a troqvé une métliode do conservation qui prime toutes les autres et que l'on nomme sHicatisation. V. ce mot.

CONSERVATISME [sèr-va~tissm') n. m. Opinion des personnes qui appariionncnt au parti conservateur.

CONSERVATISTE {sèr-va-tisst') u. et adj. So dit des partisans du conservatisme.

CONSERVATOIRE {sèr-va-to-aj'') adj. Qui conserve, qui a pour but de conserver (usité dans le langage du droit) : 6'H/s/t; conservatoire. V. acte.

CONSERVATOIRE {sèr-va-1o-ar') n. f. Dr. anc. Tribunal ou siège d'un conservateur : La conservatoire de l'Université. Les juges à la conservatoire.

CONSERVATOIRE {sèr-va-tû-ar') n. m. Etablissement fondé on vue de propager une science, un art, de former dos sujets dans certaines spécialités, telles que la musique, le chant, les sciences applicables à lart et à l'industrie : Le conservatoire de musique. Le conservatoire des arts et jnéliers. il Se dit absolument du conservatoire de musique do Paris : L^n élève du Conservatoire.

— Pop. Mont-de-piété. Il Elève du conservatoire de la Villetie, Mauvais chanteur.

— Encvcl. Mus. En Franco, outre le Con-servatoire national de musique et de déclamation de Paris, d y a huit conservatoires qui, administrativement, ont le titro de succursales de cet établissement, puis un assez grand nombre d' « écoles nationales de musique «. Les huit conservatoires sont ceux de Lille, de Toulouse, do Dijon, de Nantes, de Lyon, de Nancy, de Rennes et do Perpignan. Cinq inspecteurs, nommés par lo ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, sont chargés de visiter périodiquement ces écoles.

— Conservatoire de Paj'is. Avant la création du Conservatoire, l'enseignement du chant se donnait surtout dans les maîtrises des églises, qui devinrent ainsi les pourvoyeuses des théâtres de Paris et des provinces. Cependant, sur l'initiative du baron de Breteuil, ministre do la maison du roi, on vit ouvrir, le 1" avril 1784, une Ecole royale de chant et de déclamation, qui dépendait de rÔpéra, et qui était surtout destinée à former dos sujets pour ce théâtre. La direction en était confiée au compositeur Gossec. Cette école subsistajusque vers 1791, mais elle était alors bien déchue.

En ns9, un' capitaine d'état-major, Bernard Sarrette, réunit quarante-cinq musiciens des gardes françaises, qui venaient d'être licenciés (1789), et il en forma lo noyau do la musique do la garde nationale, les soldant do ses deniers, les habillant et les fournissant d'instruments. Ce n'est qu'en mai 1790 que la municipalité do Paris prit ce corps à sa charge.

Sur les instances de Sarrette, la Commune do Paris prit, à la date du y juin 1792, un arrêté portant établissement de Y/Ccole gratuite de musitiue de la garde nationale j}arisiennc, école où furent employés les soixanto-dix artistes du corps do musique, et où devaient Hro admis cent vingt élèves âgés de dix i vingt ans, fils de gardes nationaux, qui devaient être présentés par les soi.xanlo bataillons de la garde nationale. Ces élèves devaient concourir au service do la garde nationale et dos fêtes publiques. Lo 18 brumaire an U (8 nov. 1793), la Convention nationale rendit un décret portant formation, dans la commune do Paris, d'un Institut natio7ial de musii^ue composé de cent (piinze artistes, pour l'exécution et l enseignement de la iiHisi(|uo. Il devait coopérer à la <'élébration dos fétos iiuinmales; il était chargé do former, dans toutes les parties do l'art musical, six cents élèves, qui recevraient g-ratuitetiient leur instruction. L'école était rue Saint Joseph.

Sarrette s'était assuré l'appui de Mario-Joseph Chénier, qui présenta à la Convention un rapport tendant à la création d'un conservatoire national do musiq^uo.

La Convention adopta le rapjiort de Chénior, et, dans sa séance du IR thermidor an III (3 août 1795), elle rendit un décret portant établissement d'un Conset'vatoire de musique de Paris ; par ce mémo décret était supprimé l'Institut national do musique, ainsi que l'Ecole royale do chant et do déclamation, qui n'existait plus do fait.

Sarrette fut chargé, comme directeur, do l'organisation du Conservatoire. On nomma cinq inspoctoups do l'cn- .seignement, nui n'étaient autres que Méhul,Grélry, Gossec, Lesueur et Chorubini. Cot onsoiguemeut comprenait coût ([uinzo professeurs.

Lo Conservatoire, définitivomont fixé dans les bâtiments des anciens Menus-Plaisirs du roi, rue du Faubourg- Poissonnière, fut inauguré solennollemont lo i" brumaire an V (22 oot. 1790); les classes ouvrirent une semaine après, et aussitôt, trois cent cinquante et un élèves, accourus do quarante-six départements, vinrent prendre leur part de l enseignement.

Sous la Koslauration, on enleva nu Consorvatoiro son titro, qni fut transformé on celui ti' Ecole royale de musique ; on supprima son diroctour, l'administration étant confiéo à Perno, lo bibliothécaire; enfin, on réduisit considérablomeiit son budget. Toutefois, on dut revenir sur cos mesures. Un arrêté ministériel du 1" avril 1822, rendant à l'Ecolo royale de musique sa dénomination première, nommait Chorubini diroctour du <« Consorvatoiro royal do musique et do déclamation «. Chorubini, dont la direction forme sut replacer l'éi-ole au rang qu'elle était digne découper, ayant donné su démission peu ilo temps uvani .sa

mort, fut remplacé par Auber, en 1812. A Auber succéda Ambroiso Thomas (1871), qui lui-mômo eut pour successeur Théodore Dubois.

Il y a, au Conservatoire, un comité d'études musicales et un comité d'étudos dramatiques. Chaque année, à la rentrée des vacances, il est procédé à un examen d'admission, pour remplir les vides produits dans les classes à la suite des concours do lin d'année.

C'est du Conservatoire que sortent la plupart dos artistes qui peujjlont, ou France, les scènes lyriques et littéraires : Opéra, Opéra-Comique, Comédie-Française, Odéon, etc.; les orchestres des grands théâtres et ceux des grands concerts symphouiques ; c'est dans ses classes quo so forment, avec la plupart des organistes et des maîtres do chapelle, les nombreux professeurs qui vont partout répandant ses principes.

Conservatoire national des arts et métiers.

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