V. arts et métiers
CONSERVATOIREMENT { sèr-va-to-a) adv. Dr. Dune façon conservatoire, pour conserver : Opérer conservatoirement une saisie.
CONSERVE {sèrv') n. f. Substance alimentaire, préparéo et conservée à l'aide de différents procédés : Conserves de petits pois, de poissoJi, de gibier, ii Sorte de confiture sèche, faite de substances végétales et de sucre : Conserve de violettes, de fleurs d'oranger, de l'oses de Provins.
~ Art milit. Pièce do fortification appelée aussi contre-garde.
— Comm. Conserves alimentaires. Nom donné commercialement à un grand nombre do substances alimentaires : viande, lait, œufs, légumes, fruits, etc., quo l'on prépare de manière à les conserver pendant un laps de temps assez considérable, sans qu'il se produise do corruption dans leur masse.
— Hydraul. anc. Réservoir d'eau destiné à alimenter des aqueducs.
— Mar. Navire avec lequel on fait route : Bâtiment qui a perdu sa conserve.
— Pharm. Préparation d© consistance molle, cédant facilement à la pression.
— De conserve, loc. adv. Se dit de navires qui naviguent ensemble, il Par ext. et fam. Do compagnie, ensemble : Aller dk conserve au théâtre.
— n. f. pi. Besicles à verres plans ou presque plans, souvent colorés, destinés à protéger la vue en adoucissant l'éclat de la lumière : Porter des conserves.
— Archéol. On désignait sous ce nom, au xvii* siècle, les petits écrans ovales ou rouds quo l'on mettait devant les chandelles ci les bougies pour en adoucir la lumière. (Us étaient assez semblables aux écrans dont on se sert encore aujourd'hui pour les tables de jeu, les pianos, etc.)
— Fam. Les pièces du répertoire à la Comédie - Française et à l'Opéra- Comique.
— Encycl. Comm. Les conserves de viande sont obtenues par différents procédés : dessiccation, fumage, salage ,congélation, élimination de l'air, etc. Ce
■ dernier procédé consiste à placer dans des bouteilles, bocaux ou boîtes do fer- , blanc, les substances à conserver, et â fermer le récipient pour le soumettre à Conserve (xvii' s), l'action de loau bouillante d'un bainmarie. L'air s'échappe par une petite ouverture laissée ad hoc ot qui, ensuite, est fermée définitivement. Quelques antiseptiques sont employés : sel commun, biboiato do soude, charbon, acide sulfureux, etc. On conserve surtout le poisson par salage. Quant au lait, on lo concentre, après y avoir ajouté du sucre dans la proportion de 1 ù 16. Ce mélange est ensuite évaporé au bain-marie et, enfin, soumis à un refroidissement énergique, dans dos boîtes quo l'on clôt hermétifiuemont ensuite.
Les moyens les plus employés pour ta conservation des fruits sont la* dessiccation et la cuisson avec du sucre. Les légumes se conservent surtout par élimination do l'air. U existe un très grand nombre do procédés pour conserver les œufs; chaque commerçant possède sa méthode particulière, plus ou moins efficace.
— Art milit. Les conserves jouent un rôle très important dans lesapprovisiounementsmilitaires.il est indispensable d'v recourir pour faire vivre les armées au cours d'une campagne otau moment de la mobilisation.
Lo service des subsistances militaires emploie dos consentes de viande, des salaisons, dos conseinjes de légumes et des potages condensés.
ÏjOS conserves do bouillon concentré et do soupes à l'oignon ont pour objet do normottro do préparer promptemont un potage quand, faute do viande fraîche, on ost obligé do consommer dos conserves de viande. Ces conserves do potago sont préparéos ou tablettes do 40 grammes, dont chacune forme aoux rations. Elles figurent dans les petits vivres du sac.
On emploie enfin dos conserves do saucisses salées, formées do viando de biwuf ot de porc hachée, entourée do saindoux, qui permettent do préparer du bouillon ou du ragoilt, on qui peuvent être consommées à froid. Elles sont renfermées dans dos boîtes en for-blanc, dont chacune ronformo dix rations do sr» grammes.
Los conserves no pouvant être gardées indéhuiment en temps do paix, il faut les faire consommer de temps à autre par los troui»os, pour renouveler les approvisionnements. On admet quo les conserves no doivent pas ôtro gardéos plus do quatre ou cinq ans nu maximum.
CONSERVER {sèr-vé — lut. conservant : do cum, avec, ot icrr.nv "ardeii v. a. Maintenir dans son état naturel; empêcher de finir ou do s'altérer : Consekveu des viandes. Conserver sa santé, son teint, sa fortune, u En parlant dos choses. Aider ;•! garder en bon état; Lunettes qu^ conskkvknt la vue. Il Faire vivre; continuer à avoir vivant : La sobriété nous conserve. Il No pas perdre, continuer à posséder, à jouir do ; uo pas so défaire do, no pas renoncer à • Conserver son emploi, son rang, ses amis, ses habitudes Ce n'est pas tout d'acquérir, il faut savoir conskrvku.
— Conserver sa tête. No pas pordro son sang-tVoid, sa présence d'esprit. Il ronstrrtT toute sa tête, Garder inlacles ses faculiés dans un Ago avancé, otc.
— Mai-. CouserxH'r l'avantage du wnt, Oartior le dessus
CONSERVITEUR — CONSIGNATION
du vent, Lutter de manœuvre avec un bâtiment de façon à rester plus élevé que lui dans le lit du vent, c'est-à-dire dans la direction d'où le veut souffle, il Co7ise7*ver un bdliment, ime /lotte, une ile. Ne pas les perdre do vue, manœuvrer de manière à les suivre ou à les avoir en vue. Il Conserver sa distance, en escadre ou en route. Rester à la distance prescrite ou ne pas se rapprocher d'un navire en vue. Il Conserver le vent. Rester auvent de quelque chose.
— Tvpogr. Consener une fomie, La mettre en réserve après fe tirage, au lieu de la distribuer.
— v. n. Jeux. Au trictrac, Jouer son coup sans dégarnir les cases qui forment le plein : Conservkr par impuissance, par privilège.
— Art milit. et mar. CoJiserver en nr?née, en escadre. Garder le poste que l'on occupait dans une colonne.
Se conserver, v. pr. Etre conservé, ii Ne pas perdre sa santé, sa fraîcheur ; Les femmes de Paris se conservent longtemps. \Gr. Sand.) il Veiller à sa propre conservation. II Se maintenir dans un certain état : // faut vivre en ermite pour SE CONSERVKR libre. (Rigault.) ii Garder pour soi : Se conserver la ineilleure chambre, il Se maintenir, garder l'avantage de sa position : Il faut être habile pour se conserver entre deux- partis si opposés. {Sens vieilli.!
— Syn. Conserver, réserver. Cortsei'ver signifie garder une chose en prenant des précautions pour qu'elle reste intacte, pour que rien n'en diminue la valeur. liésey'ver indique que, pour le moment, on s'abstient de s'en servir, mais avec 1 intention d'y revenir plus tard ou do la garder pour que d'autres s'en servent.
— Anton. Aliéner, céder, donner, vendre. — Dépenser, dilapider, dissiper, gaspiller, perdre.
CONSERVITEUR {sèr') n. m. Serviteur d'une maison considéré par rapport aux autres. (Vieux.)
GONSETT, ville d'Angleterre (comté de Durham), sur le Derwent, affluent du Tyne ; 8.175 hab. Usines métallurgiques.
CONSHOHOCKEN, ville des Etats-Unis (Etat de Pcnsylvanie), sur le Schuylkill ; 5.470 hab. Usines sidérurgiques, tilatures de coton, de laine.— En face de cette ville estWicsT-Consholiocken ou Mingo, séparée de Conshohocken par le Schuylkill; 1.6ti5 hab. Mêmes industries.
CONSIDENCE (danss) n. f. Affaissement de choses posées les unes sur les autres.
CONSIDÉRABLE adj. Qui mérite d'être considéré à cause de sa qualité, de son rang, do sa position, de son importance : i/we personne considérable, ii Qui mérite d'être pris en considération, d'être mis en ligne de compte : Le bien n'est pas considérable loj'sgu'il est question d'épouser une honnête personne. (Mol.) [Ce dernier sens a vieilli ; on dirait aujourd'hui n'est pas à considérer.]
— Parext. Grand, important par le nombre, la force, la valeur : Somme, Ouvrage, Foule considérable.
— Syn. Considérable, grand, important. Grand se rapporte aux objets considérés en eux-mêmes ; un espace est grand par son étendue réelle ; une entreprise est grande par sa nature même ; un homme est grand par le mérite
3ui est en lui. Considérable se rapporte à 1 estime qu'on oit faire des choses, à l'idée qu'on s'en forme ; une entreprise considérable est celle qui attirera l'attention de beaucoup de personnes, dont on parlera longtemps ; un hommo considérable est celui que son rang, son crédit, ses richesses mettent en évidence. Entin, l'objet important l'est par les suites qu'il peut avoir, par les intérêts qui y sont attachés.
— Anton. Insignifiant, niédiocre.
CONSIDÉRABLEMENT adv. Beaucoup, d'une manière
très notable.
— Syn. Considérablement, abondamment, en abondance, amplement, beaucoup, bien, copieusement, à foison, fort, largement. V. ABuNDAMMiCNT.
CONSIDÉRANT [ran) n. m. Motif ^ui précède le dispositif d'une loi, d'un décret, d'un arrêté ; dispositif qui commence souvent par le mot considérant.
— Fam. Motif, raison dont on fait précéder une conclusion.
Considérant (Jean-Baptiste), écrivain français, né à Salins (Jura) en 1771, mort en 1827. Il s'enrôla comme volontaire en 1792. Rentré dans la vie civile, il quitta de nouveau ses études pour aller défendre, à Rome, quatre de ses compagnons que Masséna avait traduits devant un conseil de guerre pour avoir dénoncé les dilapidations de certains généraux, et il les fit acquitter. Il fut ensuite, en Espagne, aide de camp et secrétaire du général Mouton. 11 quitta une seconde fois l'armée pour être nommé secrétaire de la faculté de Besançon, puis professeur d'humanités et bibliothécaire à Salins. En 1825, pour sauver le collège de cette ville qui était la proie des flammes, il laissa briîler deux maisons qui constituaient à peu près toute sa fortune. Nommé professeur dans un collège du Midi, il refusa de quitter sa ville natale, se priva ainsi do toute ressource et mourut de chagrin. Il a publié une traduction du licnard anglais de Gay (1808) et a laissé des poésies ot des traductions manuscrites.
Considérant (Prospcr- Victor), fils du précédent, né à Salins (Jura) en 180S, mort à Paris en 1893. 11 fut admis à l'Ecole polytochniaue en 1826, puis à l'Ecole de Metz. Entré dans le corps au génie, il y acquit rapidement le grade de capitaine. Quelques mois avant la révolution de i8:îo, séduit par les doctrines do Fourier, il y adhérapubliqucment en un article inséré dans «le Mercure de France ■ (13 mars 1830), puis il donna sa démission pour devenir l'apô tro du fouriérisme. En une série do conférences, et dans les journaux " le Phalanstère » et fl la Phalange D (18^6), il exposa les idées do Fourier : Vunilé karmonienne remplaçant l'oppressive civilisation; l'organisation du phalanstère, oîi chacun, au profit do tous, se livrerait à dos travaux attrayants et passionnels; l'indéfinie perfectibilité do l'ûtro humain ; mais il répudia certaines hypothèses.
Victor Coneidérant
telles que la transformation des animaux et celle do l'homme pourvu de nouveaux organes au bout de quinze mille ans, etc. Il publia aussi nombre d'ouvrages : Destinée sociale (1834-1838); Débâcle de la politique (1836); Manifeste de l'école sociétaire (1841) ; Exposition du système de Fourier (1845) ; Principes au socialisme (1847) ; Théorie du droit de propriété et du droit au travail [\M9,) ; le Socialisme devant le vieux monde (1848) ; Mexique. Quatre lettres au jnaréchal Bazaine (Bruxelles, 1868); etc. Il tenta, avec l'appui financier de deux riclies disciples, des essais de phalanstère oui ne réussirent point. Cependant, il fut élu membre du conseil général de la Seine et conseiller municipal de Paris. Après la révolution de février 1848, élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante, il siégea à la Montagne. Réélu à la Législative, il prit part à la tentative insurrectionnelle du 13 juin 1849, et fut condamné par contumace à la déportation. H s'était réfugié en Belgique. Il passa do là en Amérique où il fonda, au Texas, une commune sociétaire. L'insurrection du Sud ruina cette entreprise. En 1869, Victor Considérant revint à Paris. Il y vécut modeste, à l'écart de la politique, et y mourut oublié.
CONSIDÉRATIF, IVE adj. Circonspect, attentif, prudent. (^Vieux.)
— Etat considératif. Théol. ascét. Etat de l'âme qui observe et réfléchit.
CONSIDÉRATION {si-on) n. f. Action de considérer, de réfléchir, d'examiner, de peser : Juger après une grande CONSIDÉRATION. (Boss.) Il Circonspection : A(?ir afec CONSIDÉ- RATION.
— Raison, motif, réflexion pouvant déterminer l'action : Le peuple ne juge pas des choses par des considérations d'utilité et de 7'aison, mais par leur grand air. (Renan.)
— Estime, déférence, égards accordés à la position ou à l'honorabilité d'une personne : Mériter la considération de tous. La considération vaut mieux que la renommée. (Chamfort.) ii S'emploie souvent comme formule de politesse, à la fin des lettres écrites à des égaux ou à des inférieurs : Recevez l'assurance de ma considération distinguée.
— Loc. div. Homme de considération. Homme important par son rang, sa réputation, son mérite, ii Chose de peu de considération. Chose peu importante, qui ne mérite pas de fixer l'attention, n A votre. A sa considération. Eu égard à l'estime que l'on fait de vous, de lui. n En considération de, Par égard pour, eu égard à : Acqidtter un accusé EN considération de ses antécédents, ii Mériter cojisidération, Avoir de l'importance, être assez grave pour qu'on y réfléchisse, ii Prendre, Mettre, Faire entrer une chose en considération. En tenir compte, y avoir égard : Prendre en considération la grande jeunesse d'un coupable.
— Cost. Espèce de panier fait de fer et rempli de crin, que portaient autrefois les femmes.
— Politiq. Prendre en considération, Déclarer par un vote qu'une proposition mérite d'être étudiée, et qu'il y a lieu d'en délibérer: Prendre un amendemeyit en considération.
— n. f. pi. Examen critique, réflexions, observations sur un sujet quelconque : Considérations sur les causes de la grandeur des Homains et de leur décadence.
— Syn. Considération, réputation. La réputation est proprement ce que les autres pensent de nous ; il y a une bonne et une mauvaise réputation ; mais, quand le mot est seul, il se prend en bonne part et approche, par le sens, du mot célébrité; s'il ne suppose pas l'admiration
f)ublique, il suppose au moins que le public s'occupe de a personne dont il s'agit, qu'il y pense, qu'il en parle souvent. Considération exprime quelque chose qui tient de plus près à la personne ; il impli(jue des égards, des respects même ou au moins quelque chose qui en approche. La réputation est surtout le fruit des talents, du savoir, d'actions qui attirent les regards ; la considération résulte du rang qu'on occupe, des services qu'on peut rendre, soit parce qu'on est puissant, soit parce quon est riche.
— Considérations, notes, observations, pensées, réflexions, remarques. Les considérations supposent de la pénétration, do l'étendue dans l'esprit; elles s'enchaînent selon un ordre logique et sentent un peu la dissertation. Les notes sont des explications détachées : elles ont pour objet d'éclaircir ou d'expliquer quelques points obscurs, quelques passages difficiles. Les obsen^ations sont le résultat de recherches savantes ou profondes. Les pensées sont simplement les choses venues à l'esprit et communiquées aux autres afin qu'ils les méditent. liéflexio7is s'applique le plus souvent aux pensées qui ont été le fruit d'une méditation intime et qui ont pour objet les mœurs ou la conduite. Enfin les remarques sont les choses plus ou moins intéressantes qui ont frappé l'esprit à la lecture d'un livre, dans un voyage.
— Anton. Déconsidération.
Considération (De la) [De consideratione]. Le pape Eugène III, qui avait été moine au monastère de Clairvaux, sous la direction de saint Bernard, avait demandé à son ancien maître de lui continuer ses conseils. Saint Bernard lui répondit en lui envoyant le traité De la considération (1150). Dans cet ouvrage, divisé en cinq livres, l'abbé insiste surtout sur l'obligation qui incombe au pape, même et surtout au milieu du tracas des affaires, de ne pas négliger l'étude de son ûme ot la méditation dos choses divines : c'est le double sens qu'il attache au mot considération. Saint Bernard aborde ensuite, avec une liberté vraiment apostolique, l'énumération des abus qu'il conseille au pape de corriger. Il signale principa- Icmi^nt l'énorme affluence des solliciteurs de toute sorte, qui assiégeaient le souverain pontife et les cardinaux, et leur faisaient perdre un temps précieux ; le peu de désintéressement que les légats apostoliques montraient dans leurs fréquentes missions à travers la chrétienté ; enfin, la part exagérée que les évoques prenaient aux procès qui so plaidaient sans cesse devant eux et presque toujours dans les églises, au détriment du ministère sacerdotal et trop souvent de la justice. Ce tableau, où la sévérité de 1 anachorète s'allie ù la sagesse de l'homme d'Etat, renferme une foule do détails d'uno grande importance pour l'histoire du xii' siècle.
Considérations sur les mœurs de ce siècle, ouvrage do Duclos (1751). Il fut très admiré, puisque le grammairien Beauzée alla jusqu'à mettre l'auteur sur le même pied que Montaigne, La Rochefoucauld ot La Bruyère ; très critiqué aussi, notamment par la Correspondance do Grimm, qui lui reproche sou « clinquant », et son </ ton do prétention ", somme toute, son mauvais goût.
Laharpe estime Durlos un peu sec, mais lui reconnaît l'esprit d'observation. C'est à peu près le jugement de Sainte-Beuve, qui faitdes Considérations un recueil d'observations fines, de maximes vraies et de définitions exactes. Il faut noter que Duclos ne considère guère que la société parisienne, et, en particulier, ne s'arrête pas sur le rôle des femmes. II insiste sur la puissance croissante des gens do lettres, qui gouvernent 1 Etat, dit-il, parce que, à la longue, ils forment l'opinion ; il est loin, toutefois, de les estimer aptes à gouverner, car les affaires du gouvernement " ne demandent que de bons esprits " . Bien que le livre soit semé de jolis mots, il manque d'agrément, il est terne et ennuyeux. L'observation morale y est trop continue ; les remarques communes y sont trop fré-
Ïuentes ; et l'on ne peut vraiment comparer Duclos à un .a Bruyère, ou à un Montesquieu ; il n'est qu'un observateur de second ordre, comme les Nicole ou les Charron.
CONSIDÉRÉMENT (rad. considérer) adv. Avec circonspcctiun, jifLidence : La raison doit aller considérément d'une chosi- a l'autre. (Boss.) [Peu usité].
CONSIDÉRER (lat. considerare ; de curn, avec, et sidus, eris, astre. — Change l'é fermé en è ouvert devant une syllabe muette : Je considère; excepté au fut. de l'ind. et au condit. prés. : Je considérerai. Il considérerait) v. a. Regarder avec attention : Considérer les traits d'uyie personne, il Etudier, peser, approfondir, se préoccuper de; remarquer, observer, faire attention à : // faut considérer beaucoup de cfioscs aimnt de choisir une carrière.
— Se rapporter à, avoir pour but spécial : L'hygiène CONSIDÈRE l'homme dans l'état sain, la thérapeutique dans l'état de maladie. (Rostan.) il Avoir en estime, faire cas de : La société commence a considérer un homme lorsqu'il ne travaille plus. (E. About.)
— Cotisidérer comme. Regarder comme, réputer : ConsiDÊRiiZ ^rt bienfaisance comme un devoir, et la reconnaissance coMMii une bonne fortune. (Beauchône.)
— Allus. littér. :
En toute chose il faut considérer la fin. vers de La Fontaine. V. fin.
Considéré, ée part. pass. du v. Considérer.
— Spécialem. Circonspect, réfléchi : Il Ji'y a rien de moins considéré que les enfants.
Se considérer, v. pr. Etre considéré, jugé, apprécié.
Il Se regarder soi-même avec attention : St; considérer sans cesse dajis son miroir, ii Faire attention à soi-même, réfléchir sur soi ; s'occuper de soi : C'est être bien malheureux que d'être dans une tristesse insupportable aussitôt qu'on est réduit à se considivRi-',r. (Pasc.) n Avoir pour soimême de la considération, de l'estime, il Se juger, so regarder comme : Se considérer comme supérieur à tous.
!i S'estimer nuituellement.
— Syn. Considérer, contempler, envisager, examiner, observer, regarder, remarquer. Considérer une chose, c'est arrêter son esprit à la regarder en elle-même, pour la bien connaître telle qu'elle est. Contempler, c'est arrêter ses regards sur une chose qu'on admire. Envisager, c'est regarder en face, sans crainte, ou regarder sous une certaine face, sous un point de vue particulier. Examiner renferme l'idée d'épreuve, de vérification ; il s'agit de voir si l'ohjet a toutes les qualités requises. Obsei'ver suppose un travail de l'esprit, une étude ; on observe pour pouvoir ensuite communiqueraux autres les résultats de son observation. Regarder exprime simplement l'action de tourner ses regards ou son attention vers un objet. Remarquer suppose une attention particulière, comme observer; mais cette attention est moins intentionnelle, elle peut n'être provoquée que par les faits eux-mêmes.
CONSIGE n. f. Dr. anc. Somme qui restait en cautionnement dans les bureaux des droits du roi, en Provence.
— Livre des consiges. Livre où le maître des coches, à Lyon, inscrivait les marchandises qu'on lui donnait à transporter.
CONSIGNATAIRE (gna-tèr' [gn mil.]) n. m. Celui qui est préposé à la garde des dépôts et consignations, il Individu auquel on confie des marchandises, soit pour les garder en dépôt, soit pour en opérer le placement.
— Encycl. En droit maritime, le destinataire qui ne reçoit pas les marchandises pour son compte, mais pour les répartir entre diverses personnes dénommées, est appelé aussi consignatuire. Le consignatairc de la cargaiso7i ne doit pas être confondu avec le consignataii'e de la cot^ue, chargé, au nom du propriétaire, de remplir les formahtés administratives, do s'occuper du déchargement et de la remise des marchandises, *t de payer le iret.
CONSIGNATEUR, TRICE {r/?( mil.) n. Personne qui met des marchandises en consignation : Les marchandises consignées demeurent toujours la propriété du consignatedr et restent à ses risques et périls. (Teulet.)
CONSIGNATION {gna-si[gn mil.] — rad. consigner) n. f. Dépôt fait par un dél)itcur dans un lieu ou dans une caisse publique que la loi détermine, soit à titre de garantie, soit à titre libératoire: Consignation d'un cautionnement.
— Dépôt de marchandises effectué dans le but d'obtenir des avances ou d'en faire opérer le placement, il Objet ainsi déposé : Retirer sa consignation.
— Marchandises à la consignation d'une personne. Marchandises remises à une personne qui en devient le consignataire. V. consignatiîur.
— Consignation d'aliments. Autrefois, Dépôt préalable d'uno somme destinée à l'alimentation d'un débiteur contre lequel un créancier voulait exercer la contrainte par corps.
— Encycl. Dr. On se sert du mot consignation à l'occasion de i)rêts pour lesquels l'emprunteurdoit déposer préalablement uiio valeur supérieure à la somme qu'il reçoit, afin de garantir les droits du prêteur.
De même, les adjudicataires de travaux pour l'Etat doivent fournir une consignation dont le remboursement s'opère à leur profit, au fur et à mesure de l'avancement des travaux. La consignation so fait à la Caisse des dépôts et consignations.
En droit civil, on entend par « consignation » le dépôt fait par lo débiteur, dans un lieu ou dans une caisse quo la loi détermine, do ce qu'il doit au créancier, lorsque celui-ci refuse de recevoir le payement. Le débiteur doit tout d'abord faire des offres réelles. Les offres réelles ne sont pas libératoires par elles-mêmes, mais, suivies de consignation faite en observant les conditions de l'article 1259, elles libèrent lo débiteur (C. civ., art. 1257). La consignation arrête lo cours des intérêts, ot mot la chose consignée aux risques du créancier. S'il s'agit d'un corps cer-
tain, le dôhitour fait, sommation an rrc^anrici' de l'onlr-vor; laulo lin quoi, il so l'ait désigner par justice un di'ipo.sitaii'o. CONSIGNE {(jn mil. — Taà.cotisipnt'r) n. f. Adriiiii. miltt. ProscnptioiKs spôcialos donnèos, non soulomoiil à une soulinollo, mais au cliot" d'uno troupo, on vuo do circonstances particuliôros bion dôtorminôos, ot dont l'oxôcution ost plus rigourouseniont impôrativo quo coUo d'un ordre propromont dit : Donner une consigna. Lever la consigna. Observer la c:onsu;nk. Oublier, Violer la consignh.
— Par oxt. Ordre quelconque donné ù. un subalterne: Donner à son dûinestique coNSltiNK de ne rcceroir pei'sonne.
Il Tal)loau sur lequel sont inscrits, dans les postes, les divers points dont so compose la consigne, ii Petite armoiro grillée, où l'on enferme les ordres du )our, dans les postes militaires, il Détail écrit du mobilier d^un poste, il Nom que les soldats donuont à. un crochet de fer qui, dans les corps do garde, sort ù attiser lo feu. it Punition ou mesure par laquelle on retient un soldat à la caserne.
— Par anal. Privation do sortie, dans les lycées, les collèges 01 les écoles du gouvernement.
— Fig. Ordre pressant ot déterminé : La consigne de sa conscience lui disait de iiiourir, et il 7nourait. (Laniart.)
— Fam. Manffer la consigne, Oul)lier le mot dordro ; no plus se souvenir d'uno recommandation.
— Portier-consifjne, Surveillant charge d'ouvrir et de former les portes d'un bâtiment militaire, d'en conserver les clefs et do reconnaitro les étrangers qui entrent et sortent.
— Ch. de f. Endroit do la gare où l'on met en dépôt des bagages.
— Mar. Endroit où so place le fanal destiné au service du bord, il Poste du caporal de garde dans le faux pont, lieu d'où doivejit partir tous les feux d'éclairage, ii banal de consifjne. Fanal du faux pont où l'on vient prendre tous ces feux, il Factionnaire de la consigne, Factionnaire chargé do la garde de ce fanal.
— Encvci,. Adrain. niilit. Le caractère propre d'une consigne, c'est qu'elle doit être respectée même par des militaires supérieurs en grade à celui qui l'a donnée. Ce dernier seul ou ses chefs directs peuvent la modifier, ou l'atténuer quand il y a lieu.
La consigne d'une sentinelle n'est qu'un cas particulier de la consigne donnée ù une troupe. L'homme qui l'a reçue doit, au besoin, employer ses armes pour la faire respecter. Uno sentinelle ne doit donner à qui que ce soit communication de la consigne qu'elle a reçue verbalement en prenant son poste. Elle ne doit la répéter qu'en présence du chef de poste ou du caporal do pose qui vient la relever.
La punition appelée consit/ne est la plus légère qui puisse être infligée aux hommes de troupe. Pour les caporaux et soldats, il n'y a que la consigne au Quartier, qui comporte simplement l'interdiction de sortir uu quartier en dehors du service. Pour les sous-officiers, il y a trois sortes de consigne : i" après l'appel du soir : obligation de rentrer à la même heure que les simples soldats; 2" consigne au quartier ; interdiction de sortir pendant toute la journée, sauf pour le service ; 3" consigne à la chambre : c'est, pour les sous-officiers, ce que la salle de police est pour les caporaux et les soldats.
CONSIGNE {(/n mil. — du préf. con, et de signe) adj. Algèbr. anc. So disait des termes qui ont le même signe, c'cst-à-diro qui sont tous positifs ou tous négatifs : Termes coNsiGNKS. Le produit de deux tei'mes consignes est toujours positif.
CONSIGNER {f/n mil. — du lat. eonsjgnare) v. a. Opérer la consignation de ; mettre en dépôt ; Consignkr des marchandises. Consigner mille francs chez son avoué, il En parlant des marchandises, Les enregistrer sur lo livre des voituriers publics ou des chemins de fer. il Relater, citer, rapporter, prendre en note : Consigner une réflexion sur un carnet, il Donner une consigne : CoNSiGNiiR au.7: sentinelles de faire feu après trois soinmations. n En parlant de soldats, do marins, et, par ext., d'élèvos, Les empocher do sortir par punition ou par mesure d'ordre ou do siiroté : Quand on craint une insurrectJonj on consigne les troupes.
— Loc. div. : Consigner itn navire. Le mettre à la disposition de celui (lui doit en opérer le chargement, il Consigner en papier. Déposer, au lieu d'argent, une obligation de valeur égale, il Consigner quelqu'un à la porte ou A sa porte, Défendre de lo laisser outrer, n Consigner sa porte. Refuser de rect>voir qui que ce soit.
— Dr. anc. Consigner des aliments, Déposer uno somme pour la nourriture d'un débiteur contre lequel on voulait exercer la contrainte par corps.
Consigné, ée part. pass. du v. Consigner.
— n. .Soldat ou élôvo consigné : Les consignés se sont mis en révolte.
" Aux consignés. Dans la cavalerie ot l'artillerio, Sonnerie de trompette pour appeler les consignés. Allegro
Appel dcfl conslgnfîs.
— Consignés à l'hâpitaî. Los militaires détonus, qui se trouvent on irailomont dans les hôpitaux, sont installés dans des locaux spéciaux appelés salles des consignés, où ils sont l'objet d'uno .surveillance particulière. Los autres hommes de troupo pouvenf être envoyés dans ces locaux en cas do mauvaise couduito, quand leur état do santé no s'y oppose j)as.
Se consigner, v. pr. Etre consigné.
CONSILïO MANUQUE {Par l'habileté et par la maiti], Dcvisi^ dduin'i- par Beaumarchais à Figaro, dans le Barbirr de Sérillr, acto P% SC. vi.
CONSIRE ou CONSYRC n. m. Bot. Ancien nom do la grande consouilo.
CONSIMIUTUDE (du préf. con, ot do sitnilitude) n. f. Eg.'ihLé; roiivenanoo mutuelle.
CONSISTANCE {stanas — rad. consistant) n. f. Etat d'un corpH rclativomont A son mun((Uo do fluidité, & sa dureté, ù. sa solidité : Consihtanck sirupeuse. Terrain, Sauco qui n'a pas de consistance.
— Fixité, formoté, solidité qui assure la durée, garantit \o succès, jonno dos qualités sérieuses : Affaire qui prend
di- la CONSISTANCE. L'adolescenco est l'époque où le jugenient prend de la iionsistance. (Tliéry.) il Fermeté do caractère (jui ompôclio le changement; crédit, considération qui ou résulte ; Un homme sans consistance, ii iiruiC sans consistance. Nouvelle qui ne mérite pas de crédit.
— Dr. Ce on quoi uno chose consiste; sa nature ou son étendue : Héritage en consistance d'wie maison et de deux terres. Un bois d'ujie consistance de cent hectares.
— Ilist. nat. Age, état où les animaux et les végétaux, ayant acquis luur entier développement, cessent do croître sans cuninuMicer oncoro à décliner.
CONSISTANT (stan), ANTE [rad. consister] adj. Composé do : Propriété consistante en bois, prés et plaines.
— Qui olTre uno certaine solidité : Chairs consistantes. Sol consistant.
— Fig. Stable, solide, permanent, ii Ferme de caractère, peu sujet à varier : Homme peu consistant. Il Fondé, probable : Un bruit de guerre asses consistant.
— Hist. eccl. Nom quo l'on donnait, chez les premiers chrétiens, à des pénitents qui assistaient à la célébration des mystères, mais ne pouvaient communier.
CONSISTER {sié — lat. consislcre ; do cmn, avec, et sistere, fixer} v. n. Se maintenir, durer par l'union dos parties : Une Eglise ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner. (Féu.) [Vieux.]
— Coyisister en ou dans, Consister à, Se composer do, avoir son essence ou sa raison dans, aboutir à : Le bonheur de la vie consiste dans la modération et le cahne. {Selon.) Il Faire consister à, dans ou en. Mettre dans, attribuer à. prendre pour : C'est une ei'reur que de faire consister le courage K ïie pas voir le danger.
CONSISTOIRE {s/o-ar' — du lat. d'église consisioriuin, lieu do séjour; de consistere, s'arrêter) u. m. Assemblée do ministres d'uno religion réunis pour discuter les intérêts de leur Eglise : Consistoire catholique, protestant, israélite.
— Fam. Réunion, assemblée quelconque : Consistoire de beaux esprits. (D'Alomb.) Consistoire de sorcière. {Baïz.]
— Encycl. On appelait coyisistoire , dès l'époque des empereurs romains, le Heu où s'assemblait le conseil impérial et, par extension, ce conseil lui-même. Le moyen âge étendit ce nom aux synodes, aux réunions d'échevins et, en général, à toute espèce d'assemblée. Le conseil des anciens rois de France s appelait le « consistoire royal » . Aujourd'hui, le mot ne désigne plus que des assemblées dont certains intérêts religieux sont l objet, et il est employé à la fois par les catholiques, les protestants et les Israélites.
— Consistoij'es catholiques. En dehors de France, et surtout en .^.llemagne , on distingue deux sortes de consistoires : les consistoires épiscopaux et les consistoires pontificaux. Les premiers sont des assemblées ou dos commissions permanentes, qui aident l'évêque dans l'administration ae son diocèse ot dont les attributions no sont pas d'ailleurs les mêmes dans tous les pays. En France, les catholiques réservent ce nom aux consistoires pontificaux, c'est-à-dire aux assemblées de cardinaux convoquées pour affaire importante et présidées par lo pape. Ces consistoires sont secrets ou publics. Dans les premiers a lieu la préconisation des évoques, pour tout lo monde catholique, et la nomination des différents dignitaires de la cour pontificale. Les décisions sont secrètes, et, suivant leur gravité ou leur caractère, on les proclame ou non dans les consistoires publics. Ceux-ci sont plus solennels. Lo pape y donne audience aux princes et aux ambassadeurs. Ils ont pour objet particulier la canonisation des saints ot les grandes affaires d'intérêt général.
— Consistoires protestants. Dans l'ancienne constitution des Eglises réformées do Franco, on appelait « consistoire » un conseil composé des ministres, dos anciens et des diacres, sous la présidence do l'un des ministres. U correspondait à ce qu'on nomme aujourd'hui conseil presbijtéral ; il veillait au maintien do la pure doctrine et sur la conduite des fidèles, et exerçait sur eux un pouvoir disciplinaire, qui pouvait aller jusqu'à roxeommunu-ation. Lo décret do 1852, complétant ot modifiant la loi du 18 germinal an X, organise dans chaque paroisse uu conseil prest)ytéral ; un certain nombre ne paroissi's formont uno circonscription consistorialo : le conseil prèsbyléral chof-lieu reçoit lo titre do consistoire ; pour on exercer les attributions, il double lo nombre de ses membres laïques par l'adjonction de représentants des paroisses du ressort; en outre, chaque conseil prosbytéral du ressort y délègue un de ses membres, et tous les* pasteurs en sont membres de droit. La France compte lOl consistoires réformés, dont les chefs-lieux sont répartis dans ■12 départements.
Dans l'Eglise do la confession d'Augsbourg, depuis la guerre do 1870, les doux inspections do Montbôliard ot de Paris, demeurées seules françaises, ont été constituées provisoirement sur le même pied que les synodes et consistoires réformés. Do plus, un décret du 20 novembre 1871 a créé lo synode général luthérien. La Franco compte 6 consistoires luthériens, dont les chefs-lioux sont dans 3 déparlements.
Il y a, en Algérie, 3 consistoires qui sont mixtes et relèvent ù la fois do l'Eglise réformée ot do l'Eglise de la confession d'Augsbourg.
En Allemagne, le mot de consistoire désigne souvent la commission administrative qui est nommée par le souverain pour gérer en son nom les all'airos concernant le bion temporel ot spirituel des Eglises.
— Consistoires israétites. Los consistoires Israélites ont été établis parle décret impérial du 15 mars 1808, modifiés par l'ordonnance du 25 mai I8-H, ot définitivement constitués par les décrets du 29 août Ii*G2 ot du 12 soplombro i«72. Il y a deux sortes do consistoires : les consistoires déparlomontaux ot lo consistoire central. Los premiers correspondent aux circonscriptions entre lesquelles sont distribués les Israélites do Franco : ils sont actuollcmont au nombre do quatre ot ont pour sièges les villes do Hayonne. du Uordoaux, do NuDcy ot do MursoiUo. lia sont composes du grand rabbin de la circonscription ot do quatre membres lulques choisis parmi Tassombléo dos uotablos. Le consistoire administre les temples, les étublissemiuits ot les associations pieuses ; il délivre les diplômes du premier degré pour l exercice dos fonctions de rabbin. Lo const.stoiro central siègo & Paris; il se compose du grand rabbin do Franco ot do huit mcnibros lalt|U08, élus pur los notables dus diirérentes circonscriplions. Il ost Chargé do lu liuuto burvoillanco dos intérûtc