RENTE
— n. m. : Acheter du consolidé, Rente consolidée.
— Encycl. Fin. On donne spécialement le nom de consolidés ou de fonds consolidés à la rente anglaise, parce nue tous les produits d'impôts qui gageaient les emprunts, décrits à l'origine dans une comptabilité très compliijuée, furent, à un moment, réunis en un seul fonds.
Se consolider, v. pr. Devenir plus solide, n Fig. S'affermir, devenir plus stable : La paix se consolide. Santé. Fortune qui se consolident, il S'affermir, so soutenir, s'étayer l'un l'autre : La liberté et le progrès se consolident mutuellement.
— SvN. Consolider, affermir, arrêter, assurer, attacher, fixer. V. affkrmir.
— Anjon. Ebranler.
CONSOMMABLE (so-mabV) adj. Qui peut être consommé: La production colleclive augmente incessamment la 7nasse des choses consommables. (Proudh.)
CONSOMMATEUR {so-7na), TRICE n. Personne qui fait usage de jtroduits quelconques : Ce sont les consommateurs qui supportent les élévations de droits, il Personne qui mange ou boit dans un établissement public : Les consommateurs d'un restaurant, d'un café.
— Théol. Celui qui amène quelque chose à sa perfection : Jésus-Christ est l'auteur et le consommateur de 7\otre foi. (Acad.)
— adj, : Classes consommatrices.
— Anton. Producteur, trice.
CONSOMMATION [so-ma-si) n. f. Accomplissement, ai'liévtîinent, perfection : Le triomphe de soi est la consommation de toute philosophie. (Diogène.) il En mauv. part, l*erpétralion ; La consommation (l'un crime.
— Usage que l'on fait des objets de tout genre. résultant do la production : La consommation s'acc7'oit en raison de la production.
— Par ext. Uï:ago qui amène la destruction de la choso dont on use : La guerre fait une e^j'oyable consommation d'hommes, n So dit particulièrement, on langage familier, de l'action de manger ou de boire dans les établissements
{>ublics, et des objets que l'on v mange ou quo l'on y )oit ; Faire une consommation. Prendre une conS(>mma-
TioN dans un café. — Fig. Faire une grande consomjiation de tirades.
— Consommation du mariage , Uuion charnelle des époux après la célébration nuptiale.
— Consommation des temps, des siècles, du monde, Fin, anéantissoment du monde créé, de l'espèce humaine.
— Dr. Prêt de consonimation, Prêt do choses destinées à être consommées. (Se dit par opposition à « prêt â usage».)
— Dr. canon. En matière bônéficiale, Usage éteignant le droit chez un patron laïiiue ou ecclésiastique qui nommait à un bénélice.
— Econ. polit. Destruction de l'utilité créée par la production : La CONSOMMATION n'est pas une destruction de matière, mais une destruction d'utitité. (F. Bastiat.)
— Econ. rur. Farine de consommation , Celle que lo paysan, le cultivateur consomme directement. On appelle farine du commerce Celle qu'il achète.
— Fin. Impôts, Taxes de consommation. Droits que l'on perçoit sur la production ou la vente des objets de l'industrie, il Droit de consommation. Nom do l'un des droits qui se perçoivent sur les boissons.
— Encycl. Econ. polit. Economiquement, la consommation est la destruction de l'utilité d'une chose par l'usage. Par les travaux successifs du cultivateur, du meunier et du boulanger, un pain a été produit; en le mangeant, on détruit sou utilité acquise de pouvoir servir à la nourriture d'un individu : il n'est pas anéanti, mais transformé. » Bien répartir et bien employer la richesse est plus important que beaucoup produire, » dit do Laveleye. L'économie politique enseigne qu'il faut : P supprimer les consommations nuisibles ou improductives ; 2" ne rien s-îcrifler au superflu avant d'avoir satisfait au nécessaire; 3" ne rien laisser perdre inutilement.
On peut distinguer les consommations privées, faites par les particuliers, et publi'jues, faites par les pouvoirs publics {Etat, province, commune, etc.), alimentées par l'impôt et l'emprunt. D'après leurs résultats, on distingue encore les consommations improductives (ce sont celles qui ne donnent rien d'utile : la poudre brûlée dans une guerre injuste, le bris d'objets utiles par caprice, etc.), et les consommations reproductives (l'alimentation normale, la fabrication industrielle). Pour pouvoir travailler, il faut renouveler ses forces; pour construire une maison ou une machine, il faut y employer des matériaux. Cette consommation reproductive se subdivise, à son tour, en consommation industrielle et consommation de jouissance ; les distractions, les délassements modérés que se permettent l'ouvrier comme l'ingénieur, le magistrat comme l'instituteur, sont des consommations utiles, car elles sont les frais ou les éléments de la production du travail effectué ou du service rendu, aussi bien que les aliments qu'ils absorbent.
■ Le luxe, forme spéciale de la consommation, a sa racine dans trois penchants naturels à l'homme : la sensualité, la vanité, le goiit du beau; il no peut être approuvé que lorsqu'il répond à un sentiment d'esthétique ou de convenance sociale, et lorsqu'on ne s'y livre que dans une limite proportionnée au revenu dont on dispose. Le luxe est utile dans une société : il stimule les arts, mais il m.irque souvent la décadence des peuples. D'ailleurs, il est tout relatif: ce qui est luxe pour le pauvre peut être le nécessaire pour le riche. Le luxe public, qui se traduit par les monuments, les musées, églises, jardins, promenades, élève le goût public, confine souvent à l'hygiène, attache l'homme au sol ; il a pour principal inconvénient de coûter cher et d'accroître l'impôt.
Ce que doit viser, avant tout, une bonne organisation économique et légale de la société, c'est l'intérêt du consommateur plutôt que celui du producteur ; il y a, toutefois, une solidarité non négligeable entre ces deux individus, car ils sont chacun, tour à tour, et producteur et consommateur, qu'ils soient ouvrier ou capitaliste.
— Fin. Impôts de consommation. Les impôts de corisommation frappent les produits que consomme le contribuable (sucre, tabac, café, bougies, boissons alcooliques, etc.), et au moment même où ces produits entrent dans la consommation. Us sont déguisés, s'ajoutent pour la plupart simplement aux prix d'achat, et par cela même sont payés sans difficulté par les consommateurs. Ils atteignent indirectement, mais imparfaitement le revenu, auquel ils visent cependant à se proportionner. Les gouvernements leur demandent leurs principales ressources, car ils sont faciles à percevoir, et, dans les années de prospérité, ils donnent des excédents budgétaires dont on peut disposer immédiatement. Le principal reproche qu'on puisse leur faire pratiquement, c est d exciter à la fraude.
— Sociétés de consommation. Ce sont des associations coopératives formées, en général, par des personnes qui unissent de modestes capitaux pour se procurer à meilleur marché les choses nécessaires à la vie. Elles ont été connues do toute antiquité ; mais ce n'est guère qu'au xix' siècle, et par suite des progrès de la grande industrie, qu'elles ont passé à l'état d'institutions sociales. Ces sociétés sont, en général, organisées comme suit : des associés se groupent et souscrivent un certain nombre d'actions. Le capital est employé à louer un magasin et à acheter des marchandises; l'administration est confiée à plusieurs associés ou à des délégués salariés. Les marcliandises sont revendues au détail et au comptant aux associés, non pas au prix coûtant, mais au prix du marché, frais déduits ; le bénéfice est réparti conformément aux statuts. Bien entendu, c'est là la forme la plus simple de la société do consommation, mais les contrats peuvent la faire varier.
Les avantages que présentent ces associations sont les suivants : bonne qualité des marchandises; obligation do payer comptant, ce qui est indispensable pour la bonne adininistration d'un ménage, surtout lorsqu'il est modeste ; réparlition dos bénéfices qui, lorsqu'ils sont assez considérables, peuvent donner naissance àdes institutions toiles que sociétés de secours mutuels, logements à bon marché, versements à la Caisse d'épargne, etc.
Très prospères en Angleterre, qui cite avec orgueil les Fijuitables pionniers de Hochdnle, association d'ouvriers tisseurs, aujourd'hui à la tête d'un capital très important, les sociétés do consommation so sont propagées en kWemagno sous forme do banques populaires. Il en est do même on Italie et en Belgique. Peu nombreuses en Suisse, en Autriche et eu Hollande, elles le sont moins encore dans les pays Scandinaves, en Espagne et on Portugal. En Franco, les sociétés de consommation se sont dévo-
loppées trôs loiitomont. mais elles y ont pris uno certaine iniporlanco.
— Anton. Production.
CONSOMMER (îo-mi* — lat. consummare ; do cum,a\oc, et sKinma, lin) v. a. Accomplir, achever, terminer : Consom- MicR Sun irnvir. Consommkk son sacrifice. Il Kn mauv. part, Commettre, perptitror : Consommi;r son crime. Consommer la ruine de quelqu'un. Il Employer, détruire par l'usatîô : CoNsoMMKR des denrées, du vin, de l'encre, du papier. Il Absorber : Les confitures consomment beaucoup de sucre. (Acad.)
— Fig. Dissiper, ruiner par l'abus : Consommer dans l'oi.iiveté et la débauche sa jeunesse, sa santé, sa fortune.
Il Employer, exiger, user ôe : Il y a un sti/le qui ruine l'esprit, tant il consomme de pensées. (J. Joubert.)
— Consonwter le tnariage. S'unir charnellement avec la personne que l'on a épousée.
— Dr. Consommer son droit. En user, en obtenir l'effet, lo résultat qu'on pouvait en attendre.
— Econ. polit. Détruire l'utilité d'une chose. Consommé, ée part. pass. du v. Consommer.
— Parfait, accompli en son genre : Prudence consommêk. i'n capitaine consommé.
— n. m. Bouillon qui, par uno longue et lento cuisson, s'est emparé do tout le suc do la viande : Nourrir un malade avec ifes consommés.
— Syn. Consommé, accompli, parfait. V. accompli.
Se consommer, v. pr. Etre consommé, employé, usé. Il Devenir consonmiè, so cuire lentement et complètement, en parlant do certains aliments : Bouillon qui se consomme lentement, il Avec suppression du pronom se, après lo verbe faire : Faire consommer de la viaride. Faire que le bouillon se fasse à petit feu et cuise assez longtemps pour s'assimiler tout le suc de la viande.
— Fig. Etre accompli, achevé, terminé : Crime qui s'est consommé dans la nuit.
— Syn. Consommer, consumer. Dans le sens où consommer est synonyme do cunsuiner, il en diffère en ce qu'il exprime une action dont le but est utile, tandis que lo second désigne uno action nuisible et ordinairement rapide. Une lampe consomme do l'iiuile ; une armée c-msomme tant de pain, de viande, etc., par jour; cette consommation est nécessaire pour que la lampe éclaire, pour que l'arméo subsiste. Un incendie a consumé vingt maisons: l'armée ennemie consuma toutes les provisions que le pays pouvait fournir : ce sont là des effets désastreux.
— Anton. Produire.
CONSOMPTIBLE {son-ptibl' — du lat. consumptus, consommé) adj. Qui peut être consommé : Prodttits consomp-
TIBLES.
CONSOMPTIF {son-pHfi, IVE [du lat. consumptus, consommé] adj. Se disait des caustiques propres à consumer les chairs : Substances consomptives.
— n. m. Substance employée pour consumer les chairs : L'usage des consomptifs. (Vieux.)
CONSOMPTION [son-psi — lat. consumptio; do consumère, supin consumptum, consumer) n. f. Action de co qui consume; état de ce qui est consumé: La consomption par le feu îi'est pas une desti'uctio7i, mais une transfonnation.
— Métall. Syn. de consommation, en parlant de combustible : Dans ce fourneau, il se fait une consomption très grande de combustible.
— Pathol. Amaigrissement morbide.
— Théol. Consomption des espèces (dans l'eucharistie), Destruction de la substance du pain et du vin eucharistiques.
— Encycl. Pathol. La consomption, qui est une des formes de la cachexie, est la conséquence de plusieurs maladies à évolution lente, telles que la tuberculose pulmonaire, lo cancec, le saturnisme, etc.; elle est souvent accompagnée d'une tièvre continue, très peu intense, à laquelle on a donné le nom de fièvre hectique. Il arrive fréquemment que les malades ne souffrent pas, mais un affaiblissement général so fait sentir, les chairs disparaissent progressivement, et les éminences osseuses font saillie à travers la peau, (|ui est devenue terreuse.
Le traitement est subordonné à la maladie qui cause la consomption; la suralimentation, quand elle est possible, peut au moins retarder lo dénouement fatal.
CONSONANCE [nanss — du lat. consonaîitia, mémo sens) n. f. Mus. Accord do sons qui, entendus simultanément, sont agréables à l'oroillo : Trop de consonances déplaisent. (Pasc.) 11 Chez les anciens. Accord d'octave, ii Consonance Juste ou parfaite. Colle dont l'intervalle est invariable, comme pour l'octavo, la quinto, la quarte. Il Consonance imparfaite, Celle dont l'intervalle peut être majeur ou mineur, comme dans la tierce et la sixte, ii Consonance simple, Celle dont la proportion ne peut être divisée par un terme mitoyen, n Consonance composée. Celle dont la proportion iiout être divisée par un terme mitoyen.
— Fig. Harmonie, accord agréable : Chaque ouvraqe particulier de la nature présente, en différents genres, des consonances, des contrastes, et forme un véritable concert. (B. do St-P.)
— Gramm. Uniformité do son, dans la terminaison des mots ou dos phrases : /i« prose, les consonances sont le plus soutint choquantes.
— Littôr. Pièce do vers sur uno seule rimo.
— Anton. Dissonance.
— Encycl. Littôr. Los grammairiens latins composèrent dos traités véritables sur la consonance. Quintilion en parle longuement au litre IX do V/tist. Orat. (ch. m, §^ 45, T3, 76, 77). Chez les Latins, en effet, la consonance n'était pas bannie du style sérieux; elle avait l'avantage do mieux graver les préceptes dans l'esprit, on associant l'oreille au travail do la mémoire. Elle donnait aussi plus do vivacité, plus d'énergie au discours, en insistant fortement sur une idée importante, par la répétition des mémos tours et la ressemblance des syllabes. Cicéron en fait un usage constant dans ses plaidoyers.
Il serait facile do trouver dans les écrivains français do nombreux exemples do consonances hourousos ; mais, en général, à moins que ce no soit pour produire un effet comique, l'oroillo française no supporte guère la consonance.
Au XVI' siècle, on aimait beaucoup ces rcchorchos do stylo et ces allitérations frivoles. Marot no s'en défondit pas. Aujourd'hui, on no les tolère quo dans lo gonro léger, dans la critiquo badine.