CONSTANTIN — CONSTANTINE
1res. Epuisé, il voulut congédier plusieurs corps de mercenaires. Mais ceux-ci se révoltèrent, et lo prince dut recourir à Racotzi le Jeune, prince de Transylvanie, qui délit les mercenaires à Simplea. Constantin, reconnaissant, aida Racolzi dans son expédition contre Casimir, roi de Pologne. Mais Racotzi fut battu et entraîna dans sa chute le pnuce de Valachie, qui fut remplacé par Mihnea III.
Constantin ( Pawlovitch ) , grand-duc de Russie . deuxième fils du tsar Paul 1", né en l"";?, mort en 1831. Son précepteur, le colonel Laliarpe, lui inspira un goût très vif pour la carrière militaire. Il rit ses premières armes en Italie sous les ordres de Souvarov, et prit part aux campagnes d'Austerlitz (1S05), de Russie (1812) et de France{1814), mais n'y joua qu'un rôle secondaire. En 1S15, il fut nommé lieutenant général du rovaume de Pologne. Marié d'abord à une princesse de Cobourg, il obtint, en 1820, de son frère le tsar Alexandre, l'autorisation de divorcer pour épouser la comtesse Jeanne Grudzinska, Polonaise d'une grande beauté. Toutefois, il dut renoncer à ses droits au trône au prolit de son frère Nicolas. Chassé de Varsovie par l'insurreciion de 1831, il partit pour Saint- Pétersbourg, mais en route, àWitebsk, il mourut du choléra. Constantin (Marc), chansonnier et publiciste français, né à Bordeaux en ISIO, mort à Paris en 18S8. Il composa les paroles et la musique d'environ deux raille romances ou chansons, dont plusieurs, comme Jeanne, Jeannette et Jeauneton, sont devenues populaires. 11 a écrit aussi les paroles de valses et de polkas célèbres, la Valse des roses entre autres. Il collabora au « Petit Journal " et publia : Phi/siologie de l'amant de cœur {IS42)\ Histoire des cafës de Paris {IS51); Manuel du savoir-vivre {\Sd1); le Nouveau Décnmi^ron des jolies femmes (1859); les Bijoux de Jeannette, opéra-comique en un acte, musique de Godard (1878).
Constantin (Nicolaiévitch), grand-duc de Russie, né en 1827, mort à tzarskoïé-Sélo en 1892. Versé dans les questions maritimes, il fut mis, pendant la guerre d'Orient, à la tête de la dotte de la Baltique et, à l'avènement de son frère Alexandre II. reçut lo titre de grand-amiral et fut chargé de la direction supérieure de la marine. Il y introduisit de nombreuses améliorations. Nomme, en 1862, lieutenant général du tsar en Pologne, il provoqua, par la rigueur de ses mesures, la terrible insurrection qui devait aboutir à l'écrasement définitif de cette héroïque nation. En 1SG5, il devint président du Conseil de l'empire. Lorsque son neveu Alexandre II monta sur le trône, en 1881, le grand-duc Constantin tomba en disgrâce et resta éloigné de ia Russie pendant deux ans. La réconciliation n'eut lieu qu'en avril 1883. Do son mariage, en 1848, avec la princesse Alexandra de Saxe-Altenbourg sont nés quatre fils : Nicolas [1850), Constantin (1858), Dimitri (1860), Wjatchesslaw (1862, mort en 1879), et deux filles : Olga (1851), mariée au roi de Grèce, et Wéra (1854), duchesse Eugène Je Wurtemberg.
ConSTANTINA, ville d'Espagne (Andalousie [prov. de Séville]), sur le versant méridional de la sierra Morena; 12.000 hab. Carrières de pierres ; mines d'argent; moulins  farine et à huile; distilleries d'eau-de-vie.
CONSTANTINE, ch.-l. du départ, du même nom, à A39 kilom. d'Alger, au-dessus du Rummel; 47.771 hab. {Constantinois, oises), dont 18.387 Français.
Constantine s'élève en amphithéâtre (654 m. d'altit. à la Casba) sur une presqu'île entourée de tous côtés par lo Rummel, qui, après avoir reçu le Bou~Merzoug, on amont de la ville, s'engage dans un ravin profond, véritable gouffre où on l'aperçoit à peine et où il forme des cascades. Deux ponts jetés sur ce ravin relient Constantine aux hauteurs de Mansoura et de Sidi-Meçid, à l'E. ; à l'O., du coté de l'isthme, entre la butte de Coudiat-Ati.
Constantine est divisée en deux quartiers : le quartier européen et le quartier arabe. Elle a peu de monuments remarquables (mosquées, palais d'Ahmed-bey), et ne doit son intérêt qu'à sa situation pittoresque, qui l'a fait appeler la « cité aérienne », et à sa couleur locale assez bien conservée.
Constantine, la Cirta des Romains, fut attaquée sans succès par le maréchal Clausel en 1836, et prise, l'année suivante, par le général Valée, après un assaut pénible et héroïtjue.
Les principales industries indigènes de Constantine sont le travail des peaux (^tannerie, sellerie, cordonnerie) et la fabrication des tissus de laine. Le commerce des grains, des laines, des dattes et des huiles est assez actif. — L'arrondissement de Constantine a 30 comni. (22 comm. de plein exercice et 8 comm. mixtes) et 457.748 hab.
Constantine (provinxe de), l'une des trois grandes divisions administratives de l'Algérie, entre la province d'Alger à l'O. et la Tunisie à l'E., comprenant la partie orientale de la Grande-Kabylie, avec Bougie et la vallée de l'oued Sahet ; la Petite-Kabylie, avec les deux grandes chaînes des Babor (Dj.-Babor, 1.90» m.) et des Biban; les massifs "de Djidjelli, de CoUo et de l'Edough, bordés au S. par la chaîne numidique et par la dépression qui s'étend entre cette chaîne et Constantine ; la basse plaine de Bône ; les monts de Constantine et do Souk-Ahras. Puis viennent les hautes plaines, entrecoupées de chaînes démantelées, de Bordj et de Sétif, qui se continuent par les steppes des Haractâs et d'Ain-Bcida, parsemées tfo lacs salés. Cette zone intermédiaire « qui n'est plus la montagne et n'est pas encore le plateau •> est bornée au S. parla chaîne des Maadid et des Dirha, à laquelle succède la dépression du Hodna(400m.). La chaîne saharienne comprend les raont'ô du Zab, le grand massif do l'Aurès (2.312 m. au Chelia, la plus haute cime do l'Algérie), le Djebol-Chorchar et les chaînes de Tebessa.
Au S. de cette chaîne commence le bas Sahara algérien, bassin de l'oued Righ et des grands chotts (31 m. au-dessous du niveau de la mer au chott Melghir) ; au delà s'étendent les dunes de l'Erg oriental, et enlin les hammadaï> rocheuses, qui conduisent jusqu'aux abords du plateau central des Touareg.
Les principales rivières de la province de Constantine sont l'oued .Sahel, grossi de J'oued Bou-Sollam, l'oued El-Kébir, qui reçoit 1 oued Enndja et le Rummel ou Rounizne) ; le Safsaf de PhilJppcville ; la Soybouso do Bône, qui reçoit l'oued Cborf ; entiD} la province de Constantine corn-
Armes de Constantine.
prend les cours supérieurs de la Medjerda et de son grand affluent l'ouod Mellègue, qui vont finir en Tunisie.
Les côtes (environ 380 kilom. 1 comprennent les trois grands golfes de Bougie, do Phihppevilte et de Bône. Les principaux ports sont Bougie, Djidjelli, CoUo, Philippeville et Bône.
La province de Constantine compte 1.874.506 habitants. C'est celle des trois provinces où la population indigène est le plus dense (,1.724.000). Les Français sont au nombre de 82.000. Les Israélites sont nombreux. Les étrangers sont surtout des Italiens et des Maltais.
La colonisation rencontre d'excellentes conditions dans la province de Constantine, dans son ensemble mieux arrosée que les deux autres. La zone cultivable y est beaucoup plus large et correspond à l'ancienne Numidie, occupée par les Romains. Cependant, la colonisation n'y a progressé qu'avec lenteur; elle est surtout groupée dans la plaine de Bougie, les environs de Philippeville et do Con-
Kader pour la province d'Oran. Malheureusement, il n'emmena avec lui que 7.000 hommes, divisés en deux brigades, sous les ordres des généraux Trézel et de Rigny. Partie de Bône lo 10 novembre 1836, cette petite colonne n'arriva devant la place qu'après onze jours de marche, sous une pluie torrentielle et glaciale. Toutes les attaques furent rc])oussées : le commandant Richepanse fut tué, Trézel blessé, et, le 23 novembre, épuisés de faim et de froid, les soldats français durent battre en retraite sur Bône. Clausel fut rappelé.
Son successeur, Damrémont, prépara une seconde expédition, forte de 10.000 hommes, comprenant les quatre brigades des généraux Trézel et Ruihières, du duc do Nemours et du colonel Combes. Valée était à la tête de l'arlillerie. Damrémont commandait eu chef. Le 6 octobre 1837, les troupes étaient en vue de Constantine; malgré le fou inten.so de la place, elles s'emparèrent du plateau de Coudiat-Ati, sur lequel fut installée une batterie de
Préfecture
® Sous Préfecture
Q Chef lieu, de canton
o Commune
+ Evéché
600 Altitude en mètres ~~ Chemin de- fer limite dêâeparfeml
Tou jourt
Bégion ,des Dunes
( Erg oriental ) 1
stantino. Enfin, dans la plaine de Bône, ce sont les régions do culture de la vigne. Les hautes plaines de Sétif et celles qui leur confinent sont destinées à la culture des céréales. La culture des dattiers est très développée dans la région de l'oued Righ, grâce aux forages artésiens dus à des compagnies françaises.
La province de Constantine est de beaucoup la plus riche des trois provinces, au double poiut de vue forestier et minier : elle possède de magnifiques forêts de chôneslièges, dos mines de fer (Mokta-el-Hadid), de zinc, de plomb, de mercure, d'antimoine; les phosphates de chaux de la région de Tébessa sont estimés.
La province do Constantine a plusieurs voies ferrées qui se rattachent .\ la grande ligne Alger-Constantine- Tunis, et vont rejoindre, vers le littoral. Bougie, Philippeville et Bône ; vers lo S., Biskra par Batna, Aïn-BeVda et Tebessa.
Lo dé/mirtement de Constantine compte 7 arrondissements : Constantine, Batna, Bône, Bougie, Guelma, Philippeville et Sétif. Il comprend en territoire civil ; 72 comm. do plein exercice et 34 comm. mixtes. Le territoire militaire compte 5 communes indigènes, peuplées do 202.011 hab.
Constantine (siiV.ns et wtiSK de). Après la prise d'Alger, lo boy do Constantine, Hadj-Ahmed, autrefois vassal du dey d'Alger, s'était rendu indéj)endant. Hotraiiclié dans Constantine il bravait l'autorité française. Lo maréchal Clausel résolut d'en finir avec cet ennemi non moins dangereux pour l'Algérie occidentale qu'Abd-ol-
siègo. Le bombardement dura quatre jours. Tué en examinant la brèche, Damrémont fut remplacé par Valée. L'assaut fut donné, le vendredi 13 octobre, par trois colonnes d'attaque sous les ordres du lieutenant-colonel Lamoricière, des colonels Combes et Corbiu. A sept heures du matin, Lamoriciere s'élance le premier sur la brèche, à la léte de ses zouaves ; à peine a-t-il pénétré dans la ville qu'une explosion formidable retentit : c'est la poudrière aos assiégés qui saute, ensevelissant des centaines de soldats sous ses décombres. L'ardour des colonnes suivantes n'en est que plus excitée; mais les assiégés se défendent avec furie ; lo colonel Combes est blessé à mort. Les soldats no peuvent plus avancer quo maison par maison. Enfin, après uno lutte do plusieurs heures, Constantine capitule.
Constantine (le Sié;ge dk), tableau d'Horaco Vernet, au musée de Versailles. Le célèbre artiste a consacré à la peinture de ce siège mémorable trois compositions mesurant chacune 5 "",12 do hauteur; deux de ces toiles ont 5™, 18 de largeur; la troisième est large de 10°', 39.
Lo premier tableau nous montre les Kabyles yrpousst's des hauteurs de Coudiat-Ati (oct. 1837J. Au sommet du mamelon, lo duc de Nemours, entoure do ses officiers d'ordonnance, s'élance à la poursuite de l'enuemi. Derrière ce groupe, accourt la légion étrangère. A droite, au bas du mamolon, le lieutenant général Damrémont, commandant en chef, suit l'action des yeux.
Lo deuxième tableau, oui est lo plus grand des trois, représonto les Colonnes d'assaut se mettant en mouvement
(13 oct. 1837). L'artillorio, étahlio sur un lorrain défoncé par los pluius, a ouvert une largo brèclio ilaiis los murailles do la vilîo. A gaucho, la proraiùro colonne d'assaut, . s'élance, conduite par lo liouteuaut-colonol Lamoricièro, qui d'uuo main tient son ûpùo, et do l'autre indique la brôclio. La batterie do brôclio, composée do quatre pièces do canon, occupe toute la partie à droite du spectateur. Kn tôto de la batterie, lo duc do Nemours, donne lo signal de l'attaquo. Dans l'intérieur de la batterie, la douxiômo colonne d'assaut est formée.
Le troisiùmo tableau représente la Prise de Co}is{antiiie. La deuxième colonne d'attaque escalade la bruche. Au contre, l'héroïque colonel Combes se rotourno vers ceux qui lo suivent, et il élève eu l'air son képi, on criant: H Tambours et clairons, la charge ! Vive le roi ! » Kn haut do la brèche, le lieutenant-colonel Lamoricièrc, armé d'une hache, étend le bras droit, auquel est suspendue son épéo, et semble donner des ordres.
Nous n'avons nommé que les personnages principaux du ces trois compositions; mais tous les braves (jui se signalèrent alors dans le rang, simples soldats, caporaux, lourriors, grenadiers, indigènes, furent étudiés sur nature par l'artiste, et placés par lui sur les panneaux de VersaillL-s.
Ces trois vastes compositions obtinrent un grand succès au Salon de 1839, où elles furent exposées. Ce n'est pas que la couleur soit très satisfaisante, ni le style très relevé. Il no faut pas comparer, certes, ces peintures d'HoraceVornot aux i5a/rt(7/e5 do Gros. Mais tous, artistes et public, furent ravis de retrouver dans ces épisodes clairs et piquants la traduction exacte du rapport du général en chef; onUn, do reconnaître là des ligures connues el célèbres.