‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 231 sur 870 · CONSTANTINE — CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CONSTANTINE — CONSTANTINOPLE

Attaque de la pnrti

..-iilUfl).

Une autre toile d'Horace Vernet, représentant V Attaque de Constantine par la porte intérieure du Ma.rché, a été également exposée au Salon de 1839. Les zouaves et les soldats de la ligne s'élancent pèle-môle vers la porte, où les accueille le feu des Arabes. Debout, sous l'étroite arcade, Lamoricière encourage de la voix et du geste ses compagnons d'armes.

Constantine, village d'Angleterre (comté do Cornouailles), sur lo fleuve côtier Gel ; 2.000 hab. Carrières def^ranit; mines de cuivre et d'étain.

CONSTANTINEA (stan-ti-né) n. f. Genre d'algues gigartinées, caractérisées par leur fronde caulescente, leurs rameaux à surface plane.

GONSTANTINESCOU (Barbon), littérateur roumain, né à Ploosci en 1839, mort à Bucarest en 1891. Ayant achevé, à Leipzig, ses études commencées à Bucarest, il occupa alternativement, en Roumanie, les chaires do philosophie, d'histoiro ot do théologie, dirigea l'Ecole normale d'instituteurs, et fut, on 1885, doyen de la faculté de théologie. Il a publié dos œuvres d'iiistoire, de théologie ot de pédagogie, entre autres : Istoria universalà a cvului mediu (Histoire universelle du moyen âge); Confesinneo orlodoxa a metrupolitului Pétri Movila, etc. Mais ses travaux los plus originaux portent sur la littérature et la langue tziganes.

CONSTANTINHAFEN (ou PORT-CONSTANTIN), colonie allemande, fondée en 18»6 sur la côte d(î la Terre de rKmporour-Guillaumo (Océanio), dans la baio de l'Astrolabe.

CoNSTANTlNI (Angelo), acteur italien, né à Vérone vers 1655, mort en 1730. Engagé, en 1681, à la Comédio- Italionne do Paris, il y remplit los rôles çrotos([uos do j*/effie(iH.c'ost-â-dirod mtrigantetd'aventurior, remplaça, en 1684, l'acteur Domiuiqug, se rendit à Brunswick on 16S7, puis entra au service d'Augusto, électeur de Saxe ot roi do Pologne, qui l'anoblit ot le nomma trésorier do ses menus plaisirs. Tombé en disgrâce, il resta vingt ans cri

Frison, revint à Paris on 1728 et retourna, en 1729, on taliô. Il nous reste do Gonstantini uno facétie intitulée ; la Vie, les Amours et les Actions de Scaramuuchc (1695).

CONSTANTINIEN, ENNE {stan, ni-in,^n') adj. Qui appartient à Constantin lo Grand.

Constantinien de Saint-Georçes (orork). Quelques liistorions attril)uont à Constantm, après sa victoire sur Maxniice ot l'apparition f|ui annonçait cotte victoire, la fondation d'un ordre do ciievalerie, sons lo nom do Milice constantinienne de Saint-deorijes. Quoi (|u'il on soit, c'est on 1190 soulemont que l'histoire do cet ordre prend corps, avec los statuts que lui donne l'omijoreur Isaac- Angèlo Comnèno, Des Comnènes, la maîtrise do l'ordre passa au duc do Parme on 1669, puis, par l'nccosHion do don Carlos, tUs do Piiilii>pe V d'Esi>agno, duc do Purmo,

au trône de Naplcs en 1734, aux rOisdo Naples. Après 1815, Mario-Louise, duchesse do l'arnio, rovondujua la grande maîtrise, et l'on décida (juo l'ordre pourrait ètro conféré par les dues de Parino ot par les rois do Naples. Depuis l'unification de ITtalio, l'ordre disparaît par voie d'oxtinction. ija croix de Tordre ost rouge, bordée d'or, lerininéo on llours do lis aux ([uatro branches qui portent los lettres : I. H. S.\.{Inhocsiguovinces.) Lomonogrammo constantinien surcharge la croix. An-dessous delà croix est un saint Georges â cheval terrassant le dragon. Lo ruban est rouge. Dans les grandes corémouies, les membres do l'ordre portent un costume particulier.

Constantinienne (basilujuic). On désigne sous co lili-e la première basilique do Rome, bâtie ot ornée par Constantin, et qui a été reconstruite sous lo nom do Saint-Jean de Latran. Le Liber poutificalis donne des renseignements très complets sur le luxo et la magnilicence que l'omporeur avait prodigués dans cotte première basili((ue chrétienne, et auprès desquels les splendeurs de Saint-Pierre paraissent elfacées.

CONSTANTINO (don Bragance), fils de don Jaimo. de Bragance, fut envoyé comme vice-roi à Goa en 1558, et revint en Europe en 1561, après s'ôtro emparé de Damâo et de la capitale du Jannapatnam. Constantine était l'ami de Camoens.

CONSTANTINOGRAD, ville de la Russio d'Europe (gouv. de Poltava), sur la Berestovaïa, polit affluent do l'Orel ; 8.400 hab. C'était autrefois, sous le nom de Biélevskaïa, une des cinq places formant la ligne militaire de l'Ukraine, destinée à protéger les frontières contre les invasions des Tartares. — Pop. du district de Constantinoijrad : 190.265 hab.

CoNSTANTINOPLE, grande ville à la fois d'Europe et d'Asie, capitale de l'empire ottoman, et spécialement do la province européenne de Roumôlie, sur les deux rives du Bosphore, à Tembouchuro de ce détroit fameux dans la mer de Marmara, à 3-045 kilomètres do Paris par la ligne de l'Orient-Express.

La ville possède 900.000 habitants, probablement, dans une centaine de milliers de maisons, et surtout de bara-

3U0S, on y comprenant tous les faubourgs d'Europe et Asie. Si l'on ne tient pas compte, comme il est. d'usage, de l'asiatitiuo Scutari et de ses annexes, il ne reste guère que 750.000 Constantinopohlains, dont 400.000 pour la ville proprement dite, la Stamboul des Turcs, et 350.000 pour Galata-Péra, la cité " franque ", laquelle est bien plus européenne, surtout grecque, que la purement ottomane Stamboul. En considérant les trois quartiers do cette métropole, Scutari est absolument turc, Stamboul l'est presque entièrement, avec Grecs et Juifs; Galata-Péra mêle aux Osmanlis une foule d'Hellènes et 25.000 Européens, dos Italiens principalement. — Abstraction faite de Scutari, Consiantinople ost bordée, à TE., par le Bosphore ; au S., par la mor de Marmara; à l'O., elle confronte à la campagne roumélienne. En face même de Scutari, un golfe du Bosphore pénètre dans le terre-plein de la Roumélio. La célèbre Corned'Or, quo deux ponts franchissent, a 450 mot. d'ampleur moyenne, des profondeurs qui vont jusqu'à 45 met., 11 kil. de longueur, et se termine en cul-de-sac à la vallée des Eaux-Douces d'Europe, d'oi^ lui arrivent doux rivières : l'Ali-Boy-Sou, jadis Cydaris, et lo Kiabat-Hané-Sou, jadis Baràyzès. Elle coupe nettement la Constantinople européenne on ses deux maîtres quartiers do Stamboul et de Galata-Péra. Stamboul est compris outre la Coruo-d'Or au N., lo Bosphore à l'E., la mer de Marmara au S. et la ligne dos vieux murs do guerre à l'O., niuraillo » historique et guerrière ".qui n'a pas tout à fait 7 kilom.de longueur de la porte d'Èyoub, sur la Corno-d'Or, jusqu'au château dos Sopt-Tours, sur la mer i- marmarienne ■>. Cette défense terrestre fut

Armes de Constantinople.

entre la Corne-d'Or et lo Bosphore. Là résident; ambassadeurs, grands commerçants, gros banquiers; là sont les longues et belles ruos, les hôtels .somptueux ; là se lève, au lieu culminant de Constantinople, à 110 mètres d'altitude, la tour de Galata, haute do 4u mètres, et d'où la vue est incomparable.

Constantinople u'est aucunement ville industrielle, au vrai sens du mot; mais c'est une cité do puissant commerce.

Comme instruction publique : lycée impérial do Galata- Séraï; école de médecine civile de Giil-Manô; école des beaux-arts; école militaire supérieure de Pancaldi, réservée aux élèves musulmans; écolo do médecine militaire du Serai; école navale; école des arts et métiers; écolo nationale grecque du Fanar; nombreuses écoles primaires turques, grecques, catholiques, juives, arméuiennes. Partout, Q le français est la base de l'enseignement ».

Comme presse : journaux en une foule de langues; en turc, en turc et en français, on grec, en arménien, en anglais et en français; et plusieurs en français seulement.

Le germe de la « seigneuriale " Constantinople fut l'humble Byzance, fondée vers l'an 658 av. J.-C, par des habitants de Mégare oud'Argos, en une situation admirablement apte à favoriserla propagation au loin de la langue et des idées hellènes. Byzance ne fut digne do sa destinée qu'à partir de l'an 330, quand Constantin, qui lui donna son nom, en fit la capitale de l'empire d'Orient. Prise, reprise et très souvent assiégée, elle devint, en 1204, la capitale d'un empire latin, qui ne dura que cinquante-sept années, et céda la place à un empire grec, pour moins de deux siècles, jusqu en 1453. Dès lors, elle suivit le sort de ses nouveaux maîtres les Turcs, el surtout elle fut la pomme do discorde entre les n grandes puissances n européennes.

Les sièges que cette capitale eut à subir ont été nombreux et meurtriers. Le premier, un chef bulgare Zabcrgan, osa l'assiéger; malgré l'absence presque complète de soldats, la population, ayaut à sa tête Bélisaire, repoussa les Barbares et les mit en fuite (559). Moins d'un siècle après, en 626, Chosroës, roi de Perse, assiégea la ville, mais Héraclius put encore lo repousser. L'an 675, Moawyia , premier calife omeyyade , envoya son fils Yazid attaquer la ville. Constantiu IV put résister à ses incursions, qui ne durèrent pas moins de six ans. Plus tard, Constantinople eut à soulTrir des croisés. En 1195, Alexis détrôna son frère Isaac l'Ange, et l'enferma, après lui avoir fait crever les yeux ; le lils du malheureux empereur, nommé Alexis comme son oncle, parvint à s'échapper, à intéresser à sa cause les chefs do la quatrième croisade, alors à Venise, et à. leur faire promettre de délivrer son père. En 1203, les 20.000 hommes de l'armée latine, aidés de la flotte vénitienne, délirent 70.000 Grecs, et entrèrent dans Coustantinople, qu'ils pillèrent outrageusement, puis se cantonnèrent à Péra ot à Galata. Mais Mursuphle, ayant fait assassiner Isaac et son fils, tenta do saisir le pouvoir. Les croisés firent de nouveau lo siège do Constantinople, s'en rendirent maîtres et portèrent partout la ruine et l'mcendie (1204). Ils mirent sur lo trône l'un des leurs, Baudouin. Mais ce royaume latin dura peu. En 1261, les Grecs se soulevèrent et chassèrent les Français, et ils mirent sur le trône Michel Paléologuo, dont la postérité régna jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II.

En 1422 Amurat, sultan des Turcs, investit Constantinople; mais, bion qu'il possédât une artillerie véritable, due peut-être aux Génois, il dut battre en retraite à cause d'une révolte qui éclata dans son empire. L'honneur de prendre Constantinople était réservé à Mahomet II. La ville, qui depuis longtemps constituait tout l'empire, ne pouvait opposer quo 6 à 7.000 hommes aux 150.000 hommes quo le sultan amena, en 1453, sous les murs do la malheureuse cité. Malgré cotte disproportion do forces, l'omporeur Constantin XI Paléologuo (Dragasès) fit une dôfonso héroïque, mais il n'eut d'autre ressource que de so' faire tuer dans les rangs ennemis. Avoc lui finit l'empire d'Orient ■ les Turcs étaient maîtres de Constantinople, d'où ils devaient inquiéter l'Europe jusqu'à nos jours.

très ébranlée ot çà et là di.sloquée, renversôo par lo tremblement de terre do 1894.

Stamboul, lo quartier archaïiiue do Constantinople, n'a guèro changé d'aspect en notre âge ; on n'y élargit, on n'y redresse dos rues (et encore

f)as toujours) qu'après os terribles incendies qui, de temps en temps, dévoront dos amas do ruoUos combustibles. Bâtie, comme Romo , sur sept collines • à poino perceptibles " , elle roiiformo commo principauxmonumonts: lo Serai ou St'rail, lo palais tragique dos sultans, à la pointe entre la Corno-d'Or, lo Bosphore 0 1 la Marmara, Il dans un dos plus beaux sites du monde » , là où fut (exactement l'antique Hvzanco ; Sainte-Sophie, qui date<le l'eniperour Jnstinion , et (jui , d'église byzantine, ost devenue uno très vaste iiios(|uéo ; la Sublime- Porte, palais du ^rand vizir, du ministre de l'intérieur ot do colni dns alTuires étrangères ; le Sthuiskit'rat on ministère do la guerre, « avoc son énorme tour ot son inimenso mos- ([uéo do Soliman o; lo Phanar ou l'anar, quartier grec; lo lialnta, ou (juartior juif ; etc.

GnlataPih'a, bien plus assaini, rectifié, européanisé quo Stamboul, occupe dos cotuuux, plateaux ot pimnos

[Kadi Keuï*

Plan do Con«tnntino|.le : I. Vieiu K^rail; S. SuhUmo Porte : 3. Palala do IHebdonion; *• - ^

B. Tour ilo Gati.tn; 6. Grand Bftiar Hvieatun ; 7. SnliUe-Sophio ; 8. M.'squtfo .le Mahomet. ». Mov^uu^ Uo Soiiiuaii cl rOaldt'uon ilu CItclkh-ul-Ulam ; 10. M»s(imV

Tour àv Hi»li«alr« ;

p-oopnip; o. 4«.-a.,'.«v- ... et; ». MoamU'tf

ilo S.*llra; il. Mosqué« d'Almiod ; 12. At-MiMaan.

Constantinople (kmpibk latin dk). On vorra â l article cHoisADKS comment los Occidentaux s emparèrent do Constantinople, lo 12 avril 1204. peiulant la nuatrièmo croisade. L'ompiro groc fut dépecé entro los \ énitions. principaux autours do co coup do nmin. ol d'auiro pan les Klamands. les Français, los Allomands et les Lombards. Les Véniiions s'attribueront uno grande pariio do

CONSTANTINOPLE — CONSTER

Constantinople, les ports et les îles ; leur doge Dandolo fut despotes, et Thomas Morosini, patriarche. Baudouin, comte de Flandre, fut élu empereur, le 9 mai 1204. Boniface de Montferrat fut roi do Thessalonique. Les autres chefs reçurent en tiefs des territoires et des villes. Mais cet empire n'était pas né viable. Les Grecs méprisaient et haïssaient les Latins ; le malheur les retrempa, leur donna l'esprit de concorde, et les Latins, peu nombreux, profondément divisés, ne purent achever la conquête de l'empire. Henri, frère et successeur de Baudouin, fut un politique habile, mais Pierre de Courtenay , Robert de Courtenay, Jean de Brienne, Baudouin II de Courtenay, ne purent arrêter ni les invasions bulgares, ni les firogrôs des dynasties grecques d"Epire et de Nicée. La prise de Constantinople par Michel VIII Paléologue, empereur de Nicée, et la restauration de l'empire grec (15 août 1261) n'étonnèrent personne. Les Etats français de la Grèce centrale, comme le duché d'Athènes et la principauté d'Achaïe, ainsi que les Etats vénitiens, eurent seuls de la vitalité et subsistèrent longtemps.

— BiBLiOGR. : Du Gange, Histoire de l'empire de Constantinople sous les empereurs français (uouv.édit., 1825-1826); Buchon, Histoire des conquêtes et de l'établissement des Français dans les Etais de l'ancienne Grèce (Paris, 1846).

Constantinople {conciles dk). De très nombreux conciles furent tenus à Constantinople ; plusieurs ont une grande importance dans Ihistoire de l'Eglise. Les premiers ont trait à l'arianisme, qu'ils parurent d'abord favoriser, mais que condamna, en 381, un concile de 150 évcques, qui est reconnu pour le II* concile œcuménique. C'est ce concile qui, oans le symbole de Nicée, à l'article o Nous croyons au Saint-Esprit », a ajouté ces mots ; le Seigneur, le vivifiant, gui procède du Père, qui est adoré simultanément avec le Père et le Fils, et glorifié avec eiw, gui a parlé par les Prophètes. Le concile assura ensuite au patriarche de Constantinople la préséance d'honneur après le pape.

De l'année 383 à l'année 543, dix conciles furent réunis qui intervinrent parfois avec passion dans les dissensions intestines dont était déjà travaillée l'Eglise. Il faut citer, en particulier, celui de 404, qui déposa saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople. Les troubles sus'cités par la question des trois chapitres furent le motif qui déter* mina l'empereur Justinien à convoquer, en 553, un concile, qui fut le V* œcuménique. Ces trois chapitres désignaient les écrits de Théodore, évêque de Mopsueste, de Théodoret et d'Ibas, tous trois suspects de nestorianisme, mais cependant morts, depuis un siècle, dans la communion de 1 Eglise. Justinien (545) avait rendu contre ces ouvrages un édit, qu'il désirait ardemment voir confirmer par lautorité ecclésiastique. Le pape Vigile réclamait luimême la convocation d'un concile. Celui-ci, composé de 165 évêques, condamna la persontie et les écrits des trois évêques incriminés. Vigile approuva les décrets condamnant les trois chapitres et les canons qui furent ajoutés contre les erreurs d'Origène (22 févr. 554).

En 565, 626, 639, 665, furent tenus des conciles plus ou moins favorables au monothélisme. Cette erreur, qui troublait tout l'Orient, fut définitivement condamnée par le grand concile de 680-681 (VI« œcuménique). Ce concile aéfinit solennellement qu'il y a en Jésus-Christ une volonté divine et une volonté humaine. En 691, un concile do 213 évêques, tous orientaux, se réunit dans la salle du palais nommée Trullus (à cause do sa voûte en forme de coquille) ; de là vient qu'il est ordinairement désigné par l'expression in Trullo. Il établit la discipline qui régit encore l'Orient, en permettant aux prêtres et aux diacres, ordonnés après leur mariage, de vivre avec leurs épouses : la Décessité du célibat fut cependant maintenue pour les évêques. Le pape Jean VII renvoya, sans même les avoir examinés (705), les actes de ce concile, si opposés à la disciplinade l'Eglise d'Occident.

Pendant près d'un siècle et demi fut agitée ensuite, dans plusieurs conciles, la question du culte des images, qui ne fut définitivement accepté que par le concile do 842, sous la régence de Théodora.

Les années 854-879 furent remplies par la lutte que soutint Ignace, patriarche de Constantinople, contre l'usurpateur Photius, que déposa le VIII' concile œcuménique, réuni en 869 et approuvé par le pape Nicolas I".

Après la consommation du schisme par Michel Cérulaire (1053-1054), il faut ciier le concile de 1277 qui, sous l'inspiration du patriarche Jean Veccus, se prononça en faveur de l'union avec l'Eglise romaine, et les conciles de 1283 et de 1450, qui, au contraire, s'eiforcèrent de rendre le schisme plus profond. Enfin, en 1638 et en 1643, deux conciles furent tenus pour la condamnation de Cyrille Lucar, patriarche de Constantinople, auteur d'une profession de foi calviniste.

Dans la plupart de ces assemblées, les Grecs montrèrent trop souvent cette subtilité intempérante, cet esprit de dispute, qui est un caractère do leur race, et qui ne fit que grandir sous le Bas-Empire.

— BiBLiOGR. : Héfele, Histoire des conciles, traduction de l'abbé Delarc (Paris, 1869-1876).

Constantinople (Histoire de la cosqdéte de), par Geoffroi de Villehardouin, maréchal de Champagne. Ccst le récit de la quatrième croisade. A l'arrivée des croisés, Alexis III s'enfuit (17 juill. 1203). Les croisés rétablissent Isaac sur le trône de Constantinople, lui donnent pour associé sou fils Alexis IV , et réclament l'accomplissement des engagements pris vis-à-vis d'eux par ceux qui les avaient appelés à leur aide. Ces engagements, ÂlexisIV ne peut les tenir. Le temps passe en négociai ions et promesses nouvollos, jusqu'en janvier 1204, où Alexis IV est renversé et détrôné par Alexis Ducas Mursuphle. Ces faits décident les croisés à conquérir Constantinople et à garder la ville pour eux. Constantinople est prise et mise au pillage, lo 25 avril |204. Baudouin, comte de Flandre» est proclamé empereur de Constantinople le 9 mai 1204, l'emportant sur son compétiteur Boniiaco, marquis de Montferrat, à oui Villehardouin s'était plus particulièrement attaché. L'empire fut partagé entre les chefs croisés. Villehardouin fut même en possession de plusieurs fiefb en Thessalie, avec le litre de maréchal de Roumanie. Ce fut dans ses nouveaux domaines qu'il écrivit sa chronique, également précieuse au point de vue historique et littéraire, le plus ancien monument d'historiographie nationale on langue française. Lo récit embrasse neuf années (1199-1207) ; il s'arrête à la mort de Honiface de Montferrat, marquis do Thossaloniquc, tué dans une embûcho par

les Bulgares. Le récit de "Villehardouin est, à proprement parler, uno autobiographie; mais, parle caractère impersonnel de l'auteur et 1 importance du rôle qu'il joua dans ces événements, l'œuvre est réellement devenue l'histoire de ces neuf années de la quatrième croisade. Le récit est rempli de détails précis et caractéristiques, incomparables pour l'étude des mœurs de l'époque. Le style est robuste et coloré, très pittoresque. Villehardouin était écrivain de tempérament et ne se souciait pas de faire de la littérature. Le manuscrit original fut découvert au xvi* siècle, dans les Pays-Bas, par un envoyé de Venise, François Contarini. 11 en fut commencé une édition, en 1573, par le sénat de Venise. Mais la difficulté de la publication arrêta l'impression. Aujourd'hui, non seulement le manuscrit original, mais tout ce qui avait été tiré de cette édition princeps est perdu. Deux éditions furent ultérieurement publiées, l'une à Paris, en 1585, l'autre à Lyon, en 1601. Ce qui en fait encore aujourd'hui la valeur, c'est (qu'elles ont été faites sur le manuscrit perdu. Paulin Pans a publié une édition de Villehardouin pour la Société de Ihistoire de France en 1838; mais la meilleure édition est celle de Natalis de Wailly, accompagnée d'une traduction en langage moderne (Paris, 1874).

Constantinople (la Prise de) ou l'Entrée des croisés à Constantinople, tableau d'Eugène Delacroix ( autrefois au musée de "Versailles, aujourd'hui au musée du Louvre). La ville vient d'être prise d'assaut : les chefs croisés, ayant à leur tête Baudouin, comte de Flandre , sont arrivés auprès d'un palais, d'où l'on arrache un vieillard éperdu. Ils s'avancent fièrement, à cheval, au milieu des familles éplorées et suppliantes. Au fond, sur le Bosphore, s'etagent les maisons blanches et les palais de Constantinople; entre ces constructions éloignées et les premiers plans, on aperçoit une mêlée.

Ce tableau, une des meilleures œuvres de Delacroix, a été exposé au Salon de 1841 , et à l'Exposition universelle de 1855. C'est une des belles pages de l'école française.

— Etre né sous une bonne, sous une mauvaise constellation. Avoir en partage un sort heureux ou malheureux.

— Encycl. Astron. A cause de la faiblesse de leurs déplacements angulaires relatifs, les étoiles paraissent former des figures invariables sur la sphère céleste; de loute antiquité, on les a groupées, pour les reconnaître aisément, en constellations ou astérismes, à aspect propre, dont le nom rappelle plus ou moins la forme. Los étoiles les plus brillantes ont des noms particuliers, et celles de chaque constellation, par éclat décroissant, sont désignées par les lettres successives de l'alphabet grec.

Mais les éclats sont beaucoup moins constants que la forme : ainsi, au xvii* siècle, toutes les étoiles de la grande Ourse étaient sensiblement aussi brillantes, tandis que la plus voisine de la queue est, aujourd'hui, beaucoup moins brillante (^ue les autres. Le compagnon de l'étoile médiane du timon, appelé Alcor, est visible à l'œil nu. Dans la constellation de Persée, existe aussi une étoile variable célèbre, Algol» qui paraît affectée d'un compagnon obscur.

La polaire, étoile de 2' grandeur, sert de point de repaire pour retrouver toutes les constellations ; son importance tient à sa très petite révolution diurne, de sorte uu'elle paraît immobile, extrémité de l'axe fictif autour auquel tournent les autres. Dans l'hémisphère austral, il

Constantinople {vues de). Parmi les peintres qui, depuis Decamps et Marilhat, ont entrepris de fixer sur la toile les vues éblouissantes de l'Orient, beaucoup sont venus chercher leurs inspirations sur les rives du Bosphore.

Il nous suffira de citer : Eugène Flandin, qui a exposé, en 1855, une Vue générale de Constantinople, le matin, eî une autre Vue prise en face des mosquées de Soliman et de la Sultane Validé; Th. Q\idin. Vue prise en face de Péra (Salon de 1840 et de 1855), une Vue prise du château des Sept Tours; Bogoluboff, artiste russe , une Vue prise du cimetière de Galala-Seraï, au clair de la lune (Salon de 1857); Durand-Brager, qui a peint une Vue de la Corne d'Or (Salon de 1861) ; Ziem, diverses vues de la Corne-d'Or, l'Entrée des Eaux- Douces d'Europe (1859), les Navires du port saluant le sultan au moment où il se rend à la mosquée; etc.

Constantinople (canal ou détroit de). V. Bos- PHORi': et Balkans (carte des).

CONSTANTINOPOLITAIN, AINE {stan, tin, tèn — de Constantinopolis, nom lat. de Constantinople), personne née à Constantinople ou qui habite cette ville. — Les Constan-

TINOPOLITAINS.

— Adjectiv. Qui appartient à Constantinople ou à ses habitants ; Lfs mœurs constantinopolitainks.

— Hist. Collège constantinopolitain. Collège fondé à Paris par Philippe Auguste, pour les enfants grecs qui devaient y étudier le latin.

CONSTANTINOVSKAÏA, localité de la Russie d'Europe (territ. des Cosaques du Dcm), sur le Don ; 8.810 h. Port, vignobles. Ch.-l. du premier cercle du Don, peuplé de 155.200 h.

CONSTANTSA, ville de la Roumanie. V. Knotendje.

CONSTAT [sta — mot lat. ; l'ind. de constare, conster) n. m

ou simplement Constat, Acte par lequel un huissier con State un fait préjudiciable à une partie.

CONSTATATION [sta, si-on) n. f. Action de constater; fait servant do preuve, examen aboutissant à une preuve : La CONSTATATION d'un fait scientifique, il La chose constatée : Les CONSTATATIONS d'un procès-verbal.

CONSTATER {sta — du lat. constare, supin C07istatum, être constant, certain) v. a. Vérifier et établir Fexactitude de, servir de preuve à : Constati^r un fait. Une charte ne peut créer la liberté, elle la constate. (De Custine.) il Consigner dans un écrit, certifier par un acte authentique : Constater un décès. (On dit aussi qu'un écrit, un acte constate quelque chose.)

Se constater, v. pr. Etre constaté : Phénomènes qui se constatent rarement.

~- Syn. Constater, avérer, vérifier. V. avérer.

CONSTELLARIA {stèl-la) a. m. Genre de bryozoaires articulés, famille des chœtéidés, comprenant des formes fossiles dans le terrain silurien, et ressemblant à des polypiers couverts do saillies en étoiles. L'espèce type est le constellaria antheloidea. (Ces bryozoaires sont encore rangés par certains savants parmi les madréporaires de la famille des monticuli^'oridcs.)

CONSTELLATION (stèl-la-si — lat. constellatio, même sens) n. f. Grouj»c d'étoiles que sa figure distingue des étoiles voisines, et que l'on se représente à part, sous un nom particulier, pour s'aider à retrouver la partie du ciel ou'elle occupe : La constellation du Bélier, de la Lyre, des Pléiades.

— Fam. Groupe d'objets épars sur un petit espace, comme les étoiles d'une môme constellation : Une constellation de taches de boue sur un hafnt neuf.

— Pig. Groupe do personnes illustres ou très considérées : Lamartine, Musset, Hugo, quelle constellation de poètes '.

— Poét. Influence dos astres, réglant le sort do chacun des hommes.

3' pers. sing. du prés, de Il Procès-verbal de constat

Entrée des croisés à Constantinople, d'après E. Delacroix.

n'y a point d'étoile importante voisine du pôle, tandis qu'il existe de très riches et très brillantes constellations. La position de chaque constellation paraît au reste, à la nii-me heure, modiliée en trois mois, u'un [uart de révolution autour de la polaire.

En tout lieu, il y a trois genres de constellations : les circompolaires, visibles toute la durée de leurs révolutions ; celles qui ont un lever et un coucher ; celles, enfin, qui sont constamment invisibles.

Le poète Ausone a groupé le nom des constellations zodiacales en deu.x vers :

Sunt : Aries. Taurus. Gemini, Cancer, L^o. Virgo, Libraque. Scorjiius, Arcitenens, Caper, Amphora, Pisces.

Elles eut une importance toute particulière ; il faut y rechercher, très anciennement, l'origine du cadran solaire et du préjugé de la naissance dans une bonne constellation ou sous une bonne étoile.

Les principales constellations sont les suivantes :

1" Région polaire boréale. La petite Ourse, Cassiopée, la Girafe, la grande Ourse, le Dragon, Céphée.

2" Région ooréale moyenne. AndromtJde, le Triangle, Persée, le Cocher, les Gémeaux, le Lynx, le Cancer, le petit Lion, la Chevelure de Bérénice , les Chiens de Chasse, le Bouvier, la Couronne boréale. Hercule, la Lyre, le petit Renard, la Flèche, le Cjgne, le Lézard.

Z" Région éguatoriale. Les Poissons, la Baleine, le Bélier, le Taureau, l'Eridan, Orion, la Licorne, le petit Chien, l'Hydre, le Sextant, le Lion, la Vierge, la Balance, le Serpent, Ophiucus, l'Ecu de Sobiesky, l'Aigle, le Dauphin, le petit Cheval, le Verseau, Pégase.

4*' Région australe moyenne. Le Phénix, le Sculpteur, le Fourneau, le Burin, le Lièvre, la Colombe, le grand Chien, le Navire, la Poupe, la Carène, les Voiles, la Boussole, la Machine pneumatique, la Coupe, le Corbeau, le Centaure, le Compas, TEquerre, le Loup, le Scorpion, le Sagittaire, le Télescope, la Couronne australe, le Capricorne, le Microscope, le Poisson austral, l'Indien, la Grue.

5" Région polaire australe. Lo Toucan, l'Hydre mâle, le Réticule, la Dorade, le Chevalet, le Poisson volant, le Caméléon, la Croix du Sud, la Mouche, le Triangle austral, l'Oiseau indien, l'Autel, le Paon, l'Octant. V. ciel (carte du).

CONSTELLER {stèl-lé — du lat. cum, avec, et Stella, étoile) v. a. Parsemer d'étoiles : Qui a constellé le ciel d'un nombre infini de mondes?

— Par ext. Parsemer : Décorations constellant unhabit. Constellé, ée part. pass. du v. Consteller.

— Qui est en lorme d'étoile : Pierre constellée. ^- Aslrol. Anneau constellé, Anneau magique, fabriqué

sous l'influence de certaines constellations, ou qui en porto les signes.

— Pharm. anc. Onguent constellé. Onguent que l'on fabriquait avec dos vers de terre desséchés et pulvérisés et de la graisse d'ours ou de sanglier.

CONSTER {stè — lat. constare; de cum, avec, et stare, être debout) v. impers. Etre constant, certain, établi par une preuve : Je vais prendre acte de pos-icssiou pour qu'il conste ostensiblement et ijéremptoircmcni en la cour de

l'antériorité de mon droit. {Ch. Nod.) TN'ost plu5 guère usitô 4U0 dans le stylo do la praticiuo.) CONSTERNANT [slrr-iian), ANTE adj. Qui constorno :

CONSTERNATION {,stèr, si~on — nui. consterner) n. f. Stupéraction, profond abattomont causé parun iHonnemont douloiiroux : Jeter la consternation dans mie famille.

CONSTERNER {ster-nè — lat. consterncre ; do cnin, avec, et .•iternfri', renverser) v. a. Au propre, Ronvorsor : Pendant que les armées consternaient tout... (Montosi]uiou.) jlnus.]

— Au fig., Jeter dans rabattement, dans une stupeur donlourouso : Noiirelle qui constkrnk nn pays.

CONSTIPANT {sti-pan), ANTE adj. Qui constipe : Le coin;/ est constipant. Il On dit plus ordinairomout astringent ou STYPTK'OE on médecine.

CONSTIPATION {sti, si-on — lat. constipatio, action dn resserrer) n. f. Pathol. Etat de celui qui no va pas, ou qui va difficilement à la garde-robe.

— Apic. Maladie des abeilles, qui se déclare ordinairement au printemps, et qui a pour cause, suivant les uns, un abaissement de la température; suivant les autres, l'hamidité de la ruche. (On recommande, pour la guérisoii. l'emploi, par litre de sirofi do sucre, de 5 grammes d'une dissolution alcoolique d'acide salicylique à 12»^05 par litre d'alcool.)

— Encycl. Pathol. La constipation est la stase, darr l'intestin, des matières fécales desséchées et dures. !.;' rareté et la difficulté des évacuations intestinales peuvem tenir à des causes très diverses. La constipation peut ctii d'origine alimentaire, par suite d'une nourriture trop ricli en principes azotés ; elle peut tenir à l'absence ou à l'in suffisance de sécrétion des sucs intestinaux; à un défau; de péristaltisme intestinal ; ou encore à un obstacle ménanique dû à une tumeur, à un rétrécissement intestinal Enfin, certaines intoxications (saturnisme), ou dos mala dies cérébrales et médullaires, ou même do simples nevropathies, peuvent donner lieu à de la constipation.

Quelle que soit la cause do la constipation, elle est pluou moins intense et, suivant les cas, constitue une indis position insignifiante ou, au contraire, une maladie grave A un degré prononcé, la constipation donne lieu à depesanteurs dans le bas-ventre et de la céphalalgie; l'appétit se perd et les digestions deviennent difficiles.

— Thérap. Le traitement de la constipation habituelle est très compliqué. Il faut user le moins possible de médicaments ; les purgatifs salés sont seuls permis poui provoquer une selle abondante; les purgatifs drastiquedoivent être prohibés. C'est le traitement hygiénique qu reste le meilleur remède. Il faut supprimer les causes d< la constipation : alimentation vicieuse ou absence d'exercice, et insister sur les aliments contenant de la cellu lose, des détritus non digestibles, peu volumineux e n'irritant pas la muqueuse. Le lavement d'eau bouillie peu être pris impunément. Le massage, l'hydrothérapie, l'elec tricité donnent de bons résultats.

CONSTIPER (sti — lat. constipare; de cum, avec, ot s( pare, épaissir) v. a. Causer de la constipation à; Il fuh éviter de constipiîr les enfants.

Constipé, ée part. pass. du v. Constiper.

— Fam. Contraint, anxieux, embarrassé : Aj'0(> un ai

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