CORONAL — COROT
Art vétér. Os coronaire. La deaxiùme phalange du
cheval où se produit la couronne.
Bot. Qui a des tubercules rangés en couronne.
Encycl. Anat. Le mot coronaire sert à designer une
disposition particulière en forme de couronne quaffecteut certains organes. Aiusi, le ligament coronaire du foie est un repli fibreux qui appartient à la tunique péritouéale enveloppante du foie ; les artères et les veines coronaires cardiaques sont les vaisseaux propres du cœur ; les artères coronaires labiales appartiennent aux lèvres; entio, l'artère coronaire stomacliique est une des branches du tronc cœliaque, qui se dirige vers le cardia et la petite courbure de l'estomac.
Suivant Sœmmeriag, les quatre artères de l'estomac sont appelées « coronaires » ; ce sont la coronaire proprement dite, les deux gastro-épiploïques et la pylorique.
CORONAL, ALE, AUX (du lat. coronalis. même sens) adj. Anat. Se dit de l'os qui forme la partie antérieure du front : Os CORONAL. (On l'appelle aussi os frontal.) il Substantiv. :
XeCORONAL.
Astron. Se dit de l'atmosphère extrême du soleil,
placée au delà du chromosplière.
— Bot. Pêrianihe coronat, Périanthe qui enveloppe circulairement les organes sexuels.
CORONANGO, ville du Mexique (Etat de Puebla ) ; 3.740 hab.
CORONARIÉES n. f. pi. Grande classe du règne végétal, dans la méthode d'Endiicher, renfermant les familles liliacées, pontédéracées, mélanthaeées, smilacées et joncées. —
Une CORONARIÉB.
CORONATEUR {du lat. coronare, couronner) n. ra. Celui qui couronne icmployé par de Saci dans ses traductions).
CORONAT {nu) n. m. Monnaie frappée, à partir de la fin du xit" S-, par les comtes de Provence et imitée par CharlesleMauvais, roi do Navarre. (Il y a des sols et des deniers coronats.)
GORONDA, Coronat.
ville de la république Argentine (prov. de Santa-Fé), ch.-l. du dép. de San-Ieronimo ; 2.255 hab. Ch.-l. d'un district peuplé de 3.275 habitants. — Au N. de Coronda, se trouve la colonie allemande de San-Carlo.
CORONE, ville de l'anc. Grèce, dans le Péloponèse, sur le golfe de Messénie. Fondée par Eparainondas, au pied du mont Lykûdimo, cette ville remplaça la cité homérique d'Œpeia. On voit encore des restes considérables du môle antique qui servait à protéger le port. En I82S, la position de cette ville fut occupée par l'armée française; on y a établi, depuis, une colonie de Maïnotes.
GORONÉE, ville de l'anc. Grèce (Béotie), non loin du lac Copaïs. En 447 av. J.-C, les Béotiens y vainquirent une armée athénienne. Le roi de Sparte, Agesilas, y remporta, en 394, une victoire sur les ïhébains. Les Phocéens s'en empareront à deux reprises pendant la guerre Sacrée ; plus lard, elle tomba au pouvoir de Philippe de Macédoine, oui la donna aux Tnébains. Au m' siècle av. J.-C, elle embrassa la cause de Philippe de Macédoine et de Persée, ennemis des Romains. Pillée et dépeuplée après la bataille de Pycéna, elle perdit beaucoup de son importance; l'invasion musulmane acheva sa ruine. C'est aulourd'hui un bourg sans importance appelé Cotnaria.
CORONEL OU CORONNEL {ro-nèl') n. m. Ane. forme de
COLONKL.
— En T. de techn., Grosse et large dent placée aux extrémités du peigne du métier à tisser, pour le renforcer.
CoRONEL, ville et port du Chili (prov. de Concepcion), sur la baie d'Arauco ; 2.290 hab. Ch.-l. du dép. de Lautaro. Aux environs de Coronel, mines de houille, dont les principales sont celles de Coronel, de Rojas et de Puchoca.
GORONEL (Alphonse), gentilhomme espagnol, mort en 1353. Il avait acquis une grande réputation dans les luttes contre les Maures, et gagné la faveur de Pierre le Cruel. Mais l'inimitié du premier ministre Albuqucrque l'obligea à quitter la cour. Il se jeta dans la révolte des frères oàtards du roi. Assiégé dans Aguilar par Pierre le Cruel, il fat pris, conduit dans le camp royal et exécuté. Les récits qui concernent sa fille, Dona Maria, sont dramatiques. Ayant appris que le roi de Castille, épris de sa beauté, venait l'arracher du couvent où elle s'était réfugiée, elle se serait mutilé le visage avec une épée, et ainsi, toute sanglante, se serait présentée devant Pierre le Cruel.
GORONEU.Ei'nèr)D. f. Genre de reptiles ophidiens, type de la tribu des coroneUiné8,com-
rrenant des coueuvres assez petites, à queuo courte et non distincte du corps, à tête plate, à museau court.
(Répandues surtout dans l'hémisphère boréal.
CoroDcllc lisse.
les coroneiles ne sont pas venimeuses ; elles comptent quelques espèces en Europe; parmi elles, la coronella Ixvis ou Austriaca est commune en Franco; lâcoronelle lisse ou coronelle bordelnisese rencontre fréqucmmontdans laGironde.)
GORONELLE (nèV) D. f. Tringles de fer maintenant en place les dents d'un peigne d'acier, li Petite pièce de bois de forme arrondie et surmontant, en guiso de chapeau, la bobine, dans les moulins à dévider la soie.
GORONELLI (Marc-Vincentj, géographe italien, né à Venise vers 1650, mort en 1718. Appelé à Paris par le cardinal d'Estrées. il y construisit deux (^'rands globes : l'un terrestre et l'aulro céleste, d'une parfaite exécution, qui sont conservés à. la Bibliothèque nationale. De retour à Venise en 1885, Coronelli Jut nommé cosmographe de la république, et fonda une Académie de géographie. lia publié, entre une série do réductions do ses doux grands globes, un grand nombre do cartes et d'ouvrages, dont les prin-
cipaux sont ; Atlante veneio (1690); Storm veneta; Borna antica e moderna (1716).
CORONELLINESn.in.pl. Tribu de reptiles ophidiens colubriformcs, famille des colubridés, comprenant les genres coronelle. tachjmenis, psammophylax , ablabes, simotes, liop hi s, enjthro lampes, ayant pour caractères communs : queue courte et non distincte, tête un peu plate à museau arrondi, obtus; dents antérieures plus courtes que les autres. (Les couleuvres de la famille des coronellidés sont de taille médiocre : elles ont des représentants dans toutes les régions du globe et dans les formations d'eau douce miocènes.) —
l/n CORONKLLINÉ.
GORONEOS (Pavos), révolutionnaire grec, né à Constantinoplc en ISll. Il servit successivement dans l'armée grecque, en Crimée dans l'armée russe, puis, en 1860, dans l'expédition française de Syrie. Accusé de conspirer contre le roiOthon, il fut enferme, et, s'êtant échappé, il se mit à la tète de l'insurrection. Il fut blessé et, de nouveau, jeté en prison, où il resta jusqu'en 1862, époque où le roi de Grèce fut chassé de ses Etats. Coroncos fut ministre de la guerre dans le nouveau gouvernement. En 1866, il se mit à la téie tle l'insurrection crétoise, puis rentra dans sa patrie, lorsque la Crète retomba aux mains des Turcs.
CORONÉPHORES (du gr. korânê. couronne, et pherein, porterj n. m. pi. Colons des Sicyoniens, attachés à la terre et payant des redevances fixes à leur propriétaire. — On
CORONÉPHORE.
CORONER {neur — mot angl. ; du lat. corona, couronne) n. m. Officier de justice anglais : Le chef justicier du banc du roi est le premier coroner du royaume.
— Encycl. Les coroners sont des officiers publics oui, dès l'époque de Richard Cœur de Lion, assistaient le shérif. Au xm* siècle, leurs fonctions étaient déjà de faire des enquêtes dans les cas de mort violente ou accidentelle. Ils ont encore ces fonctionsaujourd'hui. Accompagné d'un jury de quinze ou dix-huit freeholders, le coroner détermine les causes des morts douteuses, des incendies et autres catastrophes. Si le jury émet une accusation d'homicide contre un individu, le coroner peut faire arrêter celui-ci. Le coroner intervient d'ailleurs dans tous les cas de mort extraordinaire , lors même qu'il n'y a pas lieu de soupçonner un crime.
CORONET [ny] n. m. Petite couronne qui sert d'insigne à la pairie anglaise ; Porter le coronet.
GoRONGO, ville du Pérou (dép. d'Ancachs), dans une haute vallée des Andes ; 3.000 hab.
CORONGUITE [ghiC) n. f. Antimoniate naturel de plomb et d'arijoiil.
CORONIFORME (du lat. corona, couronne, et de forme) adj. Qui est en forme de couronne.
GORONIL, bourc <l'Espagne (Andalousie [prov. de Sévillel); 5.000 hab. ^^Moulins à huile, distillation d'eau-devie. Beau château du xiv* siècle.
CORONILLE {Il mil. — espagn. coronilla, petite couronne) n. f. Métrol. Monnaie d'argent espagnole, qui vaut 5 fr. 206. Il On dit aussi dolîro.
— Bot. Genre de légumineuses,,tribu des papi'.ionacéeshédysarées. comprenant une vingtaine d'espèces qui croissent dans l'Europe centrale et autour du bassin méditerranéen. (Plusieurs espèces sont cultivées dans les jardins comme ornements.) La coRO- NiLLE des jardins croit naturellement dans la partie méridionale de l'Europe. (Bosc.)
CORONILLÉES {ni -lié {U mil.]) n. f. pi. Section de la tribu des hédysarées, dans la famille des légumineuses, ayant pour type le genre coron'ille. — Une coronillke.
GORONINI-CRONBERG (François, comte de), homme politique autrichien, né en 1833. Fils de Jean-Baptiste Alexandre, chargé de l'éducation de François-Joseph, il fut le compagnon d'études du futur empereur. Après avoir servi dans l'armée et s'être retiré, en 1867, avec le grade do colonel, il fut élu, en 1870, membre du Landtag et, l'an d'après, député au Reichsrat. Ardent annexionniste, il approuva la politique orientale d'Andrassy et l'occupation de la Bosnie. En 1879, il fut élu président de la Chambre des députés.
GORONIS {niss — du gr. korônis. courbe) n. f. Marque que l'on faisait à la fin do tout ouvrage, dans les manuscrits grecs, il Signe servant à marquer une crase, chez les grammairiens grecs, et de même forme que l'esprit doux.
CORONIS {niss) n. f. Genre d'insectes lépidoptères, famille des uraniidés, comprenant de beaux papillons américains, dont les antennes droites, terminées on massue, les ailes inférieures à queue obtuse, établissent une ressemblance avec les formes diurnes. (On en connaît quelques espèces, toutes propres à l'Amérique du Sud.)
GoRONIS. Myth. gr. Fille de Phlégyas, aimée d'Apollon, qui la rendit mère d'Asklépios. (Elle trahit l'amour du dieu, et périt victime de son infidélité.) — Fille de Coroaéo, roi do Phocide. (Poursuivie par Poséidon, elle implora le secours d'Athéna. qui la changea en corneille et fit d'elle sa compagne.) — Une dos Ilyades. — Jeune fille de Thrace. qu'enleva Hutès, pendant qu'elle célébrait avec ses compagnes les fétos cio Dionysos. — Une des nvmplies à qui Zons confia l'éducation de Dionysos, dans l'île de Naxos.
GoRONIS n. f. Planète télescopique, n*" 158, découverte par Knorre, en 1876.
CORONOÏDE (du gr. horônâ, corneille, et eidos, aspect.) a-lj, S(î dit do cortaincs apophyses quo leur forme a fait comparer au boc d'une corooillo : Apophyses coronoIdks.
— Encycl. Les apophyses coronoïdes sont chez l'iioniino au nombro do doux paires : colles des cubitus, situées
Coronille variée : o, fruit.
CorODÎs (réd. de moitié).
à la partie antérieure et supérieure de ces os, ot celles du maxillaire inférieur, situées en avant dos articulations temporo-maxillaires, et donnant insertion aux muscles temporaux.
CORONOÏDIEN, ENNE {di-in, en') adj. Qui appartient à une apophyse ou aux apophyses coronoïdes.
— Cavité coronoidienne. Cavité de l'humérus où se loge l'apophyse coronoïde du cubitus.
CORONOPORE ou CORONOPORA n. m. Genre de bryozoaires gymnolémates, sous-ordre des cyclostomates, famille dos'corymboporidés, comprenant des colonies calcaires dont le's zoécies sont disposées par séries multiples. (L'espèce type du genre habite les mers du nord.)
GORONOS. Myth. gr. Fils do Thersandre et petit-fils de Sisyphe. (Il hérita d'Athamas. dont il était petit-neveu, et fonda Coronée.) — Fils d'Apollon et de Cbrysorté : père de Corax et de Laomédon, et roi de Sicyone. — Roi des Lapithes, fils de Cœnée et père de Léontéc. (U attaqua les Doriens et fut tué par Ilêraklès.)
CORONULE n. f. Genre de crustacés, type de la famille dos coromdidés, renfermant les formes dont la couronne, plus large que haute, est composée de six pièces.
(Les coronules vivent sur les baleines, réunies par groupes étroitement fixés à la peau.)
CORONULIDÉS n. m.
pi. Famille de crustacés cirripèdes thoraci- (|ues operculés, comprenant les coronules, xénobalnnes, tu hicinelles, platylépaaes et autres genres caractérisés par leurs pièces calcaires mobiles, et leur couronne asymétrique. (Les coronulidés vivent, sans exception, sur la peau des cétacés : baleines, dauphins, etc.) — Uji coronulidk.
COROPHIE (/'i}ouCOROPHlUM (;î-oï«') n.m. Genre do crustacés, type de la tribu des coropUiinés, comprenant de petits animaux littoraux n'ayant de pinces didactyles qu'à une paire de pattes antérieures, et qui courent rapidement dans la vase à marée basse, dévorant les mollusiiues et autres êtres échoués. (On les trouve sur les côtes de l'Europe moyenne et boréale.)
COROPHIIDÉS
Coronille : 1. De profil; î. De dessus.
Corophie longicorne
pi. Famille de crustacés amphipodes, sous-ordre de crevettines, caractérisée par la forme cylindrique du corps et la disposition des pattes qui permet à ces animaux de marcher. (Les corophiidés se subdivisent en deux tribus : corophiini i, podoccrinés.) — Un corophiidé.
COROPHIINÉS n. m. pi. Tribu de crustacés amphipodes» famille des corophiidés, renfermant les genres coropkie, c>/}-tophie, essentiellement caractérisés par leurs antennes inférieures modifiées en pieds et leur dernière paire de pattes dépourvue de crochets. — Un corophiine.
COROPLASTE {plassf — du gr. korê , jeune fille, et plassein, former) n. m. Antiq. gr. Modeleur de poupées ou do tiguiines en terre cuite, en cire, en plâtre, etc.
COROSSOL n. m. Nom vulgaire du fruit du corossolier ou anone muriqué", donné aussi quelquefois, par extension, à l'arbre lui-même.
— Encycl. Les corossols, qui portent aussi les noms d'anojie, astminier, cackiment, chérimoUer, etc., croissent dans les régions tropicales des deux continents. Leur bois est utilisé dans les arts industriels; l'écorce, les feuilles, les fruits sont employés en médecine. Ces derniers sont souvent alimentaires.
Le corossol hérissé [anona muricata), vulgairement sapadille, anone hérissée, pomme de camielle, etc., est un jietit arbre qui, par la taille et le port, ressemble assez à un poirier.
Ses feuilles sont persistantes, et ses fieurs, qui se succèdent toute l'année, ont une odeur agréable.
Il produit dès la troisième année, et donne, deux fois par an, des fruits en forme de cœur, qui pèsent jusqu'à 4 kilogrammes. Ces fruits, sous une enveloppe vert jaunâtre, hérissée de pointes molles, renferment une pulpe fibreuse, charnue, blanche, parfumée, d'une odeur agréable et légèrement acidulé. On les estime beaucoup comme rafraîchissants; mais on CorossoI:a, fruit coupé, n'en fait usage que lorsqu'ils ont
atteint leur complète maturité. On les mange crus ou cuits au four ou dans l'eau, ou glacés comme les marrons ; on en fait aussi dos crèmes et des beignets. Enfin, on en obtient une boisson vineuse, agréable et rafraîchissante, enivrante mémo, mais qui ne se conserve que très peu de temps, ot ne tarde pas à se transformer en vinaigre. En médocino, on l'emploie comme béchique, tonique et antiscorbutique. La variété à fruit arrondi, plus particulièrement appelée pomme de cannelle, a une chair plus fondante, plus sucrée et plus parfumée. Les feuilles, macérées dans l'iiuile, servent à faire des cataplasmes maturatifs.
Le corossol écailleux, appelé aussi hattier, a des fleurs qui ont une odeur forte et désagréable. Ses fruits, moins estimés que ceux de l'espèce précédente, sont néanmoins parfumés ot rafraîchissants. Cuits dans l'eau avec du gingembre, avant leur entière maturité, ils constituent un bon aliment. Quand ou en mange trop, ils deviennent laxatifs et causent même des vertiges : on évite d'en donner aux malades. L'enveloppe du fruit est astringente. Les graines , les bourgeons et les racines sont employés, en tisane, contre la dysenterie. Los racines renferment une matière tinctoriale rouge. Les fouilles servent à parfumer le rhum.
COROSSOLIER [ro-so-U-é) n. m. Bot. Nom vulgaire do l'anoiio muriquée.
GOROT (Jean-Baptistc-Camillc). peintre, né à Paris en 1796, mort on 1875.11 fut d'abord destiné au commerce, puis obtint d'étudier sous Michallon ot Victor Bertin. II lui est resté quoique chose do son éducation classique. Si justement épris qu'il fût do la nature, Corot a rarement résisté
au busom de peupler ses paysages do quelques fif^ures invlhologii|uos. U so reudit on Italie on 1825, et y nt un jtromior séjour do trois aus. Il y rutounia en \SM, et visita Komo en I84y, mais la plus grande partie do sa vie s'écoula dans la farôt do Fontainolileau ou les bois de Villed'Avray. PoCîto à un degré supérieur, il se distingue par la sérénité do ses ciels do printemps, le cliarnio pénétrant de l'eau, do l'air, dos lumières voilôos, des brouillards d'argent, dos forêts, l'idéalisation do la nature vraie et des paysages. Ses tableaux, fort nombreux, sontaujourd'imi très rechorcliés ; on les goûte comme autant de pages exquises, mais pendant longtemps le peintre eut ù. compter avec la routine, le i)arii pris et l'injustice.
Citons, parmi ses toilos principales : Diane et ses nymphes (au musée do Bordeaux) ; une Vue de La Hochelle ; la Toilette ; le Pai/saye du musée du Luxembourg; le Lac de Némi ; te Èaptéme de Ji^sits- Chrisl (à Saint- Nicolas -du- "^
Chardonnot) ; le Petit Berger (au musée de Metz) ; un Saint Ji^rùine (à l'église de Villed'Avray) ; le Matin et le Soir, un Paysage, l'iitoile du soir, Effet de matin , Souvenir de Alarcouss!/, l'Incendie de Sodome , Nyynphe jonant avec l'Amour , Souvenir de Villed'Avray, Dartse de nymphes, les Bûcherons, Bihlis et les Plaisirs du soir, danse antique, une de ses plus belles œuvres.
GOROUBEH, officier syrien,
3ui fut primitivement esclave u prince liamdanite Seïf-ed- Daulah Ibn-Hamdan. Kn 358 de l'hégire (968 de J.-C), il s'empara delà ville d'Alep,d'oû il chassa Abou-Mealy, îîls de Seïf-ed-Daulah- Assiégé dans Alep par l'empereur grec Nicéphoro, il offrit de payer un triout annuel à ce prince, et parvint ainsi à conserver sa souveraineté. Il fut renversé par un do ses officiers, Bekdjour, qui était devenu son vizir (366 de l'hégire; 976 de J.-C.). Il mourut en prison, un peu plus tard.
COROWA, ville d'Australie (Nouvelle-Galles du Sud), sur le Murray ; 3.500 hab. Commerce de beurre, de fruits secs et de conserves.
COROYÈRE [ro-ièr') n. f. Bot. Nom vulgaire delà coriaire.
GOROZAL, ville des Antilles (île de Porto-Rico [dép. de Bayamon]), sur un petit fleuve côtier ; 9.620 liab. — Ville de la Colombie (Etat de Bolivar), sur un plateau de savanes, où paissent de nombreux bestiaux; 3.6oo hab. Exportation considérable. — Ville de l'Amérique centrale (Honduras britannique), à l'embouchure du rio côtier Nuevo ; 5.000 hab. Plantations sucricres.
COROZO n. m. Substance vég;étalc, tirée des graines d'une plante originaire de l'Amérique du Sud ( phytéléplias à gros fruits). On travaille au tour cette matière, dont la coloration est blanche. On en fabrique des boutons et divers objets élégants. (On l'appelle aussi ivoire végétal, à cause de sa ressemblance avec l'ivoire proprement dit.)
CORP {korp') n. m. Nom vulgaire do l'ombre chevalier.
GORPEAU, comm. delaCôte-d'Or,arrond. et à 13 kilom. de Beaune, non loin de la Dheune ; 421 hab. Tonnelleries, vignobles produisant de bons vins ordinaires.
CORPIN n. m. Corset de femme, en usage au xvi* siècle, et(iui était un corps agrafé sous la robe dont il faisait la taille. (Il est probable qu'on entendait sous ce nom les corsets sans armature de métal, auxquels les coches de bois ou les buses en baleine donnaient une certaine rigidité.)
CORPON ou CORPOU n. m. Cinquième chambre, à la tête de la madrague qui sert à pêcher le thon.
CORPORAL (lat. corporale; de corpus, ori'j, corps) n. m. Linge bénit nue le prêtre étend sur l'autel, pour y déposer le calice et l'hostie pendant la messe : Des corporaux.
— Encvcl. Cette pièce de lingerie liturgique, destinée à représenter le suaire do Jésus-Christ, était, à lorigine, beaucoup plus grande qu'aujourd'hui. Afl'ectantla forme et les dimensions d'une nappe, elle se disposait sur 1 autel, dont elle habillait presque complètement le dessus, et souvent elle était ornée de broderiesdisposéosen bordure ou sur son plein, comme on peut le voir sur le corporai conservé dans l'église de Sainte-Fortunado (Corrèze ). Ce rare exemple d'une pareille broderie do soie en couleur sur lin date du xv« siècle. Aujourd'hui, les corporaux no dépassent guère trente centimètres carrés, et sont do fine toile sans aucun ornement.
COR^ORALIER {ll-i}) n. m. Boîte dans laquelle on serre les corporaux. (On dit aujourd'hui nouRSR.)
— Encycl. Autrefois, les corporalicrs étaient des coffrets de bois ou d'ivoire soigneusement travaillés, ou dos étuis en métaux précieux, ou encore des custodes brodées. I^es dimensions sont, on général, de O^.SO do longueur et de largeur, sur une épaisseur do O^iOG. Beaucoup do ces corporalicrs étaient faits de carton couvert do soie brodée au métier ou passementéo.
CORPORALISER v. a. Rendre corporel, matérialiser. CORPORALITÉ (lat. corporalitas ; de corporalis, corporel) n. f. l^tai. \\i.' ce qui i*st corporel.
— Anton. Incorporante, spiritualité.
CORPORATIF, IVE adj. Qui a rapport aux corps ou corporations : fondation coRron\TiVB. il Esprit corporatif. Esprit do cori)s.
CORPORATION {si-on — du lat. corpus, oris, mPmo sens) n. f. Association do personnes ayant dos règles, dos obligations, des droits, des privilèges qui leur sont communs. iiEn Angleterre, Conmiunautô civile composée dos habitants d'uno lo<!alité, à (jui une patente royale a donné lo droit «l'avoir un sceau, d'acquérir, d'aliéner comme un particulier.
COKOUBEH
CORPS
fSSi^^ë^.
Corporal.
— Encycl. I. A Rome, uu collegium ou co>'pus devait être composé au moins de trois pi-rsonnes, dont on disait qu'elles étaient corporati; elles avaient une propriété commune et pouvaient ôtro représoutées jiar un délégué. Leur droit était limité, et le pouvoir do former des corporations était restreint. 11 y avait quatre sortes de corjiorations : 1" les corporations de villes, civitates ; 2^ les (corporations religieuses, collegia do prêtres, dos vestales; 3" dos sociétés officielles, comme les scribas, employés d'administration ; 4" les corporations de métiers, fabripictores, }iavicularii, etc.
La ghilde gerinauiiiue et Scandinave, association d'assurance mutuelle, consacrée par dos festins religieux, constituée en petite républicjue, se répandit en Gaule après les invasions. Le collegium romain et la ghilde engendrèrent la corporation.
Dès 630, on constate rexistenco d'une corporation de boulangers. Une charte de U34 parle des « antiques étaux" des bouchers de Paris; une autre de 1162 parle de " lancienneté des coutumes dont ont joui depuis longtemps les bouchers » et ordonne leur rétablissement. Les statuts des chandeliers de Paris datent de 1061. La. corporation des cordonniers de Rouen date de Henri I"'.
On trouve, dès lo règne de Louis VI, la corporation dite la Hanse parisienne de la i7iarc/iandise de l'eau ; elle grandit jusqu'à Philippe Auguste. Elle avait le privilège do la navigation sur la Seine et l'Yonne, entre Mantes et Auxerre. Le marchand forain qui n'était pas » hanse « était tenu « de prendre compagnie d'un bourgeois hanse i; celui-ci avait le droit de prendre la moitié des marchandises du forain au prix déclaré. La hanse avait la charge do l'entretien des chemms de halage, dos cours d'eau, des ports et quais; puis les attributions de ses magistrats s'étendent : ils veillent à la garde de la ville, tondent les cliaînes des rues, ont les clefs des portes, entretiennent les fortifications, les rues, les fontaines, et perçoivent les revenus communaux. Le premier administrateur de la ville s'appelle prévôt des marchands ; l'ancien Hôtel de ville est la maison des ?}iarchatids. Le sceau est le « scel de la marchandise de l'iaue " ; et c'est de là que vient la nef qui se trouve dans les armoiries de la ville de Paris.
IL Toutes ces corporations et hanses étaient moins occupées de se développer que de prévenir la concurrence. Les bouchers, qui étaient une corporation des plus anciennes et des plus puissantes, avaient d'abord étal au parvis Notre-Dame; puis ils se transportèrent auprès du Châtelet, dans le quartier oii le nom de la Tour Saint- Jacques-la-Boucherie perpétue leur souvenir. Quand la famille d'un boucher de la Grande Boucherie de Paris s'éteint, son étal fait retour à la communauté ; du nombre de dix-neuf en 1260, ces familles étaient réduites à quatre en 1529, et, au commencement du xviu" siècle, elles avaient encore la prétention d'être propriétaires de tous les étaux de Paris.
Le pouvoir royal voulut englober les corporations, afin qu'elles ne pussent agir en dehors de son action et afin do s'en faire une source de revenus. Louis IX mit la main sur le prévôt des marchands, et en fit l'homme du roi au lieu de l'homme de la hanse. Il nomma à ce poste Etienne Boileau (1254), qui obtint des corporations que chacune établît ses droits en les faisant enregistrer; en 1258, le Livre des métiers était terminé. Les bouchers seuls avaient refusé de s'y inscrire.
Mais Etienne Boileau avait laissé chaque corporation enfler ses prétentions. Alors éclatèrent les contestations sur lesquelles spécula Philippe le Bel. Lo roi devint le souverain arbitre. Défense aux corporations de s'occuper de leurs atfaires en dehors de la surveillance du roi; défense de s'assembler pour délibérer, sans l'autorisation du prévôt des marchands, et en dehors de la présence du procureur du roi. En 1358, le régent Charles a l'air de proclamer la liberté du travail, en disunt que « tous ceux qui peuvent faire œuvre bonne peuvent ouvrer dans la ville do Paris », mais le travail devient un privilège que lo roi accorde moyennant payement. La royauté multiplie les obstacles pour arriver à la maîtrise, et double le monopole des maîtres du monopole royal. Il fallut « acheter le métier au roi ». Louis XI s'arrogea lo i)rivilègo do créer une nouvelle maîtrise par corporation, à son avènomont, et do la donnera qui bon lui semblerait. Il organisa les gens do métiers en soixante et une bannières, et, par une ordonnance do 1467, il réglementa lo travail, on lixa les heures.
Henri III promulgua, en i.'i81, un édit destiné à apjdiquor une législation uniforme à toutes les corporations do France. Henri IV, en 1008, sous prétexte do mettre un terme à la tyrannie des maîtres, révoqua toutes les créations do maîtrises antérieures à son avènenuMit. C'était une excellente spéculation. Los anciennes niaitrises étant détruites, on on créa do nouvelles au profit du roi. Colbcrt enserra les corporations dans un roseau de règlements étroits et minutieux.
III. Lo pouvoir royal n'établit point la paix parmi los corporations, qui étaient en guerre constante. Les plus puissantes écrasaient les plus faibles. Ainsi, celle des
drapiers, plus forto que celle dos tisserands à façon et que celle dos foulons, les contraignait à accepter on payement des marchandises de toutes sortes, au lieu do de-
niers comptants.
Les marchands no voulaient avoir rion do commun avec les artisans. Les merciers so vantaient d'avoir détaché do leur corps les tapissiers, qu'ils considéraient comme devant appartenir à la catégorie dos artisans.
A Paris, il y avait six grandes corporations do marchands : les drapiers, les épiciers, los pelU'tiers, les bonnetiers, les orfèvres. Ils avaient seuls lo droit d'aller, à la suite du corps do ville, recevoir les princes et do porter lo dais sur leur této. Jamais los boulangers ni les bouchers ne purent prendre part à ces honneurs. Ce ne fut qu'en 1685 quo les marchands de vin obtinrent ce privilège, après une lutto longue et onérouso.
Entre les six corps de métier s'élevaient des questionsdo préséance : les drapiers étaient los premiers. Los épiciers englobaient los apothicaires. Los merciers étaient les phis importants par leur nombre, ot ce corps passait pour plus riclio que los cin([ autres.
Los criours jurés étaient chargés do crlor los choses égarées, « comme : enfants, mules, chevaux ot autres a. Lo Livre de la taille do 12y2 mentionne un crieur des aveugles. Los crieurs représentaient lu publicité; c'était une ciM'porution riche, très (ronsidèrée, ayant lo monopolo de la vente du vin A la criée. Lo crieîir pouvait entrer chez un marchaud do viu, prondro un hanap do sn mar-
chandise, s'installer à sa porto, la faire goûter aux passants et la vendre. C'était la criée forcée. Les crieurs jurés annonçaiont los morts ot, eu 1415, ils eurent lo monopole des pompes funèbres.
IV. Au soin de chaque corporation, on retrouvait le môme esprit d'exclusivisme ; elle so divisait eu classes, on castes : les jurés, les maîtres, les ouvriers, les apprentis.
Le nombre des apprentis était fixé : les maîtres tanneurs et teinturiers no pouvaient en prendre que deux. Pour devenir apprenti, il fallait n'être point entaclié de bâtardise. L'apprentissage se prolongeait jusqu'à neuf ans chez les baudroyers, dix ans chez los cristalliers, douze ans chez los patenôtriers. L'année était évaluée on moyenne à vin^t sous d'argent. Celui qui no pouvait payer eu argent devait s'acquitteren sacrifiant un nombre égal d'années. Lo règlement permettait d'augmenter la charge : » Plus argent et plus service peut-il prendre, si faire se peut.» L'apprenti était un serf, livré complètement à son maître. Tous les règlements parlent des obligations de l'ajiprenti : il n'y en a qu'un, celui des drapiers, qui parle des obligations du maître.
Sorti d'apprentissage, /e compagnon s'appelait c valet » . A Paris, il ne pouvait être embauché que s'il y avait fait son apprentissage. Le règlement des foulons exigeait qu'il fût possesseur au moins de cinq robes. Le compagnon doit se rendre chez son maître à la pointe du jour, n'en sortir qu'au soleil couchant. Nulle possibilité, pour le compagnon, de rompre son engagement.
Dans certaines corporations, il no peut jamais devenir maître. Dans d'autres, il peut le devenir, s'il fait un chefd'œuvre qui lui demandera jusqu'à huit mois de travail ; s'il peut payer à la corporation, à la confrérie, aux gardes des sommes relativement considérables; s'il peut séduire ses jurés à force do dîners et de banquets, et si les jurés de la corporation consentent à se donner un concurrent et à accepter comme confrère leur valet de la veille. Au XVII* siècle, les frais du banquet pour un maître drapier s'élevaient à 3.240 livres. Le pri.x do la maîtrise, en dehors du banquet, était de 1.200 à 1.500 livres pour un serrurier, un charpentier, un menuisier. Il y avait peu de chances d'arriver à la maîtrise pour ceux qui n'étaient pas fils de maîtres.
Les maîtres eux-mêmes étaient écrasés par les syndics, jurés, prud'hommes, gardes du métier, visiteurs, etc., dont la réunion portait le nom de n syndicat u ou "jurande ». Ils jugeaient les différends, pouvaient même frapper les membres de la corporation de peines corporelles. Ces fonctions se transmettaient comme héritage.
A la fin du xvii' siècle, Paris comptait 1.551 communautés d'artisans, comprenant 17.080 maîtres, 38.000 ouvriers, 6.000 apprentis.
V. Mais il y avait des métiers qui échappaient à celto absorption. Des compagnons intelligents et indépendants allèrent se réfugier au faubourg Saint-Antoine dans une farouche indépendance. (,}uand, en 1581, Ilrnri III prescrivit à tous les gens de métiers do la ville ot des faubourgs de lui acheter des maîtrises, le faubourg Saint- Antome refusa d'entendre.
Aux états généraux de 1614, le tiers état demanda que « toutes maîtrises érigées depuis les états tenus dans la ville de Blois, en l'an 1576, fussent éteintes, sans quo, par ci-après, elles pussent être remises, ni aucunes autres nouvelles établies, et fût l'exercice desdits métiers laissé libre aux pauvres sujets ». Gournay, intendant du commerce en 1751, fait entendre sa protestation : « Laissez faire, laissez passer a contre les monopoles que s'attribuaient les corporations. Turgot, par son édit de 1776, abolit les corporations, maîtrises et jurandes. Il affirmait que " le droit de travailler était la propriété do tous, et la première, la plus imprescriptible de toutes «.
Tous les jurés et maîtres se soulevèrent. Los corporations furent rétablies la môme année. Treize ans plus tard, l'Assemblée nationale proclamait la liberté du travail, et la loi du 2-17 mars 1891 déclarait que désormais o il serait libre à toute personne de faire tel négoce, d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouverait bon •.
— BiDLioGR.: Etienne Boileau, /e/,ii're(/e« »tt'/tV»\'f. publié par Depping ; Levasseur, Histoire des classes ouvrières en Fra7}ce (Paris, 1S59); Chéruol, Histoire de l'administration monarchique en />(jiice (Paris, 1855); Dareste, Histoire de l'administration en />«Hce (Paris. 1848); Sauvai, Antiq^iiités de Paris; Félibien, Histoire de Paj'is ; Lo Koux do Lincy, Histoire de l'Hôtel de ville de Paris (Paris, 185S) ; Géraud, le Livre de la taille en ti9'2; O. Lacroix, Histoire des anciennes corporations, etc., de la capitale de la Not^nandit} (Rouen, 1850); E. Martin-Saint-Léon, Histoire des corporations de métiers; Paul Sébillot, Légendes et curiosUés des métiers.
CORPORATrvEMENTadv. En formant une corporation.
CORPORÉITÉ (du lat. corpus, oris, corps) n. f. Nature do corps ; état corporel : Quclgucs penseurs ont cru « la coBPOKÉiTÉ des esprits.
CORPOREL, ELLE {rêV — lai. corpot^lis ; do corpus, ori», corps) adj. Qui a un corps, par opposition à si-iritukl : Dieu n'est point corpoukl. h Qui a rapport au corps organisé, qui concerne lo corps, qui est appliqué A co corps : Jn/innités corpokkllus. Punttion conrouKi.i-K.
— hidividu corf}orel. Philos. Corps composé do plusieurs autres qui (orment un tout,
— Anton. IncorporeL Intellectuel, spirituel. CORPORELLEMENT {rè-le) adv. D'une manière qui
touche, qui alfeoto lo corps : Punir coRroRKLLEMKNT.
— En corps, matériellement, physiquement ; Jtecevoir le corps de Jésus rt'ellvment, conPonin.i.KMHNT.
CORPORIFICATION OU CORPORISATION [si-on) n. f. Chim. anc. Condensation dos fluides en uu corps solide.
CORPORIFIER (du lat. corpus, oris, corps, et facerOt faire. — Prend deux i do suite aux doux prom. pors. pi. do l'impurf. de l'ind. ot du prés, du subj. : Aous corporifiions. {tue vous corpori/iiez) v. a. Chim. anc. Donner Ia consistance solide à un corps fluide : Corpûrihuk le met^ cure. Il On disait aussi cori'ORisku.
— Philos, relig. Faire corporel, supposer, attribuer un corps à : Certains hérétiques qui cori-ohikiairnt les auges.
Se corporif^er, v. pr. Prondro la cousisiuuco des solides, former curps.
CORPOU n. m. Pécli. Syn. do corpon.
CORPS ikvr' — lat. corpus, m^mo sons) n. m. Agrégat d'élémrnts matériels; agglomération do matières formaul
CORPS
an tout distinct : Corps solide, liquide, gazeux. \\ Ensemble des parties physiques, des organes qui constituent un être matériel doué de la vie animale ou qui en a été doué : Le CORPS d'un homme, d'un anitnal. (Se prend souvent en ce sens par opposition à âme ou esprit.) il Tronc, partie de 1 homme et de la femme qui est comprise entre le cou et les hanches : Avoir le corps bien fait, mais les membres trop grêles, il Vêtement ou portion de vêtement qui couvre la même partie : Un corps de jupe, d'habit, ii Constitution physique de l'homme, santé : Un corps vigoureux, débile. Il vie : Un soldat est habitué à faire bon marché de son corps. Il Corpulence, embonpoint : Prendre d« corps.
— Fam. Homme, personne, individu ; Un drôle de
CORPS
— Par ext. Partie principale; ensemble considéré indépendamment des accessoires : Le corps d'un violon, d'un poêle, a Solidité, épaisseur de certaines matières; consistance ou force de certains liquides, particulièrement des boissons alcooliques : Etoffe qui parait avoir du CORPS. Vin qui prend du corps en vieillissant. \\ Concision énergique : Le style de Begnard a le corps et le bouquet. (Ste-Beuve.)
— Fig. Consistance, existence sensible et comme matérielle : L'écriture donne un corps à la parole. (De Bonald.)
— Particulièrem. Corporation : Les corps de métiers. Le CORPS enseignant. Il Bepas de corps. Repas pris en commun par les membres d'une même compagnie, d'une même association, il Esprit de corps. Entente, uniformité dans ta manière de voir et de se gouverner des membres d'une corporation, ii Corps de ville ou Corps municipal. Ancienne administration locale qui était formée des oftîciers municipaux. Il Gra})ds corps de l'Etat, Corps constitiiés, Corps chargés des fonctions législatives ou gouvernementales supérieures, comme le Sénat, la Chambre des députés, le conseil d'Etat, ii Corps administratifs. Sous 1 empire de la constitution de 1791, Assemblées chargées de ladministration. (Ils étaient élus pour de tue ans; le roi pouvait les suspendre; mais l'Assemblée nationale pouvait seule prononcer leur dissolution. Ils se divisaient en conseils de département, corueils de district, conseil général de la camjnune, directoires de département et directoires de district.)]\ Corps législatif. Nom donné par diverses constitutions à la Chambre des députés, ii Corps politique. Ensemble des citoyens considérés dans l'exercice de leurs droits politiques, il Coj'ps diplomatique. Personnel de toutes les ambassades qui résident auprès d'un même gouvernement.
— Collection, recueil : Corps des poètes grecs. Corps de droit civil. \\ Ensemble de règles ou de principes : Corps de doctrine.
— Anat. Nom de divers organes : Corps caverneux, CORPS vitré, etc. V. caverneux, vitré, etc. il Corps jaune. Petite vésicule située dans l'ovaire. Il Corps strié, Masse grise, située à la base du cerveau de l'homme, et qui contraste avec la blancheur des parties environnantes.
— Archéol. S'entendait, au moyen âge, pour corsage, vêtement ajusté porté par les deux sexes. A partir du XVI* siècle, le corps est une camisole courte, piquée, sans manches, que les femmes portaient sous leur robe et qui leur servait de corset, ii Corps d'armure ou Corps de cuirasse. Au xvi* siècle. Cuirasse avec son garde-rein et ses tassettes, sans les bras ni les jambes.
— Archit. Corps d'un édifice. Grosse maçonnerie, sans la charpente et la menuiserie, ii Corps de logis ou de bâtiment, Partie principale d'un bâtiment, considérée sans les ailes ou pavillons. — Corps de logis, Se dit aussi d'une construction détachée du bâtiment principal.
— Art milit. Nom donné à certaines unités de troupes. Il Ensemble des officiers et des soldats appartenant à une
arme ou service particulier : Le corps du génie, de l'artillerie, de l'intendance , le corps de santé, il Corps de garde, Autref., Troupe qui montait la garde. Auj., Lieu où se tient cette troupe : Entrer a^i corps de garde. — Habitudes, Plaisanteries de corps de garde. Habitudes, Plaisanteries grossières, telles qu'on les rencontre chez les soldats, il Corps d'élite. Corps formés de soldats de choix, tirés des autres corps, ii Corps indigènes. Corps de troupes coloniales comprenant des indigènes avec des cadres européens, comme les tirailleurs algériens, tonkinois, annamites, malgaches, les spahis soudanais, sahariens, etc. il Corps mort. Dans les ponts militaires. Grosse poutre qui fait partie de la culée et par laquelle le pont s'appuie sur la rive, il Corps de support. Dans les mêmes ponts, Engins de toute nature qui contribuent à supporter le tablier : chevalets, bateaux, radeaux, pilots, voitures, etc. il Corps de siège. Corps de troupes établi autour d'tme place forte pour en faire le siège.
— Astron. Corps célestes. Astres autres que la Terre.
— Bot. Corps calleux. Petite protubérance calleuse qui se trouve â la base du hiJe ou ombilic dans les fèves, les haricots, les pois et la plupart des graines de légumineuses. II Corps cotylédonaire, Syn. de cotylédon, ii Corps intermédiaire. Nom donné par les anciens auteurs au bois ou zone ligneuse des tiges, ii Corps ligneux. Partie ligneuse de la tige des arbres, comprise entre la mooUo et i'écorce.
Il Corp» vermi formes, Hyn. de vaisseaux moliniformes ou BS chapelet. V. vaisseau.
— Calligr. Corps d'une lettre. Pleins considérés indépendamment des déliés.
— Chim. Corps simples. Ceux qui ne sont susceptibles d'aucune décomposition : L'hydrogène est un corps simple.
H Corps composés. Corps formés par la combinaison de plusieurs corps simples : L'eau est un corps composé.
— Dr. Corps de délit. Preuve malérJello et directe du délit, objet sur lequel le délit est tombé, comme le cadavre dans un meurtre, les serrures brisées dans une clfractioD, etc. Il Corps de preuves. Réunion de preuves do plusieurs espèces, constituant ensemble une preuve complète.
ï\ Corps héréditaire, Ma^se de biens qui composent une succession, ii Par corps, En se saisissant de la personne : Confrainfe par CORPS, il Prwcrfccor/î», Jugement ordonnant l'arrestation, l'incarcération d'un débiteur.
— Féod. Gens de corps. Personnes soumises à la mainmorto personnelle, ii On disait aussi gens de corsage.
— Fortif. Corps de place. Ensemble des bastions, des courtines, etc., formant enceinte continue autour do la place.
— Grav. Partie du burin nui est aiguisée en losange, considérée au point de vue de ses dimensions.
— Hist. Personne du roi : Gardes du corps.
— UydrauJ. Corps mort, Poutrelles qu'on enterre sur
le bord d'une rivière, avant d'élever la maçonnerie, ii Pièce de bois, généralement fixée au fond de l'eau par de la maçonnerie, et qui, émergeant de l'eau, sert d'amarre aux bateaux.
— Manèg. et fauconn. Avoir du corps. Se dit : !<> Du cheval quand il a les côtes longues, amples et bien formées; 2'' De l'oiseau quand il est trop gras et qu'il a le vol lourd.
— Mar. Employé souvent pour Coque : Le corps du 7ïavire. il Corps ae la voilure. Ensemble des voiles. (Peu usité.) Il Corps morts. Ancres de grande dimension, au nombre de deux au moins, réunies par des chaînes, et servant à l'amarrage des navires dans les rades. — Chaîne de ces ancres, ii Bouée de corps mort. Bouée sur laquelle s'attache le corps mort inutilisé, il Corps de chaudière, Ensemble d'une chaudière et de tous ses organes.
— Méd. Corps étrangers, Corps introduits accidentellement dans nos tissus ou organes, ou qui s'y trouvent sans faire partie de l'organisme ou participer à son fonctionnement.
— Mus. Corps de rechange. Cylindres de diverses grosseurs que l'on adapte à un cor, pour en élever ou en .ibaisser le ton, et jouer ainsi dans le ton voulu, tout en exécutant comme si le morceau était en ut.
— Numism. Empreinte, figure d'une médaille.
— Pêch. Dans les bateaux de pêche. Partie comprenant les deux tiers de la longueur totale du bateau, dont je centre est celui du bateau lui-même.
— Peint. Corps percé. Couleur claire, posée sur une autre couleur claire.
— Relig. Corps saint. Cadavre d'un saint conservé comme relique, il Fam. V. corsin.
— Techn. Tige d'une espagnolette, ii Corps de pompe, Tuyau d'une pompe dans lequel joue le piston, il Coj-ps de soiide. Ensemble d'allonges, mises les unes à la suite des autres, il Dans l'industrie du tissage. Groupe de lames appelées aussi remisses, ou reynisse simple, il Corps vlein, Montage sur un seul corps, ii Corps de platine. Plaque métallique sur laquelle sont fixées les dià'érentes pièces dont l'ensemble constitue la platine des armes à feu portatives.
— Théâtr. Corps de ballet. Personnel des danseurs des deux sexes attachés à un théâtre.
— Théol. : Becevoir le corps de iVotre-Seigneur, Communier. Il Corps glorieux. Etat de perfection où seront les corps des bienheureux après la résurrection.
— Typogr. Corps d'une lettre. Dimension totale du caractère, dans la partie qui porte l'œil : Corps de dix, de douze points, w Corps interrompu ou irréyulier. Ancien nom des caractères que l'on appellait aussi philosophie, f/aillarde et mignonne, il Corps de galée, Partie de la galée couverte par la coulisse.
— Loc. div. : Corps d'une devise, Figure de la devise, par opposition aux paroles, que l'on appelle âme de la devise.
Il Corps mort ou simplement Corps, Cadavre, corps privé de vie : Ensevelir, Embaumer un corps. Il Corps sans âme. Corps privé de vie, 1° Etre ou objet incomplet, dépourvu de quelque chose d'essentiel : Une armée sans général est un corps sans âme ; 2" Personne embarrassée, désorientée, ne sachant que devenir, ii Corps et biens. Les personnes aussi bien que les propriétés : S'obliger corps et biens. Xiwire qui a péri corps et biens. Il Corps et âme. Entièrement, sans réserve, il C'est l'umbre et le corps. Se dit de deux personnes que l'on voit toujours ensemble, li Prendre l'ombre pour le corps. Prendre l'apparence pour la réalité.
Il Faii-e de son corps une boutique d'apothicaire. Prendre beaucoup de remèdes sans être malade, ii Faire folie, Etre folle de son corps. Se disent d'une femme qui s'adonne au libertinage, ii /'a/i'eco/'psrieu/^. Rétablir sa santé, ses forces, après une maladie longue et douloureuse. (Se dit particulièrement des chevaux qu'on a mis au vert.) ii Faire corps, Adhérer fortement, ne former qu'un seul objet: Branches gui font corps ensemble. — Fig. Etre fondu ensemble, ne former qu'un seul tout, ii N'être qu'un en deux corps. Etre réunis par les liens d'une étroite alfection. ii Avoir dans le corps, Posséder comme ressource naturelle ; La réclame fait passer pour homynes de talent des gens qui n'ont rien DANS le corps. Il Faire rentrer dans le corps, Obliger à taire, à supprimer, ii Avoir le diable au corps. Etre méchant, furieux; être d'une vivacité extravagante, il Aro»' sur le corps. Avoir à subir, être impliqué dans : Avoir une accusation criminelle sur le corps. Il Passer sur le corps de. Culbuter et fouler aux pieds : Passer sur le corps d'u'i régiment enneyni. — Fig. Pour retourner vers l'ancien régime, il faut passer sur le corps de la France nouvelle. (Guizot.) Il Tomber sur le coi-ps à quelqu'un. Le malmener, dire beaucoup de mal de lui.
— Loc. adv. : En corps. Toute la corporation réunie, ensemble et d'un commua accord : Assister en corps à une cérémonie, w A mi-corps, Par la moitié du corps, ou jusqu'au milieu du corps : Etre penché À mi-cokps à la fenêtre. Etre enfoncé À mi-corps dans la vase. Il A bras-le-cojps. Par le corps avec les deux bras : Saisir quelqu'un À brasle-corps. Il Corps à corps. Corps contre corps, en se saisissant l'un l'autre : Lutter corps à corps. — Fig. D'une façon vive, énergique, pressante : Voltaire attaquait ses adversaires corps à corps. — Quelquefois, Corps à corps s'emploie substantivement : Dans les duels à l'épée, les CORPS À CORPS sont iriterdits. il A corps perdu, Etourdiment, sans réflexion, impétueusement, sans espoir de retour, li A son corps défendant. Pour se défendre, en se défendant contre une attaque : S'il l'a tué, c'est k son CORPS défendant. — Fig. Malgré soi, à contre-cœur : // faut parler sobrement de soi, et presque i son corps défendant. (M"* de Sév.)
— Loc. interj. Corps-Dieu, Juron.
— Loc. substantiv. Haut-le-corps. V. haut-le-corps.
— Allus. hist. : Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon, Paroles prononcées par Vitellius sur le champ de bataille de Bédriac. {Dans l'application, elles caractérisent le paroxysme d'une haine léroce et satisfaite.)
— Anton. Âme, esprit.
— Encvcl. Art milit. Corps de troupe. On donne le nom de corps de troupe aux unités s'administrant d'une façon iudcpendanto , comme le régiment, qui on est comme le type, et dont le commandant est pour ainsi dire le chef de corps par excellence; mais il existe des bataillons : ceux do chasseurs à pied, d'artillerie à pied, etc., qui sont dans le même cas, et qu'on appelle pour cette raison des bataillons formant corps. De mémo, certaines compagnies, comme colles d'ouvriers ei d'artificiers dans l'ariillerie, ou encore les sections d'ouvriers d administration, etc., constituent pour la même raison do véritables corps do troupe.
Corps d'élite. On fait valoir à l'actif des corps d'élite qu'ils sont capables, dans un moment difficile, d'efforts (lue l'on ne pourrait peut-être pas attendre des corps orainaires. D'autre part, on leur reproche de priver de leurs meilleurs éléments les corps aux dépens desquels on les recrute, et que l'on affaiblit ainsi matériellement et moralement. Avec les énormes armées modernes et surtout l'immense extension prise par les champs de bataille, les corps d'élite ont beaucoup perdu de leurs avantages.
L armée française a compté des corps d'élite divers sous les noms de ; gardes du corps, moiisquetai?*es, grenadiers, voltigeurs, gardes françaises, gardes suisses, garde royale, garde impériale. Elle n'en renferme pour ainsi dire plus aujourd'hui. Dans la plupart des armées étrangères, il s'en rencontre encore. Mais le recrutement ne s'en fait
Î>as toujours aux dépens d'autres corps de l'armée. Les lommes qu'on y fait entrer sont seufement choisis avec plus de soin au physique et au moral.
Corps francs. On appelle ainsi des corps de volontaires, lovés au moment d'une guerre, et en dehors de l'armée régulière. L'organisation militaire moderne, englobant, en principe, tous Tes hommes capables de porter les armes, tend par ce fait même à faire disparaître les corps francs, dont les éléments de recrutement n'existent plus.
Ce même nom de « corps francs h s'applique aussi à des détachements spéciaux, constitués momentanément par une armée régulière et au moyen d'éléments de choix, en vue de certaines entreprises spéciales- Certains auteurs, notamment le général Lewal, ont étudié les moyens de préparer l'organisation éventuelle de corps francs ou d'unités franches, dont la formation peut, à un moment donné, procurer les avantages des corps d'élite sans en avoir les inconvénients.
Corps expéditionnaire. On désigne par ce nom un corps constitué spécialement en vue dune expédition, effectuée généralement en pays lointain. L'unité de commandement, l'indépendance absolue du commandant en chef, sont des conditions essentielles à observer. Indispensable aussi est l'étude préalable topographique approfondie du pays où doit avoir lieu l'expédition, ainsi que celle des mesures à prendre pour assurer le ravitaillement opportun du corps expéditionnaire à tous les points de vue. C'est pour avoir plus ou moins soigneusement observé ces précautions que tels corps expéditionnaires, comme celui du Dahomey on 1892, ont brillamment réussi, et que tels autres, comme celui de Madagascar en 1895, durent payer très cher leur succès final.
Corps d'état-major. Ce corps spécial, créé par le maréchal Gouvion Saint-Cyr, ministre de la guerre en 1818, fiour assurer le service d'état-major, a été dissous par la a loi du 20 mars 1S80. Il avait été institué en vue de mettre un terme à certains abus; mais il en fit naître de bien plus considérables. Son organisation a été modifiée plus d'une fois pendant les soixante-deux années qu'il a duré, notamment en 1826. en 1833 et en 1838. En 1869, le maréchal Niel tenta de le réorganiser, mais sans y parvenir. A la suite de la guerre de 1870, on se décida, après huit années de discussions, à supprimer définitivement le corps fermé, pour adopter franchement le système du corps ouvert, en vigueur depuis lors. Le corps, qui avait été constitué tout d'abord à l'elfectif de 545 officiers (30 colonels, 30 lieutenants-colonels, 90 chefs d'escadrons, 270 capitaines et 125 lieutenants), avait été ramené à 450 en 1826 par la suppression des 125 lieutenants, le nombre des chefs d'escadrons étant porté à 100.
Corps ai'xiliaires. Ces corps sont constitués accidentellement au cours de certaines expéditions pour venir en aide à l'armée principale, au moyen d'éléments spéciaux, ou pour remplir une mission particulière. Tels furent certains corps indigènes dont la France s'est servie en Afrique ou au Mexique.
Corps d'armée. Le coj-ps d'année est une grande unité organique militaire, formée parle groupement de plusieurs divisions, et dont la création est due à Napoléon I"'. Les premiers corps d'armée constitués d'une manière définitive furent ceux de la Grande-Armée, organisée en 1805 dans les camps des côtes de la Manche. Ce qui caractérise le corps d'armée, c'est d'être composé de plusieurs divisions, de comprendre en outre tous les éléments nécessaires pour entreprendre et mener à bien, d'une manière indépendante, des opérations militaires d'une certaine envergure. Comprenant des troupes combattantes : cavalerie, artillerie, génie, avec équipage de pont, ambulance, hôpitaux de campagne, convoi de subsistances, parc à bestiaux, dépôt de remonte mobile, réserve d'efiets, boulangerie de campagne, etc., le corps d'armée est en mesure de se suffire par lui-même dans la plupart des circonstances qui peuvent se présenter à la guerre.
Depuis 1859, la France avait été divisée en 7 circonscriptions militaires, ayant à leur tête un maréclial de France ou un général de division, et dites commandements de coi'ps d'armée ou grands commandeynents ; mais cette organisation ne répondait nullement à celte des corps d'armée du temps de guerre. C'est par la loi du 24 juillet 1873 que le territoire français a été divisé en régions de corps d'armée, au nombre do 18, élevé depuis à 19, l'Algérie constituant une région semblable qui en porte à 20 le nombre total. Ces régions, au chef-lieu desquelles réside un général commandant de corps d'armée, renferment en principe, et sauf certaines exceptions, sur leur territoire, tous les éléments de troupes et services qui constitueraient le corps d'armée mooilisé au moment de la guerre. Leur création a ou pour objet d'assurer éventuellement à l'armée une mobilisation prompte. La formation d& guerre normalement prévue est aussi la même, c'est-àdire celle à deux divisions d'infanterie, sauf peut-être pour les e* et 20* corps (frontières de l'Est) et le 19« (Algérie), qui présentent do (juoi en former trois. V. France.
Voici les territoires qui correspondent aux différentes régions de corps d'armée :
!«•■ Corps h'armle.
- Pas-de-Calais.
■ Quartier oénéral : Lille.
2" Corps d'armée — Quartier général : Amiens Aisne. — Oise. — Somme. — Seine (cantons d'Auhervilliers, Noîoyle-Sec, Snint-Di-nis, Saint-Ouen. Pantin : tes W, 19', ?0' arrond. de Paris). — Seine-el-Oise {arrond. de Puntoine).
3" Corps d'armée. — Quartier général : Rouen. Calvados. — Eure. — Seine-Inri*rieure. — Seine (cantons d'Asniéres. lioulo'jnc. Clîchy. Courïicvoie, Leva lloiit- Perret. A'eu(//y; les (•', 7", 1j'. 16': arroîtd. de Paris). — Seme-«i-Oise (arrond. «e Mantes et de Versailiea).
4« Corps p'armée. — Quartier général : Le Mans. Euro -et- Loir. — Orne. — Mayentu-. — Sarthn. — Seine [cantons . d'Ivryet Sceuur, Vanves, Villejuif : les J«. ô'. 6* iS'. U» arrondde Paris). — Seine-et-Oise [arrond. Uc liambouillet)-
5» Corps d'armée. — Quartier aÉNÉRAL : Orléans. Loiret. — Loir-et-Clier. — Seiiic-et-Maruc. — Yonne. — Seino [rantonsileCkarenton, Noijcnl-sur- Marne, Mvnlreuil, Stiint'Maui; Vincennes; les S", 3». ii". JS" arrond. de Paris), — Seine-et-Oiae (arrond. de Corheil et d'Etanipes).
0» CORPS d'armée — Quartier général : Coalons-sur-Marne. Artlonncs. — Marne. ~ Meuse. — Meurthe-et-MoBelle (arrond- de liriey seulement). — Seine {les S». 9 , 17", IS' arrond. de Paris). 7o Corps d'armée- — Quartier général : Besançon. Ain. — Territoire de Belfort. — Doubs. — Jura. — Hautn-Marne. — Haute-Saône. — Rhône (les 4» et 5« aiTond. de Lyon; V arrond- dt! Villtfranvhe : les cantons de l'Arbresle, Condrieu, Limonest, JV/ornant, Neuville, Saint- Laurent, Saint-Symphorien, Vaiiyneray). 8« Corps d'armée- — Quartier général : Bourges. Cher. — Cûte-d'Or. —Nièvre. — Saône-et-Loîre.
9« Corps d'armée. — Quartier général : Tours. Deux-Sèvres.— Indre.— Indre-et-Loire. — Maine-et-Loire.— Vienne.
10" Corps d'armée. — Quartier général : Rennes. Ciltea-du-Nord. — Ille-et-Vilaiiie. — Manche.
Il» Corps d'armée. — Quartier général ; Nantes. Fioistère. — Loiro-Inf^rieur';. — Morbihan. — Vendt-e.
12" Corps d'armée- — Quartier général : Limoges. Charente. — Corrèze. — Creuse. — Dordogne. — Uaute-Vienne. 13« Corps d'armée. — Quartier général : Clermont-I-'errand. Allier. — Cantal. — Haute-Loire. — Loire. — Puy-de-Dôme.
Uo Corps d'armée. — Quartier général : Lton.
Drôme. — Hautes-Alpes. — Haute-Savoie. — Isère. — Savoie- —
Basses-Alpes (cantons de Barcelonnette, Le Lauzet, Saint-Paul.
— Rhône (cantons de Givors, Saint-Genis-Laval, Villeurbanne; et les l'r, ge, 3«, 6" arrond. de Lyon).
15» Corps d'armée. — Quartier général : Marseillx. Alpea-Maritimes. — Ardèche. — Boiiches-du-Rhône. — Corse. — Gard. — Var. — Vaucluse. — Baasea-Alpes (moins les cantons de Barcelonnetle, Le Lauzet, Saint-Paul).
16" Corps d'armée. — Quartier général ; Montpellier. Aude- — Aveyron. — Hérault. — Lozère. — Pyrénées-Orientales.
— Tarn.
n« Corps d'armée. — Quartier général : Toulouse. Ariège, — Gers. — Haute-Garonne. — Lot. — Lot-et-Garonne. — Taro-et-Garonue.
18' Corps d'armée. — Quartier général : Bordeaux. Basses-Pyrénées. — Charente-Inférieure. — Gironde. — Hautes- Pyrénées. — Landes.
19» Corps d'armée. — Quartier général : Alger. Alger. — Constantine. — Cran.
20» Corps d'armée- — Quartier général : Nancy. Aube. — Vosges. — Meurthe-et-Moselle (moins l'arrond. de Briey}.
A l'étranger, la composition à 2 divisions est adoptée en Allemagne et en Italie ; l'Autriche a posé comme règle la formation à 3 divisions, ainsi que l'Angleterre, où l'organisation militaire diffère d'ailleurs profondément de celle des grandes puissances continentales. En Russie, le plus grand nombre des corps d'armée sont organisés on principe à 2 divisions actives, quelques-uns à 3 et même un à 5 : celui du Caucase.
Les corps d'armée les plus employés, c'est-à-dire ceux à 2 et 3 divisions offrent des avantages et des inconvénients. Le dernier système, par suite de considérations d'ordre tactique, a de nombreux partisans ; mais il est certains éléments de la question dont il faut tenir compte ; d'abord l'effectif qui est de 35.000 hommes avec 2 divisions et de 50.000 au moins avec 3, c'est-à-dire une masse bien grosse à manier pour un seul chef. Ensuite, la longueur de la colonne de marche sur une seule route : elle est, en formation simple, de 44 kilomètres environ (32 pour les troupes et le train de combat, 12 pour les parcs et convois) si le corps est à 2 divisions, et do 57 kilomètres (42 et 15) s'il est à 3.
En général, lo corps à 2 divisions est le seul dont la longueur de colonne des troupes ne dépasse pas l'étenduo d'une étape normale, et qui, par couséquent, puisse se concentrer et agir dans le courant d'une seule journée.
Les divisions dont il vient d'être (question sont toujours des divisions d'infanterie. On a aussi constitué quelquefois des corps d'armée de cavalerie en réunissant plusieurs divisions de cette arme. (C'est ainsi que Murât commanda parfois des corps d'armée dont l'effectif atteignait 2u.00() ou 25.000 cavaliers; mais ce furent do rares exceptions.)
Corps soiis les armes. Un corps organisé quelconque, quand il se trouve sous les armes, est soumis aux lois militaires; il est considéré comme faisant partie de l'armée et relève du ministère de la guerre ou de la marine (loi du 15 juin. 1889, art. 8).
— Chim. On s 'accorde pour partager les corps do la nature en deux grandes classes : i" les corps simples, qui ne sont susceptibles d'aucune décomposition, quelles que soient les éprouves d'analyse auxquelles on les soumette ; 2" les corps composrs qui, à l'analyse, donnent naissance à. deux ou plusieurs éléments.
Thaïes, Xénophano, Anaximèno, Heraclite, reconnaissaient un seul élômout comme principe de toutes choses : pour le premier, c'était l'eau; pour le second, la torro ; pour le troisième, l'air; pour le c|uatrièmo enfin, le feu. Empédocle admit quo ces quatre éléments étaient on réalité distincts; enfin à l'eau, la terre, l'air et le fou, Arisiftle adjoignit un cinquième élément, l'étUer.
Cette théorie a subsisté just|u'à la fin du xviiP siècle. Au XVI» siècle, toutefois, Paracelse avait admis des principes différents : le mercure, lo soufre, l'eau, la terro «t lo sel; puis, malgré Bêcher et Stahl, Boyio mit en doute la nature élémentaire de la terre, do l'air, de l'eau et du feu, et, lo premier, il émit cette hypothèse qu'il pourrait exister un nombre d'éléments beaucoup plus considérable. A Lavoisier revient l'honnour do justifier les prévisions do Boylo; il reconnut l'existence do trcntodoux corps simples absolument indécomposables par les procédés chimiques do son temps, ot il en drossa un tableau auquel il donna lo titre : Substances simples i/ui appartiennent aiuc trois règnes et rju'onpeut regarder commf les éléments des corps. Depuis Lavoisier, lo nombre dos corps simples connus s'est considérabhMuont accru ; nous on donnons ci -contre lo tableau complot, abstraction faite, toutefois, d'un certain noniltre d éléments rôcomnient signalés ot encore mal définis. On a fait figurer, à coté do cha{iiie nom du corps, un symbole qui, dans l'écrituro chimique, sort à représenter l'élément correspondant. ■ot un nombre qui n'est autre quo lo nombre proportionnel choisi comme poidij atomique.
CORPS
CORPUS
Et d'abord, on distinguo les corps simples on métallouies ot int^taux. Les premiers sont en gênerai tornos, mauvais conducteurs do la chaleur et de l'électricité ; leurs composés oxygénés fournissent des hydrates qui peuvent être acides ou neutres, jamais basiques. Los métaux, tous solides (sauf le mercure qui est liquide), présentent un éclat particulier; ils sont bons conducteurs de la chaleur et do l'électricité, et leurs composés oxygénés donnent des hydrates qui peuvent être basiques , acides ou neutres.
Les métalloïdes se subdivisent on cinc^ familles dont la délinition, basée sur la valence, conduit sensiblement aux groupements qui avaient été proposés par Dumas, ou 1830.
METALLOIDKS
Fluor. .
Chlore. , Brome.
Iode. . .
Hydrogène F. . . . 19, 11 Cl . . . 35,37 Br. . . 19,76 1. . . . 136,60
Oxygène . .
Soufre. . . .
Sélénium. .
Tellure. . .
Se.
Te.
H. . . 1 Azote .... Phosphore.
Arsenic. . .
Antimoine.
Carbone . .
Silicium . .
Bore
Argon. . . .
Az. , P..
As..
Sb..
Si. .
Ar. .
Lithium Li. .
Sodium Na .
Potassium ... K . .
Rubidium .... Rb .