CORRELATION
— Encycl. J^ûrs(|uo, dans uno affaire crimiuollo, les faits relevés à la charge de l'inculpé ne sont pas très graves, ou bien lors(|ue lo préjudice est très minime, ou bien encore lorsque les circonstances aggravantes no sont pas parfaitement établies, les magistrats du parquet font généralement abstraction des circonstances caractéristiques du crime, et renvoient l'inculpé devant la juridiction «correctionnelle ; par exemple, est poursuivi non point en cour d'assises, mais en police corroctionnollo, un enfant do seize ou dix-sept ans, qui force un moublo pour y prendre quoliiues objets sans valeur.
GORRECTIONNALISER (l'è-ksi-o-na) V. a. Rendre uno aii'aire susce|»tiblo d'être portée devant les tribunaux correctionnels, n Applicpier la correctionnalisation à une affaire de cour d'assises : Correctionnaliser un crime, une affaire.
CORRECTIO NN ALITÉ {rè-ksi-o-na) n. f. Qualité d'une affaire qui la met dans les attributions do la justice correctionnelle.
CORRECTIONNEL, ELLE {rè-ksi-o-neV) adj. En T. de dr., Qui appartient à la correction. (Se dit des peines qu'on applique aux actes qualifiés de délits par la loi, de ces délits eux-mêmes et des tribunaux spéciaux qui en connaissent) : Peine correctionnelle. Délit correctionnel. Police cor-
RECTIONNELLi;.
— n. f. Pop. Tribunal de police correctionnelle; corps des magistrats qui siègent à ce tribunal : Comparaître devant la correctionnelle.
CORRECTIONNELLEMENT {rèk-si-o-nè-le) adv. D'une manière correctionnelle, devant la juridiction correctionnelle : Juijer, Poursuivre correctionnellement.
CORRECTIVEMENT {rèk'} adv. De manière à corriger; comme correctif i Punir quelqu'un correctivement.
CORRÉE {ko-ré) n. f. Nom que l'on donne à des bancs de cailloux roulés et dépouillés de terre, de vase et d'herbe.
CORRÉE [ré — de Correa da Serra, botan. portug.) n. f. Bot. Genre de rutacées, comprenant plusieurs espèces originaires du sud de l'Australie, ii On donne aussi à. ce genre le nom de antommarchie.
GoRRÊGE (Antonio Allegri, dit il Correggio ou le),
le chef de l'école de Parme, né à Correggio, probablement en 1494, mort en 1534. On ne possède, sur sa vie, que des renseignements très vagues. II reçut vraisemblablement les premières leçons de son oncle paternel, Lorenzo Allegri, et d'Antonio Bartolotti, chef de la petite école de Correggio. Il dut continuer ses études à Modène, sous Francesco Bianchi. Un médecin de Parme, Grillenzûni, passe pour l'avoir initié à l'anatomie. Il visita Mantoue de bonne heure, et c'est là. sans doute, qu'il subit l'influence de Mantegna, et qu'il dut voir des ouvrages de Léonard. Quant à. Raphaël, il le découvrit à Plaisance, dans son chefd'œuvre , la Vierge de Saint- Sij-te, et c'est cette vue, dit-on, qui lui arracha le cri célèbre : « Anch'io son pittore! " Telles furent, à peu près, les uniques leçons que reçut le Corrôge ; nul ne voyagea moins et n'imita moins.
Le premier tableau qui puisse être attribué avec cortiludo au Corrège est la Madone au saint François (Dresde;, qu'il peignit en 1514 pour l'église des franciscains de Correggio. Dès 1517 , il (lonnait Je Mariaije mystique de sainte Catlierine, qui est au Louvre. Il avait vingt-trois ans.
En 1518, il fut appelé à Parme par l'abbosse du monastère do Saint-Paul, Giovanna de Plaisance, qui lo chargea do peindre à fresque, dans le parloir, des scènes mytnologiques. Les principaux sujets représentés par l'artiste sont : la Chasse de Diane, les Gi'dces, les Parques, Junon, la Fortune, et do charmants Amours. Corrèçe a déjà là ce dessin varié, vivant, cette science du modelé, ces raccourcis, qui distinguent ses œuvres. Il est maître de ce pinceau facile, empâté, moelleux, léger et gras, qui rond la transparence de l'épiderme et la morbidesso des chairs, surtout chez les femmes et les enfants.
Lo succès qu'obtinrent ces peintures du couvent do Saint-Paul valut au Corrôge la commando de la décoration do l'église Saint-Jean, pour les bénédictins do P3rmo(1520). Cinq ans après, seul, sans aide, sans disciple, il avait termine cet immense travail. Il peignit, dans la voûte, le Christ montant au ciel. Un Couronnement de la Vierge, presque entièrement détruit depuis, fut aussi peint par le Corrège pour la tribune de cette mômo église Saint-Jean. Ces beaux ouvrages lo cèdent encore à VAssomption de la Vierge, quo le Corrège représenta dans la coupole do la cathédrale de Parme, et qu'il termina en 1530. Cette fresque, qui excita l'enthousiasme do tous ceux qui la virent, est aujourd'hui oxtrômomont altérée. Quatre ans après, il mourait, peut-Otre prématurément épuisé par dos travaux si considérables, à poino âgé do ({uaranto ans.
Outre les ouvrages déjà mentionnés, voici les plus célèbres du Corrégo : au Louvre : le Sonimeil d'Antione ; à Parme : la Vierge au saint Jérôme, la Déposition du Chnst ; ù. Florence : uno Sainte Famille, uno Madone; à Naplos : la Madone au lapin ou la Zingarella. le Mariage de sainte Catherine, uno Sainte Famille; à Uomo : uno Danaé; à Madrid: le Christ et la Madeleine ou -Vo/ï ma tanyere; à Saint-Pétersbourg : un autre Mariage de sainte Catherine, uno Madone allaitant VfCnfant Jésus; A Londres : l'Fducation de l'Amour, un Ecce homo, ta Vierge au panier, le Christ au jardin des Oliviers, olc. ; à Munich ; la Vierge et l'/Cnfant entre saint Ildefonse et saint Jérôme, la Vierge qtoricuse, etc. ; A Dresde : la fumeuse Madeleine au désert, la .Xativité ou la IVuil ; à 'Vienno : Jupiter et lo et l'Enlèvement de Ganymèdc ; A Berlin : Jupiter et la et Léda ; etc.
— Pomponio Allegrl, fils du Corrège, n'avait quo treize ans, on 1.^34, lorsque son père mourut; il no put
f:uère, par conséquent, protlter de ses U'i;ons. Co fut, d'aileurs. un peintre médiocre. Parmi les imitateurs ou disciples du Corrègo, on peut citer : Rondaui, lioruardiuo Qatti,
Le Corrège.
surnommé le Soparo, Gandiui, etc., et surtout Francesco Mazzuûli, surnommé u le Parmesan » {il Parmiginiano).
Corrège (lk), tragédie do d'ŒIilenschlilger, dramaturge danois, jouée, en 1811, à Copenhague, puis traduite on allemand par l'auteur, et, en 1834, traduite on français par Marinier. — L'autour présente ainsi son sujet. Dans le bourg de Correggio vit pauvre et retiré Antonio Allegri. Livré entièrement à la peinture religieuse, il serait heureux s'il était moins pauvre, et s'il n'avait pas pour hôte son pire ennemi, l'aubergiste Francesco. Celui-ci est arrivé à lo brouiller avec Michel-Ange, qui a laissé tomber sur son compte ce jugement terrible : « C'est un barbouilleur. » Alle^'ri doute do lui-nu'?me quand Jules Romain, l'élève do Raphaël, vient à lui, le réconcilio avec Michel-Ange, et lui rend la confiance, l'illusion et l'espoir. Mais toutes ces secousses l'ont achevé. Ayant rassemblé uno dernière fois toutes ses forces, pour aller à la ville chercher le prix d'un tableau, il revient haletant, (tourbe sous le poids du salaire que son ennemi lui a fait donner en monnaie de cuivre, et meurt en jetant son fardeau aux pieds des siens.
On volt quo l'auteur représente dans un même drame la force sûre d'elle-même d'un Michel-Ange, la ferme douceur d'un Jules Romain, et aussi, et surtout, ce qu'il y a de maladif et d'inquiet dans lo cœur des grands nommes comme le Corrège.
CORRÉGENCE n. f. CORRÉGENT n. m. Formes peu usitées des mots corégknce, et corégent.
Correggio ou Corregio. ville d'Italie {Emilie [prov. do Reggio]), dans une plaine fertile et sur un canal qui communique avec le Pô par la Secchia ; 13.UÛ0 hab. — Patrie du peintre Antonio AUegri, dit " le Corrège », et de la femme poète Véronique Gambara.
Correggio, famille illustre de Parme, qui joua un rôle funeste dans l'histoire de cette ville. Les membres les plus marquants sont : Gbiberto Correggio, mort en 1321. [Il changea constamment de parti. Chef du parti guelfe, il se réconcilia avec les gibelins pour détruire la liberté de sa patrie; mais il finit par soulever tout le monde contre lui, en voulant conquérir Plaisance, fut chassé en 1308, rentra en 1311, et fut définitivement détrôné en 1316]; — Son fils, Azzo Correggio. [Imitant les exemples de son père, il se réconcilia d'abord avec les guelfes, puis livra Parme au chef des gibelins, Mastino de la Scala, en 1328, et voulut le chasser à son tour. 11 finit par vendre sa patrie au marquis d'Esté, pour 70.000 florins.] — Les Correggio ne furent chassés définitivement de Parme qu'en 1630.
Correggio (Nicolas), poète italien, né on 1449, mort à Ferrare en 1508. Il servit en 14S2 Hercule d'Esté, duc de Ferrare, contre les Vénitiens, et fut chargé de conduire de Rome à Ferrare Lucrèce Eorgia. fiancée à .\lphonse d'Esté. On a de lui uno pastorale, Cefalo, représentée, eu 1487, à Ferrare, et gli Amori di Psiche e di Lupidine, poème (Venise, 1518). Hercule Strozzi l'a célébré en vers.
CORRÉGIDOR [ji — mot espagn.; proprem. celui qui corrige) n. m. Autrefois, en Espagne, Premier officier de justice dans une ville ou une province. (Ce magistrat remplissait des fonctions mal définies, qui étaient aussi administratives quo judiciaires. Dans la suite, ces pouvoirs furent restreints aux seules attributions administratives, ce qui a fait du corrégidor une sorte de maire.)
CORRÉGIDORERIE [ji, ri) u. f. Attributions du corrégidor.
CORRÉGIEN, ENNE (ji-in, en') adj. Qui est propre au Corrège, qui ressemble à la manière de ce peintre : Un moelleux tout corréc.ien.
CORRÉIA n. f. Bot. Syn. de ouratée.
CORRÉLATIF, IVE (du préf. co, et de relatif) adj. Se dit des choses ipu ont entre elles une relation telle q^ue l'existence do l'une fait nécessairement supposer l'existenco de l'autre : Les termes de père et de fils sont des termes corrélatifs. (Acad.)
— Dr. Obligation corrélative. Obligation dépendant do l'accomplissement d'une autre obligation.
— Gramm. Mots corrélatifs, Mots qui vont ordinairement ensemble, et qui servent à indîtjuer une relation entre deux membres d'une phrase, tels quo les mots tellement et que.
Il Propositio7i corrélative ou substanliv. Corrélative, Proposition qui dépond d'une autre, ou dont une autre dépend, dans une période : L'ensemble des propositions corrêla- TiVKS ou partielles forme la période.
— Littér. Vers corrélatifs. Vers latins dans lesquels los mots se correspondaient d'uno façon régulière, comme dans cette épitaphe de Virgile :
Paslor, artitor, eques, pavi, colui, superavi Capras, ru.i, hostes, fronde, tigone, manu,
qui peuvent se construire : Pastor, pavi capras fronde; arator, colui rus ligone; eques, superavi hostes manu.
— n. m. Terme lié à. un autre et dépendant tellement do lui, que l'un ne peut se supposer sans l'autre : Le crédit semble avoir pour corrélatif obligé l'usure. (Proudh.) il Mot corrélatif: On doit toujours rapprocher les mois de leurs CORHÉLATIFS, et exprimer ccux qui sont sous-entendus, lorsqu'on veut pénétrer le sens de l'auteur. (Dumarsais.)
— Kbm. Quelquefois corrélatif ne signifie pas plus quo relatif.
CORRÉLATION (*i-on) n. f. Linguist. Rapport des termes, des objets corrélatifs: Il y a entiv laheautédn visage et celle de l'âme une sorte de corrélation sympathique. (Al. Karr.) n Terme corrélatif: Les mots de sujet et de souverain sont des coui\klations identiques, dont l'idée se réunit snus le seul nom tif citoyen. (J.-J.Rouss.)
— Biol. Inihienco qu'e.xercent futalonient les uns sur les autres, soit les êtres vivants réunis dans un niéiiio milieu, boil les éléments anatomiqucs d'un mémo uninml ou d'un mômo végétal.
— Encvcl. Biol. La corrélation générale des ûtros vivants à la surface do la terre rovicut à l'Iiarmonio univoi*sollo du monde organisé, ol sou étude comprendrait touto la biologie. Pour Darwin, los doux facteurs principaux do lu corrélation générale sont la lutte pour l'cvistence ot la sélection naturelle.
La corrélation qui existe entre los divers ôléinonts auaiomiquos d'un mémo ôtro s'explique, dans IVcolo do Darwin, par les mémos principes : elle résulte inuuédiatenieut du fait quo le niiliou intérieur- d'un *'*tro vivant osl /imi(t; ot lontomont renouvelé. Dans oos conditions, en offot, toute réaction chimiquo outre lu substuuco dos élé-