CORSAIRE
(B. CoDSt.) li Séduire, gagner au mal, décider à agir contre sa conscience : Cobromprb im juqe, des témoins, w Corrompre une femme, La séduire. (Y^ieux.)
— Pop. Co7'rompre l'eau, La corriger en y ajoutant vin, vinaigre, sucre, etc.
— Techn. Rompre en pliant : Corrompre du cuir. Il Corrompre le fer, Le corroyer, en mêler les parties par
le feu ou par le marteau, ii Corrompre la cire. Lui ôter sa ductilité. Il Corrompre les coupeaux ou cartons. Les recourber de manière que la partie concave soit du côté des figures, dans les cartes à jouer, ii Dans le langage des corroveurs ou des maroquiniers, Passer la paumelle ou la marguerite sur la chair, ce qui assouplit la peau et lui donne le grain.
Corrompu, ue part. pass. du v. Corrompre.
— Substantiv. Personne corrompue : Les corrompues.
— n. m. Hisl. Nom que Robespierre, Saint-Justet ceux de leur parti donoaient aux partisans de Danton.
— SvN. Corrompu, dépravé, pervers, vicieux. L'homme corrompu est devenu mauvais par une longue habitude des actions méchantes qui a profondément altéré son naturel. L'homme dépravé voit encore, malgré son désordre, la différence du bien et du mal, mais il préfère le mal parce qu'il y trouve du plaisir. L'homme vicieux a de mauvais penchants, et il leur a laissé prendre un empire auquel il ne sait pas résister. L'homme pervers se plaît à faire le mal, et à le voir faire par les autres.
— Anton. Intégre.
Se corrQn\fire, v. pr. Devenir corrompu, se gâter, se putréfier, n Fam. Se détruire, périr, perdre ses qualités. li Fig. S'altértT, se dénaturer, se dépraver.
— Syn. Corrompre, séduire, suborner. Coi'rompre, c'est amener quelqu'un à faire, avec un plein consentement, ce qu'il sait être mal. Séduire, c'est induire en erreur, pousser à faire quelque chose de mal en persuadant que ce n'est pas un mal. Suborner, c'est entraîner par l'appât du gain ou par la promesse d'un plaisir, d'un avantage.
CORROPOLI, comm. d'Italie (Abruzzes [prov. de Teramo]); 3 800 hab.
CORROSIF, IVE {lat. corrosivus; de corrodere, supin coT^osum, corroder) adj. Qui a la propriété de corroder : Substance corrosive. (Se dit particulièrement des substances qui désorganisent lentement les tissus vivants.) il Sublimé corrosif. Nom vulgaire du bichlorure de mercure. Il Substantiv. : Le nitrate d'argent est un violent corrosif.
— Fig. Rongeur, destructeur : Le venin corrosif de la calomnie.
CORROSION (rad. corrosif) n. f. Action de corroder; effet que produisent certaines substances sur les métaux, les acides, l'air humide, etc. (On dit aussi que l'eau corrode les berges des canaux et des rivières, parce qu'elle creuse ces berges en entraînant des parcelles de terre; on y remédie en recouvrant les berges de pierres ou de gazon.)
CORROSIVETÉ n. f. Caractère de ce qui est corrosif : La CORROSIVETÉ de iai^senic. (Peu usité.)
CORROTAGE {ko-roa-yaj) n. m. Art du corroyeur. Il Action de corroyer, préparation complète donnée au cuir par le corroyeur. (On dit aussi hongroyage.)
— Métall. Action de forger ensemble plusieurs barres de fer à chaud, il Action de souder ensemble plusieurs barres de fer, pour les soumettre ensuite à un nouvel étirage.
— Mennis. Action de dégrossir le bois, par le rabotage.
— Encycl. Les cuirs tannés forment deux catégories : les cuirs forts destinés à la fabrication des semelles de chaussures, et les cuirs à œuvre ou molleterie qui subissent un certain nombre de manipulations destinées à leur donner une souplesse que ne doivent pas posséder les premiers. Ce travail constitue l'industrie de la corroirie. L'ouvrier qui procède à ces manipulations prend le nom de « corroyeur ».
Les principales opérations du corroyeur sont au nombre de cinq, savoir : le défonçage ou foulage, le drayage, le paumelage, l'étirage et le parage. C'est par le défonçage
Machine à rebrousser
Machine â grainer et quadriller
Macliinea de coiroyage.
que commence le travail. Après avoir échantillonné les cuirs, c'est-à-dire après en avoir retranché la queue, le front et les mamelles, l'ouvrier les fait tremper dans l'eau, puis les foule ou les frappe en tous sens, avec une masse de bois appelée bigorne ou bicorne, jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement ramollis. On les bute et on les draye ensuite, c'est-à-dire qu'on passe fortement dessus des couteaux, sommés butoir sourd, butoir tranchant et couteau â revers ou drayoire, afin d'en égaliser autant que possible l'épaisseur. Le paumelagc, qui vient ensuite, a pour objet d'assouplir les cuirs. A cet otTot, on les frotte fortement, d'abord du côté de la chair, puis du côté de la fleur, avec des outils constitués par des blocs de bois dur dont la surface inférieure est rayée de stries droites et parallèles, dont les plus petits s appellent paume/Zc* et les plus grands margueriies. On dit corrompre pour indiquer le travail de la chair, et rebrousser pour désigner le travail de ta fleur. Ce travail s'exécute à l'aide d'une machine, dite machine à rebrousser ou marguerite, qui a pour objet do rendre la peau plus lisse et plus douce. On emploie la machine à grainer et quadriller pour le traitement des cuirs qui doivent être vernis. Vétirar/e consiste à ratisser les cuirs avec une plaque do fer ou do cuivre nommt'îo étire, que l'ouvrior yjromône de manière à rejeter les parties les plus épaisses du côté des plus minces, afin do rendre le cuir plus dense et do lui donner une épaisseur uniforme. Le parage est l'opération la plus délicato de l'art du corroyeur, et demande des ouvriers tr^ adroits. TjOs cuirs étant succcssivomont étendus et flxés mr un bèlon hori-
zontal nommé paroir, on enlève, du côté de la chair, avec un couteau circulaire appelé lunette, toutes les parties charnues et grossières, en agissant de façon â obtenir partout la même épaisseur.
CORROYER {ko-roa-ié — en vx fr. coureer, préparer, et d'une racine red, qui a donné aussi ar^roi) v. a. Soumettre les cuirs au corroyage. il Passer les étoffes au corroi. Il Dégrossir, en parlant du bois de menuiserie, n Pétrir, malaxer : Corroyer du mortier, ii Revêtir de corroi : Corroyer un bassin de fontaine.
— Fonder. Corroyer du sable de fonderie. Le piler pour le rendre plus lin.
— Métall. Battre à chaud, en parlant du fer. il Souder ensemble plusieurs barres au marteau, pour n'en faire qu'une seule et l'étirer de nouveau.
Se corroyer, v. pr. Etre corroyé.
Corroyer (Edouard- Jules), architecte et écrivain français, né à Amiens en 1837. Elève de Viollet-le-Duc, il a construit YHôtel de ville de Buanne (Loire) et les Eglises de Vougy, Villers et Saint-Cijr-les-Vignes ; un château près de Bourg, etc. Il a dirigé la reconstruction du Comptoir d'escompte de Paris. Il est inspecteur général des édifices diocésains et a présidé aux restaurations de la cathédrale de Soissons, de l'abbaye du Mont-Saint- Michel, des églises de Nesle, Athies, Ham. On lui doit plusieurs éludes d'archéologie, entre autres : l'Architecture romane (1888) et l'Architecture gothique (IS&S,). Corroyer a été élu membre libre àl'Académiedes beaux-arts en i89e.
CORROYÈRE {ko-roa-ièr') n. f. Nom vulgaire du redoul à feuilles de myrte, et du sumac des corroyeurs.
COH'ROYEV'R {ko-ro-ieur ou ko-roa-ieur), EUSE n. Celui, celle qui corroie les cuirs ou les étoffes.
CORROZET (Gilles), écrivain et libraire français, né à Paris en 1510, mort dans la même ville en 1568, a beaucoup écrit, en prose et en vers; mais son nom serait certainement oublié depuis longtemps s'il n'avait publié, en 1532, la Fleur des antiquités et singularités de la noble et triomphante ville et cité de Paris, ouvrage qui a le mérite, malgré tout son fatras, d'être un des premiers parus sur l'histoire et la topographie de Paris. Corrozet a amélioré son travail dans des éditions successives; la meilleure est celle de 15G1. Il en parut d'autres après sa mort, avec des additions importantes de Nicolas Bonfons.
CORRUDE {ko-rud') n. f. Bot. Nom vulgaire de l'asperge sauvage.
CORRUGATEUR adj. et n. m. Se dit du muscle sourciller dont les contractions plissent la peau du front et de la base du nez, et froncent les sourcils.
CORRUGATION {si-on — lat. corrugatio; de cum, avec, etruga, ride) n. f. Froncement, plissement de la peau : Le ynuscle qui produit la corrugation du front. (Peu usité.)
CORRUPTÈLE {ko-ru — lat. corruptela, même sens) n. f. Corruption. [Vx.]
CORRUPTEUR , TRICE {ko-ru — lat. corruptor, trix, même sens\ n. Personne, 1° qui corrompt, gâte, déprave : Les CORRUPTEURS rfu goiit. Un corrupteur des mœurs. Le CORRUPTEUR d'une jeune fille ; 2" qui altère, change, dénature ; Un insigne corrupteur de l'Ecriture. (Maucroix.)
— Se dit de tout ce qui séduit, détourne du devoir, rend sourd à la voix de la conscience : Les gouvernements sont les plus actifs de tous les corrupteurs.
— Fig. Cause de corruption : L'exemple est un grand corrupteur.
— Adjectiv. Qui corrompt, qui est propre à corrompre : Des doctrines corruptrices.
CORRUPTIBILITÉ {ko-ru) n. f. Etat, caractère de ce qui est corruptible : La cokruptibilité de la matière.
CORRUPTIBLE {ko-ru — lat. corruptibilis; de corruptus, corrompu) adj. Capable de se corrompre, de se putréfier : Les corps les plus humides sojit les plus corruptibles.
— Fig. Capable de se laisser dépraver, ii Qu'on peut décider à agir contre le devoir, la conscience ; Juge corruptible.
— Corruptible à. Qui peut être corrompu par.
— n. m. Nom donné à des eutychiens du vi* siècle, qui disaient que Jésus-Christ avait été sujet aux passions et que sa chair était corruptible, il On les appelait aussi corrupticoles.
— Anto.n. Incorruptible.
CORRUPTIF, IVE (ko-ru — lat. corruptivus; de corruptus, corrompu) adj. Qui a la propriété de corrompre ; L'extrême civilisation est cûrruptive.
CORRUPTIO OPTIMI PESSIMA {La corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire). Axiome de l'antiquité qu'on applique tour à tour à l'autorité, quand elle devient despotisme; à la religion, quand elle dégénère en intolérance et en fanatisme, etc., et plus encore aux hommes recommandables par leurs fonctions ou leur passé, quand ils deviennent mauvais. (Cela est également vrai dans l'ordre matériel : les substances, les almients les plus fins et les plus recherchés sont ceux dont la décomposition est la plus insupportable.)
CORRUPTION {ko-ru-psi — lat. corruptio; de corruptus, corrompu) n. f. Action de putréfier; état de ce qui est putréfié : La corruption des viandes est attribuée aux ferments, il Corps putréfiés : Vers qui grouillent dans la corruption.
— Par ext. Action d'altérer, de dénaturer, de changer en mal : La corruption d'un texte, du goi'it.
— Fig. Dépravation : C'est dans les temps de corruption que les lois se multiplient. {Cond'ûl.) \\ Action de déterminer quelqu'un à agir contre sa conscience, contre son devoir; état ue celui qu'on a ainsi corrompu : Employer la corruption pour se faire nommer député.
— Dr. crim. Crime du fonctionnaire public qui trafique do son autorité, ou do ceux qui cherchent à le corrompre.
Il Corruption de mineurs. Délit d'attentat aux mœurs commis en excitant, en favorisant ou en facilitant habituellement la débauche ou la corruption de la'^unesse de l'un ou do l'autre sexe, au-dessous de vingt et un ans.