V. MINEUR
— Kn'ycl. Polit. Corruption électorale. On nomme ainsi l'action do fausser, par des dons et dos promesses, l'exercico du droit de suffrage. La corruption électorale constitua un délit que prévoit et punit l'article 38 du décret du 2 février 1 852, ajtphcablo actuellement à toutes les élections qui cmaaeni du suffrage universel- Ce texte frappe de la mémo
peine les deux auteurs du pacte de corruption : celui qui corrompt et celui qui se laisse corrompre. Il est ainsi conçu : H (i)uu:onque aura donné, promis ou reçu des deniers, effets ou valeurs quelconques, sous la condition soit de donner ou do- procurer un suffrage, soit de s'abstenir de voter, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et dune amende de 500 francs à 5.000 francs. — Seront punis des mêmes peines ceux qui, sous les mêmes conditions, auront fait ou accepté 1 offre ou la promesse d'emplois publics ou privés. — Si le coupable est fonctionnaire public, la peine sera du double. »
— Admin. Corruption de fonctionnaires. Le fonctionnaire qui fait trafic des actes de ses fonctions, qui fait ou s'abstient de faire tel ou tel de ces actes, dans un intérêt illicite et à prix d'argent, se rend coupable de corruption. Il y a crime, aux termes du Code pénal, et ce crime admet nécessairement deux agents : le fonctionnaire qui se laisse corrompre, et l'individu qui le corrompt. La loi a incriminé ces deux faits dans deux dispositions distinctes.
D'une part, l'article 177 du Code pénal punit le fait, par un fonctionnaire public ou un préposé d'une administration publique, d'avoir agréé des offres ou reçu des présents pour faire un acte de sa fonction ou pour s'abstenir de le faire. La loi du 4 juillet 1889 a rendu ce texte applicable aux trafics d'Influence imputables à toute personne investie d'un mandat électif.
D'autre part, l'article 179 du Code pénal réprime le fait de l'agent de la corruption, et même, de la part du corrupteur, la simple tentative. Mais, au cas de tentative, la pénalité est graduée selon que cette tentative a été ou n'a pas été suivie d'effet; dans le premier cas. le corrupteurest frappé des mêmes peines que la personne corrompue.
CORRY, ville des Etats-Unis (Pensylvanie [comté d'Erlé)], près du lac de Co/Ty; 5.680 hab. Raffineries de pétrole , fabriques de faucheuses, de moissonneuses, de meubles. Haut Vs^ fourneau.
CORS n. m. pi.
Véner. Syn. de andouillers.
CORSAG {sak') n. m. Espèce de renard, appelée aussi adive, dont le nom scientifique Corsac
est vulpes corsac
ou karagan, et qui habite du Volga au Baïkal et du Turkeslan à la Mésopotamie.
— Encycl. Ce petit renard grisâtre, à oreilles courtes, très voisin du vulpes ferrilalus du Thibet, qu'il n'égale pas comme taille, fut jadis à la mode en France. Pendant la seconde moitié du xvi" siècle, les dames portaient ces coi'sacs ou adives apprivoisés avec elles, comme plus tard on fit pour les chiens de manchon.
CORSAGE {sa/ — rad. corps] n. m. Autref., Corps, pesonne.
Il Auj., Buste, partie du corps comprise entre le cou et les hanches. Se dit seulement Corsages, en parlant : l" Des
femmes : Dante au corsage omdent ; 2" De certains animaux : Le corsage du cheval, au lévrier. Il est des cerfs de grand et de petit corsage. (Chapus.)
— Par ext. Partie du vêtement qui recouvre le buste : Un CORSAGE en velours. Le corsage d'une robe.
— Comm. Qualité d'un drap bien fourni en laine : Drap qui est d'un beau corsage.
— Féod. Gens de corsage. V. corps (gens de).
CORSAIRE {sêr' — ital. corsaro ; de corsa, course) n. m. Mar. Vaisseau armé par des particuliers, avec l'autorisation du gouvernement, pour faire la chasse aux bâtiments marchands d'une nation ennemie : Armer un corsaire. Il Capitaine de ce bâtiment : En France, c'est parmi les corsaires que la marine compte ses plus grands hommes. (Th. Page.J
— Abusivem. Bâtiment monté par des pirates ; pirate lui-même : Les corsaires chinois, tunisiens.
— Fig. Homme dur, impitoyable : Créancier qui est un vrai corsaire.
— Jeux. Une des combinaisons du solitaire, il V. croquet.
— Ornith. Nom vulgaire de lépervier.
— Adjectiv. : Bâtiment corsaire. Cupitaine corsaire;
— Prov. : A corsaire corsaire et demi, Un homme dur, avide, en rencontre souvent un plus dur et plus avide encore, ou bien : Contre ceux qui se montrent durs, il faut être plus dur encore.
— Allus. littês. :
Corsaires contre corsaires.
L'un l'autre s'attaquant, ne font pus leurs afTaires.
Proverbe cité par La Fontaine dans la fable intitulée ; Tribut envoyé par les animaux à Alexandre, mais qui est de Régnier (XIP satire). Cet adage semble dérivé du proverbe espagnol : De cosario a cosario no se llevan que los bariles, « Do corsaire à corsaire, il n'y a que les barils d'eau à prendre ».
Dans l'application, ces vers signifient qu'il en cuit aux écrivains, mais surtout aux fripons et aux méchants, de se faire la guerre entre eux.
— Encycl. Mar. Le nom de corsaire est donné à un bâtiment de commerce armé en guerre et appartenant à un particulier, ou mieux à celui q^ui commande le bâtiment. En dépit do cette définition, il laut se garder de confondre les corsaires avec les pirates et de les englober dans la même réprobation. Les pirates sont de véritables bri- {'ands qui opéraient en temps de paix comme en temps un pucrro, qui pillaient leurs compatriotes comme les étrangers, et qu'animait seul le désir du butin. C'est sans liuuto ainsi que commencèrent les corsaires. Après la (birouverte de l'Amérique, de hardis marins, anglais et liollandals pour la plupart, coururent sus aux galions espagnols, en enlevèrent un grand nombre et réalisèrent de gros bénéfices. Du moins eurent-ils presque toujours
sorupulo il'attaquor les b&timonts (jui battaient pavillon ilo loin- pays d'orit;ino. A ces promiors corsaires vinrent bientôt se Joindre les /liàustiers, association do pirates intrépides ipii dova.sn>ront la mer des Antilles pondant tont lo xvii" MfcU». Aidés par les bintcaniers (cliasseurs do'bœufs sauva;;os de Saint-Domingue}, ciue les Espagnols avalent pourcbassos, les tlibustîers étabhrtMit leur (|nartiei' général dans l'île do la Tortue, au N. de Saint-Donunguo, et sous la direction do chefs intrépides, enlèveront tous les navires do commerce qui paNsaient à leur portée, osant môme parfois s'attaquer aux vaisseaux de guerre et engager avec doux ou trois de ces bâtiments des batailles disproportionnées. Quelques-uns d'entre eux tentèrent avec bonliour des descentes sur la terre ferme et brûlèrent les villes do la côte. A la môme époque, d'autres corsaires ocuniaiont la Méditerranée, et on se souvient des expéditions dirigées contre les pirates barbaresques qu'abritaient les eriques et les baies du Maghreb, par Charles-Quint et Philippe II au xv!" siècle, par Louis XIV en 16G9 et en 1G83.
Mais, peu à peu, le métier de corsaire devient un minier régulier, consacre par l'usage et garanti en quelque sorte par les souverains. Aussitôt que la guerre était déclarée entre deux puissances maritimes, les plus hardis dos marins recevaient, pour la durée des hostilités, dos lettres de marque, qui leur donnaient ofliciellement le droit de capturer les vaisseaux de commerce de la nation ennemie, do mettre on vente les marchandises enlevées et qui leur réservaient la plus grosse partie des bénéfices. Ces lettres de marque, appelées également lettres de i-eprésaillfs, étaient délivrées dans les ports do France par le ministre do la marine et par les gouverneurs dans les colonies. Cotte course était réglementée par un tribunal de conservateurs de la paix qui devaient trancher dans le délai de deux mois toutes les contestations nées à. l'occasion do la guerre de course.
Les corsaires furent alors non seulement tolérés, mais honorés pour leurs exploits. Ce métier formait d'excellents marins, car il exigeait une énergie, une activité, un d*'ploiemeot d'adresse fort rares dans la marine do l'Etat à cotte époque. Duguay-Trouin, Forbin, Pointis, Jean Bart, étaient dos corsaires. Rien qu'en 1G89, ils enlevèrent aux Anglais plus de 4.200 navires; Seignelay et Louvois tirent faire, pendant toute la guerre d'Augsbourg, la course pour leur compte et encaissèrent les bénéfices. Vaubaa, luimême, dont on connaît pourtant les scrupules de conscience, écrivait au roi : " Il faut de toutes manières favoriser la course tant que durera la guerre. »
Il semble bien que le monde entier n'ait pas eu d'autre opinion sur les corsaires au xviii* siècle. Les corsaires qui coururent les mers et firent tant de mal au commerce maritime pendant la guerre d'Amérique n'indignèrent personne, et les courageux exploits de Surcouf, pendant les guerres de la Révolution, furent universellement admirés.
C'est seulement au congrès de Paris, en 1856, que furent universellement abolis les corsaires. Seuls les Etats-Unis. l'Espagne et le Mexique refusèrent de prendre un engagement à ce sujet. Et, pourtant, la pression de l'opinion publii[ue est si forte que ni les Etats-Unis, ni l'Espagne n'ont osé, en 1898, ressusciter ce vieil usage. Il semble bien, pourtant, que l'emploi de navires do course en temps de guerre n'a rien qui dépasse les droits légitimes des belligérants et que ce métier, qui ressemble singulièrement à celui des francs-tireurs sur terre, u'est pas contraire au droit des gens.
Corsaire (le), opéra-comique en trois actes, paroles de La Chaboaussière, musique de Dalayrac, représenté à la Comédie-Italienne le 17 mars 1783. C'était le second ouvrage du compositeur, qui n'avait encore donné qu'un petit acte, intitulé l'Eclipsé totale. Le livret du Corsaire est romanesque et dramatique. Tel qu'il est, il servit heureusement le compositeur, qui écrivit une musique expressive et spirituelle dont le succès fut complet.
Corsaire (le), roman poétique en trois chants, par lord Byron, publié en 1814.— Conrad, le corsaire, apprend que les Turcs vont l'attaquer dans sa retraite; il quitte aussitôt Médora, sa maîtresse, et, déguisé en derviche, se rend dans le camp de son ennemi, lo pacha Seyd, qui a relà'dié dans la baie de Coron, où il donne une fête en attendant un vent favorable. Conrad annonce au pacha
?u'il vient de quitter furtivement l'île du corsaire, et lui ait des récits merveilleux qui finissent par l'endormir. A un signal convenu, les compagnons du corsaire accourent et mettent le feu au palais; mais leur chef no tarde pas à être fait prisonnier. Pendant sa courte victoire, Conrad a sauvé des flammes Gulnare, la favorite du pacha ; elle vient le trouver dans son cachot et lo délivre. Le corsaire s'embarque avec sa libératrice, et regagne son île, où il apprend que Médora vient do rendre le dernier soupir. Il s'enfuit avec Gulnare. On reconnaît dans ce
fioème lo sujet favori de Byron, qui s'est complu à idéaiser les désespérances de la vie et à donner à ses héros quelque chose de lui-même. Le roman paraît invraisomblable, les qualités poétiques rachètent ce défaut.
Corsaire, En dehors des ouvrages précédents, ce mot entre encore dans le titre d'une quantité d'œuvres littéraires ou musicales. Tels sont, par exemple, le Corsaire roufje de Fenimoro Cooper (1827;; le Corsaire, ballot-pantomime en trois actes et cinq tableaux, scénario de Saint- Georges, chorégraphie de Mazillier, musique d'Adolphe Adam, représenté à l'Opéra de Paris lo 23 janvier i8r»0 (c'est le Corsaire do Byron mis en action, avec adjonction de nombreux incidents); le Corsaire noir, opérette boufi'o en 3 actes, paroles ot musique do J. OlFonijach (Vienne, 1872), etc.
GORSALI (André^, navigateur italien du xvi" siècle, né à Florence. Chargé par lo roi do Portugal, Emmanuel, d'explorer les Indes et la Chine, Corsali se rendit ùCochin, d'où, en ir>i6, il passa on Abyssinio avec une ambassade portugaise, puis visita Mascate, une partie de la côte d'Arabie, Ormnz ot Goa. Ce voyageur a résumé une partie do SOS observations dans doux lettres, adressées do Cochin, l'une à Julien de Médicis, en 151.'), lautro ù Laurent do Médicis, en 1517.
GoRSCIA. comm. do la Corse, arr. ot à 20 kit. do Corte, non loin du Golo ; 888 hab.
Corse, personne née on Corso ou qui habite cette lie. — Les CoitsiîS.
— Adjoctiv. Qui appartient ù ce pays, ù mm halMiants ; Cheval cur.sic.