COTE
longneur est au moins double. La troisième côte accuse une courbure de torsion déjà prononcée. Le cartilojge costal des huitième, neuvième et dixième côtes, au lieu de se prolonger jusqu'au sternum, se relève et s'unit au cartilage immédiatement supérieur. La onzième et la douzième côtes (cette dernière beaucoup plus courto) peu courbées, à tète pourvue d'une seule facette articulaire, privées de col et de tubérosité, ont leur extrémité antérieure libre et dénuée de cartilage.
L'ossitication du corps commence du quarantième au cinquantième jour de la conception. Deux points épipbysaires, l'un pour la tête, l'autre pour la tubérosité, apparaissent de seize à vingt ans ; à vingt-cinq ans environ, la soudure des points osseux s'est opérée.
Les cotes, dans leur ensemble, concourent à la formation de la cavité ou cage thoracique. Elles fournissent encore des points d'attache nombreux à la presque totalité des muscles du tronc : intercostaux et sous-costaux; triangulaires du sternum; scalènes, sous -costaux, diaphragme, petits dentelés postérieurs, long dorsal; grand dentelé, petit pectoral, sous-clavier; grand pectoral, grand dorsal; grand oblique, petit oblique, transverse, carré des lombes et sacro-lombaire.
— Anat. compar. Le mot côte prend une extension beaucoup plus grande que dans l'aDatomie humaine, non seulement par rapport au nombre, mais encore quant à la forme, aux fonctions et à la position qu'occupent les côtes. Ainsi, tandis que chez l'homme on n en trouve que douze paires, en en rencontre de vingt à vingt-quatre chez plusieurs mammifères, et un nombre beaucoup plus grand encore parmi les reptiles ophidiens. Il en est de même des poissons. Les oiseaux en ont ordinairement de sept à douze paires, et tous les vertébrés, en général, qui ont un sternum, ont aussi un plus ou moins grand nombre de côtes. Les grenouilles font exception à cette règle. La forme des cèles n'est pas moins variable que leur nombre; ces os sont constitués tantôt d'une seule pièce, tantôt de deux ou trois, le plus souvent séparés les uns des autres par des espaces interosseux, et quelquefois réunis ensemble par engrenure de manière à former un véritable crâne thoracique: telle est la carapace de la tortue. Comme, chez les serpents, le sternum fait défaut, les côtes flottent librement au-devant de la cavité abdominale.
— Art vétér. On appelle région des côtes, quand on examine un cheval au point de vue de la conformation extérieure, la région comprise entre l'épaule, le dos, le flanc et le ventre; elle a pour base les arcs osseux connus sous le nom de a côtes ^. La côte dite ronde est plus belle que la côte plate. Cette région peut être le siège de blessures
Far les parties du harnachement qui s'y appuient, et quo OQ connaît sous le nom de contusion et de cor. C'est sur la région des côtes que l'on applitjue les sinapismes ou les vésicatoires, dans le cas de nuxiea de poitrine.
— Chir. Fractures des cales. Les côtes peuvent être fracturées directement par les coups portés sur le thorax, ou indirectement par des pressions exercées sur le thorax. La fracture est simple ou multiple; elle peut être com-
Elète ou incomplète (fêlure). En cas de fracture complète, ïs fragments peuvent lacérer la plèvre, les esquilles s'implanter dans le tissu pulmonaire, hépatique, splénique, etc.; entin, l'artère intercostale, la plus voisine de la fracture, peut être lésée, accident qui amène un épancbement sanguin dans la cavité pleurale.
Les signes de la fracture des côtes sont : une douleur vive au niveau du point lésé, s'exaspérant dans les mouvements du ironc; une dyspnée plus ou moins considérable; la mobilité des fragments et une crépitation quelquefois sensible à. la main, et surtout à l'oreille.
Lorsqu'il n'y a pas déplacement des fragments, un simple bandage de corps, destiné â immobiliser la poitrine et à empêcher les fortes inspirations, suffit à maintenir la fracture jusqu'à la consolidation. Mais, lorsque les fracjments sont enfoncés, il y a souvent nécessita de les relever, et cette indication n'est pas toujours aisée à remplir. Luxation des côtes. La luxation des côtes est à peu près impossible. Du côté de la colonne vertébrale, la tête do l'os est si efhcacement protégé; du côté du sternum, la côte est si intimement unie à son cartilage, qu'une violence extérieure réussit plutôt à fracturer la côte qu'à produire une luxation. D'ailleurs, la côte ne peut être enfoncée sans fracture.
— Techn. Dans le tissage, on distingue plusieurs espèces de côtes, suivant qu'elles occupent, par rapport à la longueur de l'étoffe, une position longitudinale, diagonale ou oblique, et encore transversale. Dans le premier cas, ces tissus prennent le nom de cannelés; dans le second, de diagonales; el, dans le troisième, de piqués ou reps.
CÔTE (du lat. Costa, même sens) n.f. Géogr. Penchant d'une montagne, d'une colline : Monter une côte, h Rivage de la mer ; terrain qui l'avoisine ; partie de la mer qui en est rapprochée : Les côtes d'Angleterre. Habiter la cote.
— An milit. Garde-côte. V. garde-côte.
— Mar. Faire côte, Se jeter à la côte, Aller à la côte. S'échouer devant le rivage. (Suivant l'état du fond, la côto est dite o ptc, saine, plate ou en pente douce.) ii Côte de fer, Rivage formé de rochers escarpés et perpendiculaires.
Il Côfe accore, Côte élevée et taillée à pic. il Etre au vent d'une côte. L'avoir doublée et recevoir le veut du large.
n Etre souê le vent d'une côte, Recevoir le vent do terre.
U Vue de côte. Dessin schématique reproduisant les contotirs et accidents de la côte.
— ŒqoI. Vins de côte. Se dit des vins rccoUés sur les coteaux, par opposition aux vins dits « de montagne » ou « de plaine » et, dans le Bordelais, par opposition auxvins des graves et des palus.
— Loc. fara. : Envof/er quelqu'un à la côte, Se débarrasser do lui. Il Etre à la côte. Etre mal dans ses affaires, ruiné.
Il Etre au pied de la côte. Même signification que le précédent, bien que côte soit pris ici dans un sens dilfércnt. (Se dit par allusion au piéton épuisé, qui voit se dresser devant lui une montée ardue.) Il Frère de la côte, Compagnon de misère.
— Loc. adv. : A mi-côte, Vers le milieu du penchant d'une moDtagBO, d'une colline.
— Stn. Côte, bord, rivage, etc. V. bohd.
— Encycl. Géogr. Los côtes sont, au sons propre du mot, le point de contact entre les mers et les continents. Limites des continents, elles participent à la structure et à la composition do ceux-ci. Une région montagneuse se termine toujours par une côto dentt:Tée et se profilant en caps et eo pointes; une râgion de plaine s'achève gcnéralemeni
sur la mer par des côtes droites, sablonneuses, souvent bordées d'étangs Les vallées d'alluvions se terminent dans l'océan par une terre basse de même composition ; une montagne calcaire, par de hautes falaises aoruptes ; un pays granitique, par de profondes et nombreuses découpures. On pourrait, en un mot, formuler une loi générale, presque sans exception : *- tel pays, telle côte u , puisque la côte est la lisière du pays.
D'après Suess, on pourrait, en étudiant le rapport des montagnes et des côtes, distinguer deux cas principaux : 1» Le cas où les chaînes se présentent parallèlement aux côtes; 2° le cas où les chaînes se présentent perpendiculairement aux côtes. Los premières se rattacheraient à un type unique, le tvpe Paci^que; les secondes au type Atlantique. De cette classification beaucoup trop systématique, on peut retenir cette idée fondamentale que le relief, partout et toujours, détermine la côte. Mais cette conclusion ne saurait suffire à la géographie.
En réalité, beaucoup d'autres causes contribuent à modifier profondément les côtes, parfois à la longue, parfois aussi d'une façon brusque ; action climatérique (de beaucoup la plus importante); phénomènes intet^mittents, tels que raz de marée, tremblements de terre, etc. ; parfois môme toutes les causes agissant simultanément.
La destruction des côtes sera d'autant plus rapide qu'elles se composeront de roches plus friables. Les calcaires durs échapperont davantage à cette action de l'eau; enfin, les roches granitiques résisteront longtemps à cette réaction, qui n'obtiendra un résultat visible qu'au bout de plusieurs siècles. De même, les masses continentales qui, pour une grande surface, présenteront une longueur de côtes très petite, seront plus difficilement entamées, tandis qu'une péuinsule ou un cap, attaqués par la violence des vagues et l'action chimique de l'eau sur plusieurs points à la fois, seront plus facilement usés et détruits.
Mais, d'autre part, le gel et la pluie travaillent aussi à modifier incessamment les côtes. La gelée détermine de véritables éclatements, de profondes dissociations de roches. Rien n'est plus caractéristique, à ce point de vue, que les fjords de la Norvège ou de quelques parties de l'Ecosse, dus exclusivement à l action des glaciers. Dans les contrées plus chaudes, l'élévation de la température et la violence des courants atmosphériques favorisent la décomposition des roches, et c'est en vertu de cotte loi que les côtes de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l'archipel de la Sonde et l'Asie orientale ont été violemment entamées.
A côté de cette action prolongée, et dont l'œuvre n'est saisissable qu'après un certain laps d'années, les tremblements de terre ont souvent modifié d'une façon brusque les régions littorales (Japon, côte Pacifique, archipels du Pacifique). Certains de ces terribles mouvements sont restés célèbres (Lima, octobre 1724 ; Lisbonne, 1755 ; Chili, 1837; Valparaiso, 1822). Enfin, les volcans, ceux qui se dressent sur le continent, comme ceux que dérobent à nos regards les eaux de l'océan, jouent également un rôle actif sur l'articulation des côtes (éruption de Krakatau).
Mais, si la mer détruit les côtes, elle utilise les matériaux ainsi conquis à une œuvre perpétuelle de reconstruction. Elle crée dos cordons littoraux, des marais salants, des dunes. Elle roule autour des promontoires le sable des galets qu'elle a triturés, et construit autour d'eux des flèches, qui se rejoignent et emprisonnent des lagunes dont l'eau s'évaporera. Ces sables seront poussés vers l'intérieur par la force du vont et deviendront des dunes. Enfin, les phénomènes d'exhaussement, constatés par la quasiunanimité des géologues, contribuent à l'empiétement des continents surTocéan. U convient de ne pas oublier aussi le travail des madrépores, si actif et si curieux, en Amérique et en Océanie.
Reste à discuter la valeur des côtes au point de vue économique ; « La richesse d'un continent on îles et en péninsules, pensait Karl Ritter après Strabon, prouve qu'il est supérieurement organisé et plus apte à favoriser le développement des sociétés humaines, u Mais Elisée Reclus a bien mieux vu quand il a écrit : « Le relief du sol et la configuration des côtes sont des éléments de valeur cliangecnte dans l'histoire des nations. Les privilèges mêmes dont la nature avait gratifié certains pays peuvent se changer en de graves désavantages. » Une côte riche en articulations favorisait les pays qui en étaient dotés et contribuait puissamment à leur richesse économique, alors que le cabotage était la seule forme pratique de commerce maritime. Mais la navigation à vapeur a bouleversé toutes les habitudes : les itinéraires des bateaux modernes sont reciilignes et les ports nombreux sout moins nécessaires. Un large estuaire permettant aux paquebots de pénétrer par le fleuve profondément au cœur du pays et d'entrer en contact direct avec les entrepôts de 1 intérieur contribue plus qu'une dentelle côtière au développement d'un peuple. La multiplicité d'accidents côtiers contribue à donner aux habitants de l'arriôre-pays une aptitude maritime plus grande (Bretagne, Norvège), mais elle n'augmente en aucune façon leurs aptitudes économiques.
— Art milit. Attaque et défense des côtes. Les modes d'attaque à craindre pour une côte sont le débarquement et le bombardement . Le premier a perdu de son importance : les facilités de communication à l'intérieur d'un pays permettant plus aisément qu'autrefois de réunir en temps opportun, sur le point menacé, les troupes nécessaires pour le défendre.
Le bombardement est plus à craindre, à cause des distances considérables auxquelles il peut s'effectuer, des ravages que peuvent causer les énormes projectiles modernes chargés d'explosifs puissants, enfin, en raison des richesses immenses que renferment les grands établissements militaires et commerciaux exposés au bombardement.
Quant aux bâtiments assaillants, si la vapeur leur assure de grandes facilités d'évolution, elle leur impose en même temps la sujétion de renouveler leur approvisionnement de charbon. De plus, les machines et engins de toute sorte qui contribuent à leur puissance sont compliqués et délicats, ce qui les expose à des avaries nombreuses. Les côtes peuvent être défendues par les moyens de la marine ou do la guerre.
En premier lieu, les escadres croisant au large et surveillant les abords du littoral constituent ce qu'on appelle la défense mobile de mer.
En seconde ligne est la défense fixe de mer, constituée par l'emploi dos différentes sortes d'engins, tels que torpilles do fond, torpilles automobiles, etc., établies aux atrrjrds de la côto ou jqu'on peut lancer ot diriger de collc-ci. L'emploi do ces moyens peut interdire aux bâti-
ments l'accès et même l'approche de la côte, mais non empêcher un bombardement à distance.
La défense mobile de terre est constituée par des troupes d'infanterie et d'artillerie réparties sur le littoral et pouvant être rapidement concentrées aux points menacés de débarquement.
Enfin, la défense fixe de terre comprend les fortifications élevées pour protéger les établissements commerciaux ou militaires les plus importants.
Ce sont surtout les batteries de côte, dont les unes, dites de rupture, sont destinées à tirer jusqu'à 1.500 ou 2.000 mètres au plus contre les cuirassés cherchant à forcer une passe ou l'entrée d'une rade; tandis que les autres, dites de bombardement, cherchent à tenir à distance les navires ennemis qui s'approchent pour bombarder certains points des côtes. Les batteries du premier genre sont, en général, établies sur des points peu élevés, de façon que leur tir ne soit pas trop plongeant et qu'elles ne soient pas trop exposées elles-mêmes aux coups à grande distance; les oatteries du second genre sont établies plutôt sur des hauteurs, afin d'avoir des vues plus étendues.
L'artillerie de côte, qui doit armer les unes et les autres, comprend : 1° comme pièces de rupture, des canons longs en acier, dont les calibres vont de IS'/"" à 45'^/'», et les poids de 4 à 100 et même 120 tonnes ; 2" comme pièces de bombardement, outre la plupart de ces mêmes canons longs, des canons courts ou mortiers rayés, lançant des obus à grande charge d'explosifs puissants, des calibres de 27'=/'", 30=/" et 34V" : puis des pièces légères, à tir rapide, de calibres voisins de lOV™.
— Dr. admin. Les côtes sont susceptibles de devenir propriétés privées. Les rivages font partie du domaine public. Les atterrissements qui résultent du mouvement des sables entraînés par les flots et les débris végétaux déposés sur les rivages, puis abandonnés par le retrait successif des eaux, autrement dit les lais et relais delà mer entre les rivages et les côtes, appartiennent au domaine privé de l'Etat qui peut les aliéner.
Toutes les nations ont des droits égaux sur la mer, qui est leur patrimoine commun. Mais il est admis que chacune d'elles a un droit de protection, de police, de juridiction sur une certaine étendue de mer baignant ses côtes. C'est ce qu'on a appelé la mer tei~r}tormle. Cette mer territoriale n'est, en réalité, qu'une prolongation de la frontière des Etats. Elle s'étend jusqu'au point de chute, de plus en plus reculé par la science, des projectiles lancés du rivage. Toutefois, un grand nombre de traités internationaux ont délimité exactement ces zones. C'est ce qu'ont fait notamment diverses conventions intervenues entre la France et l'Angleterre pour leurs pêcheries.
Côtes de fer (en angl. Ironsides). On désigne sous ce nom les soldats de quinze escadrons, composés de jeunes hommes braves et déterminés, que Cromwell avait recrutés principalement dans les provinces de l'est de l'Angleterre. Ces hommes austères, à moustache drue et à ceinture de buffle, firent le sucrés de l'armée parlementaire. Ils se distinguèrent particulièrement à la bataille de Marston-Moor (1" juill. 1644). où ils remportèrent une victoire décisive sur les soldats de Rnpert. Ce fut après cette journée qu'on leur donna ce surnom de Ironsides. «( Il n'y en pas un parmi eux, dit un écrivain du temps, qui boive, jure, paillarde ou pille, »
CÔTE, nom de la région de la Bolivie, s'étendant de l'océan Pacifique au pied des Andes. Contrée sablonneuse et stérile, avec des mmes de lignite, de salpêtre, de cuivre, d'argent et d'or.
CÔTE (la), nom donné à la partie du rivage septentrional du lac de Genève, depuis 1 embouchure de l'Aubonne jusqu'à celle de la Promenthouse, dans le canton de Vaud. CÔTE D*AZUR. nom familier donné au littoral français baigné par la Méditerranée, surtout dans sa partie orientale.
CÔTE D'Ivoire (anciennem. Côtes des Dents), colonie française du golfe de Guinée, comprise entre la mer, la république de Libéria, la Côte de l'Or anglaise et le Soudan français.
La frontière avec la républinue de Libéria a été déterminée par les conventions du 8 décembre 1892 et du 10 août 1894; fa. frontière avec la Côte de l'Or a été déterminée par les conventions du 12 juillet 1893 et de juin 1898 (cette dernière n'est pas encore ratifiée). Il est donc assez difficile d'en donner la superficie, qui peut s'évaluer à 250.000 kilomètres carrés en la limitant au 9" parallèle. La côte court sensiblement le long du 5" parallèle, entre 5«,20' et 9*, 50' de longitude O. Un fort ressac, connu sous le nom de « barre ", rend le débarquement difficile et nécessite l'emploi de pirotjuiers indigènes.
Les fleuves de la Côto d'Ivoire sont : le Tanoë, la Comoo ou Akba, le Bandama, le Sassandra, le San-Pedro et le Cavally. Ces fleuves ne sont navigables que jusqu'à une distance variant de 50 à 100 kilomètres de leur embouchure ; ils sont obstrués alors par les premiers rapides que formont les derniers contreforts du plateau soudanais. Le système des lagunes corrige heureusement ce défaut de communications fluviales, en permettant au commerce de naviguer à l'intérieur d'une côte inhospitalière â l'abri de la grosso mer, et de drainer ici sans danger les produits vers le mouillage. Ces lagunes s'éteudonl sur une longueur do plus de 220 kilomètres de l'embouchure du Tanoë à celle du Bandama, sous différents noms (lagunes d'Assinie, de Graud-Bassam et de Grand-Lahou). Une vaste forêt, commençant à peu de distance de la lagune, s'étend vers le N., et renferme les essences les plus variées, surtout l'acajou, le palmier à huile et les différentes espèces de lianes à caoutchouc. Dans le haut plateau, il existe des gisements aurifères abondants, quoique mal exploités par les indigènes.
La température moyenne de la côte varie de 20" à ZG"; elle est un peu plus élevée dans la forêt.
Les diverses races indigènes sont : les Agnis, les Ochins, los Boubouris, les Jacks-Jacks,Ies Kroumans, les Dioulas et les Apolloniens. Ils sont en général paresseux, ce qui oblige les Européens à recourir à la main-d'œuvre étrangère. La population indigène s'élève à 2.500.000 âmes ; la population européenne â 200 environ.
— Histoire. D'après la tradition, des Dieppois fondèrent, on 1365, les premiers comptoirs français sur la côte du golfe de Guinée. Mais la France n'y fit acte d'occupation èffcttive qu'en 1842 ; alors, lé commandant Bouët-Willaumez
signa dos traités, avoc les chefs indigènes. En 1852, «no rôvoito dos indigènes do l'AkapIoss uôcossif.a une intorvontiûD énergique, ù. la suilo do laquelle le capitaiho Faidherbe consiruisit les forts do Daboii ot do Grand-Bassam. La Franco no conserva sur la côto, jusqu'en 1888, que quelques t'actororios appartenant i Verdier. L'année 1889 fut la véritable date de la fondation do la colonie do la Côto d'Ivoiro. Le mémorable voyage exécuté par le capitaine d'infanterie do marine Binger, dw 1887 & 1889, démontra l'importance dos comptoirs français de la Côto d'Ivoire.
D'autres missions suivirent, mais sans obtenir de résultats tangibles. En 1802, te capitaine Binger retourna à la Côte d'Ivoiro, et compléta la connaissance du pays. D'autre part, lo capitaine Ménard, chargé do relier les itinéraires du capitaine Binger avec ceux du .sud-ouest du Soudan français, mourut à la poino. Le décret du 10 mars 1893 constitua enfin la colonie de la Côte d'Ivoiro, ot son premier gouverneur fut naturellement Binger, qui réussit pleinement dans sa tâche; la France lui doit la conquête pacifique d'une de sos plus belles colonies. Toutefois, l'arrière-pa^ys restait à explorer : ce fut la tâche qu'accomplit, en 1893, lo capitaine Marchand. Elle fut mterrompuo par l'approche des bandes do Samery. Une colonne expéditionnaire, dont le commandement fut coulio au lieutenant-colonel Monteil, délit Samory en plusieurs combats, mais ne put en finir avec lui, faute il'etfectifs suffisants. Néanmoins, les dispositions prises par le gouverneur Binger arrêtèrent l'offensive de Samory, et lui permirent de maintenir l'ordre dans la colonie. Depuis, la défaite et la prise de Samory {1899) ont permis à la France de relier la Côte d'Ivoire au Soudan français par une chaîne de postes ininterrompue.
— Ad)nmistratio7i. Le principal établissement de la colonie est Grand- Bassaniy résidence du gouverneur, et le territoire est divisé en onze cercles : Assinie, Grand-Bassam, Dabou, Grand- Lahou, Sassandra, San-Pedro, Bereby, Cavally, Baoulé, ludonié, Bondoukou, qui ont à leur tète un administrateur colonial ou un officier d'infanterie de marine. Un conseil d'appel, composé de fonctionnaires de la colonie, et un juge de paix à compétence étendue, constituent le service judiciaire. L'instruction primaire est donnée dans sept écoles, dirigées par les Pères des missions africaines. Il existe, de plus, une école professionnelle à Grand-Bassam. Le réseau télégraphique dessert tous les ports de la cote et va rejoindre celui du Soudan par Bondoukou, Kong et S iUasso. Les travaux publics sont dirigés avec une grande activité, et le système routier s'étend tous les jours. Un wharf est construit à Grand-Bassam, au débouché des routes venant de l'intérieur.
— Commerce, industrie, agriculture. Le mouvement commercial prend chaque jour plus d'extension. Les importations consistent surtout en tissus, tabacs, sels, armes, genièvre et denrées de consommation. Les exportations consistent en huile de palme, bois d'acajou, caoutchouc, poudre d'or. La situation agricole va s améliorant : de nouvelles plantations de café, de canne à sucre, de vanille, de tabac, de coton ont été commencées, et l'administration les encourage. Enfin, l'exploitation forestière assure des bénéfices rémunérateurs, et plusieurs mines sont exploitées.
La Côte d'Ivoire, une des plus jeunes colonies françaises, n'en est pas moins une des plus prospères.
CÔTE DES Esclaves, ancien nom de la partie du littoral du golfe de Guinée, comprise entre lo cap Saint- Paul à l'O. et le cap Formoso (oraboucliures du Ni^er) à l'E., sur un développement d'environ 300 kilomètres. EIlo formait, à proprement parler, lo rivage de cet enfoncement du golfe de Guinée plus particuliè-roment connu sous le nom de « golfe de Bénin ». Le nom do cette côto lui venait du trafic principal auquel elle servait de théâtre : la traite des nègres. Elle so continuait, ù. l'O., par la Côte de l'Or; à lE., par celle du Bénin. La Côte des Esclaves se trouve aujourd'hui partagée entre la colonie allemande du Togo, la colonie française du Dahomey et la colonie anglaise do Lagos.
CÔTE DES Dents, ancien nom de la Côte d'Ivoire. CÔTE DES Graines, ou du Poivre, ou de Ma-
LAGUETTE, ancien nom do la partie du littoral du golfe de Guinée, comprise entre l'île Shorbro à l'O. et lo cap des Palmes à l'E., sur un développement d'environ 400 kilom. Son nom lui venait du commerce principal qui s'y faisait : celui du poivre, dit malagnette. Elle forme aujourd'hui lo littoral do la partie orientale do la colonie anglaise de Sierra-Loono et do toute la république do Libéria.
CÔTE DU Vent, dénomination donnée autrefois à une partie) do la Guinéo, comprenant la Côto d'Ivoire ou des Dents et la Côto dos Graines.
CÔTE Ferme, en espagn. Terra FiRMA, nom donné par les premiers descuhriaores es|ia^,Miuls au littoral coiitinontal de l'Améritiue soptentrioiiato du Sud, par opposition avec les îles uécouvortos d aburd par eux.
CÔTE D'Or ou mieux CÔTE DE L'Or, partie du littoral de la Guinée septentrionale, entre la Côte d'Ivoiro à ro. ot la Côte dos Esclaves à l'E. ; 510 kilom. de long.
Los premiers essais de colonisation, dans co pays» paraissent avoir été faits par des Français, dos Diepnois, dès 1365. Los Portugais leur succédèrent en 1484; ils s établirent auCapo-Coast-Castle en 1602. Les Hollandais Icii v remplacèrent, mais cédèrent la plupart de leurs comptoirs aux Anglais (traité do Bréaa, 1067). En 1850, ces derniers acmiirent du Danemark Quitta et Accra. En 187-1, les Hollandais vendirent A l'Anglotorro les quoiqnrs points qu'ils avaient continué à. occuper. A la suite do doux expéditions contre Coumassio {1874 et 1806), la colonie a été agrandie do tout le royaume des Achantis. Enfin, des explorations ont reporté la frontière des territoires anglais do la Côte de l'Or jusqu'au l\* parallèle N.
La colonie est, borni'O ù. l'O. par les possessions françaises do la Côto d'Ivoiro ; au N. par lo Soudan français ; à. l'E., ollo touche au Togo allemand, dont la Volta blanche la sépare jusiiu'à un point situé un peu en amont de mhi omb'ouchure. Elle a a .sa tôto un gouvoruotir résidnul a