CLAIRVAUX
Claire-voie.
Claire-voie.
CLAIR-OBSCUR [klèr, sknf) n. m. Distribution des luniières et des ombres combinée do façon à les faire valoir les unes par les autres, dans un tableau, un dessin, une gravure ; La science du cLAiR-onscnR. i] Effet produit par le contraste et l'agencement de l'ombre et de la lumière dans la nature elle-même. 11 Effet Que l'on obtient dans un dessin en forçant les ombres et ronaussant les jours avec du blanc : Un dessin au clair-obscur. Il Dessin où l'on a cherché à produire cet effet : Dessin qui est un beau clairobscur. (PI. Des clairs-obscurs.)
— Tableau de clair-obscur. Tableau qui n'est que de deux couleurs, comme les camaïeux, et où. par conséquent, l'on a cherché les effets de la lumière, et non ceux de la couleur.
— E^•CYCL. B.-arts. L'expression clair-obscur a un sens qui ne s'accorde guère avec la forme; elle désigne cette partie do la peinture qui consiste à distribuer avec art la lumière et l'ombre sur un tableau. On comprend, dès lors, que ce soient surtout les peintres coloristes qui aient excellé dans le clair-obscur. Le Corrège doit être regardé comme le créateur de cette partie essentielle de la peinture; ses figures charmantes sont baignées, enveloppées d'une lumière blonde, douce et tempérée par des ombres transparentes, presque insensibles. Les écoles de Rome, de Florence, de Bologne, ne brillèrent pas par l'entente du clair-obscur ; seuls, en Italie, les Vénitiens ont pu lutter avec l'école de Parme : Giorgione, Titien, Tin tore t, P. Véronèse, se sont montrés les dignes émules du Corrège, de Mazzuoli et de leur école. En Espagne, Vélazquez, et surtout Murillo, ont montré qu'ils possédaient les secrets du clair-obscur. Rembrandt d'abord, puis Van Dyck, ont aussi pratiqué cette partie de l'art, le premier avec une puissance incomparable; le second avec un charme souverain qu'il emprunta sans doute à Otto Venins, l'introducteur de l'élément italien dans l'école flamande. Après ces deux grands peintres, beaucoup de petits maîtres flamands et hollandais ont entendu admirablement cette branche de l'art ; Ostade, Nicolas Macs, Ferd. Bol, Pieter de Hoogh, Terburg;, Mctzu, etc. Le clair-obscur n'est pas la qualité dominante de 1 école française; Chardin aurait pu y réussir; Prudhon, tout imprégné des souvenirs de Corrège, a su s'en servir avec beaucoup de morbidesse; mais c'est une exception.
CLAIR-OBSCURISTE {klèr, sku-7'isst'' n. m. Artiste peintre, qui fait ses tableaux dans le genre du clair-obscur. Il Graveur à la manière noire.
CU^RON {klè — rad. clair) n. m. Trompette à son aigu et perçant, en usage dans l'armée : En France, la cavalerie se sert de trompettes, et l'infanterie de clairons, il Par ext. Soldat qui sonne du clairon.
— Par anal. Voix aiguë, perçante : Le clairon bruyant et sonore du coq. (Buff.)
— Fig. Ce qui donne l'éveil, le signal: ce qui anime, ce qui excite : La presse est le clairon ; elle sonne la diane des peuples. (V. Hugo.)
— Blas. Meuble mal déterminé, que les uns prennent pour une espèce de trompette ancienne, les autres pour le gouvernad d'un navire, d'autres pour un arrêt de lance.
— Econ. rur. Clochette que l'on attache au cou des bestiaux qu'on mène paître, pour être moins exposé à les égarer. (Vieux en ce sens; on dit aujourd'hui clarine.)
— Mar. Portion du ciel qui paraît lumineuse au milieu des ombres de la nuit.
— Mus. Jeu d'orgue à anches, en étain, qui sonne l'octave aiguë des jeux de trompette et de clarinette : Le CLAIRON a sa place dans le qrand orque et dans le positif.
1! Nom du second registre de la clarinette, entre le chalumeau et les sons aigus.
— Péch. Torche do paille, que l'on allume pour éblouir le poisson.
— Zool. Nom vulgaire des insectes coléoptères de la famille des déridés, ainsi nommés par tes vieux auteurs parce que leurs élvtres sont chargés de bandes en chevrons rappelant les brisques dont étaient ornées les manches des clairons et des fifres. Le clairon des abeilles est un triclwdes.y. les mots trichodës, opilo, tuanasime,
CLERUS, ot CLÉRIOÉS.
— Prov. : A béte sûre, il ne faut pas de clairon, Quand on peut compter sur une personne, il n est pas besoin de la surveiller. (Vieux.)
— Encycl. ArchéoL Ce vocablo
désignait, à l'ori- ci m . \
gino, une petite
trompette de cuivre donnant un son grêlo et aigu qui faisait le dessus dans les sonneries où tes trompettes faisaient la basse. On disait, au moyen âge, indilléremmcnt « clairon », > clairin •, n claironceau »; la forme do l'instrument demeura la mémo jusqu'au xviu* siècle : trois tuyaux parallèles à deux cournures, celles-ci toujours rapportées ù viroles.
— Mus. et art milit. Le clairon, instrument do musique ossontiellement militaire, est en cuivre; c'est une sorte do bugle sans clefs ni pistons, dont les notes diverses s'obtiennent uniquement par le plus ou moins de pression dos lèvres de l'exécutant. Ces notes no sont, d'ailleurs, qu'au nombre de quatre, donnant faccord parfait avec redoublement (le la quinte au grave. L'instrument étant on
• SI bémol, voici sou éten- ,
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Notes du clati'OD.
gemonls do rytlimo ot do mesure, ù état)lir toutes los sonneries militaires. Or il est ù roniari|uer nuo les sonneries do l'armée française sont los plus belles, et ({u'aucuno armée étrangère n'en peut oflVir d'aussi accomplies. Dans lu marcho des troupes, les clairons alternent avec tes tambours, ou los accompagnent. Le son du clairon est À la fois clair, noble et strident.
Cet iiistrumont n'ost réglementaire, dans l'infanterie française, que d(*puis 1822, époque où il remplaça lo cornet, dont jiist|u'alors les voltigeurs étaient seuls i>ourvus ù titre lie compagnies d'élite ei de troupes légères. liO clairon lut ensuite attribué aux corps d<<stiiies ù jou(>r ce dernier rôle, comme les chasseurs À pietl, et ou en donna éiialoment aux simples coinnagiiies d'iiil'anlene, eu remplacement d'un nombre égal do lanilujurs. Les avantages du clairon sont d'dtro moins lourd, moins oncombrout ot d'un
apprentissage moins difficile que le tambour ; de permettre le port et l'usage éventuel du fusil au soldat qui s'en sort et, enfin, de rendre possible l'exécution de stgnavx plus variés ot pouvant être entendus de plus loin, même malgré la pluie, qui assourdit encore le son du tambour.
On donne aussi le nom dô « clairon d au soldat pourvu de cet instrument.
L'instruction des élèves-clairons est confiée au chef de musique, ou de fanfare dans les chasseurs à pied.
Il y a, par bataillon, un cape ralclairon. Tous les clairons d'un régiment sont, quand celui-ci se rassemblOj réunis, comme
ClairoD.
Clairon.
les tambours, sous les ordres du tambour-major. Mais, dans la formation de combat, les clairons marchent avec leur compagnie et se tiennent à la disposition du capitaine pour porter ses ordres ou transmettre par des signaux les commandements des officiers supérieurs.
Clairon (Claire-Joseph Léris, dite M"< ou la), célèbre tragédienne française, née à Condé, dans le Hainaut, eu 1723, morte à Paris en 1803.
Elle avait commencé par jouer en province et à l'étranger, à Lille, à Gand, dans une troupe formée pour lo roi d'Angleterre et, après un court passage à l'Opéra, débuta à la Comédie- Française dans le rôle de Phèdre. Petite, jolie et gracieuse plutôt que belle, elle semblait destinée à la comédie, et ne devint une tragédienne qu'à force d'art et de travail. Elle ne tarda pas à éclipser M"« Dumesnil, qui était alors dans tout l'éclat de son talent. Sa carrière dramatique s'étend de 1743 à 1765 ; elle obtint ses plus grands succès dans V Iphigênie en Tauride, de Saurin, le Siège de Calais, de Belloy, les Troyennes, de Chateaubrun, et surtout dans les tragédies de Voltaire :
Zulime, Sémiramis, Olympie, Taricrède, Oreste, iOrphetîn de la Chine, etc. Elle a laissé des mémoires, qu'elle écrivit dans sa vieillesse; ils donnent d'intéressants détails sur la carrière dramatique de la célèbre tragédienne, en même temps qu'ils sont remplis d'anecdotes piquantes.
CLAIRONNER {kiè-ro-né) V. n. Sonner du clairon. (Vieux.)
— Fam. Dans quelques départements do l'ouest do la France, Briller, reluire, en parlant des Instruments agricoles, des ustensiles domestiques.
CLAIRSEMÉ, ÉE {klèr') adj. Qui est espacé, éparpillé, en parlant des semences ou dos végétaux : Des raves clairsemées.
— Par anal. Epars, fort distants, en parlant d'êtres ou d'objets : Des passants, des spectateurs cLMKsi.yiés.
— Anton. Compact, intense, pressé, serré, dense. CLAIRURE {klé) n. f. Partie dune étoff*e de laine où le
tissu est peu serré, et qui laisse passer la lumière comme si lo tissu était transparent, n On dit aussi clairière.
GlaiRVAL ( Jean-Baptisto Guignard, connu sous le pseudonyme de), acteur de l'ancienne Comédie^ïtalienno, né à Etàmpes en 1737, mort à Paris en 1795, avait été d'abord perruquier. Il n'avait que vingt et un ans lorsqu'il débuta, on 1758, àl'Opéra-Comique, dans On ne s'avise jamais de tout. Il so fit si bien remarquer à co théâtre que, lors de sa suppression en 1762, il fut un des six artistes
3ui furent engagés à. la Comédie-Italienne, où il continua 0 briller dans l'emploi des amoureux. Il jouait avec un égal succès lo drame, la comédie ot l'opéra-comiquo. Grétry, dont il fut un des interprète^ favoris, no tant pas en éloges sur Glairval dans ses Mévioires. Parmi tes rôles qui lui firent le plus d'honneur, on cite Montauoiel du Déserteur. Pierrot du Tableau parlant, lo marquis dos Evènement.t imprévus, et surtout Blondel do Jiichard Cœur de Lion, sans oublier Zémire et A;ur, le .Magnifique, l'Amant jaloux. L'uno dos dernières, qui fut l'un de ses plus grands triomphes, fut le personnage principal du Convalescent de qualité, comédie fameuse do Fabro d'Eglantine. Clairval prit sa retraite eu \~02.
Clairvaux (lat. Clara vallis), hameau dépendant do la commune do Ville-sous-La-Ferte (Aube), arrond. do Barsur-Aube, prés do l'Aube, un peu en amont do son confluent avec l'Aujon, ù la lisière orientale do la forêt de Clairvaux ; 712 hab. Ch. de f. Est. Forges ot laminoirs, fabriques de glaces, de chaussures, de boutons do nacre. Ancienne abbave de cisterciens, nommée » la troisième dos quatre filles de Citeaux ■> et chef d'ordre ello-niéme.
— Encycl. Eu UU, ù la demande de Hughes, comio do Champagne. Etienne, abbé do nioaux. envoya vingt religieux conduits par saint Bernard, qui était iigé seulement do vingt-cinq ans, dans cette vallée sauvage, ropairo de brigands, appelée alors • Val d'ubsintlio ■. Un premier monastère, puis un second s'y élevèrent rapidement. Lo Vul d'absinthe devint V Illustre vallée (Clara vatUs). Saint Bernard y gouverna pendant trente-huit ans plus do sept cents religieux, qu it excitait par son exemple ol son éloquence i\ lu pratique de In pauvreté, du jeùno ol do l'ètudo. I>a ferveur et la prospérité do Clairvaux se maintinrent pendant plusieurs siècles; il on sortit un pupo. Eugène III, <iuinre cardinaux, beaucoup darehevêques et d'évéquos. Plus do huit cents maisons dépendaient do sa juridiction. Le nom do bernardins fut donné aux religieux cistorctons, t|ui suivaient la réforme de Saint-Bernard ; ils possédaient un coltègo A Paris. Clairvaux, richement dotée par los rois et les princes, était l'une des principales abbavos du royaume : ses vignobles étaieni célèbres. t>ny conservait un Voudro pouvant contenir huit cents toiiiieauv do vin. itien di^ohu de smi antique l'i»rveur. le nu'n:t>tère de saint Bernard ne renfermait idus, en i7Sy, ipie quarante roligioux ; il avait 70.000 livres uo revenu, ot son encoioto.
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