‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 354 sur 870 · V. TROMPER · texte numérisé non relu

V. TROMPER

COUCHER {ché — rad. couche) n. m. Action de coucher quelqu'un ou de se coucher : Le coucher d'un enfant, d'un malade, il Position d'une personne couchée, étendue horizontalement : Le COUCHER sur le côté droit est le plus naturel. (Focillon.) [Les médecins disent décubitus], h Manière dont on est couché, par rapport aux aises dont on jouit, aux objets qui composent le Ut : Le coucher trop mon et trop chaud donne ><n sommeil lourd et prolongé. (Maquol.) il Couchée, endroit où l'on couche en voyage : // y avait autrefois trois couchers de Paris à Lyon. (Vieux.)

— Astron. Action d'un astre qui descend sous l'horizon. II Moment oij cet astre se couche ; Le coucher de la lune. Il Aspect qu'il donne au ciel à ce moment. De splendides

CODCHERS de soleil.

— B.-arls. Tableau qui représente un paysage éclairé par le soleil ou la lune, au moment où ces astres se couchent : f/n COUCHER de soleil de Claude Lorrain.

— Hist. Grand couclier. Petit coucher. V. la part, encycl.

— Anton. Lever.

— E.NcycL. Astron. L'heure du coucher d'un astre, indiquée par les almanachs, correspond à l'instant où cet astre atteint l'horizon rationnel, qui passerait au centre de la terre. Ce coucher astronomique précède ou suit le coucher réel, ou disparition, suivant que le Ii*'U d'observation est, ou non, suffisamment élevé. Enfin, cette heure est aussi retardée par l'effet do la réfraction. IVailleurs, les heures do coucher d'un a.strc difl'ôront d'un jour à l'autre, puisque aucun astre ne passe au méridien à une heure constante, et il suffit de les indiquer à la minute près, car elles varient très rapidement d'un lieu en un autre. Deux couchers do soleil diffèrent au plus de 2 minutes : te plus précoce se présente à 4 h. 1 m. du 9 au li décembre, et

Couchez-vous

le plus tardif à 8 h. 5 m. du 21 juin au 2 juillet. Pour la lune, les ditférencos sont beaucoup plus considérables. Les anciens, prenant pour base le couclier apparent du soleil, appelaient coucher hcliaque d'une étoile l'époque où le soleil, près d'atteindre cette étoile, l'éclipsait par son éclat, sans cependant que celle-ci fût au-dessous de l'horizon ; coucher ac7:?nyquc, le coucher simultané de l'étoile et du soleil; coucher cosmique, celui des étoiles qui se couchent au lever du soleil.

— B.-arts. Carpaccio, Mantegna, le Giorgione, Andréa Milano, le Francia, Lorcnzo Lotto, Mola, Albertinclli, dans quelques-uns de leurs tableaux du Louvre, ont peint des couchers de solei! ; les peintres primitifs du nord, van Eyck, Memling, Rogier van dcr "Weyden, ont peint avec une ccriaino force des efl'ets semblables ; mais, parmi les artistes du xv et du xvi* siècle, nul n'égala le Titien pour la vigueur et l'écla avec lesquels il rendit les tons variés du couchant : les Saintes Familles du Louvre peuvent être citées sous ce rapport. Poussin et les paysagistes de son école peignirent des couchers de soleil moins violents que ceux du Titien, l^es couchers de soleil de Claude Lorrain, notamment son tableau du Louvre, ont une douceur, une limpidité, une poésie dont le charme est des jdus séduisants. Parmi les paysagistes qui ont peint des efl'ets semblables, on peut citer Jean Boih , Zoeman, Zachtleven, Swanevelt, Bcrghom, Pynacker, etc. Albert Cuyp s'est montré plus original et plus varié. Rembrandt a peint un coucher de soleil superbe dans un paysage qui est à la pinacothèque de Munich. Watteau, dans son Embarquement pour Cythêre du Louvre, a couvert ses ciels de tons roses et dorés. Certains couchers de soleils de Joseph Verriet et de Boucher passent pour des chefs-d'œuvre. Gainsborough, Constable, Turner, ont point des efl'ets de soleil couchant très hardis et très vigoureux. Mais les efl'ets do ce genre ont été rendus dans toute leur diversité et dans tout leur éclat par Docamps. Théodore Rousseau (musée de Nantes), Marilhat, Paul Huet, Corot, Jules Dupré, Diaz, Tournemine, Belly, Jules Breton, Anastasi, Th. Frère, Chintreuil, etc. Quelques-uns de ces artistes sont allés chercher jusqu'en Orient des couchnrs de soleil bizarres, imprévus, de véritables incendies célestes qui exigent de très vives couleurs.

— Hist. Coucher au roi. Sous Louis XI'V, le coucher du roi devint une véritable cérémonie, et c'était un honneur fort grand et fort recherché quo d'y être admis. L'étiquette en était invariable et extrêmement compliquée. Elle est exposée en détail dans le livre intitulé : l'Etat de la France en iH2. En voici les principaux épisodes. Le roi, sortant de son cabinet, remettait son chapeau, ses gants et sa canne entre les mains du maître do la garde-robe, puis, précédé d'un huissier de la chambre, qui faisait faire place, il allait faire ses prières comme au lever, pendant (iiio l'aumônier du jour tenait le bougeoir et répondait à 1 oraison. Le roi gagnait son fauteuil et désignait au grand chambellan celui des assistants auquel il faisait l'honneur de donner le bougeoir. Le roi, debout, se dégrafait, et le maître de la garde-robe lui retirait la veste et le justaucorps. Le roi s'asseyait, les valets de chamljre lui" défaisaient sa jarretièrej son soulier, son bas et son haut-dechausse du côté droit; les valets do la gardo-robo en faisaient autant du côté gauche. Le plus grand prince ou le plus grand officier présent donnait la chemise au roi. Le premier valet de chambre l'aidait à passer la manche droite, et le premier valet de garde-robe à passer la manche gauche. Le roi mettait autour de son corps, à la façon d'un baudrier, le cordon qui portait ses reliques, prenait sa robe de chambre, se levait et faisait la révérence aux courtisans. Les huissiers criaient tout haut : " Allez, messieurs!» Toute la cour se retirait : la grand coucher était flni. Il ne restait dans la chambre, pour le petit coucher, que le premier médecin, le premier chirurgien et quelques particuliers, auxquels le roi accordait cette faveur. Le roi s'assied alors sur un siège pliant, et ses barbiers le peignent. On lui apporte un bonnet de nuit, deux mouchoirs do nuit. Les princes du sang ou légitimés, ou, à leur défaut, le grand chambellan, lui présentent deux serviettes mouillées à un bout, dont il se lave les mains et le visage. Tandis que le roi entrait un moment dans son cabinet pour voir ses chiens, on dressait le lit de veille du premier valet do chambre, et on préparait la collation du roi. Celui-ci buvait un verre deau et de vin et se couchait : après quoi, on allumait une bougie, une veilleuse, on tirait les rideaux du lit et les assistants se retiraient.

— Méd. et art véLér. V. dëcubitus.

COUCHERIE {ri — rad. coucher) n. f. Commerce charnel avec une femme : Je n'ai vu dans le monde que des dîners sans digestion, des soupers satis plaisir, des conversations sans confiance, des liaisons sans amitié, et des coucHERiiiS sans amour. (Chamfort.)

GOUCHERY (Jean-Baptiste), homme politique français, né â Besançon en 1768, mort en I8i-i. Il se livrait à l'enseignement lorsque laRévolution éclata. Bien qu'attaché aux idées de l'ancien régime, il fréquenta les clubs, fut élu procureur de la Commune, devint, après le 9-Therniidor. agent national à Besançon, puis procureur général syndicdu Doubs, et fut nommé membre du conseil des Cinq-Cents en 1795. Au 18 fructidor (1797), Couchery fut condamné à la déportation, mais il s'enfuit en Allemagne. Après le 18-Iîrumaire, il revint en France, se retira près do Pichcgru, en Angleterre, d'où il ne cessa d'attaquer le gouvernement de Napoléon. Louis XVIII l'anoblit et le nomma secrétaire de son cabinet, mais il mourut presque aussitôt. On a de lui : le Moniteur secret. — Son frère, VicrOR Couchery, né en 177S, mort vers 1846, fut impliqué, en 1S04, dans la conspiration de Pichegru et retenu en prison jus- <]u'on 1814. 11 obtint alors une place de censeur, puis devint Sf^crétaire-rédactour de la Chambre des députés et lecteur du comte d'Artois.

COUCHES-LES-MINES, ch.-l. de canton de SaÔne-et- Loire, arrond. et ù 25 kilom. d'Autun, sur la Vieille, affluent de la Dhouno ; 2.618 hal>. Mine de fer, carrières do plâtre, pierre à chaux commune et hydraulique. Vestiges d'une voie romaine ; restes d'une abbaye fondée au vin" siècle. Ruinesd'un chîlteau du xv» siècle. Au xvi" siècle, les calvinistes firent de Couches un de leurs centres de ralliement. ~ Le canton a 15 comm. ot 11.922 hab.

COUCHETTE (chèl' — dimin. de couche) n. f. Bois de lit ; petit lit ; lit simple, sans rideau ; Couchette de fer. Mettre un enfant dans sa couchette, il Lit de bord.

— Fam. Mignon de couchette. Jeune homme élégant et qui fait le beau.

COUCHEUR, EUSE n. Personne qui couche avec une autre. (S'emploie surtout avec une épithête qui exprime le plus ou moins de gêne causé par cette personne : Un bon, un mauvais coucHiiUR.) Il Fig. et fam. Mauvais coucheuj', Homme difficile à vivre, hargneux, querelleur.

— En T. de papet., Syn. de couchart.

— n. f. Ouvrière qui couche, rabat la bride des points d'Alençon.

GOUCHEY, comm. de la Côte-d'Or, arr. et à 9 kil. do

Coucher du soleil (lisière de Corfit), d'après Rousseau.

Dijon, au pied de la côte d'Or: 473 hab. Cette commune, qui récolte de bons vins, fait partie de la côte de Dijon, et ses principaux climats sont : En Sampagny, en Varangée, la Plantêle, aux-Quartiers, les Larrey, le Malpertuis, etc.

COUCHIA n. m. Genre de poissons anacanthins, famille des gadidés, comprenant des formes allongées, postérieurement comprimées, à nageoire dorsale petite avec rayons dépassant la membrane, â pectorales et ventrales assez hautes. Couchia.

(Les couchia sont do

très petits poissons argentés, habitant l'Atlantique; on en connaît trois ou quatre espèces.)

COUCHILLE (// mil.) n. f. Nom anciennement donné à la cochenille kermès, et à celle du chêne nain sur lequel elle se développe. V. cochenille, et kermès.

COUCHIS (chî) n, m. Lit de sable et de gravier sur lequel on assoit le pavage d'un pont, il Chacune des pièces do bois posées sur les fermes des cintres, pendant la construction d'une voûte, n Lattis à lattes jointives d'un plancher. Il Pièce de bois placée horizontalement et supportant le pied ou la tête d'une contre-fiche servant d'étai. il Nouvelles pousses de garance. (Syn. de marcotte.)

COUCHOIR {cho~av') n. m. Techn. Pelite palette de bois avec laquelle les doreurs et les relieurs prennent la feuille d'or. Il Dans une papeterie. Table sur laijuelle le coucheur renverse la feuille de papier. (On dit aussi feutre, ou flôtre.)

— Mar. Cône tronqué en bois d'orme, qui porte sur son contour plusieurs cannelures longitudinales plus ou moins profondes, et qui sert pour le commettage des cordages. (Ou le nomme aussi toupin.)

COUCHURE n. f. Défaut des dents d'un peigne d'acier, qui se renversent, il Nom que les brodeurs au métier donnent au point d'un fil qui, couché le long du dessin, est embrassé par un autre fil de distance en distance, il Provin de vigne, dans le département de la Vienne.

COUCI-COUCI (ital. cos'i cos'i, proprement aijisi ainsi; on écrivait autrefois coussi-conssi) adv. Fam. Comme ça, entre deux, pas trop bien : Comment vous portez-vous ? — Couci-coûci. Il On trouve aussi couci-couça (écrit encore coussi-coussa), altération de corytme ci, comme ça.

COUCOU (le nom de cet oiseau est une pure onomatopée. En effet, son cri caractéristique est devenu partout son nom même, avec ou sans suffixes additionnels) n. m. Genre d'oiseaux grimpeurs. (V. la partie encycl.) : Le coucou laisse à l'étrangère le soin de couver, nourrir, élever sa progéniture. (Buflbn.)

— Se prend quelquefois en plaisantant comme le symbole des maris trompés, par suite de la ressemblance des mots cocu et coucou.

— Arg. Montre.

— Ch. de f.

Nom donné à une locomotivetendor,employéo dans les gaVes pour la manœuvre des wagons et la formation des trains.

— Ilist. Ancienne voiture publique, à deux roues, destinéo spécialement à faire, avant l'établissemoat des chemins de fer, le service des environs de Paris, et qui pouvait contenir cinq ou six personnes. (C'est sous l'Empire ot sous la Restauration que le coucou était en usage.)

Coucou.

— Horlog. Ilorlogo à poids, dont la sonnerie est remplacée par le siuiuTacro d'un coucou nui, aiuc heures ot donii-houros, l'ait you apparition ot „ coticouo.

— Ilortic. ot bot. Fleur de coucou ou simplement Coucou, Nom vulgaire d'une ospiNco do lychnis, du narcisse sauvaj;e, et surtout de la primovôro ofliciualo , ([u'on appollo aussi l'AiN nii coucou. Il Variôtô do fraisier (jui donne l>oancoiip do tlcurs, niais trî-s peu do fruits.

Il liriin de cuucuu. Nom vulgaire do la résine coulant le long des troncs de cerisier ot do pruaior.

— Iclityol.Nom vulgaire d'une 1

raie, d'un triglo ot de (juoliiucs autres poissons.

— Jeux. Jonot «t'onfani ayantla forme dun soufflet ou d'un sifflet, et qui imito lo cri du coucou.

Il Po ti t j 0 u 0 1 d'enfant, en poterie, imitant lo cri du coucou, ii Ancien jeu do cartes se jouant, suivant lo nombre do joueurs, avec un jeu de piquet ou un jeu entier. (On a abandonné ce jeu, auquel on donnait jadis d ifférouts noms, parmi lesquels coiLX do jen de cocH, jeu du malheureux ,

jeu du pauvre

hère, etc.) .^^ -^-^^SMT .. -.^V-'^^

— Encycl.

Zool. Lo coucou est le Coucou, type de la

tribu des cucuUnés, comprenant des formes élégantes, à bec faible, à ailes longues, à queue très allongée, à pattes courtes. Les coucous sont essentiellement insectivores. Ils pondent leurs œufs dans le nid des autres oiseau.^, qui élèvent les petits. Ils sont, en général, d'un beau cendré bleuâtre, avec le ventre plus clair, ondulé transversalement de noir. Le coucou geai, également européen, appartient au genre oxylophus. Le chant du coucou a été ainsi noté, par Beethoven, dans la symphonie pastorale :

Coucous : 1, 2. Jouets; 3. Horlogerie.

Cuucoupha.

Le genre coucou comprend plus de 75 espèces, toutes de l'ancien monde, et réparties dans le genre coucou proprement dit, et de nombreux sous-genres. V. cuculidés.

COUGOUER et COUCOULER V. n. Crier, en parlant des coucous.

COUCOUMELLE {mèl') n. f. Nom vulgaire d'une variété de champignon, appelée aussi oronge blanche.

COU-COUPÉ n. m. Nom vulgaire d'une espèce do bengali ou sénégali, qui est X'amadina fasciata du Sénégal, très commune chez les oiseleurs, n PI. Des cous-codpês.

GOUCOUPHA n. m. Insigne qui surmontait le sceptre des rois ou dos dieux de l'ancienne Egypte.

— Encycl. Le couconpha est, à proprement parler, le nom égyptien, ou plutôt copte, de la huppe. Une erreur d'appréciation avait fait croire au P. Athanase Kircher, vers la lin du xvii* siècle, que la tète d'animal qui surmonte l'insigne le plus fréquent des rois et des dieux égyptiens était une tête de huppe ; il appela cet insigne « sceptre à tôte de coucoupha i>, et le nom en est resté usité par habitude, chez les égyptologues. En fait, c'est la têto d'un quadrupède, à museau tin et à longues oreilles, une sorte de chien ou de cliacal. Le sceptre était d'abord une houlette, munie à l'un de ses bouts d'un crochet emmanché à angle aigu dans la tige ; c'est la houlette du gardeur d'oies, ot on voit souvent, dans les peintures antiques, un personnage occupé à ramener par le cou avec cet instrument un des volatiles qui s'écarte du troupeau. Il devint l'insigne du chef, du roi, du dieu gardien des peuples, ot on sculpta le crochet de manière à lui donner la forme do la têtu d'un dos animaux qui symbolisaient les idées do vigilance ; lo chacal ou lo lévrier.

COUCOUPIG (do coucou, ot do pic, oiseaux) n. m. Nom

vulgaire des oiseaux grimpeurs du genre trachyphone.

COUCOURDE n. f. Bot. V. couGoUKDi:.

COUGOURDETTE n. f. Bot. V. COUGoaiîPKTTK.

GOUCOURELLE (rèV) n. f. Variété do flguo do petite taille et à pulpe rouge.

COUCOURON, ch.-l. de cant. do l'Ardôcho, arr. ot à

6tî kil. <io Largontièro; 1.472 hab. Fabrique d'instruments de mathématiques. Eglise romano. — Lo canton a G comm. ot G. 351 hab.

COUGY (Robert de), architecte français, né vraisemblablement à Coucy, pros do Laon, vers le militni du xiii" siècle, mort on 1311. Il termina la cathédrale Notre- Dame do Reims et l'admirahle église do Saînt-Nicaise, dans la môme villo, commencée, on 1229, jiar Hugues Libergicr et qui est l'uuo dos mervoillos architocturalos du moyen ûgo.

COOCY {Matthieu de), chroniqueur français, appelé aujourd'hui Matthieu d'Escoucni, d'après sa propre signature. Il naquit au Quosiiuy on lli'u, ot mourut vers H83. Après avoir été attaché a Jean de Bourgogne, cousin du mu- Philijipo le Bon, il se mil sous le patronagi^ th* Louis XI, qui l'anoblit et le nomma procureur (lu roi à, Saint Quentin. Sa chroniquo comprend les années I4it 1164.

C'est un narrateur consciencieux, qui écrit avec clarté, ot dont les sympathies inclinent, mais sans partialité, vers la maison "do Bourgogne.

CoUGY (famille di:), l'une des plus célèbres maisons féodales do la Franco, tirant son nom do la localité do Coucyle-Chàteau. Los sires de Coucy restent, dans l'histoire, lès types d(is soigneurs féodaux, rudos ot batailleurs, indomptables, insoumis : c'étaient les vrais « hobereaux ». On connaît la fameuse devise : Itoij ne suis, ne prince^ ne duc, ne cotiîte aussi : je suis «l'ï'c rit' Coucy.

Une forteresse, élevée à Coucy par un archevêque de Reims dès le x' siècle, fut occupée, vers la fin du xi", par lo fondateur de la dynastie de Coucy, Enguerrand de Bovcs, qui épousa Ado de Coucy, dont il eut Thomas do Marie. Enguerrand 111 de Coucy tit construire, sous la minorité de saint Louis, de 1225 à 1230, le château et les fortifications de Coucy. Son dernier descendant mâle, Enguerrand VII (134G-1397), fut fait prisonnier par les Turcs dans la croisade de Nicopolis, et mourut, vers 1397, à Brousse. Louis, duc d'Orléans, fiôre de Charles VI, acheta à la lillc! d'Eiiguerrand VII la terre do Coucy, et embellit-les bâtiments du château (i lOo). Coucy tomba, par la suite, dans lo domaine royal, mais son gouverneur ayant, pendant la Fronde, pris le parti de Condé, l'architecte Métezeau, sur l'ordre do Mazarin, bourra de poudre le donjon ot en lit sauter les voûtes.

— BiULiOGR. ; Jovet, Histoire des anciens seig/ieurs de Coucy (1683).

Coucy (le Roman du châtelain de) et de la dame de Fayel, roman en vers, composé sous le régne de Philippe lo Bol (rin du xm' s.), par un poète du nord de la France, dont on a cru pouvoir reconstituer lo nom, Jakemon Sakesep, d'après un acrostiche inséré à la fin de son œuvre (peut-être Jacques Saxquespée). — Le sujet du roman est célèbre, et a été traité dans la poésie de presque tous les peuples modernes. L'origino paraît en être dans la poésie bretonne. Il peut se résumer en quelques mots. Un mari ayant surpris lo secret de sa femme (lui le trompe, tue l'amant et fait manger à l'épouse infidèle le cœur do son amant. <» Ce roman, écrit Gaston Paris, occupe à bon droit une place honorable dans l'histoire littéraire. Le sujet est intéressant, l'auteur le traite avec simplicité et une habileté réelle; il manie avec une certaine élégance une langue qui est encore simple, exempte de prétention, et fjui reste généralement très fidèle aux règles de la grammaire. » Le roman a été publié à Paris, en 1839, par Crapelet.

COUCY-LE-GHÂTEAU (lat. Cociacum de Coda, nom primitif do la foret de Compiègne,qui s'étendait probablement jusque-là), ch.-l. de cant. de l'Aisne, arr. et à 24 kil. de Laon, à l'extrémité d'un plateau dominant la vallée de l'Aiette, affluent de l'Oise; 708 hab. Ch. de f. Nord. — Le canton a 33 comm. et 1G.060 hab.

Le bourg a encore ses murailles percées de trois portes (xiii" s.). Eglise du xvi" siècle (façade du xii" s.). En face do Coucy-le-Château se trouve la commune voisine de Coucy-Ia-ViUe (270 hab.).

Le' château de Coucy (monument historique) domine do 50 mètres la vallée. De ses tours, on aperçoit Noyou et Chauny au N.-O., Laon au N.-E. Sa surface est de 1 0.000 mètres carrés environ. Le château de Coucy, bâti au xiii" siècle, n n'est pas une enceinte flanquée enveloppant des bâtiments disposés au hasard, ainsi que les châteaux dos XI* et xii" siècles. C'est un vaste édifice, conçu d'ensemble et élevé d'un seul jet sous une volonté puissante » . (VioUet-Ie-Duc.) Ses remparts forment un quadrilatère flanqué auxangles do quatre tours rondes de 18 mètres de diamètre et de35mètresde hauteur environ. La muraille, tournée vers la ville, encadre lo donjon lo plus formidable que lo moyen âgo ait construit. C'est une tour rondo (31 ni. do diamètre et 03 m.

de hauteur), entourée d'un rempart demicirculaire ou chemise o t d'un fossé intérieur que franchissait un pont-lovis. A l'intériour du donjon se su-

Cli&toau de Coucy, d'après VloIIet-lc-Duc.

perposaiont trois immenses salles voûtées. Dévastes bâtiments garnissaient l'intérieur du château. On y trouvait une chapelle gothique, la grande salle du tribunal, dite salle des preux, i)arce qu'elle était ornée des statues dos neuf preux ; la salle des preuses, dont la cheminée portail, sculptées en ronde bosse, les liguros do neuf tommes rélfbros; des magasins, etc. Presque ions ces bâtiments avaient été restaurés ou agrandis en 1400. En avantdu donjon, la ùassc'cour, oncointo fortiliée trois fois plus grande que lo château, contenait d'autres bâtiments, une clmpolte romane, et s'ouvrait sur la ville par une porto fortifiée dito porte Afallrc-Odon. à laquelle attonait le logement du chtitelain, premier ofticier du sire de Coucy. Los habitants do Coucy exploitaient les pierres du château pour leur usage, lorsqu'on 185G VIollet-le-Duc reçut de Napoléon III la mission do pratiquer des fouilles dans cos décombres. Les ruines encore debout furent consolidées ot lo donjon mis â l'abri do la destruction.

— BiuLiooR. ; E. VioUot-loDuc, Description du château de Cow'i/ (18Ô8).

ÇOUDDHODANA. rot OU chef do la tribu dos Çahyas, qui babiiuiont la petite villo do Kapilavastou, pèro du bouddha Çâkya-mouni. U appartenait â la famille Oautama ot ù la grande lignée royale fomléo au!£ temps m ythulogiquos par lUi-hvukou, fils do Munou Vuivasvutu ot

COUGOUER — COUDE

petit-fils du Soleil. II avait épousé Maya Dévî, fille cadette d'un autre roi des Çâkyas, nommé Soupra-Bouddha. Converti au bouddhisme pendant la visite que Çâkyamcjuni lui rendit à Kapilavastou, il abdi- (|ua, installa sur le trône son neveu Bhadrika et mourut peu do temps après , assez tôt pour ne pas éire témoin de la défaite et de la ruine de sou peuple.

COUDE (du lat. cubitus, môme sons) n. m. Partie e.\-

^'ouddbûdaoa au milieu de sa cour.

Coudes (tuyaux) : 1. En fonlo^ 2. Eu tôle.

térieure du bras, à l'endroit où il se plie en formant un angle saillant : S'appuyer sur le coude, sur les coudes. — Par ext. Partie de la manche d'un vêtement qui recouvre lo coude : Habit percé aux coddks. Il Chez le cheval et les autres solipèdes. Attache du bout de l'épaule avec l'extrémité du bras.

— Angle saillant, changement brusque de direction; objet courbé en angle : Le codde d'une rue, d'un mur, d'un tuyau.

— PU du coude. Oa appelle ainsi la région du pli de flexion de l'avant-bras sur le bras. C'est le lieu d'élection des saignées.

— Loc. div. : Jusqu'au coude. En plongeant tout l'avantbras : Mettre ses bras dans l'eau jusqu'au coude. (Fig. Sans réserve, sans restriction.) ii Pop. Se fourrer le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Se tromper complètement, il Parler du coude. Pousser légèrement quelqu'un avec le coude pour attirer son attention, pour l'avertir sans faire du bruit. Il Jouer des coudes. Se faire un passage dans la foula à l'aide de ses coudes, et tig., S'ouvrir la voie, chercher à faire son chemin, il Mettre l'oreille sous le coude à quelqu'un, Le rassurer, (luus.) il Lever, Hausser le coude. Boire copieusement.

— Arg. Prendre sa peiinissinn sous son coude. Agir sans permission, se dispenser d'en demander, n Zdc/te-moi le coude. Laisse-moi tranquille.

— Techu. Bout de tuyau métallique, en tôle, en zinc, en fonte, en cuivre, etc., qui formo un angle, do manière ù. changer la direction générale d'une conduite.

— Vitic. Sarment enfoui, d'où émerge de terre la branche donnant le raisin.

— Loc. PROV. : n ne se mouche pas du coude, Cest un homme fort habile, fortdistingué, fort riche. (Se prend souvent ironiquement, surtout lorsqu'on ajoute : On le voit bien sur sa manche.)

— Encycl. Anat. L'articulation du coude comprend trois articulations : la première est

l'articulation huméro - cubitale , véritable charnière qui constitue le coude proprement dit, ot se rattache â la classe des diarthroses trochléennes ou ginglymoïdalos; la seconde est l'articulation kuméro-radiale ; la troisième, l'articulatiou cubito-radiale supérieure.

1* Articulation huméro-cubitale. L'extrémité inférieure do l'humérus présente deux émineuces articulaires, séparées par une rainure : la plus volumineuse, la trochlée, située du côté in-

lorne, est une pou- ju..^, -^ 3

lie formée do deux ^^ ' --^^"■^'^ bourrelets, que sépare une gorge peu profonde ; lu plus petite, appelée condyle, située on dehors, est une tubérosité arrondie. C'est la trochlée qui s'articulo avec le cubitus, dont l'extrémité présente une gorgo concave , la grande cav ité sigmoïdo, prolongée par doux apophyses : en arrière, une très longue, l'olécrano qui, on extension (bras allongé), se logo dans une dépression do l'humérus, dito « cavité olécranienno « ; en avant, l'apophyso coronoïdo, beaucoup moins volumineuse, qui, en flexion (bras plié), se loge dans la cavité coronoïdo de l'humérus.

2» Articidation huméro-radiale. Lecondytedu riiumérus est on contact avec la cavité en formé do coupe, dito cupule, quo présente la této du radius, on sorte que l'articulation est comparable â un pivot qui permet au radius do tourner sur son axe longitudinal.

3' Articulation cubito-radiiilc ou radio-cttbitale. La tèto du radius présente sur son pourtour une surface articulaire cylindrique qui, dans le mouvement do son pivot, glisse sur uno poiito surface articulaire du cubitus, lu petite cavité sigmoïdo. Un ligament latéral externe, un double ligament latéral interne, un ligament postérieur très fort, confondu avec les tondons dos muscles exHMisonrs do l'avant-bras (triceps), un ligament anlériour beaucoup plus faible, un ligament annulaire do 1 articulation cubito-radialo, enfin uno synoviale, qui se prolonge dans l'articulation cubito-radiale. ot une synoviale nu pivot radial complètent l'appareil ariicnlairo du coude.

— Art vétér. Lo coude est la partie saillante du raombro antérieur do l'animal, compriso entre le bras ol l'avanibras et on arrière ; il est presque on coninct avec le bas do la poitrine. Il peut être le siège d'une tumeur une Von itomnw éponge ot qui ost le résultat do coulusiona répétées

Coudo : 1. Cubitus ; 2. Radius; 3. Ihinu^- ■us; 4. Lifîaiiiout antérieur ; 6. LiganuMU laWral intiTiio ; 0. Blrepa avec G' sou tondu ; 7. Noi-l" iii»»dian : 8. Artère huiuAialo ; 9. Oldciiine ; 10. Apuphyse corùUuldo.

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