V. DRAPEAU
— B.-ans. On a longtemps et inutilement combattu, au temps d'Ingres et de Delacroix, pour savoir lequel, de la couleur ou du dessin, était l'élément principal de l'art. Dans l'art complet, aucune de ces deux parties ne se peut passer de l'autre. Cependant, en thèse générale, il est vrai que lo dessin est plutôt une acquisition, et la couleur un don. Il ne faut pas oublier, toutefois, que la couleur a ses lois qui ne sauraient être transgressées sous peine de discordance ou de monotonie. 11 est donc nécessaire que l'artiste, fasse une étudo attentive des lois de coloris, qui sont du domaine de la physique. En outre des lois sur les contrastes des couleurs (V. plus haut, Phys.), la peinture doit tenir compto des effets produits par le mélange des couleurs. Ainsi, on peut constater que ces mêmes couleurs complémentaires, qui s'exaltent par leur juxtaposition, so détruisent par leur mélange. Si l'on met du vert sur du rouge à quantités égales et à égale intensité, les deux couleurs seront annihilées l'une par l'autre, il n'en restera que du gris. 11 en sera de mémo si l'on mêle du bleu avec de l'orangé, ou du violet avec du jaune, ou encore lorsqu'on môle ensemble, à égale dose, les trois couleurs primaires : jaune, rouge et bleu.
Ce n'est pas tout encore : si l'on mêle deux couleurs complémentaires à proportions inégales, elles se détruisent partiellement et l'on aura un ton rompu, qui sera une variété du gris. .Vinsi se composent toutes les innombrables variétés de couleurs que l'on appelle rabattues.
Dans son Traité des couleurs, Gœthe a émis la théorie suivante : » Pour atteindre à la perfection dans l'art du coloris, l'artiste doit considérer les effets moraux des couleurs, leurs effets physiologiques, leur nature technique, enlin l'influenco qu'exercent sur elles les circonstances extérieures. Les couleurs agissent sur l'âme : elles peuvent y exciter des sensations, y éveiller des émotions, des idées qui nous reposent ou nous agitent, et provoquent la tristesse ou la gaieté. «
— Couleur locale. Lo respect de la vérité historique a fait défaut à la majeure partie des artistes antérieurs à notre époque. Non seulement les peintres do sujets religieux négligent de rappeler avec quelque vraisemblance l'aspect un pays où leurs personnages ont agi, leur manière de se vêtir, etc., mais ils ont prêté aux personnages eux-mêmes des types de pure fantaisie. Los peintres allemands et flamands du xv ot du xvi» siècle, en habillant le Christ, la Vierge, les apôtres, les saints, à la dernière mode des Flandres ou ilo I Allemagne, donnaient une réalité très vivante à leurs personnages antiques. Quelques peintres des écoles du Midi ont introduit aussi dans leurs tableaux religieux des costumes modernes, minutieusement reproduits, comme dans les Noces de Cana, do Paul Véronèse. Mais lo plus souvent les Italiens et les Espagnols, laissant do côté tout ce qui tenait à une vraisemblance quelconque de costume, s'attachèrent â rendre une e.\pression convenue qu'ils idéalisaient do leur mioux.
Le dédain do la couleur localo se fait un peu moins sentir dans les ouvrages consacrés par les anciens inaitres à la représentation des faits de l'histoire Geiiteniporaiiie. Pour ce (|ui est de l'histoire ancienne, les artistes it;ilieiis, familiarisés avec les monuments de l'antitjiiité, no cesseront, depuis la Uenaissancè, de les reproduire avec plus ou moins do vérité dans leurs tableaux. Poussin fut un dos maîtres qui apportèrent lo plus de soin ù respecter dans leurs œuvres la vraisemblance liistori(|Ue. Encore faut-il reconuaitre ((uo cette science était tonte relative. Les grands travaux archéologiques, publiés au xvm» siècle par Hoyne, Winckelmunn, Lossing, Hainilton, do Caylus, d'Agincourt, Milizia, eurent une grando inllneuco sur la composition dos œuvres d'art : David ot los peintres do son école s'atlaclièront à reproduire lo plus lldèlomout possible les détails do costume, les accessuiros, dont los mosaïques, lOs pierres gravées ot les sculptures antiques leur lournissaient des modèles. D'innouii>rables publications ont aujourd'hui répaiulu la connaissance de l'iiistoiro, des mœurs, des usages, des costumes des divers peuples anciens et modernes. Aussi la couleur locale a-t-olle pris un rôle des plus importants, non seulement dans los compositions bistoritiues, mais encore dans des tableaux do genre. — Bot. Couleurs des plantes. Si on laisse de coté la coloration verte, duo ù la chloroptnlle, on remarque quo les parties los plus fréquumniciit colorées chez les plantes sont los organes de reproduction tflours ot fruits).
Au point de vue de leur teinte, les divers pigments peuvent êtte répartis entre doux séries : l" la série cyanique (violet, rouges vineux et carmin, indigo, bleu), ciunprenant un onseinhle de substances dont lo caractère commun ost do rougir sous l'action des acides et de blouir sous l'action des alcalis, ot qn'on ivinii.die A mji,<