COURANT
Courajod.
COURALIN n. m. A Bayonne, Embarcation à fond plat, avant la forme d'une j».
CouraliD.
touo, et dont on se sert pour mouiller et relever les filets. I[ A Bordeaux, Sorte de yole.
Il Aux Antilles, Pirogue à fond plat.
COURAMMENT [ra-
man — rad. courant) adv. D'une manière courante, rapide, avec facilité : Lire , Ecrire couramment.
COURANT [ran) part. prés. m. du v. Courir.
— Tout courant j loc. adv. Très vite, en toute hâte : Voyageuse qui part tout courant, il Sans hésiter, sans s'arrêter, couramment : Réciter mille vers tout courant.
COURANT {ran), ANTE [rad. courir] adj. Qui court. (Ne s'emploie dans ce sens propre que pour désigner les chiens qui chassent à courre) : Une chienne courante.
— Se dit des eaux vives qui coulent continûment : Un ruisseau d'eau courante.
— Qui est en cours, en parlant des divisions du temps ; A/ois courant, lerme cookant. Année couBANTii. (L'usage a aussi consacré l'expression elliptique : Le fO, le 20 courant, pour Le 10, le 30 du mois courant.) il Qui a cours, nui a une application continue et actuelle, en parlant d'un droit ou d'une obligation : Les intérêts courants.
— Qui a un cours légal : Monnaie couranth.
— Fig. Usuel, généra], ordinaire, vulgaire, facile : Affaires courantes. Modes courantus.
— Banq. et comm. Compte courant. Etat indiquant lo débit et le crédit respectifs do deux négociants qui sont en relation d'atfaires. ii Main courante. Registre dans lequel on inscrit toutes les opérations autres que colles des recettes et dos payements d'espèces, à mesure qu'elles se font, et sans autre ordre que celui do leur succession. (On dit aussi brouillard.) il Prix roura^i. Prix qui est à
peu près lo mJ^mo chez tous les mar-
chands, et aussi Bulletin sur lequel un marchand détaille les prix do ses diverses marchandises : Consulter un prix courant.
— Blas. Attribut dos quadrupèdes représentés à l'allure do la course.
— Bot. Feuille courante. Fouille ([ui s'allonge sur la tige on l'embrassant.
— CalUgr. Ecriture courante. V. courante.
— Mar. Pièces courantes, Pièces qui glissent, qui obéissent aisément, il Matiopiivres courantes, Cordages mobiles qui servent à tout moment à la manœuvre, il Cape courante. Capo dans laquelle on a laissé assez do voiles pour pouvoir gouverner.
— Métrol. Se dit d'une mesure servant à évaluer la longueur d'un objet, sans tenir compte do sa largeur ni do son épaisseur : Cent mètres courants de papier sans fin.
— Meunerie. Meule courante. Meule supérieure mol)ilo dans un moulin, il On dit aussi mkule tournante et, substantiv., courantk,
D'arpont
à un liWrier courant
(1« gueules.
Typogr. Titre courant, Titre en capitales, qui so rô-
riôte à la partie supérieure de chaque page do tout un ivro ou d'uno dos divisions de ce livre.
COURANT {ran — rad. courir) n. m. Cours, fil, mouvomont et direction d'un© eau vive : Suivre, Hemonrer le COURANT d'un fleuve, il Masse d'eau vive, d'eau on mouvement : Les plus grands courants d'eaux vive» nu'il y ait au monde sortent tous des montaynes à glace. (J.-J. Uuuss.) Lct COURANTS marilirnes.
— Par anal. Se dit des gaz, ©t particulièrement de l'air en mouvement suivant uno direction déterminée : Courant d'air. Courants atmosphériques.
— Par ext. Mouvement continu do personnes ou do choses tendant vers un môme lieu, suivant uno mémo direction : Z,e courant de l'immigration.
~ Succession du temps ; cours de la période oii l'on est : Le courant des âges. Dans accourant du mois.
— Kig. Cours, série d'objets, do faits qui se succèdent sans interruption; marche progressive; charme, entraînement : Le COURANT des idées, des passions, il Cours ordinaire ; manière d'être habituelle : Le courant des affaires.
— Au courant. Dans l'état quo comporte et que demande la succession du temps et des choses ; Un bon teneur de livres doit toujours être au courant, il Au courant de, Renseigné sur : Etre au courant de ce qui se passe, il Au courant de la plume, En écrivant sans enort, sans calcul, d'une façon rapide et facile.
— Archit. Courant de comble, Comble considéré seulemont dans sa longueur.
— Arg. Truc, secret de l'affaire, fin mot : Savoir le COURANT. Montrer le courant à quelqu'un.
— Bours. et comm. Mois actuel, mois qui court : Payement à faire fin du courant, ou plus elliptiq. fin courant.
Il Terme qui court, en parlant des intérêts : Payer l'arriéré, puis le courant, il Courant du marché, Prix actuel des denrées.
— Electr. Courant électrique, tellurique. hydro-électrique, voltaique, galvanique, thermo-électrique ; Courant d'induction, de Foucault; Courants cojitinus, alternatifs, ondulés, diphasés, triphasés, polyphasés. V. la partieencycl.it Courant de transmission. Courant circulant sur une ligne télégraphique pour produire des signaux à l'arrivée, il Courant dérivé. Celui qui circule dans un circuit dérivé s'embrauchant sur un autre circuit, ii Courant de retour, Syn. de coxj- RANT DE DÉCHARGE. Il Couraut mugnéto-électrique. Courant qui provient de l'induction d'un aimant mobile sur un circuit fixe ou inversement, li Courant d'Ampère, Courant qui, suivant l'hypothèse d'Ampère, circulerait autour do chaque molécule aimantée, dans dos directions déterminées par le sens de l'aimantation, et prendrait, dans l'état non aimanté, des directions variables dont la résultante .serait nulle, li Courant flammaire. Courant qui est dû à l'état électronoteur des différentes parties d'une flamme.
Il Courant électrQ-capillaire,Co\xT^\xti{\\e l'on suppose provenir de l'adhésion de gaz dans les pores de matières poreuses, comme la mousse de platine. :: Courant triboélectrique. Courant thermo-électrique produit par le frottement. Il Courant photochimique. Courant résultant de la lumière qui agit chimiquement, m Courant de disjonction. Courant que produit une force électromotrice secondaire opposée à la force électromotrice principale d'un circuit, prenant naissance dans un circuit dérivé en un pointdedisjonction qui constitue une dérivation à grande résistance.
Il Courant ondulatoire, Courant dont l'intensité croit et décroît régulièrement, il Courant pulsatoire. Courant que caractérisent de brusques variations d'intensité, il Courant d'aurore boréale. Courant variant d'induction et d'intensité, et qui provient de l'activité variable de la circulation électrique de l'équateur aux pôles par l'atmosphère, et dos pôles à l'équateur par la terre, pendant une aurore boréale.
— Mar. Mouvement propre des eaux de la mer. (On l'appelle COURANT de marék.) il lienverse du courant. Changement do direction de ce courant, ii Etale de courant. Moment où il va changer de sens, il Partie d'une manœuvre qui passe dans les poulies.
— Mécan. Courant de flamme d'une chaudière. Route suivie par les gaz chauds dans la chaudière.
— Tnéàtr. Mettre une pièce au courant du répertoire, La mettre parmi les pièces qui se jouent habituellement.
— Syn. Courant, cours. Le courant, c'est l'eau en mouvement et acquérant une force plus difficile à vaincre par l'efTet de ce mouvement môme; dans un fleuve où la vitesse do l'eau n'est pas la mémo partout, lo courant n'est quo la partie où cette vitesse est le plus rapide. Le cour*, c'est la marche de l'eau dans telle ou telle direction, ou depuis tel point jusqu'à tel autre; cependant, on dit bien quo le cours d'un fleuve est rapide, impétueux; mais on no voit alors quo le mouvement seul, sans fixer son attention sur l'eau elle-même. Si l'on so représentait un bateau luttant contre l'eau devenue plus puissante par le mouvement, on dirait qu'il remonte lo courant plutôt quo lo cours.
— Anton. Stagnant, ante 'on parlant des liquides).
— Encycl. Electr. On donne le nom de courant électrique à la cause, d'uno nature d'ailleurs inconnue, qui produit les phénomènes que l'on constate lorsqu'on réunit par un corps conducteur (masse ou fil) doux ou plusieurs points maintenus à dos potentiels diff'érents. La différence do potentiel considérée comme engendrant un courant s'np- IfoUo force électromotrice. On peut classer les courants électriques do deux façons, suivant qu'on prend pour base los procédés employés pour établir uno différence do potentiel ontro deux points, ou la loi do la variation du potentiel aux points considérés.
C'est ainsi qu'on appelle courants telhiriques ceux qui circulent à la surface du globe d'uno manière irrégulière ; leur étude est pou avancée, et on n'en connaît encore ni l'origine, ni los lois. Los courants hydroélectriques sont
6 réduits par los piles à liquides genre Volta, DanioU, unsen, Loclanche, etc. ; on leur donne quelquefois le nom do voltaiqucs ou do galvaniques. Lorsque la différence do potentiel ost obtenue par l'action do la chaleur sur les soudures de métaux appropriés, comme dans les aiguilles do Becquerel ou los pilos thermo-électriques do Molloni, do Clamond, on a des courants Menno-*^tec/r(9i(M.(V.THKRMO- ÉLKCTRiciTK.) Si un corps conducteur, dans un champ magnétique, ost soumis à une variation do flux magnétique, il so produit entre ses divers points dos différences do potentiel qui occasionnent dos courant.? d'induction. {V. induction.) Mans lo cas particulier où ces courants, au Hou do parcourir un fil métallique extérieur au conducteur, so formonl â l'intérieur do celui-ci, on leur donne lo nom do courants de Foucault.
Si nous envisageons los courants au point do vuo do la loi do variation do leur sens ot do leur intensité, dans un rtl conductour donné, ils sont ou continus ou alternatifs.
Los premiers sont engendrés par dos sources d'éloctricité disposées pour maintenir, ontro los extrémités du conducteur, uno différence do potontiol ayant toujours lo mémo signe ot ur.o valour sonsiblomout constunto (piles,
accumulateurs, machines dynamo-ôlcctriqucs à courant continu, etc.). Si, au contraire, lo signe do différence do potontiol ot sa valeur changent rapidement et périodiquement (alternateurs), le conducteur est parcouru par un courant alternatif. Comme cas intermédiaire, on peut signaler los courants ondulés, engendrés par une différonoo de potentiel ayant toujours le même signe, mais une valeur variant périodiquement.
Les courants alternatifs employés communément affectent une forme périodique sensiblement sinusoïdale, c'est-à-dire que, si l'on trace uno courbe en portant on abscisses les temps et en ordonnées les intensités, on obtient une courbe ayant la forme générale d'une sinusoïde i^ — I sin bit.
Dans la pratique industrielle, on a quelquefois intérêt à considérer simultanément plusieurs courants alternatifs, et on a imaginé des machines pour produire et utiliser
Les ensembles de deux cou-
facilement ces ensembles rants alternatifs de même période et de même intensité maximum, mais tels que l'un ait sa valeur absolue maximum quand l'autre a son intensité nulle (ce qu'on énonce habituellement en disant que les deux courants sont décalés d'un quart de période l un par rapport à l'autre), prennent le nom do courants diphasés : i^ = I sin bit>; i, = I cos ut.
Si l'on considère des groupes de trois courants alternatifs de même période et de même intensité, mais décalés, l'un par rapport à l'autre, de un tiers de période, on a des courants triphasés :
i, = I sin a; 'i = I sin
(.-L-); ,. = Isi„(.-*Jl).
On peut facilement généraliser cette notion et concevoir d'autres groupements, auxquels on donne le nom générique de couT'dnts polyphasés. L'intérêt do ces courants provient de la facilité qu ils donnent de produire des champs tournants et de construire des moteurs électriques avantageux. V. CHAMP, moteur électrique.
Un courant électrique continu est dédni quana on connaît son sens ou direction et son intensité. Le sens du courant dans un conducteur linéaire est celui d'un mobile allant du point du plus haut potentiel au point du plus bas potentiel ; son intensité se définit par les effets du courant, dont nous parlerons plus loin : effets calorifiques, électromagnétiques, électrodj'namiques. etc.
Lorsqu'il s'agit de courants «//ernaïi/'s, le sens changeant périodiquement, il y a lieu do définir la loi de ses variations, qui sont presque toujours considérées comme sinusoïdales. On appelle alors période (T) le temps qui s'écoule entre les moments où la force électromotnce reprend la
même valeur et le même signe. L'inverse de ce temps —
est la /■/■(fgwencc.ot la quantité — est lapwiîaïion du courant.
— Lois fondamentales régissant les courants coJïtinus.
i" Loi d'Ohm. L'intensité d'un courant est directement
proportionnelle à la force électromotrice et itiversement
proportionnelle à la résistance du circuit .•! = —. E étant
exprimé en volts. R en ohms, I est donné on ampères.
2° L'iis de Kirchhoff. l" Si plusieurs conducteurs aboutissent à un inême point, la somme algébrique des intensités des courants sur chacun d'eux, comptées à partir de ce point, est nulle ; s t = 0.
S" Lorsque plusieurs forces électromotrices agissent en diff'érents points d'un circuit, ta force électrvmoirice totale autour du circuit est égale à la somme des résistances de ses portions individuelles, multipliées chacune par l'intetisité du courant qui les traverse : Sir = S E.
4" Loi de Joule. L'énergie calorifique dégagée sur un conducteur pendant l'unité de temps est égale au produit du carré de l'intensité par la résistance du conducteur.
Dans lo cas des courants alternatifs, considérés comme étant sinusoïdaux, on distingue, outre l'intensité instantanée du courant à un moment donné, dos quantités auxquelles on a donné les noms d'intensité moyenne ot d'intensité efficace. La première est la valeur do l'intégrale f 1 rf^ prise pour uno demi -période divisée par cette demi-période. La seconde, qui seule intervient dans les calculs ordinaires, et quo donnent les appareils de mesure, ost la racine carrée do la moyenne dos carrés de l'intensité. Sa valeur est 0,707 do l'intensité maximum du courant.
Dans lo cas général d'un circuit ayant uno résistance R, un coefficient de sclf-iyiduction L ot uno capacité C, on a, on appelant w la pulsation d'un courant sinusoïdal, dont E ost la force élcctromotrico maximum :
E max. , . ^ .
'sin (u/— f).
tang ? = ■
— Elfels des courants. Ils sont pxtrSmomont nombreux. Nous no signalerons quo los principaux :
I» ElTi'ts mnqni'liqms. V. ÉLKcTROSiAaNKTissiE.
8° lilfels mi'ctmiiiues. Doux courants ta;saut un anjjlo s'aitirout ot t.Midont li so mettre [larallôles, s'ils s'npiiroohont tous lieux ou s'éloignent tous lieux ilu sonimot do l'auglo ou lie lu pcrponiiicnlairo communo ; ils se repoussent si l'un s'approche du si.nimot, tandis ipio l'autre s ou (iloi'Mio. Il ri'sulto do li\ que doux courants t^gaux et do sou" contraires produisent dos actions tSpales ot do sens contraires, ot quo l'aclion d'un courant sinueux ost idenlinuo A celle d'un courant loctiliguo avant les m*iiios oxtriJniiliis. Cos actions ont été mises & prollt pour la construction des éloclrod}iiamon>(>lros (v. iSlkctkouyn.v-
MOMÈTllli) ot dos wallmètrCS. (V. WATTMf.TBIi.)