COUR
-- Cour martiale. On désigne ainsi un tribunal militaire constitué dans certaines circonstances exceptionnelles, et caractérisé surtout par une procédure essentiellement sommaire. Co nom avait été donné, sous l'ancien régime, à des tribunaux militaires réguliers, et c'est également ainsi que furent désignés les premiers tribunaux militaires établis par rAssombléc constituante, le 29 octobre 1790.
Mais, depuis lors, c'est surtout aux époques de guerres civiles ou de grand péril national que des cours martiales furent instituées, comme, par exemple, au cours de la guerre de 1870-1871, par lo gouvernement de la Défense nationale (décret du 2 oct. 1870), pour remplacer les conseils de guerre, jusqu'à la fin des hostilités, dans les divisions et détachements isolés, de la force d'au moins un bataillon.
La procédure était très sommaire : lecture de la plainte, audition des témoins à charge, de l'accusé et des témoins appelés par lui, s'ils étaient présents. Pas d'avocat: l'accusé devait se défendre lui-même et avait la parole lo dernier.
Aux questions posées alors par le président il devait être répondu par oui ou non; la majorité simple décidait do la culpabilité. Pas tle revision ni de cassation : exécution, le lendemain matin, de la sentence prononcée qui, sauf le cas d'acquittement, ne pouvait être que la mort, cette peine ayant été décrétée pour tous les crimes et délits militaires, depuis l'assassinat et la désertion, jusqu'aux injures et menaces envers un supérieur, bris ou perte volontaire d'armes, et destruction de munitions commise par lâcheté. Les complices, militaires ou non, étaient passibles des mêmes peines et relevaient également des cours martiales.
— Cour de l'érhiquier. Ce tribunal anglais est ainsi nommé à cause du carrelage blanc et noir qui couvrait la table autour de laquelle s'asseyaient les membres de la cour. Les plus anciens documents qui la concernent remontent au règne de Henri I" (Ii00-li35). C'était alors à la fois un tribunal de contentieux administratif et une cour, où venaient toutes les questions en débat où l'intérêt du trésor public était engagé. Au xiv siècle, l'échiquier était divisé en trois sections : une cour des comptes, une cour des recettes et un tribunal financier. La cour de l'échiquier ne fut abolie qu'en 1873 ; elle se confondit avec la Higk Court of justice.
— Cour de chancellerie ou plus exactement Cour du chancelier. Cette juridiction civile de l'Angleterre a conservé la trace du caractère patriarcal de l'ancien régime. Elle supplée à l'incapacité des mineurs, des femmes, poursuit les fraudes qu'un texte précis de la loi ne peut atteindre, fait rompre un engagement déraisonable et oblige le créancier d un débiteur malheureux à composer avec lui.
— Cours de comté {couiitry-couj^t). Etablies en Angleterre depuis 1847, elles ont contribué à décentraliser la justice civilo, et subi, depuis leur fondation, des modilications qui en ont augmenté l'importance. Le but des countrycourts est, comme dit le statut de 1846 : <« d'établir en Angleterre un mode de procéder pour rendre plus facile le recouvrement des petites drttes et des demandes de peu d'importance ». Le personnel de chaque cour comprend : le juge, le greffier et les baillis. La nature des affaires soumises aux cours de comté est extrêmement variable. Elles jugent sans appel jusqu'à concurrence de 20 livres (500 fr.). L'appel est porté aux tribunaux supérieurs. Dans certains cas, on peut demander de nouveaux débats devant le mémo juge de comté, dans les douze jours du jugement.
— Ethol. On désigne sous le nom de cour l'endroit où un monarque établit sa résidence, entouré des grands de son royaume. Dans les monarchies où le pouvoir du souverain ost absolu, la cour du prince prend un très grand éclat et une importance prépondérante; dans les pays régis par ce que l'on nonmie une monarchie constitutionnelle, c'est-à-dire où le souverain joue surtout un rôle de représentation et do décor, cette importance ost bien moindre. Dans los monarchies antiques de l'Orient, les cours souveraines curent une magnificence quo los poètes ont célébrée, et dont les palais en ruine, reconstitués par los archéologues, donnent, aujourd'hui encore, une idée. (V. entre autres, le palais do Suse, reconstitué par Dieulafoy .dans l'une des salles duLouvro.) En Franco, la cour eut son plus grand éclat aux doux moments culminants do l'histoire do la monarchie ; sous Charlemagno et sous Louis XIV. Lo palais d'Aix-la-Chapello, quo Charlemagno avait décoré dos marbres précieux enlevés à l'Italie, no fut pas seulement le contre de la puissance et des honneurs, mais des arts et des lettres. L'école quo l'ompereury fonda ont une grande iniluence sur son temps, et serait de'venuo un foyer de lumière, si l'œuvre do l'omporenr avait pu être maintenue. .\ujourd'hui encore, le palais de Versailles peut donner une idée do co que fut la cour de Louis XIV : c'était toute une ville. Où l'on étudie le mieux la cour de Louis XIV, c'est dans les mémoires du duc de Saint-Simon ; on en a une puissante reconstitution dansTAncien /?.J(;ij»e, de H. Taine. La grandeur particulière et l'éclat de la cour de Franco ne snrvé«urent pas à la Révolution ; c'est en vain que Napoléon I" ot Charles X essayèrent de la reconstituer.
— Féod. Cour du roi. D'après l'usage féodal, le vassal était tenu de so rendre A la cour du seigneur pour lui nréter conseil et l'aider à jugor les autres vassaux. Cette obligation, s'appelait service de cour ou de plaid. De là est venuo la cour (lu soigneur qui, avec ravènement dos Capétiens au trône royaT. a produit ta curia régis. Convoquée à des intervalles ïrréguliers, elle n'avait rien de li.\e. ni comme composition, ni comme lieu de réunion. La cuna avait dos attributions multiples. Elle renuilissatt lo rôle d'assemblée déliltérante. comme los cours pléniéres, q^ui existaient auprès do tous les suzerains, et que ceux-ci consultaient au sujet des mesures d'intérêt général. Comme les cours plénières, la curia réunissait los vassaux ot arrière-vassaux du roi et, de plus, à partir du xii» siècle, les représentants dos villes libres, considérées comme nobles collectifs. Ceiio section do la curia régis a donné naissance aux états généraux, do même quo los cours seigneuriales ont produit 'es états provinciaux. La curia était encore une cour de justice. Sa compétence fut d'abord limitco aux alluires féodales: elle remplissait, dès lors, le rôle oui devait éiro dévolu plus tard à la cour des pairs. Mais ello étendit peu à pou sa juridiction à dos causes de toute nnlure. Un nouvel élément s'iyouta, sous Louis VU. ù la composmou do la cuna régis : co furent los conseillers privés ot mtimos. choisis parmi los cJorca instruits, que lo? rois avaient attachés à leur personne. Ils forniùrent biontôl un corps
COUR — COURAILLEUR
de juï^es dans la curia régis. Il était naturel que ce tribunaTdevint sédentaire, surtout lorsqu'il constitua une juridiction d'appel par rapport aux baillis nouvellement créés. Enlin, lorsqu il eut acquis une autorité propre, délé^-uée une fois pour toutes par le roi, il prit le nom de parlement au xin* siècle; la section judiciaire de la curia régis était devenue la curia parlamenti. Les grands feudataires et les hauts prélats de la curia régis étaient censés être encore membres du parlement; mais ils n'y paraissaient que dans des occasions solennelles, ou lorsqu'il y avait à juger un de leurs égaux : le parlement prenait alors le nom de cour des pairs. Les délégués aux comptes, pris dans le personnel de la curia régis, constituèrent à la même époque la chambre des comptes. Enfin, ceux des membres de la cour du roi qui ne firent partie ni du parlement ni de la chambre des comptes continuèrent à assister le roi dans l'expédition des affaires politiques et administratives, sous le nom de grand conseil oa conseil du roi.
Cour des barons ou Haute cour. On désignait par ce
nom une juridiction créée à Jérusalem par Godefroy de Bouillon, après la conquête de cette ville par les croisés en 1099. Elle était composée des grands vassaux, siégeait sous sa présidence, ou sous celle d'un de ses officiers, et constituait à la fois un conseil de gouvernement et une cour de justice pour les nobles. Les travaux relatifs à la jurisprudence de la haute cour ont formé une partie des Assises de Jérusalem. De môme, les Assises d'Antioche comprennent le droit des nobles ou Assises de la haute cour d'Antioche. .
— Cour des bowgeois ou Basse cour. C était une juridiction organisée en même temps que la précédente, à Jérusalem et dans les principales villes du royaume, pour les hommes libres, artisans ou vilains. Tous les non-nobles n'étaient pas placés sous cette juridiction ; ceux qu'un lien de vassalité rattachait à queloue grand feudataire restaient en etfet ses justiciables. La cour des bourgeois était composée du vicomte ou gouverneur de la ville et de douze jurés. Un seul ouvrage intéresse le droit bourgeois en Orient : c'est le Livre^des assises de la cour des bourgeois. écrit entre 1173 et 1180. Cette jurisprudence a formé la seconde partie des Assises de Jérusalem et des Assises d'Antioche.
— Cour de la Fonde (de l'arabe fondoug, bazar). C'était une juridiction mixte, établie au xu' siècle dans les principales villes du royaume de Jérusalem, pour statuer sur les causes civiles des indigènes et sur les procès commerciaux entre eux et les Européens. Ces cours étaient composées de six jurés {quatre Syriens et deux Francs), et présidées par un bailli pris parmi les chevaliers ou les barons.
— Cour de la Chaîne. On appelait ainsi une juridiction maritime, instituée au xu* siècle, dans les principaux ports du royaume de Jérusalem, et qui était. composée de Jurés pris parmi les notables commerçants. Elle connaissait des affaires relatives aux contrats maritimes et des difficultés entre armateurs, capitaines ou matelots.
— Cour majour. La coitr rnajour était une cour féodale supérieure instituée dans le Béarn, en 1220. Elle se composait des évèques de Lescar et dOloron et de douze barons ou jurats héréditaires. Avant cette époque, il y avait déjà, dans la Navarre espagnole, une cort major, composée de douze ricoshombres. La cour majour jugeait les cavers ou chevaliers, les domengers ou possesseurs de terres, et conoaissait de toutes les questions de propriété et d'Etat.
— Cour laye. On donnait autrefois ce nom à la justice séculière, par opposition à la justice ecclésiastique, désignée sous le nom de cour d'Eglise ou cour de chrétienté. Il y eut de nombreuses luttes de compétence entre les deux sortes de juridiction, notamment au xiu* siècle, où l'influence des officialités était devenue prépondérante.
— Cour des aides. V. aide.
— Cour des monnaies. C'était un tribunal chargé, sous l'ancienne monarchie, de connaître en dernier ressort de toutes les matières civiles ou criminelles se rapportant à la fabrication ou à l'altération des monnaies, de réprimer les fautes, malversations et abus commis tant par les officiers et ouvriers des monnaies, que par les changeurs, affineurs, départeurs, batteurs, orfèvres, et généralement toutes personnes travaillant et vendant les matières d'or et d'argent. Cette juridiction monétaire avait été, à l'origine, exercée par la chambre des comptes qui, avec les maîtres des comptes, connaissait du maniement des finances et du domaine royal; avec les trésoriers des finances, de la perception des aides; avec les inspecteurs royaux des monnaies, appelés successivement maîtres, généraux, puis conseillers des monnaies, des affaires de monnaies. Au mois de janvier 1551, la chambre des monnaies de la chambre des comptes fut érigée en cour et juridiction souveraine, ayant son autonomie propre. Par édit de juin 1704, Louis XIV avait créé à Lyon une seconde cour des monnaies, dont la juridiction s'étendait dans les généralités et départements de Lyon, Dauphiné, Provence, Auvergne, Toulouse, Montpellier, Montauban et Bayonno. Mais, par un autre édit do 1771, cette seconde cour fut supprimée.
La cour des monnaies prenait rang îraraédiatement après la cour des aides, issue comme elle de la chambre des comptes. Ses présidents portaient une robe en velours noir; ses membres, la robe do satin noir. Lorsque la Révolution la supprima, en 1790, elle comprenait : un premier président, cinq présidents, trente conseillers, un premier avocat général, un procureur général, un avocat générai et deux substituts.
— Cour des pairs. Temps mod. On a donné le nom de cour de» pairs, sous lo régime des chartes de 1814 et de 1830, à la Chambre des pairs, lorsqu'elle siégeait comme cour do justice, en vertu d'une ordonnance royale. Elle connaissait, d'une manière générale, des crimes de haute trahison et des attentats contre la sûreté de l'Etat, mais aucune loi do définissait ces attentats. Elle eut à juger de nombreux procès, do 1814 à 1848, notamment celui du maréchal Ney, celui des anciens ministres de Charles X; elle eut à juger aussi les auteurs du mouvement républicain d'avril 1834 , ainsi que tout« la série des attentats commis contre Louis-Philippe; enfin, les affaires des ministres Uespans-Cubières ei Teste, et celle du duc de Praslin.
— Cours prévôlates. Elles ont existé sous l'ancien régime; Bonaparte les fit revivre pour juger les réfractaires et les prévenus politiques; mais on connaît surtout les cours prévôtales do la Restauration, qui firent rôçner In Terreur blanche. La loi fut votée, sur la proposition {la duc do Fcltro, lo 4 décembre 1815. Elle déciuait que
chaque département aurait une cour prévôtale, composée d'un prévôt, colonel au moins, d un président et de quatre juges choisis par les membres du tribunal de première instance; que ces cours procéderaient contre tout rebelle, tout individu accusé d'avoir fait partie d'une bande armée, d'avoir arboré un signe de ralliement autre que le drapeau blanc, publié des écrits ou prononcé des discours séditieux, excité les citoyens à la désobéissance. Le prévôt instruisait les affaires ; la sentence était sans appel et exécutoire dans les vingt-quatre heures. Les tribunaux exceptionnels condamnèrent à l'échafaud, aux galères à perpétuité ou à temps, un grand nombre do personnes. Le 27 mai 1816, 23 habitants du Lude furent condamnés : 7 à la peine de mort, les autres aux travaux forcés ou à la détention. Le 20 juillet, à Carcassonne, 3 citoyens furent condamnés à mort pour avoir tenté do quitter la ville. Le 22 juillet, 9 gardes nationaux furent condamnés à des peines sévères et 5 condamnés à mort, pour avoir dispersé , un an auparavant , un rassemblement royaliste. Le 22 mai 1817, à Alençon, 2 personnes furent exécutées pour avoir fait partie d'un rassemblement. La même année, à Lyon, à la suite d'une prétendue conspiration, organisée' par la police, plus de 500 personnes furent arrêtées, parmi lesquelles : 28 furent condamnées à mort, 26 à la déportation, 6 aux travaux forcés et 48 à des années d'emprisonnement. Du reste, les tribunaux ordinaires rivalisaient de zèle avec les cours prévôtales. La durée de ces C'turs avait été limitée au i*"" janvier 1818. Elles furent licenciées à la date fixée; 510 magistrats qui les composaient reprirent possession de leur siège, et les 85 prévôts leur place dans l'armée.
— Cour de cassation. Y. cassation.
— Cour des comptes. La Cour des comptes est un haut tribunal administratif chargé de vérifier, apurer, juger la gestion des comptables publics, de signaler au pouvoir exécutif et de relever pour le pouvoir législatif les infractions des ordonnateurs et des administrateurs à notre législation financière.
La Révolution supprima les chambres des comptes, créées par l'ancienne monarchie. La Cour des comptes actuelle a été créée et organisée par une loi du 16 sept. 1807.
La Cour se compose : 1" d'un premier président, qui a la haute direction des travaux et la surveillance générale de la Cour; 2" de trois présidents, dirigeant le travail de chacune des trois chambres que comprend la Cour; 3" de dix-huit conseillers maîtres, qui discutent les propositions formulées par les conseillers référendaires ou auditeurs rapporteurs; 4" de vingt-six conseillers référendaires de première classe; b" de soixante conseillers référendaires de deuxième classe, chargés de l'instruction et de la vérification des comptes, de l'examen détaillé des pièces à l'appui. Ils formulent leur avis dans des rapports qu'ils discutent devant les chambres et rédigent les projets d'arrêts; 6<* de quinze auditeurs de première classe; 7" de dix auditeurs de deuxième classe, choisis parmi les jeunes licenciés en droit (arrêté du 15 nov. 1886). Les auditeurs sont adjoints par le premier président aux conseillers référendaires pour concourir, sous leur direction, à l'instruction et à la vérification de certaines comptabilités.
Les magistrats du parquet sont au nombre de deux : un procureur général et un avocat général, choisis parmi les conseillers référendaires de première classe. Le procureur général envoie aux ministres l'expédition des arrêts, veille à ce que les comptables présentent leurs comptes dans les délais, et requiert l'application des pénalités contre les retardataires.
Les membres de la Cour sont inamovibles. Ils portent un costume réglé par l'article 66 du décret de 1807. La cour prend, rang immédiatement après la Cour de Cassation.
La Cour a juridiction sur les comptables en deniers, contrôlosurles comptables en matières. A l'égard des ordonnateurs, elle fait des déclarations et des observations destinées à faciliter le contrôle du pouvoir législatif.
Elle statue comme juridiction d'appel, lorsqu'elle juge les pourvois contre les arrêtés des conseils de préfecture, formés par les receveurs des communes, hospices et établissements de bienfaisance, dont le revenu est inférieur à 30.000 fr. Elle statue directement et en dernier ressort sur les comptes des autres comptables publics, et aussi sur les opérations des comptables do fait. {V. comptabilité.) Ses arrêts sont susceptibles d'un recours au conseil d'Etat, pour excès de pouvoir et violation de la loi.
Chaque année, la Cour constate, par deux déclarations générales, lo résultat de la comparaison entre les comptes publiés par les ministres pour l'année précédente et pour l'exercice expiré ot les arrêts sur les comptes individuels des comptables, sous le double rapport de l'exactitude des résultats et de la légalité des recettes et dépenses publiques. Elle exerce sa mission réformatrice en consignant dans un rapport annuel au président de la République les vues de réformes et d'améliorations que lui a mspirées l'examen des diverses comptabilités publiques.
Cour des Miracles. La principale, la plus célèbre, — car il y en eut plusieurs — des cours des Miracles parisiennes, était située au cœur du vieux Paris, où elle formait un vaste îlot, limité au S. par la rue Saint-Sauveur, à l'O. parcelle des Petits-Carreaux, au N. par le passage du Caire, à l'E. par la rue Saint-Denis. Ce n'était donc pas une cour, au sons propre du mot, mais un véritable quartier; quartier qui, dès le xiii" siècle, devint lo repaire des truands, dos malandrins, des mendiants. Ceux-ci, la nuit venue, venaient s'y défaire des infirmités simulées, grâce auxquelles ils avaient, pendant lo jour,
Conseiller àlaCour des comptes.
Médaille de conseiller à la Cour des comptes.
sollicité la compassion, effectuant ainsi des miracles aisés, dont leur retraite prit le nom. L'admirable description que Victor Hugo a faite de la cour des Miracles, dans Notre-Dame de Paris, n'est pas à coup sûr une page d'histoire réelle, mais le fond en est vrai, car il est emprunté à un historien sérieux du xvii" siècle. Sauvai, qui avait réuui sur ce sujet des documents authentiques. Dès le règne de Louis XIV, la police eut lo souci de purger cette région de ses hôtes; les mendiants valides furent traqués et arrêtés de force pour des travaux publics; les invalides conduits à l'Hôpital général. De nos jours, le percement de la rue d'Alexandrie et de la rue Kéaumur a fait mieux encore pour aérer le quartier; la cour des Miracles n'existe plus que par le souvenir, quoiqu'en fait son nom ait été conservé à une cour, véritable celle-là, qui s'ouvre entre les rues do Damietlo et des Forges.
Cour de Célïmène (la), opéra-comique en deux actes, paroles de Rosier, musique d'Ambr. Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 11 avril 1855. Un livret assez fâcheux semble avoir fait tort à une partition délicate, mais un l>eu froide. 11 en faut citer une ouverture charmante, des chœurs d'une jolie couleur et d'une heureuse sonorité.
Cour du roi Pétaud (la), opérette bouffe en trois actes, paroles d'Adolphe Jaime et Philippe Gille, musique de Léo Delibes, représentée au théâtre des Variétés, le 24 avril 1869. Le livret est une de ces farces telles qu'en ofl'rait le répertoire familier d'Hervé ot d'Offenbach. La musique, leste et vivo, écrite avec élégance, est le premier ouvrage un peu important de Léo Delibes.
Goura, comm. du Portugal (Minho [district Vianna do Castello]}; 600 hab, — Ch.-l. d'un concelho peuplé de 16.000 hab.
COURABLE adj. Léger à la course. (Vieux.)
— En T. de véuer.. Bon à courir, à chasser à courre, depuis le cerf jusqu'au lièvre, mais non la biche, la daine ou la chevrette.
COURADE n. f. Sardine que l'on pêche au Croisic.
COURADOUX ou CORRADOUX {dou — mot provent;. qui signif. corridor; du lat. currere, courir) n. m. Autrefois, Espace compris entre les deux ponts d'un navire.
COURAGE [raj' — du lat. coj-, cœur) n. m. Force d'âme, énergie morale qui fait braver le danger ou supporter le mal avec constance ; Le véritable couragh est très opposé à la témérité qui n'examine rien. (Fonten.) il Résolution, énergie de caractère qui porte à avouer et à soutenir ce que l'on pense ou ce que l'on croit : Avoir le courage de ses opinions, de sa foi. il Zèle, énergie, ardeur persévérante : Travailler avec courage.
— Ensemble des dispositions, des passions du cœur : Pénétrer le fond du cocragf. de quelqu'un. (Corn.) [Vieux.]
Il Fig. Ce grand prince calma les courages émus, (Boss.) [Vieux].
— En mauv. part. Dureté de cœur, insensibilité, audace : Avoir le courage de refuser uti verre d'eau à uh ynourant.
— Elliptiq. Courage! Prenez courage, pour Allez! N'hésitez pas ! Ne vous arrêtez pas ! Tenez bon !
— Prendre so7i courage à deux maiiis, Faire efi'ort sur soi-même pour prendre et exécuter une résolution.
— SvN. Courage, bravoure, cœur, etc. V. bravoubk.
— Anton. Couardise, faiblesse, lâcheté, poltronnerie, pusillanimité, timidité.
— Allus. littér. :
Et dans de faibles corps s'allume un grand courage. Vers do Louis Racine qui, dans son poème la lîeligion, l'applique aux oiseaux défendant leurs œufs ou leurs petits. Delille a trouvé ce vers si bien frappé qu'il l'a fait entrer textuellement dans sa description du combat des abeilles. (Traduction des Géorgiques de Virgile.)
— pRov. HiST. : Honneur au *Sïfc?
courage malheureux! V. vicTis honor.
Courage militaire (Le), statue décorant le tombeau de ,- Lamoricière,à Nantes, par Paul ^J Dubois. L'artiste a personnifié pi le Courage militaire par un jeune wr-' guerrier, vêtu et armé à lan- tïZL tique, assis, la main droite fermée et posée sur la cuisse, la gauche serrant la poignée d'une longue épée, le front ombrage par un casque surmonté d'une chimère, le regard tranquille la physionomie empreinte à la fois de résolution et de douceur
Lo modèle en plâtre de la statue du Courage militaire a paru au Salon de 1876 avec une autre figure, plus belle encore, destinée au même mausolée et représentant la Charité. V. ce mot.
COURAGE {raj'} n. m. Bot. Ancien nom de la bourrache.
COURAGEUSEMENT adv. Avec courage ; avec zèle, constance, fermeté ; S'occuper courageusement de son devoir.
COURAGEUSES [jeuz') n. f. pi. Famille d'aranéidcs, do New-York. — Une couragelsi;.
COURAGEUX (jeu), EUSE adj. Qui a du courage, de la fermeté : Catilina était audacieux, et César coijrageux. i^M"" do Blossington.) ii Qui montre du zèle, une ardeur persévérante : Etre courageux au travail.
— Qui so fait avec courage ; qui dénote du courage -. Entreprise covRAGEVSE. Acte courageux.
— Subslantiv. Personne qui a du courage : Le courageux devrait toujours 7'éussir.
— Anton. Capon, couard, faible, lâche, peureux, poltron, pusillanime, timide.
COURAI n. m. Mar. V. corroi.
COURAILLER {ra-ill-é {Il mil.] — fréquent, de courir) V. n. Fam. Ne faire que courir, aller sans cesse de côté et d'autre, ii Faire le coureur, donner dans la galanterie facile, et aussi Changer très fréquemment dans ses amours.
COURAILLEUR (ra-ill-eur' [Il mil.]), EUSE n. ot adj. Fam. Se dit d'une personne qui couraiUo, dans les deux sens du mot.
Le Courage niihtane d après Paul Dubois
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COURAJOD vl^ouis), historien d'art fraisais, né ci mort à l'ans vi!*-* 1-1896). Kn 1867, il sortit do l'Ecolo dos chartes et l'ut aitacliô au Cabinet dos estampes à partir do 1871. Il fut nomme cousorvaieur au musée du Louvre ou 1893, lorsiiuo l'on crôa un dôpartomont indôpondant pour la sculpture moderne, département dont il a tient l'histoire (Paris , isoi). Il réussit à y faire entrer dos séries importantes pour l'histoire de la sculpture française du moyeu àg^e, qu'il considérait comme notre grand art national.
Il publia une série consi déraille d'études. Avec lo Livre -journal de Lazare Duvuul' (1873) et l'Ec'jle 7'oyale des t'iéves protégés [histoire de ronseignemout des arts du dessin au xviu* s.) ( 1874), sou ouvrage le plus important est Alexandre Lenoir, soti Journal et le jnusée des monuments français {ISlS-lsSl).
Mais Courajod ne fut pas seulement un érudit et un critique. Au contact des monuments, il s'était forme des vues d'ensemble.
Ce sont ces théories, passées aujourd'hui dans le domaine courant, qu'il exposa dans son enseignement passionné de l'Ecole du Louvre, commencé en 1887. Ses cours peuvent se diviser en trois séries : dans la première (jusqu'en 1890), il étudia les origines de. (a lienaissance , et établit l'influence prépondérante de l'art réaliste francoflamand, puis bourguignon, dans le rajeunissement de l'art au XIV* et au xv" siècle. Dans la seconde (jusqu'en 1893), il s'attaqua aux problèmes des sources de l'art 7-07nan et gothique, et chercha à discerner la part des éléments barbares ou latins, arabes ou byzantins qui entrèrent dans sa composition. Enfin, dans la dernière série d'études, où la mort vint le surprendre, il s'était acharné à dénoncer, dans les Origines de l'art moderne (1893-1894), l'influence corruptrice de l'italianisme et de l'académisme, tout en faisant la part des résistances de l'art national français.
COURALIE {lî) n. m. Arbre ou arbuste de la famille des bignoniacées, tribu des técomôos, à feuilles opposées, composées-dig;itées; à fleurs blanches jaunâtres ou purpurines, réunies en grappes courtes axillaires ou terminales. Les quatre espèces connues habitent l'Amérique tropicale.