‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 402 sur 870 · V. TUNIQUE · texte numérisé non relu

V. TUNIQUE

— Encycl. La couture comprend tous les travaux qui se font à l'aiguille. Les métiers qui ont pour base la couture sont presque tous dévolus aux femmes. Cependant, le vêtement d'homme est en grande partie cousu par les tailleurs.

Les travaux de couture ont pour but de confectionner, de raccommoder ou d'orner les tissus. Les ouvrières qui travaillent dans le linge (tissus de fil ou de coton) sont spécialement nommées » Imgères » ; celles qui confectionnent des vêtements (sole, laine, coton) sont des « couturières ».

Tous les points de couture se divisent en deux catégories : 1* les points usuels; 2" les points d'ornement.

Parmi les points usuels, lo point dei>ant est le plus employé; il sert principalement à assembler deux parties d'étoffe, à coudre les petits plis des lingôres, à faire dos ourlets, etc. Les couturières font plusieurs points devant à la fois sur la mémo aiguillée; c'est ce qu'on appelle points coulés. Le point de côté no diffère du point devant qu'en ce ciu'il est en biais; il donne plus de solidité aux assommages que le point devant. Lo point d'ourlet n'est autre que lo point de côté ; il sert à border les étoffes qui, sans ourlet, s'effilocheraient : après avoir plié une fois l'étoffe, puis l'avoir repliée, on piquo l'aiguille d'un seul mouvement sur l'étoffe, et sous le rempli qu'elle traverscobliquement. he point rtrriércest un point d'assemblaçe: il offre une grande solidité; l'aiguille se piquant toujours on arrière de la sortie du fil, ce point ne laisse aucun intervalle. (V. la figure.) Lo point de piqûre est lo point arrière perlé, c'est-à-dire très fin, très régulier; ii sert k terminer les objets do lingerie ; devant uo chemise, bords de poignets, de cols, etc. Lo point de surjet est aussi un point d'assemblage. Les lingères l'emploient constamment. On pose l'une sur l'autre les doux lisières fou les deux bords repliés de l'étoffe); on pique à la fois los deux lisières ot le fil chevauche, en des points régu- Jîors et serrés, sur le bord do l'étoffe. Lo point de chausaun présente dcujt ligues obliques et inverses, qui se coupent

à chaque extrémité. Ce point se fait do gauche adroite; il est surtout employé dans la conlection des flanelles et des objets de layette. Le point de boutonnière n'a qu'une application, la boutonnière. Une boutonnière se coupe en droit fil ou en biais. Après avoir coupé l'ouverture de la boutonnière, on la coud, c'est-à-dire que : 1" l'on pique l'aiguille à trois ou quatre fils au-dessous de la fente ; 2<» ou pas"se son fil sous la pointe de l'aiguille; Z" on tire l'aiguille en tendant son Iil bien verticalement à la fente, do manière que le fil, introduit sous l'aiguille, forme un nœud sur le bord de la fente. Les lingères terminent leurs boutonnières par deux brides, une à chaque extrémité. Les couturières et les tailleurs arrondissent l'extrémité de la boutonnière qui doit contenir la queue du bouton; ils ter-

tres sur le linge. Ce

minent par une bride l'extrémité opposée. Le poi7it de marque sert à former lettres et chififrc point, qui figure les deux diagonales d'un carré, se fait à fils comptés. Le point de reprise (raccommodage) a pour but de remplacer les fils qui manquent à une étoffe déchirée. Il y a plusieurs genres do reprises, suivant les tissus : la reprise en biais, la reprise tissée ou damassée, la reprise trcillagée.

Cette dernière est la plus usitée.

XtQs point s d'ornement ne sont pas du domaine de la couture proprement dite ; mais ils en dérivent, ils en sont lo complément.

Presque tous les points d'ornement découlent du point de chaînette. Ce point est fort simple: il

Rraye; 832 hab. Pierres dures. A l kilomètre, château de la Poissonnière, où naquit Ronsard.

Couture (La), comm. du Pas-de-Calais, arrond. et à 0 kiiom, do Béthune, sur l'Oisne, affluent do la Lawe ; 1.783 hab. Moulins. Dans l'église, quelques beaux vitraux.

Couture (Guillaume-Martin), architecte français, né à Rouen en 1732, mort à Paris en 1799. II commenra à se faire connaître par de belles constructions, telles que les hôtels de Saxe et de Coislin, le pavillon de Bellevue, à Sèvres, qui lui valurent d'entrer à l'Académie d'architecture en 1773. Au retour d'un voyage en Italie, il fut associé à Constant il'Ivry, chargé d'élever l'égliso do la Madeleine, et continua seul les travaux après la mort de cet architecte, en 1777. Il changea alors les plans de son prédécesseur, mais il mourut lui-même avant d'avoir pu

Point de couture : 1. Point devant; 2. Point arrière; 3. Point piqué; 4. Point de surjet; 5. Point d'ourlet; G. Couture rabattue; 7. Couture double; 8. Point de boutonnière; 9. Point de chausson ; 10. Point de reprise. — Point d'ornement : 11. Point d'épine ou de Paris: 12. Point de Paris double; 13. Point de chaînette; U. Point de cordonnet; la. Point de Paris et grappes ; IG, Bourre de feston; 17. Point de feston, — Point de marque * 18. l*' temps ; 19. 2« temps.

achever son œuvre, et les plans do la Madeleine furent à nouveau modifiés.

Machine h coudre, b. main.

consiste à piquer l'aiguille devant soi et à passer le fil sous l'aiguille afin de former une boucle, puis à tendre le fil droit sur soi. (Se reporter aux figures ci-dessus, qui reproduisent les points couramment employés. La position de l'aiguille donne le moyen de los former.) Le point d'épine est uno sorte de point de cliausson. Quant à la broderie, qui comprend tant de variétés, nous pensons que sa place est, non pas au mot couture, mais à travaux d'agricment. Néanmoins, nous faisons une exception pour le feston si fort employé en lingerie. Le point de feston so fait comme le point de chaînette ; sa réussite dépend surtout do la bourre.

Machines à coudre. La première machine à coudre, imaginée par los Américains Stone et Handerson , date de 1804. Très primitive et peu pratique, elle ne donne que des résultats à peu près nuls. Elle fut remplacée par la mach ine de Thimonnier d'Amplepuis (Rhône), qui l'inventa de toutes pièces en 1825.

Cette machine donnait le point de chaînette ; elle a été depuis constamment perfectionnée.

Les organes principaux et constitutifs d'une machine à coudre (que son fonctionnement ait lieu à la main, à l'aide des pieds ou mécaniquement) se composent, en général, d'une aiguille à crochet ou à œil, douée d'un mouvement vertical de va-et-vient durant lequel elle traverse l'étofl'e à coudre; le second organe est constitué par une autre aiguille, un crochet ou une navette, dont la marche est corrélative de celle de la première aiguille. Enfin, une sorte de grifî'e entraîne latéralement l'étoffe d'une manière progressive entre deux points produits par l'aiguille verticale.

Tout un système do transmission met ces organes en mouvement.

Nous citerons, parmi les macliines à coudre le plus communément employées, celles d'Elias Howo, de Bâcle, do Wilsou, de Singer, de II urtu et Hautin, etc.

Les machines à.

coudre se classent d'après le genre de points (ju'ellcsdonn<mt. On a ainsi :

les machines à point de chaînette à un fil, les machines à point do surjet, les machines à point de navette à doux (Ils, les macliinos à double point do chaînette à doux fils, hrs machines pour cliaussuros, etc.

Couture, comm. de Loir-et-Cher, arrond. et à 32 kil. do Vcudûmc, sur lo Loir, près de sou confluent avec la

Machinu' h coudre, à pi^dale.

Thomas Couture.

Couture (Thomas), peintre français, né à Senlis en 1815, mort à Villiers-le-Bel en 1879. Après la mort de Gros dont il était l'élève, il entra chez P. Delarocbc. Lauréat du prix de Rome (1837), il envoya d'Italie son premier tableau : Jeune Vénitien après une orgie, peinture vigoureuse et brillante. Eu 1841, le Retour des champs^ la Veuve et l'Enfant prodigue captivèrent l'attention. Lorsque parut la Soif de l'or (au musée de Toulouse), le succès se changea en enthousiasme (1845). Deux ans plus tard, en 1847, les Bûi7tai7is de la décadence (musée du Louvre) valurent à l'auteur une médaille de 1" classe.

D'autres très bonnes peintures de lui sont ; le Fauconnier (1855) et le Damoclès (1872).

Entre temps, Couture s'était essayé à la peinture officielle [Baptême du prince impérial)^ et y avait médiocrement réussi.

Les meilleurs morceaux qu'il ait exécutés vers la fin de sa vie sont des portraits (dont les musées du Midi contiennent un certain nombre) et des dessins.

Son crayon de George Sand est une esquisse magistrale. Il a laissé deux ouvrages : Méthode et entretieyis d'atelier (1SG7), et Paysage. Entretiens d'atelier (1869). Son tombeau, au Père-Lachaise, est l'œuvre de Tony Noël et de Barrias.

COUTUREA (r^-a) n. m. Genre de champignons gastéromycètes, vivant en parasites sur les feuilles des oliviers.

COUTURER V. a. Coudre. (Vieux.) il Couvrir de coutures, de cicatrices, en parlant du visage : La petite vérole cou- TURK le visage.

— Par anal. Laisser des marques, des traces éparses : Mur COUTURÉ par l'hutnidité. Manuscrit COTJTVRÈ de ratures.

COUTURERIE (rî) n. f. Métier de couturier. (Vieux.) Il Atelier do couture.

COUTURIER (ï"M'), ÈRE n. Personne qui coud, n Tailleur. (Vieux.) Il Auj. Personne qui confectionne des costumes pour les dames : Costume sortant de chez un grand couturier. — Adjectiv. : Ouvrière codtdrièrk.

COUTURIER (ri-é) u. et adj. m. Se dit d'un muscle do la cuisse.

— Encycl. Le couturier est un long muscle superficiel, qui s'étend de l'épine iliaque antérieure et supérieure à la tubérosité interne de la tôtc du tibia. Il est fléchisseur de la cuisse sur le bassin, et de la jambe sur la cuisse. C'est lui qui entre on jeu pour donner au membre inférieur l'attitude (|ue prend le tailleur pour coudre, d'où son nom de couturier.

Couturier ou COUSTURIER (Pierre) [en lat. Petrus Sntor], théologien fraudais, né à Chéméré-Io-Roy, près do Laval, mort en 1537. Il devint visiteur des chartreux, eut uno violente polcmitiue avec Erasme, et publia entre autres écrits : De ti-anslatione fiibli.r et tiovarum interpretatiomnn reprohatione (1525); Apologia P. Suloris in damnatam Lutheri hxresim de votîs mnnasticis (15;u).

Couturier de Fournoue (Abdon-Roué), jurisconsulte français du xvnr siurio. Procureur du roi au pn'sidial do Guérct, il a publié un Cotnmeutnii'e des coutumes de la province et comté-pairie de la Marche (Clor-

mont-Forrand , ni4-i7l8). — Joseph Couturier de Fournoue, (ils ou novou du priiccdont, nô ;1 (îuôrot on 1740, mort (Ml isoo. Il outra dans la marino et ont, à dixsept ans, lo bras onipurté par un boulot anglais. Le 16 oclobro mo, il soutint contre la llotlo do l'amiral Hydo ParUorun glorioux combat, dont un tal)loau, gravô

fiar ordre du roi ot placé au palais do Vorsaillos, conserva 6 souvouir. Chof do division ou 1788, Couturier l'ut chargé de commander l'escadro envoyée au secours do Tippoo- Sacb. A son retour, eu 171)0, il fut nommé chef d'oscadro.

COUTURIÈRE (corrupt.de cuUurière; do culture) n. f. Nom vulgaire donné souvent à un insecte coléoptéro, lo carabe doré {cai-abus nuratus), commun dans les jardins, ot appelé aus^i jai'dîiiifrc. ne fyenl, vinaigrier.

COUTURIÈRE n. f. Nom vulgaire d'une variétédofauvotto.

COUTY (Louis), médecin français, né en 18r>5, mort à Rio de Janeiro (Brésil) en 1885. Docteur en médecine ot agrégé à vingt-trois ans, il accepta une chaire de biologie industrielle à l'écolo polylcchnitiuo de Rio do Janeiro, où il organisa un laboratoire au Muséum, s'adonna aux études les plus variées, ot fit dos rochorches sur le curare, sur lo venin dos serpents, etc. Parmi ses travaux, nous citerons : Etude expérimentale sur l'entrée de l'air dans les veines et les f)az inti'a-r''asculaires (1876) ; Elude clinique sur les ânesthésies et les hyperesthésies d'origine tnésocéphalique {ISIS) ; la Terminaison des nerfs dans lapeau{l&l&).

COUTZOVLAK(flo"m.7/))sio)i(?»a;)n, m. pi. Sobriquet injuriexLx, donne par les Grecs aux Roumains de la Macédoine.

COUVADE n. f. Action du père qui se couche auprès do l'enfant nouveau-né, comme pour fe couver, et reçoit des soins comme s'il venait d'accouclier.

— En'CYcl. La couvade a existé chez un bon nombre de peuples do Tancienne Kurope (les Ibères, les Celtes, les Thraces, les Scythes, etc.) : Marco Polo on a constaté l'existence en Asie au moyen âge, et elle se retrouvait encore, sous une forme atténuée, chez les Basques il n'y a pas longtemps. Actuellement on en constate l'existence aans l'ile de Marken (Zuyderzée) et dans les provinces baliiques de la Russie, chez diverses peuplades de l'Inde anglaise, et surtout en Amérique. C'est là que la couvade est encore le plus répandue et le plus sévère; chez les Californiens, les Caraïbes et les Guaranis, ou a vu (et parfois ou voit encore, chez les peuplades de la Guyane, par exemple) l'homme rester couché pendant une lune, en prenant dos précautions de diverses sortes, tandis que la femme vaque à ses occupations ordinaires, comme si rien ne l'autorisait à prendre quelque repos. Si le père enfreint l'usage, l'enfant en pâtira, selon la croyance traditionnelle de ces tribus.

COUVAGE n. m. Econ. rur. Syn. de couvaison.

COUVAIN {vin — rad. couver) n. m. Œufs d'insectes: Du COUVAIN d'abeilles, de fouj^nis, de punaises. Il Rayon do cire qui no contient que des œufs ou des larves d'abeilles. Il Eaux couvain. Couvain dont les larves sont mortes.

— Encycl. Apic. Le couvain se trouve placé sur les rayons les plus proches do l'entrée et présente une forme ovoïde. La roine commence sa ponte au centre. Au bout

Coupe théoriqui-' du nid à couvain. Fragment de rayon montrant le couvain à divers (.Hats Afi développement : A, la femelle a commencé par pondre au centre. — U, C, a, couvain âgt> ; j, couvain Jeune ; v, cellules où le couvala est écloa.

d'un certain temps, le couvain lo plus ancien ayant éclos, les ouvrières nettoient les cellules pour permettre à la reine d'y pondre à nouveau. Il se produit ainsi un nouveau nid à couvain, inscrit dans lo premier. Lo crjuvain do l'abeille femelle demande !■> à IC jours pour se développer, depuis la ponte de l'œuf jusqu'à l'état d'adulte; celui do l'ouvrière, 21 jours, et celui du mâle, 24. Los cellules à couvain sont operculées au moment de la nymphose. L'aspect du couvain sert à reconnaître l'état do la colonie. Compact ou en couronne, c'est l'indico d'une ponto régulière et continue; éparpillé, il indique une mauvaise mère ou une ruche atteinte de la loque. Une colonio orpheline se reconnaît à la présonc^o do couvains de mâles dans les cellules d'ouvrières. Lo couvain est attaqué par la loque, et aussi par une maladie que l'on appelle la dessiccation du couvain.

COUVAISON {vù-zon) n. f. Action do couver : L'époque de ta COUVAISON, n On dit aussi couvagk, ot quelquefois

COUVEaiB.

COUVE n. f. Econ. rur. Dans lo Sud-Est, Poulo qui couve ses œufs.

— Bot. Nom vulgaire du pin combro.

COUVÉE {yè) n. f. Œufs couvés onsomblo : Un œuf cassé peut vicier toute la cocvkk. h Oiseaux nés d'une môme couvée : La perdrix attire sur elle-même l'attention du chasseur, pour préserver du péril sa précieuse couvkiî. (X. Marmier.) n Action do faire couver un oiseau do bassecour : Faire une couvkk.

— Poétiq. oufam. Famille, enfants : Une maman et sa couvKii. Il Race, engeance, collection do gens.

COUVENT {van — du lat. cnnventus, assemblée; d'oil conveut, puis couvent) n. m. Maison do religieux ou do religieuses : lîàtir un couvknt. il Ensemble des religiou.\ ou religieuses qui l'habitent : Assembler te couvknt.

— Par ext. Pensionnat do jeunes lilies, tenu par des religieuses : Etre élevée au couvknt.

— Par anal. Réunion do personnes astreintes à des règles ot vivant en commun : Les régiments sont des couvents nomades. (A. do Vigny.)

— Pop. Maison do tolérance.

— Portier du rnuvrnt, l'énittînco d'action qui s'impose quelquefois dans les jimix â ga;^es.

— iSvN. Couvent, cloître, monuHtôre. V. cloÎtkk.

— IOncy* I,. Los couvents eurunt pour première patrie l'Orient. Dès lo ii* siècle, dos chrétiens so retirèrent dans

les solitudes do la Thébaïdo et du mont Cassius, près d'Antiocho, pour s'y livrer à la vie ascétique. Le nombre do ces solitaires ayant augmenté, le hotioin d'une direction communo donna naissanco aux laui-es, puis aux eénobies. Les lauros, sortes de cabanes séparées, formaient dos espùcos de colonies, sous la direction d'un aljbé. Les céuobios étaient do grandes maisons dans lesquelles les ascètes menaient la vie commune, rassemblés sous un mémo toit et un même supérieur. Le monachisme se développant, la laure ot la cônobie s'unirent. Les ascètes restaient cinq jours de la semaine dans leurs cabanes; le samedi ot lo dimanche, ils se réunissaient dans l'église pour l'oflice, et dans la cénobie pour le repas commun. Telle fut la vie religieuse, tant que domina la règle de saint Hacômo. Saint Basile lui donna une législation plus précise : les grandes cénol)ies, ou couvents, élevées désormais dans les villes, devinrent la résidence habituelle de l'évèque, qui aujourd'hui mémo, dans l'église grecque orthodoxe, appartient toujours au clergé régulier. Cependant, l'ancienne forme de la vie monastique subsiste encore en Orient.

D'Orient, le monachisme passa en Occident. Vulgarisé par saint Athanase, saint Eusèbo do Vorceil, saint Ambroise et surtout saint Augustin, il fut détinitivement constitué, au VI* siècle, par saint Benoît de Nurcie. La règle de saint Benoît se répandit avec une rapidité prodigieuse et fut la seule pratiquée pendant plusieurs siècles. A la lin du xii" et au xiii" siècle, des besoins nouveaux suscitèrent la création des ordres mendiants : dominicains, franciscains, augustins, carmes. Chacune des maisons religieuses ou coiitîe»;* renfermait nécessairement : 1" l'église et le chœur, où les religieux chantaient l'office ; 2" lo chapitre, salle de réunion commune; 3" les cellules; 4" le réfectoire commun; 5" la bibliot/ièque ; 6" l'infirmerie ; 7* le parloir pour les relations avec les étrangers ; S" le cloître; 9" le caveau des morts ou la sépulture commune.

Les ordres de femmes se développèrent parallèlement aux ordres d'hommes. Après les grands monastères de bénédictines, il y eut de nombreux couvents de dominicaines, de franciscaines, d'augustines, de carmélites et aussi de chanoinesses, le plus souvent composés de jeunes lilles de la noblesse, qui venaient y faire leur éducation.

Les couvents ont été souvent l'objet de la législation ecclésiastique. La plus importante de ces lois est celle de la clôture, qui sépare le couvent du monde par la prohibition ou la restriction du commerce avec le dehors. Dans les couvents d'hommes, la clôture consiste surtout dans la défense de laisser pénétrer des femmes dans l'intérieur des bâtiments claustraux. Elle est plus rigoureuse pour les couvents de femmes. Elle comprend l'interdiction faite à toute religieuse de jamais quitter son couvent, sauf les cas de nécessité, tels que guerre ou épidémie, et les besoins de l'ordre, comme la fondation d'une nouvelle maison. L'interdiction, pour les séculiers, d'entrer dans les couvents de femmes est rigoureuse; les rois et les bienfaiteurs des couvents eurent souvent, à cet égard, des privilèges qui, parfois même, dégénérèrent en abus. Les ordres et les congrégations de fondation relativement récente ne sont presque partout soumis qu'à la demi-clôture, qui permet aux religieuses de recevoir des^'isites dans un parloir, et aux personnes du dehors d'entrer dans le couvent ot même d'y séjourner.

Sous l'ancien régime, l'autorité civile sanctionnait les lois ecclésiastiques, qui regardaient la vie claustrale, et veillait à leur exécution. La Réforme ferma tous les couvents dans les pays où elle triompha. En France, ils furent tous supprimés par la Révolution. Rouverts depuis et rétablis en grand nombre, la loi les ignore; car aucune des dispositions législatives qui, dans le Code civil, déclarent nuls les vœux perpétuels, n'a été abrogée.

— ('ouvents bouddhiques (en sanscrit vihàrn et sanghârdma). Une des quatre règles imposées par Çâkya-mouni était do « n'avoir pour demeure que les racines des arbres ». Un pieux disciple laïque, Anâthapindada, ému des soulTrances qu'enduraient les bhikcbous pendant la saison des pluies, construisit dans le jardin de Djétavana un bâtiment pour les abriter, et fit décréter parle Uouddba qu'ils y passeraient la saison de Vn^rt. Bientôt après, il y eut "des vihâras dans toutes les villes où fréquentaient les bhikchous. De très bonne heure, peut-ôtro dès lo ni* siècle avant notre ôre, la ])lupart des couvents bouddhiques sont devenus des centres importants de science ot d'instruction ; quelque chose d'inlormédiairo entre les séminaires et les universités.

A partir do la même époque, les brahmanes çlvaïtos et les djains ont imité les uouddhistes ot fondé dans l'Inde des monastères d'instruction, dont (iu<d(iues-uns existent encore aujourd'hui. Les premiers ont donné à. leurs couvents lo nom de çiva-âthinam; ceux des seconds so nomment vidjjdsthànas.

COUVER (du lat. cubare, être couché) v. a. Se tenir sur des <eufs pour les échaulTor ot les faire écloro : Les poules couvent assez volontiers des œufs de cane, — Absol. : Poule qui demande à couver.

— Par ext. Faire naître, il Avoir on soi à l'état latent : CouvKR une maladie.

— Fig. Nourrir, entretenir, préparer, développer secrètement : La réflexion couvu tes idées. ( Alibert.) Il Couver des yeux, du regard ou simplement Couver, Regarder passionnément.

— V. n. Etre entretenu, nourri, préparé sourdement; exister ou secret : Haines, Vengeances qui couviînt.

— Fig. Eeu qui couve sous la cendre. Passions qui no so montrent pas encore, mais qui so développent sourdement ot Uniront par éclater.

Se couver, v. pr. Etre couvé, ii Fig. Etre préparé on socrot.

GOUVERCEAU {vèr'-so — du lat. cooperculum, couvercle) n. m. Couverture.

(Vx.) Il Etoffe servant à couvrir dos meubles, ii Planche servant do couvercle ù. uno misule do moulin. (On dit

aussi COUVKRSKAU.)

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