CRACHEUR — CRAIG
Ne pas cracher sur tes bons morceaux, il Cracher sur quelqu'un, au visage, au nez de quelqu'un, L'outrager, l'insulter, il Cracher contre le ciel. Blasphémer, il Cracher au bassin, au bassinet. Donner de l'argent à contre-cœur. (Allusion à celui auquel on vient d'arracher une dent, et qui, après force grimaces, crache dans le bassin.)
— Loc. prov. : // a crache en l'air et son crachat lui est retombé sur le nez ou simplement 11 a craché en l'air. Il a lait contre quelqu'un une démarche qui u'a réussi que contre lui-même.
Craché, ée part. pass. du v. Cracher.
— Pop. Tout craché ou simplement Craché, Tout à fait ressemblant : Etre leportrait craché de gnetqu'wi.
Se cracher, v. pr. Cracher l'un contre l'autre : Se cracher au visage dans une querelle.
CRACHEUR, EUSE n. Personne qui crache beaucoup.
CRACHOIR {cko-ar') n. m. Sorte de récipient ou de boîte munie ou non de couvercle, remplie de sciure de bois, et que cert^ns tiennent dans les appartements pour y cracher.
— Pop. Jouer du crachoir et plus souvent Tenir le crachoir. Parler longtemps, pérorer. Crachoir.
— Nom, au xvm" siècle, de loges
de rOpéra situées du côté de la reine, au rez-de-chaussée.
CRACHOTEMENT {man) n. m. Action de crachoter; disposition à crachoter.
CRACHOTER V. n. Cracher fréquemment une petite quantité de salive, il Cracher, en parlant d'une plume.
CRAdNÉS {si) n. m. pi. Tribu d'oiseaux gallinacés, famille des pénélopidés, comprenant les hoccos et les pauxis.
— Un CRACLNÊ.
CRACK (A-raft' ~ mot angl. qui signifie fanfaron) n. m. En T. de turf. Poulain préféré d'une écurie de courses ; celui sur lequel on fonde le plus d'espérances. Il Par ext., on donne quelquefois cette qualification aux grands coureurs cyclistes.
GracO, comm. d'Italie (prov. de Potenza), près de la Salandrella, tributaire du golfe de Tarente ; 2.000 hab.
CraCOVIE (en polon. Krako^w), ville de l'Austro- Hongrie, simple chef-lieu de cercle, après avoir été la capitale d'un grand royaume, sur la Vistule; 75.000 hab. {Cracoviens, ennes), dont environ 20.000 juifs.
Industrie assez modeste. Université fondée en 1361 par Casimir le Grand, et où concoururent, dit-on, jusqu'à 15.000 étudiants, grâce à quoi Cracovie devint l'une des métropoles intellectuelles de l'Europe centrale. Aujourd'hui, ses facultés n'attirent plus que 1.200 à 1.400 élèves. On leur a consacré un beau monument de style gotliique, élevé de 1881 à 1887, et où de grandes salles enferment les 300.000 volumes et les 6.000 manuscrits de la « Bibliothèque des Jagellons ».
De loin, Cracovie a un aspect imposant, avec ses tours, ses églises, son château royal où « palpita " l'âme de la Pologne, et qui a si
frande mine au haut de sa colline e Wawel ; mais, à l'intérieur, c'est une ville médiocre, mal percée.
Le château royal, aussi vieux que la ville et plusieurs fois rebâti, date, tel quel, de 1536. A côté, la cathédrale, très ancienne et do plusieurs styles, renferme les tombeaux des rois de Pologne (de 1163 à 1733), notamment celui de Sobieski, et aussi ceux do Poniatowski et de Kosciusko, le héros national. Le g^and Copernic repose dans l'église de Sainte- Anne. Les vieilles murailles de l'enceinte ont fait place à de larges boulevards. Citons aussi la halle aux draps, édifice construit au xrv* siècle, servant aujourd'hui de musée. Cracovie se développa lentement autour d'une forteresse, qui devint, avec le temps, un château royal. Prise tour à tour par les
Armes de Cracovie.
La halle aux draps, h Cracovie.
Tchèques, par les Hongrois, par les Tatars, mais toujours reprise et restaurée, elle atteignit le comble de sa splendeur sous Casimir le Grand et Sig^ismond I".
— Aller à Cracovie (locution qui a son origine dans lo rapport do prononciation qui existe ontro Cracovie et les mots craque, craquer, craqueur), Mentir, craquer: Avoir ses lettres de Cracovie, Etre reconnu ot proclamé monteur.
— Arbre de Cracovie, Nom que l'on donnait autrefois à un arbre situé dans lo jardin du Palais-Hoyal, â Paris, Â cause des mensonges débités sous son ombrage par les nouvellistes qui s'y donnaient rondcz-vous pendant les troubles de la Pologne.
Cracovie (bataii.lb de). Cette bataille eut Heu lo 13 juillet 1702, dans la plaine de Clissau, près de Cracovie, entre Auguste, roi do Pologne, qui commandait â 24.000 hommes, et le roi de Suède, Charles XII, qui en avait moitié moins. Celui-ci n'en remporta pas moins une victoire complète, qui lui ouvrit les portes de la capitale polonaise quelques semaines après.
Cracovie (si^.ge dk). Après le partage de la Pologne. une conspiration formidable s'organisa contre les Russes de Souvarov, qui occupaient la ville; les conjurés parvinrent à s'emparer du château. Souvarov les assiégea immédiatement. Les Polonais faisaient do continuelle'^
sorties de jour et do nuit; elles furent repoussées; une nombreuse cavalerie accourut â leur secours : Souvarov la fit charger et tailler en pièces par ses Cosaques. Finalement, il obligea la garnison â capituler en la prenant par la famine (15 avr. 1772).
CRACO VIENNE [vi-èn') OU CRACOWIAK n. f. Sorte de danse polonaise.
— Enctcl. La craco\ï'iak, appelée en France cracovienne, diffère essentiellement, comme rythme dansant ou musical, de la polonaise ou mazurek. La cracewiak se danse par couples; elle est très répandue dans les palatinais de la Grande-Pologne. Au bal, les danseurs s'arrêtent après avoir fait le tour de la salle, et le cavalier du premier rang chante un couplet à la louange de sa danseuse.
L'air de la cracowiak est à deux-quatre, d'un caractère vif et gai. Un grand nombre de compositeurs polonais s'y sont distingués. Dobrzynski, qui fut le condisciple de Chopin, en a écrit beaucoup, de même que Moniuszko, Oscar kolberg, François Mireçki et autres. Chopin lui-même a composé, sous le titre de Cracowiak, un superbe rondo de concert avec orchestre. Il y a aussi beaucoup de cracowiaks pour le chant, et Mireçki en a publié tout un recueil sur des poésies de Goreçki. Moniuszko a fait de même, et voici le texte musical, très caractéristique, d'une de ses cracowiaks chantées :
Cracovienne, de Moniuazko.
CRACOVISTE {visst') n. m. Nom que l'on donnait aux nouvellistes qui se réunissaient sous Varbre de Cracovie.
CRACQUE [krak') n. f. Winér. Fente qui se produit dans les filons d'une mine en exploitation.
— Agric. Espèce do vesce.
CRACRA ou CRA-CRA n. m. Ornith. Nom vulgaire de la rousserole.
— Econ. rur. Nom vulgaire du fruit de l'arbousier.
ÇRÂDDHA (neutre). Dans l'Inde, Offrande en l'honneur des morts, et Cérémonie où se fait cette offrande.
— Encycl. Ce sacrifice, le plus primitif des rits conserves de l'époque védique, a pris trois formes distinctes : i*» le çrâddha quotidien, accompli chaque matin, après le sacrifice obligatoire nommé sandhyà, pour obtenir la protection des pitris ou mânes (ancêtres en général), consistant en offrandes de riz cuit, de fruits, de lait et d'eau et se bornant, le plus souvent, à une simple libation d'eau; 2" lo çrâddha mensuel, célébré par olïrande de gâteaux de riz, appelés pindas; 3° le çrâddha funéraire, qui se fait à l'issue des funérailles, et se renouvelle tous les mois, puis tous les ans. En outre des offrandes aux morts, le çrâddha mensuel et le çrâddha funéraire comportent un repas luxueux offert aux brahmanes, avec accompagnement de dons de bestiaux, de vêtements, de bijoux, d'argent, etc. Sont exclus des çrâddhas, notamment, les brahmanes ignorants ou indignes, les infirmes, les impies, le mari ou le fils d'une veuve remariée, les médecins, les navigateurs, les joueurs, les usuriers, les danseurs, etc.
CRADEAU {do) n. m. Nom vulgaire de la sardine, sur certains points du littoral français.
CRADÉPHORIES {rî — du gr. kradc. branche de figuier, etphoros, qui porte) n. f. pi. Antiq, gr. Fêtes expiatoires durant lesquelles ou portait des branches de figuier.
— ENXYcr,. Il y avait dans ces fêtes deux victimes expiatoires : l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. L'expiation se faisait en souvenir d'un vol des vases sacrés fait par un certain Pharmakos, qui avait donné son nom aux victimes (?afu,axoi). Celles-ci portaient des colliers de figues sèches, et on les frappait pendant la marche avec des branches de figuier sauvage.
CRADIAS {di-ass — dngv. Araf/^, branche de figuier) n. m. Antiq. gr. Air que l'on jouait pendant les cradéphories. Il Marche des victimes expiatoires, dans les tragédies.
Gradley, village d'Angleterre (comté de Worcester) ; 5.500 hab. Mines de fer et do houille.
Cradock, division de l'Afrique australe (colonie du Cap); 15.000 hab-, sur 7.700 kil. carr. Ch.-l. Cradock, snr la Great Fish River (4.390 hab.) ; grand marché de laines.
CRADOT {do) n. m. En T. de pêch., Nom vulgaire do la jeune brème.
CraesbeecK (Joos van), peintre flamand, né à Neerlinter, près Tirlemont (Brabant), vers 1606, mort vers 1662. On sait pou de chose sur sa vie, sinon qu'il quitta son village de bonne heure, acquit à Anvers le droit de bourgeoisie en 1631, et s'y établit aussitôt comme boulanger. Le point lo plus certain et le plus intéressant de sa carrière d'artiste, c'est au'il se lia, à Anvers, avec Adrien Brauwer, qui venait, à la même époque, de se faire inscrire â Saint-Luc. Adrien fit-il l'éducation artistique de son ami ? Il est probable qu'il la compléta ; en tout cas, les sujets qu'ils ont traités sont les mêmes ; ivrognes, buveurs, scènes do tabagie et de corps do garde. Au reste, Brauwer laisse bien loin derrière lui son ami. Craesbeeck n'est point si puissant, ni si lumineux. Son faire est plutôt sec et vulgaire. La meilleure do ses productions est Craesbeeck peignant un groupe. Le Louvre possède aussi un Atelier de Craesbeeck, cjui est une œuvre très intéressante. Quant à son Portraitiste, du même musée, c'est, en réalité, un Brauwer. On trouve des Craesbeeck encore â Munich, au musée de l'Ermitage, â Berlin, Anvers, et à Bruxelles.
Graeyer (Gaspard de), peintre flamand. V. Craykh.
CRAFE (orig. german.) n. f. Ecaillo, crasse. (Vieux.) — En T. d'exploit, des carrières, Banc de pierre qu'on
rencontre, dans l'exploitation d'une ardoisière, intercalé entre les roches schisteuses et gênant l'exploitation.
CRAFORDIE {dî) n. f. Genre de papilionacées.
CrAFTY (Victor Geruzez, connu sous le pseudonyme de), dessinateur et littérateur français, né à Paris en 1840. Fils du professeur Eugène Gcruzez, il étudia la peinture dans l'atelier de Gleyre et il exposa des aquarelles aux Salons de 1877, 1878 et 1880, sous lo pseudonyme de Victor Crafty. c'est un humoriste qui s'est fait du cheval une spécialité ; Paris à cheval (1882) ; la Province à cheval {i^èi). On doit encore â Crafty le texte et les dessins d'un grand nombre de spirituels albums. II est illustrateur du» Journal amusant», du «Journal pour rire», etc.
CRAG {kragh' — de l'angl. krag, pierre, mot d'orig. celt.) n. m. Sables ou calcaires coquilliers, ajjpartenant à différents niveaux des séries miocène et pliocène.
CrAGALEUS. Myth. gr. Héros phocidicn, ancêtre des Cragalides de Cirrha. Il était fils de Dryops. Pris pour arbitre dans la contestation survenue entre Apollon, Atlxénaet Hêraklès, au sujet de la possession d'Ambracie, il décida en faveur d'Héraclès. Apollon, irrité, le changea en roclier.
Gragos. Myth. gr. Fils de Trérailos et de la nymphe Praxidice. Il donna son nom au mont Cragos, en Lycie.
CRAI {krè)-a. m. Mot par lequel on désigne, dans laCôtod Or, un gravier calcaire.
CRAIE {krè— du lat. creta, même sens) n. f. Carbonate de chaux friable, que l'on emploie â divers usages : Dessiner à la craie. Ecrire avec de la craie sur un tableau noir.
— Fig. Marquer à la craie. Noter comme une chose rare et exceptionnelle : Marquer à la craie une visite.
— Coût. Pour à la craie ou simplement Craie, Marque que le maréchal des logis faisait autrefois sur une maison, pour la désigner comme logement ; la maison même ; l'obligation que cette marque indiquait : Mettre le rouB k LA CRAIE sur une porte. Etre logé à la craie.
— Fauconn. Maladie des oiseaux de proie. (Syn. pierre.) Il On dit aussi croie.
— Géol. Craie à bélemnilelles, Nom par lequel on désigne la partie supérieure de la craie blanche du bassin de Paris. (La craie à bélemnitelles est caractérisée par la présence de la belemnilella mucronata et de la belemnitella quadrata. On la trouve à Meudon, Compiègne, Reims, Epernay.) Il Craie de Briançon, Silicate naturel do magnésie; sorte de talc d'un blanc laiteux. Variété de stéatite.
Il Craie blanche. On désigne ainsi une des divisions du .système crétacé supérieur ou supracrétacé. (D'Orbigny a distingué ce terrain sous le nom de sénonien; mais, étant donnée son importance, de Lapparent l'a divisé en deux étages ; le sénonien inférieur qu'il a nommé emschérien, et le sénonien supérieur, qu'il appelle atnrien. Le premier a été divisé en deux sous-étages : le con^acien, qui repose directement sur l'étage turonien, et le santonien. Le second comprend à son tour les sous-étages campanien à la base et maëslrichtien â la partie supérieure.) Il Craie chloritée. Nom sous lequel Brongniart désignait le cénomanien de Normandie, à l'époque où les grains verts de glauconie, contenus dans cette roche, étaient considérés comme grains de chlorite. il Craie glauconieuse. Nom par lequel ou désigne l'étage cénomanien de Normandie. (Il a été successivement appelé craie chloritée par Brongniart, puis craie de Rouen, et enfin étage rotomagien par Coquand. Cette craie est caractérisée par l'abondance de grains formés par un silicate hydraté de fer et de potasse, connu sous le nom de glauconiu.) n Craie lacustre ou Blanc des lacs. Dépôt blanchâtre dont la présence a été reconnue au fond d'un certain nombre de lacs suisses. (Les particules de ce dépôt ont une structure cristalline. Il résulte évidemment do la précipitation chimique du carbonate de chaux en suspension.)
Il Craie marneuse. Une des divisions du système crétacé supérieur ou supracrétacé du bassin de Paris. (Ce niveau est placé dans le sous-étage anyoumien ou turonien supérieur.) Il Craie tuffeau ou Craie micacée. Roche jaunâtre, parsemée de paillettes de mica. (Durcissant â l'air, elle fournit une excellente pierre à bâtir. On la trouve en Touraine, dans l'étage turonien.)
— Encycl. Miner. La craie est presque toujours blanche; cependant, dans quelques cas, elle est grise ou jaunâtre; elle est, en outre, friable et traçante; sa densité est égale à 2,31. Elle se laisse rayer avec l'ongle, et happe xm peu à la langue. La craie ne se rencontre (jue dans les terrains secondaires; on l'y trouve en bancs épais, en masses considérables. La craie blanche est formée d'une véritable accumulation do débris microscopiques de protozoaires et de microphytes. Foraminifères, diatomées, coccolithes y abondent, avec des débris d'animaux plus gros. Cette roche constitue un dépôt do mer profonde, qui se continue au fond des mers actuelles. Elle renferme du sulfure de fer globuleux et des silex ordinairement noirs, quelquefois blonds, en forme de rognons irréguliers et tubercules. Ces silex sont disposés en lits ininterrompus, parallèles et assez multipliés. Leur présence paraît être le résultat d'une concentration moléculaire do la silice répandue dans la masse do la roche.