CRÉDITS
— Comptab. et comm. Avoir d'un compte, par opposition au débit, (^ui on est le doit. (Eu comptabilité à partie double, lo crédit porté ù, un compte a toujours pour contrepartie un clébit de mômo somme, porté au débit d'un ou de plusieurs autres comptes. i il Ouvrir un crédit. Autoriser un débiteur à vous emprunter ou à vous acheter à terme, pour une somme généralement déterminée et moyonnant certaines conditions. — Autoriser une personne h prendre dos fonds chez votre banquier, il Lettre de crédit. Ordre remis au porteur, pour dos correspondants désignés, d'avoir à verser ù co dernier une somme iléterminéo.
— Dr. anc. Espôco d'affirmation faite par le défendeur, après que lo demandeur avait, do son côté, affirmé sa domaudo.
— Dr.dosgous. Lettres de crédit, Lettres d'un ohofd'Ktat
accréditant un agent diplomatique auprès il'un autre chef d'Ktat. Syn. i.i'rrRiis dis cruancl:.
— Féo"d. Oruit de crédit. V. droit.
— Polit, et adniin. Autorisation do dépense a<;cordée par les autorités qui établ'issont, votent ou règlent les budgets. Il Crédits, Sommes allouées pour une dépense.
— J>oc. div. : Avoir crédit en han-jue, Ktre porté comme créancier sur les livres d'une bamiue. il Faire crédit, Vendre sans exiger actuellomoiit lo payement, il Faire crédit de, Accorder : Faire cui;uit dh son attention, um. sa bienveillance. — Pardonner, excuser : On fait crédit de tous leurs caprices aux jolies fernmes. ii Prêter son crédit, S'engager pour quehiu'un, répoudre de sa solvabilité, lui prêter sou nom on vue d'un emprunt, il Mettre en crédit. Mettre en vogue, faire adopter : Mettre une mode l:n cr[^:dit.
— Prov. Gt Loc. PROV.: Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué, Personne ne fait jdus crédit, parce qu'on est trop souvent trompé par des débiteurs do mauvaise foi. Il Faire crédit de la main à la bourse, Ne vendre qu'au comptant, ne faire aucun crédit.
— A crédit, loc. adv. Sans exiger, ou sans faire de payement immédiat : Vendre, Acheter k crédit. Il Fig. Inutilement, en vain, sans profit, il Sans preuve, sans fondement : Avancer quelque chose À crkdit. (Acad.)
— Pop. Faire un enfant à crédit. Se dit d'une femme qui a un enfant avant d'être mariée. Il Prendi'e â crédit un yjrtin sur /a /o«r«^ej Mémo sens, mais en parlant d'un homme.
— Encycl. Fin. Le crédit, envisagé comme faculté do trouver des prêteurs, est commercial, public, mobilier, foncier, agricole ou 7nariti7ne.
Le crédit commercial préside aux transactions commerciales ou industrielles. Les instruments sont : le billet à ordre, la lettre de chanrje et le billet de banque, lequel est un billet à vue, substituant à un crédit particulier et limité un crédit général, considérable, celui de la banque qui l'a émis, et constituant une monnaie de papier ayant vertu libératoire.
Le crédit public n'est autre chose que le crédit de l'Etat. Il est la mesure de la confiance que les capitalistes accordent au Trésor public lorsqu'il emprunte pour ses besoins. C'est dire quil varie suivant les pays, les circonstances, et parfois suivant le taux de l'intérêt servi.
Le crédit mobilier est celui qui procède de prêts sur dépôts do valeurs mobilières. Il est, dans cette dernière forme, une création des frères Pereire. La pensée en est née, vers le milieu de ce siècle, de l'insuffisance des moyens de crédit offerts à l'organisation des grandes affaires du pays, de l'isolement où étaient réduites les forces financières, de l'abscnco d'un centre assez puissant pour les relier entre elles. Elle prit corps, en 1853. par la constitution, au capital de 60 millions do francs, de la Société générale de crédit mobilier.
En fait, la Société générale de crédit mobilier fut, à la fois, une société commanditaire de l'industrie, une société financière, une banque de placement, de prêt et d'emprunt, une banque d'émission. Fould l'appela, avant qu'elle fût autorisée, une « vaste maison de jou ». Elle a eu, d'ailleurs, les fortunes les plus diverses. Ses actions atteignirent un taux élevé. Elle a été reconstituée le 1 1 décembre 1871. Son capital a été abaissé à 30 millions de francs.
Le crédit foncier est celui qui est fait à la propriété immobilière, terres et constructions, moyennant le consentement, par l'emprunteur, d'une hypotîiôque en faveur du prêteur. Pour faciliter, en France, les opérations d'emprunts sur immeubles, il a été créé, en 1852, une grande banque spéciale dite Crédit foncier, qui jouit de larges privilèges et qui a des succursales dans tous les départements. Lo gouverneur et les deux sous-gouverneurs en sont nommés par l'Etat. Le capital social est actuellement de no. 500. 000 francs, divisés en 341.000 actions do 500 francs, et il pourras'élever jusqu'à SOOmillionsdofrancs. Cette banque faitdeuxsortesdo prêts bien distincts et amortissables par annuités : i» les prêts fonciers, pour lesquels elle émet dans lo public des obligations foncières; 2° les prêts aux départements, communes et établissements publics, pour les<iuols ollo émet des obligations communales. En résumé, ollo est l'intermédiaire entre les prêteurs capitalistes qui souscrivent ses obligations d'une part, et les emprunteurs hypothécaires et les communes d autre part. Les obligations foncières et coramunafes sont insaississables, comme les rentes sur l'Etat.
Le crédit agricole, destiné à venir on aide à l'agriculture, organise en Allemagne par les associations coopératives ot régionales Kaifi'oison ; en Holgiquo, par la loi du 20 décembre 1883; en Italie parcelle de 1887, aété tenté, en 1860, en Franco, au moyen d une banque filiale du Crédit foncier, appelée Crédit agricole, au capital do 20, puis de 40 millions de francs, qui se lanea dans des spéculations et dut liquider quand lo gouvernement égyptien, auquel elle avait prêté ICS millions, suspendit sospaycmcnts. Cetéiablissoment disparu, la Bantiuo de France aida directement au dévoloppemont du crédit agricole, en organisant, au profit des agriculteurs de la Nièvre, un système d'opérations consistant dans l'escompte do billets ù. ordre que trois agriculteurs se souscrivaient réciproquomont ou qu'ils souscrivaient ù. dos banquiers locaux, ot dont lo renouvellement permettait do satisfaire aux nécessités de l'industrie do Vengraissoment, dite «embouche », principale branche do l'agriculture iiivernaiso. Ces négociations n'ayant donné lieu à. aucun protêt, la Banque les étendit dans sept autres départements. Elles se trouvent partiellement sanctionnées par la loi do 1897 sur lo ronouvelloment du privilège do la Banque do Franco, qui a formellomout autorisé colle-ci il escompter lo papier dos syndicats agricoles, ot qui a fait réserver et porter à un compte spécial du Trésor, jusqu'à co qu'une loi ait établi les conditions de création et do fonctionnement d'un ou do plusieurs établissements do crédit agricole, les sommes vorsées par la Banque ù. titro do redevances prévues par l'article 5.
La loi de 181)4 sur los sociétés do crédit agricole a lié leur création à celle dos syndicats agricoles, pour éviter Jo retour aux anciens orro'monts. Los personnes admises ù fonder ces sociétés sont, à, l'exclusion de toutes autres, les agriculteurs faisant partie d'un syndicat professionnel agricole. Los bénéficiaires exclusifs do leurs opérations hont los agriculteurs syndicpiés ou los syndicats euxmêmes. Ces sociétés peuvent être créées, suivant los formes dos sociétés commerciales ordinaires ou sans capital, par la simple garantie solidaire de leurs membres, co qui leur donne uno ph^ysionomie particulière. Leurs ressources sont alors réairséos au moyen de fonds de dépêt» ou d'em-
prunts. Elles sont exonérées de la patente et do l'impôt sur los valeurs mobilières.
Lo crédit maritiine, destiné à venir en aido à la marine marchande, se limitait autrefois à la négociation dos connaissements ot au prêt ou contrat à la grosso aventure. La loi de 1871 y a ajouté un élément important, eu autorisant l'hypothèque maritime. Mais, en subrogeant de plein droit le créancier hypotliécaire au bénéfice do l'assurance en cas de perte du navire, elle exposait les compagnies ù. payer à 1 armateur ot au créancier. La loi du 8 mai 1883 a eu pour objet d'empêcher cette éventualité, de réprimer les fraudes et de donner au crédit maritime un nouvel essor.
— Crédit luomiais. C'est le nom donné à un établissement de crédit fondé à Lyon, lo G juillet 18C3, au capital de 20 raillions de francs, porté successivement, par délibérations diverses, à 50, 75, lOO, puis 200 miUions do francs, celui-ci divisé en 400.000 actions de 500 francs entièrement libérées. Il se distingua, au début, des autres établissements de crédit en favorisant le développement de l'industrie de la région lyonnaise. Il se distingue, aujourd'hui, par l'universalité de ses opérations. Il elfectue, en effet, toutes les opérations de banque proprement dites : escompte dos etîets do commerce, avances, payements, recouvrements, souscriptions aux émissions, comptes courants, garde de litres, soumission de tous emprunts, achat et vente d'immeubles, etc. Son siège social est à Lyon. Il a des succursales à Paris, en province, à. l'étranger. Son pacte social expire le 25 avril 1922. U est administré par un conseil composé de dix à quinze membres, renouvelables par cinquième chaque année, et propriétaires chacun de 300 actions au moins.
— Polit, et admin. Les crédits pour les dépenses générales sont votés par les Chambres. Le ministre des finances no peut autoriser des payements qui excèdent les crédits ouverts àchaque ministère, et les ministres ne peuvent dépenser au delà des crédits à eux alloués. Ces crédits sont : Oï'rfîîmi'res, lorsqu'ils s'appliquent à des dépenses permanentes; extraordinaires, lorsqu'ils s'appliquent à des dépenses urgentes et imprévues; supplémentaires, lorsqu'ils s'appliquent à dos services prévus au budget, mais insuffisamment dotés. En cas de prorogation des Chambres, des crédits supplémentaires et extraordinaires peuvent être ouverts par des décrets rendus en conseil d Etat, après avoir été délibérés et approuvés en conseil des ministres, mais à la condition que ces décrets soient soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion (loi du 16 sept. 1871).
Les crédits destinés à faire face aux dépenses départementales sont votés par les conseils généraux, qui délibèrent sur le budget départemental présenté par le préfet et réglé par décret.
Les crédits communaux sont votés par les conseils municipaux, qui votent le budget présenté par le maire et réglé par le préfet, ou, pour les budgets supérieurs à 3 millions de francs, par décret. Los commissions des hospices ou bureaux de bienfaisance, les conseils de fabrique votent les crédits hospitaliers ou fabriciens.
Les crédits sont ouverts pour l'exercice qui donne son millésime au budget. Ceux qui n'ont pas été employés sont annulés.
CRÉDITER v. a. Inscrire au crédit : Créditer une somme à quelqu'un. Créditkr quelqu'un d'une somme, n Autoriser à. prendre une somme chez un banquier, un négociant ou toute autre personne : Créditer un commissionnaire chez un banquier.
— Encycl. Créditer un compte, c'est y porter un crédit; plus explicitement, c'est inscrire à l'Avoir, ou côté droit de co compte, la remise d'argent, d'etfets, do marchandises, etc., faite par lo titulaire do ce compte, ou uno bonification, un rabais à lui consenti.
Crédité, ée part. pass. du v. Créditer.
— Compte crédité. Compte auquel on porte un crédit.
— Substantiv. Personne à t^ui on a ouvert un crédit : Le CRÉDITÉ représente celui qui l'a crédité. (Peu usité.)
— ANroN. Débiter.
CRÉDITEUR, TRICE n. et adj. Se dit d'une porsonno qui a des sommes portées à son crédit sur des livres do commerce; créancier. (On dit aussi crédité, ke.) m Prêteur. (Vx en ce sens.)
— adj. Il Compte créditeur. V. la partie encycl.
— Encycl. Un compte est dit créditeur quand son crédit est plus élové quo son débit. Au contraire, il ost dit débiteur quand lo débit est plus fort quo le crédit. Créditeur est donc antonyme do débiteur vt synonyme do créancier.
CRÉDmVTTÉ (du lat. credere, supin creditum, croire) n. f. Philos. Faculté en vertu do laquelle l'homme est porté à croire sur parole, sans exiger des preuves rationnelles ou matérielles.
— Encycl. La créditivité est la disposition à croire, à recevoir dos choses données comme vérités, sans cherclior par lo raisonnement si, eu réalité, elles on ont la caractère. Il est clair que, si nous uo voulions admettre quo los vérités (|ui nous auraient été démontrées, nous passerions notro vie à faire l'invontairo do nos connaissances, sans jamais développer celles-ci. D'autre part, celte disposition no doit diminuer on rien notro droit d examiner les raisons quo nous avons de croire ; sinon, ollo serait la crédulité et coMstituerait uno faiblesse do l'osprit.
GrEDITON. ville d'Angleterre (comté do Devon), sur un affiuent do l'Exe ; 6.000 hab. Cordonneries ; belle éçliso gothique. Villo importante au temps do rheptarcliio, siêgo d'un évêché aux x» ol xi* siècles, Croditon ost beaucoup décime depuis les doux incoudios qui l'ont on grande partie dévorée, on 1747 ot 1709.
Gredner (Charles-Auguste), théologien allemand, né ù AValtorshauson, près de Gotha, ou 1797, mort on 1857. U professa ù. léna ot à Giosson, ot so fit une place honorable dans la critique biblique modcrno. Parmi ses ouvrages, nous relèverons son Introduction au Nouveau Testament (1836). son /histoire du canon du Nouveau Testament (1847, complétéo on isco par 'Volkmar), ot son liistoirc du Nouveau Testament (1852).
CREDNÉRIE {fcré-dné-ri) n. f. Plante fossile, trouvée on Allemagne dans lo terrain crétacé.
CREDNËRITE [krè — do Credner, n. d'un savant nlloni.1 n. f. Oxyde naturel do manganèse ot do cuivre, qu'on trouve A FriedVriohsrode, dans lo Tliuringorwnld. C'est une substance d'un noir do for ou d'un gris d'ncier foncé, dont la poussière ost d'un noir brunâtre. Sa dureté sexprinio pjir