MENT
— Corroir. Opération ayant pour objet do donner le grain aux peaux que l'on sort do l'eau.
CRÉPI8SEUSE (piseuz') n. f. Maciiine constituée par la réunion do plusieurs paumelles ou de plusieurs marçruorites et destiné© â rrépir lo maroquin, c'est-à-dii'o à lui donner le grain.
Crépine.
Crépiflsousf.
Criîpitacle.
GRÉPISSOIR (pî-so-ar') n. m. Sorte de balai dur et à manche court, qui sert à crépir les murs.
CRÉPISSURE [pi'sur') n. f. Crépi d'une muraille, état d'une muraille crépie.
CRÉPITACLE (lat. crepitaculum ; do crepîtare, crépiter) n. m. Antiq. rom. Hochet muni de grelots.
— Bot. Genre de fruits qui s'ouvrent avec bruit et élasticité, comme dans le sablier {hura crepiKutSj.
CRÉPITANT (tan), ANTE adj. Qui produit un bruit de crépitation, qui crépite.
— Fig. Pétillant de verve : Gaieté crépitantk.
— Bot. Se dit des plantes dont les fruits s'ouvrent avec bruit.
— Entom. Se dit des insectes du genre brachyne, qui produisent une petite explosion lorsquon les saisit.
— Pathol. Unies ci'épilaiits , Sorte de râles, perceptibles dans certains cas à l'auscultation du poumon, qui rappellent la crépitation du sel sur le feu.
— Enctcl. Palhol. Les râles crépitants se produisent par boufi'ces, au moment do chaque inspiration ; ils paraissent produits par le déplissement des parois des vésicules pulmonaires. C'est un signe de congestion pulmonaire, soit passive, comme à la suite d'un décubitus dorsal prolongé, soit inflammatoire, comme au début de la pneumonie.
On appelle " râles sous-crépilants» ou « râles crépitants humides " un bruit de bulles (|ui crèvent, analogue à celui qu'on produit en soufflant à l'aide d'un chalumeau dans do 1 eau de savon. Ils s'entendent à l'auscultation du poumon pendant l'inspiration et pendant l'expiration. Lorsqu'ils sont fins, comme à petites bulles, ils indiquent la bronchite capillaire ou l'œdème du poumon ; moyens, ils sont un signe de bronchite simple ; lorsqu'ils semblent produits par de grosses bulles (gargouillement), ils sont attribuables à la dilatation bronchique ou à une caverne pulmonaire.
CRÉPITATION {si-on — du lat. crepitus, bruit) n. f. Bruit vif, sec et fréquent; série de petites explosions : La CRÉPITATION des scls que l'on jette sur des charoons ardents.
— Chir. Crépitation osseuse. Sorte de trépidation, perceptible au toucher et le plus souvent à l'oreille, que produit le frottement réciproque des fragments d'un os fracturé.
Crépitation douloureuse des tendons. Bruit que font entendre, pendant le mouvement, les tendons afiectés d'une sorte d'inflammation appelée ai.
Crépitation neigeuse. Frémissement analogue à celui do la neige qu'on froisse. (On l'observe quand on comprime sous les doigts, à travers la peau, un tissu infiltré d'air ou do sang coagulé. Dans ce dernier cas [hématome], le frémissement n est plus perceptible lorsque lo caillot est broyé par des compressions répétées.)
— Pathol. Bruit produit par 1 air infiltré dans les tissus, en cas d'emphysème de pneumothorax.
CRÉPITEMENT (man) n.m. Action do crépiter, de produire des crépitations ; Le crépitement de la fusmade*
CRÉPITER (lat. crepitare, fréquent, de crepare, faire du bruit) V. n. Pétiller, faire entendre un bruit sec et fréquent : Le sel crépite dans le feu.
— En T. de pathol.. Faire entendre un bruit particulier, une sorte de râle, quand la respiration est embarrassée : Poitrine qui crépite.
CREPITUS {tuss — lat. -^repitus, bruit) n. m. En T. do pathol-. Crépitation brusque et très prononcée.
CRÉPODAILLE {da-ill [Il mil.] — pour créponaille; do crépon) n. f. Sorte de crêpe fort mince, appelé fréquemment par corruption cj-apaudaille ou créponaille.
CRÉPON f rad. crêpe) n. m. Etoffe de laine non croisée, qui diffère de l'étamine en ce que la chaîne en est très torse. (Elle est tissée en blanc, puis teinte en couleurs. On l'emploie principalement pour la confection des costumes religieux.) Il Etoffe de soie qui est fabriquée à peu près d'après les mêmes procédés que le crépon de laine. (Elle provient surtout de l'Inde ou de la Chine.) 11 Petit morceau d'étoffe légère dont on se sert pour étendre le rouge de fard sur la figure, n Petit paquet de faux cheveux, que les dames glissent sous leur chevelure.
CRÉPONAILLE n. f. Tecbu. "V. CRÉPODAILLE.
CREPS {nrcpss)n. m. Jeu. "V. krabs.
— Comm. Sorte de crépon.
CRÉPU, UE (rad. crêpe) adj. Très frisé, qui est crêpé ; Les nègres ont les cheveux crépus.
— Bot. Se dit des végétaux ou de leurs organes, lorsque leur surface est irrégulièrement plissée et boursouflée : Une feuille crépue. La mauve crépue. La menthe crépue.
— Moll. Se dit des coquilles découpées régulièrement dans le sens de la longueur, et quelquefois marquées en travers de sillons onduleux.
CRÉPURE n. f. Action de crêper, de friser en manière de crêpe : Cképure des cheveux, n Ondulations qu'offre le crêpe crêpé, et qui résultent de l'opération appelée crêpage.
CRÉPUSCULAIRE [sku-lèr') adj. Qui appartient, qui a rapport au crépuscule : Lumière crépusculaire. Calme crépusculaire. Il Qui se produit pendant le crépuscule : Visions crépusculaires.
— Par anal. Dont la lueur est semblable à celle du crépuscule : Ciel crépusculaire.
— Fig. Qui est sur son déclin, qui décroît : Beauté crépusculaire. Période crépusculaire. 11 Obscur, qui n'est point encore parfaitement connu ou éclairé : Avant l'histoire légendaire, il y a encore l'histoire crépusculaire.
— Astron. Cercle crépusculaire. Cercle do la sphère parallèle à l'horizon, et qui passe par lo degré où se trouve lo soleil quand le crépuscule cesse : Le cercle crépusculaire est à iS degrés au-dessous de l'horizon.
— Entom. Qui ne se montre que lo soir, pendant le créptiscule : Papillons crépusculaires.
CRÉPUSCULAIRES {sku-lèr'} n. m. pi. Division des insectes lépidoptères comprenant les sosies, les sphinx et autres formes qui, en général, prennent leur vol au soleil couchant. {Ce groupe a été supprimé; il répond à peu près au sous-brdfe des sphinginos.) — Un cRÉpri^cuLAiRi-;.
CHtwSCVLZ {skiW — \at. crepusrulum, miSmo sens.) n.ra. Lumitre qui porsisio après le coucher du soloil, ou qui parait avant sou lover : Ckéi'usculk du soir. CiiKruscuLE du matin. (No so dit guùro que du jour qui persiste après le coucher du soloil, par opposition â aurohiî.)
— Fig. Déclia : Le ckkpuscule de la vie. ii Promiôros lueurs, premières clartés, j)roiiiièro apparition : Chki'US- CUI.E de la raison, des sciences, des arts, li Etat intormédiairo ; La tristesse est une sorte de crépusculb qui suit la douleur. (Prôv.-Parad.) il Ténèbres, obscurité : Le jour où la France s'éteindrait, le crépuscule se ferait sur la terre. [V. Hugo.) Il Manifestation douteuse, faible, incertaine : La soif 7i'a pas de crépuscule ; dès quelle se fait sentir, il y a malaise, anxiété. (Brill.-Sav.)
— Encycl. Phys. La succession du jour et do la nuit no so produit pas instantanéniont au momont où le soleil franchit l'horizon : la transition est graduelle et parfois mémo fort lente. L'illumination partielle, que re(;oit ainsi la voûto cèlosio avant le lever du soleil et après son coucher, s'appelle le crcpuscide. Le crépuscule du matin est plus particulièrement désigné sous le nom d'aurore, tandis que celui du soir a reçu le nom de brune. Ce double phénomène, qui peut prolonger notablement la durée du jour, est dû ù. la présence de l'atmosphère terrestre, qui, en réfléchissant comme lumière diffuse la lumière du soleil, nous permet do jouir encore d'une certaine clarté alors môme que nous ne recevons plus directement les rayons de cet astre. La durée de ce phénomène est subordonnée à l'état atmosphérique; en particulier, le crépuscule se prolongera d'autant plus que les vapeurs contenues dans l'air sont plus hautes et plus denses ; toutes choses égales, d'ailleurs, l'aurore est plus courte que la brune, puisque, précisément, ces vapeurs, refroidies pendant la nuit, atteignent vers le matin leur minimum de hauteur.
Néanmoins, les astronomes ont adopté les conventions suivantes :
1" Un abaissement du soleil de 6 degrés au-dessous de l'horizon permet d'apercevoir les plus belles étoiles. On dit alors que le crépuscule civil est terminé;
2" Lorsque cet abaissement atteint 18 degrés, il est admis que les étoiles les plus faibles deviennent visibles : c'est la fin du crépuscule astronomique.
Les formules les plus simples de la trigonométrie sphérique permettent alors de déterminer la durée do chacun de ces phénomènes, à une époque quelconque de l'année et en un lieu de latitude donnée.
On trouve aiusi que cette durée croît avec la latitude du lieu; c'est ce qui explique pourquoi, dans la zone torride, le jour et la nuit se succèdent très brusquement, tandis qu'à mesure que l'on s'éloigne vers le pôle boréal, les nuits d'été restent claires, le crépusculo étant très long. Il peut même arriver que l'aurore et la brune astronomiques empiètent l'une sur l'autre : il suffit évidemment, pour cela, que le soleil n'atteigne pas un abaissement de 18 degrés au-dessous de l'horizon. Cette circonstance se trouve précisément réalisée, à Paris, du 12 au 30 juin : pendant ces quelques jours, il n'y a pas de nuit proprement dite.
— Crépuscules colorés. On adonné le nom de crépuscules colorés aux curieux phénomènes célestes que l'on observa, à la fin de 1885 et dans le courant de 1886, dans une grande partie de l'Europe et aussi dans l'Inde : des lueurs, allant du jaune au rouge intense, apparurent au ciel vers le moment du coucher du soleil et se prolongèrent souvent durant plusieurs heures; d'autres fois, la lune prit une teinte verdatre cara«;téristique.
On dut rejeter d'abord l'hypothèse d'une connexion entre ces phénomènes étranges et les aurores boréales, car les perturbations de l'aiguille aimantée qui accompagnent toujours ces dernières ne furent jamais constatées à l'apparition des lueurs en question.
La théorie la plus généralement admise à ce sujet est celle qui attribue lé pliénomène aux cendres volcaniques et à la vapeur d'eau projetées dans les hautes régions de l'atmosphère, au moment de ïa formidable éruption du volcan de Krakatoa, en 1883.
— Iconogr.
La plus célèbre figure allégorique qui ait été laite du Crépuscule est une des statues de marbre dont Michel - Ange a décoré Te tombeau de Laurent de Médicis, à Florence : cette figure est colle d'un homme âgé, qui est à demi couché.
CREPUSCULE — CRESCENTIE
Crépuscule, d'après Michol-Ange.
Bien que cotte statue soit inachevée, on y rolrouvo l'ompreinto de la main puissante qui a sculpté le Pensieroso. Citons aussi le groupe en marbre do Cranck, qui figure à Paris, avenue do l'Observatoire (1870).
Au mot coucHKR DE soi.KiL. uous avous cité les ptîintrcs qui ont le mieux réussi à fixer sur la toilo les teintns resplendissantes du soloil coucliant. Beaucoup d'artistes ont cherché à saisir aussi les lueurs vagues, fugitives, du cvé- ■puscule; plusieurs en ont tiré dos elTots pleins do suavité et de poésie. Parmi ceux qui se sont distingués on ce genre, à la fois facile et très difficile, nous citerons : Corot, Daubrgny, Cbintreuil. Bcrchèrc, \Vhistlcr, Cazin, Duoz, BiUotto, Poinlolin, Millet, Thaulow, Fantin-Latour, Ad. Deinnnt, etc.
Crépuscule des TiÏQ\XTS.i\.\^)[a.\\f.m.Gi'}tterdùmmcrung]. dramo musical on un prologue et trois actes, paroles et musique do Richard Wagner, représenté sur le théftire do Bayreuih le 17 août 1H7G. Cet ouvrage forme la dernière partie de la tétralotfio do VAnnpnn iTu Niùelunq, dont les premières sont l'Or du Jtliin, la \Val/ci/rie ot Sièfifricd. La partition n'est pas une des moillouros du maître. Cependant, le troisième acte renferme dos beautés d'un ordre absolument supérieur, ot Wagner s'y retrouve avec toute sa puissance. A signaler la scène des tilles du Khin avec Siegfried, celle où Siegfried raconte à ses compagnons sa jeunesse et ses exploits, ot odIIii l'épisodo do f'.tdmirable tnarcho fuiKjljpo.
Armes de Crîpy.
CRÉPUSCULIN {skit), INE adj. Qui appartient au crépuscule : Lueur CRKPUscoLiNii. Il On dit plus ordinairement
CKÉPDSCULAIRE.
CrÉPY ou CbÉPY-EN-LAONNOIS, comm. do l'Aisne, arrond. ot à lo ktlom. do Lauu ; 1.711 hab. Ch. do f. Nord. Sucrerie. Ce bourg, qui i-xistaît déjà du temps des Mérovingiens, reçut des franchises communales do Philippe Auguste. Pillé successivement en 1173 par les Anglais, en 1418 ot U,*0 par les Armagnacs et les Bourguignons, il vit ses foriiticatiuns démantelées au cours du xv siècle. Kn septembre 1544, un traité do paix y fut signé, entre (^harles-t^uint ot François I*'. Les guerres de religion portèrent le dorniercoup à Crépy. Mayenne s'en empara en 1590, lo livra au pillage et en fit raser les fortifications.
Crépy ou Crespy (traité de), conclu entre François I" et Charles-Quiut, le 18 septembre 1544, et qui mit fin à la rivalité entre les doux puissants monarques. Los conditions du traité furent les suivantes : les deux princes se restituaient leurs conquêtes depuis la trêve do Nice, en 1538. François I" gardait la Savoie et. le Piémont, mais renonçait à ses prétentions sur la Flandre, l'Artois et le royaume de Naples. En retour, Charles-Quinl abandonnait Hesdin et la Bourgogne. Le duc d'Orléans, deuxième fils de François I", recevait l'investiture du Milanais et devait épouser soit l'infante Maria de Castillc, soit la princesse Anne, fille du roi des Romains. Par une clause secrète, les deux princes s'engageaient à combattre
10 Grand Turc.
CrÉP Y-EN- VALOIS, ch.-l. de cant. de l'Oise, arrond. et à 23 kilom. do Seniis, sur un sousafduent de r.\uthonne; 4.381 hab.
Ch. de f. Nord. Carrières, ràperio de betteraves, foire importaute. Ruinesdes églises Saint-Thomas, Saint- Arnoult, Saint-Aubin, de l'enceinte fortifiée du château fort. L'église paroissiale de Saint-Denis renferme de beaux vitraux. Le château fut élevé, au x" siècle, par le comte Gauthier. Philippe Auguste accorda, en 1215, aux habitants de Crépy une charte communale qui fut confirmée par Louis VIII, en 1223.
La jouissance de la seigneurie de Crépy fut donnée par saint Louis à sa mère. Blanche de Castille. Après la mort do cette reine, ce domaine retourna à la couronne. Crépy soufi'rit beaucoup des guerres du XIV* et du XV* siècle. — Le canton a 25 comm. et 15.S90 hab.
GRÈQUE {ki-èk') n. f. Nom vulgaire de la prunelle sauvage ; fruit du créquier.
GrÉQUI, famille artésienne, qui tire son nom de la localité do Créquy (autrefois Créqui) [Pas-de-Calais]. Les armes en étaient D'or au aréquier de gueules; le cri : ,4 Créquy le grand baron', la devise : Nul ne s'y frotte. Les principaux membres de cette famille, dont on trouve des traces dès la fin du x* siècle, sont : Baudocin de Créqui, qui prit part au siège de Valenciennes en 1007; — Henri, qui suivit saint Louis dans sa croisade et fut tué à Damiette en 1240 ; — Jacques de Créqui, dit de Heilly ou le maréchal de Guyenne, qui commanda en Guyenne contre les Anglais, et fut tué à Azincourt, on 1415;— Antoine de Créqui, seigneur de Pont-Rémy, lequel commandait l'artillerie française à Ravenne, s'illustra ù la Bicoque et fut tué, en 1523, au siège de Hesdin; — Jean VIIl de Créqui, mort en 1555, qui eut trois fils, dont l'un, le cardinal Antoine de Créqui, survécut à ses frères, et laissa les biens de sa maison, son nom ot ses armes à Antoine do Blanchefort, seigneur de Saint- Janvrin, fils de sa sœur Marie.
Créqui (de Blanchefort dkCanaples. Charles I" de). né en 1573, mort on 1G38. fils d'Antoine do Blanchefort.
11 remplaça Grillon, on 1605, au commandement des gardes françaises, et succéda, en IGOG, dans sa lieutenance générale du Daupbiné, au connétable de Lcsdiguières, dont il épousa, l'année suivante, la fille, M"* do Bonnac. Il assista, durant les guerres do religion, au siège do Montpellier, et, en 1622, reçut lo titre do « maréchal de France ». Après avoir figuré avec gloire dans les campagnes d'Italie et avoir battu, on 1625, le duc do Féria en Piémont, il fut chargé, en 1633, do l'ambassade de Rome et, enl 634, do celle de Venise, prit part aux engagements des années 1635-1636, et périt dans un combat. Il a laissé des Lettres et Négociations. Il fut un homme de guerre très remarquable.
Créqui (Charles 111, duc hk), fils du précédent, né en 1623, mort en 1687, ami et confident do Louis XIV, qui lui raconta la singulière prédiction d'après laquelle lui, le roi, devait épouser une veuve surannée, qui le mènerait par le bout du nez. Louis XIV et le courtisan so moquèrent beaucoup do cette prédiction. Créqui fut un vaillant homme do guerre. Il combattit àRocroi et à Nordlingen. sous les ordres de Condé, et prit une part active aux sièges do Philipsbourg, do Maycnce, d'Opiionheim ot de Trêves. Ambassadeur do Franco A Rome, ainsi que l'avaii été sou père, il occupait cotte difficile fonction on 1G62. alors quo la garde corso insulta les Français. 11 faillit périr lui-mémo dans cette rude échaulfourée, que le roi réprima avec vitruour. Nommé gouverneur do Paris en 1670, il fut chargé, l'année suivante, d'aller représenter la cour de Franco en Angleterre. Lorsque, après la mort do la roino, Louis XIV eut épousé M""* Scarron, lo roi humilié évita soigneusement la présence do Créqui. Co dernier comprit sa disgrâce ot mourut do chagrin.
Créqui (François dk)i frère du précédent, duc do Lcsdiguières, du chef dosa mère, néon 1624, mort on 1687, un dos plus grands capitaines do son siècle. D'abord remarqué dans les guerres do Flandre ot do Catalogne, il se distingua encore, on 1667, par une victoire sur le comte do Marsin, ot défit lo prince do Ligne, à la tète do l'armée du Rhin. Maréchal de France en I668, il enleva, doux ans après, ses Ktals A Charles V, duc de Lorraine. Puis, jaloux do Turonno, il refusa do servir sous ses ordres, et l'ut exilé on 1672. Mais, lorsque Turenno eut été tué ot que Condé so fut retiré ù Chantilly, Créqui eut, avec Luxembourg, l'honneur do remplacor'cos deux généraux. Battu ù Consarbriick. il perdu Trêves et Philipsbourg, mais so releva bientôt glorieusement. Tandis, en otret, que Luxembourg tenait tÔl« à Guillaume d'Orango, il luttait contre lo duc de l.urraiiie, empêchait pur d'hubilos mauamvros la jonc
François de Créqui.
D'.Trgent au créquier de pourpre.
tion dos alliés, battait Charles et enlevait Fribourg par un habile stratagème. En 1G79, il défaisait les troupes de l'électeur de Brandebourg ot préparait le traité do Nimôguo. Enfin, il terminait par la prise do LiLxembourg ses admirables camj)agnos. U laissait un élève, VÎUars.
Créqui (Kenée-Carolino DE Froollay, marquise de), née en 1714, morte à Paris en 1803.
Elle épousa le marquis Louis -Mario do Créqui en 1737, et devint veuve après trois ans de mariage. Petite et laide , mais très instruite et d'esprit rassis, très clairvoyante dans ses jugements , d'une dévotion large et tolérante , elle sut attirer chez elle les gens de lettres et exerça del'ascendaut sur J.-J. Rousseau. Elle éprouva po'::rSénac de Meilhan un sentiment analogue à celui de M»» Du Defl^and pour H. Walpole ; quand elle se lia avec lui, elle avait soi-xante-huit ans, ot il en avait quarante-six. Un aventurier de lettres, Cousen, dit de Courchamps, a publié en 1837, en sept volumes, de prétendus Souvenirs de la marquise de Créqui, recueil d'historiettes pleines d'inexactitudes. Les Lettres seules de la marquise, publiées par E. Fournier, sont authentiques et montrent qu'elle avait un esprit pénétrant, un peu amer peut-être ; elle a caractérisé les hommes politiques et les gens de lettres de son temps avec des traits nets et précis, et Sainte-Beuve a vu dans ses portraits des spécimens de ce qu'il appelle 1'" atticisme français ».
CRÉQUIER [ki-é] n. m. Arboric. Nom vulgaire, en Picardie, du prunellier ou prunier épineux.
— Blas. Pièce héraldique, représentant un prunier oa un cerisier sauvage avec ses racines, ses branches et ses fruits. (Le créquicr ressemble un peu à un chandelier à sept branches.)
CréQUILLON (Thomas), musicien, l'un des membres les plus fameux de l'école ^allo-belgo de la Renaissance.
Il naquit on Belgique, vers la fin du XV" siècle, et mourut à Béthune en 1557. Il fut chantre et compositeur de la chapelle que Charles-Quint entretenait à Madrid, fonctions dans lesquelles il succéda à Corneille Canis. Plus tard, il obtint un canonicat à Namur, puis un autre à Termonde, et enfin un autre à Béthune. Créquillon est l'un des com-
Eositeurs les plus féconds de la période qui va do Josquin leprés à Roland de Lassus. U a écrit une grande quantité de messes, de motets, de chansons françalises â quatre, cinq et six voLx, qui se distinguent par la pureté du goût, la fertilité de 1 invention, la variété du style et la souplesse de l'harmonie. On trouve ses compositions dans les innombrables recueils qui étaient publies, do 1530 à 1575, par Susato à Anvers, par Pierre Pbalèso à Louvain, par Oardane à Venise, et à Paris par Pierre Attoingnant.
Créquy, conmi. du Pas de-Calais, arrond. et à 27 kil. de Montreuil, à la source de la Créquoise; 1.145 hab. Elève de moutons. Ruines du château qui fut le berceau de la famille de Créqui.
Créquy. Biogr. v. crêqui.
CRÈS {krè) n. f. Toile do lin. V. crée.
CrÈS. Myth. gr. Fils de Zeus et do la nymphe Idéa. II fut, d'après la mythologie grecque, le premier roi do l'Ile de Crète, à laquelle il donna son nom.
CRSSANE ou GRESSANE n. f. Hortic. V. crassase.
Crescence (,lat. Crescentia)^ titre do l'une dos plus anciennes légendes aJlemandes. — L'héroïne de co récit, qui so rencontre aussi dans Tancienno liuéralure française, est Crescence, fille d'un roi d'Afrique. Devenue l'épouse do Dietrich, prince dos Romains, elle est faussement accusée d'adultère et précipitée dans lo Tibre. Sauvée par un pêcheur, elle guérit miraculeusement de la lèpre plusieurs de ses persécuteurs, entre autres son mari,ot reprend sa place au fover conjugal. — l^a légende do Crescence est contéo dans la Cftronique des empereurs (Kaiserchronik). Ello fait également l'objet d'un poème : Crescentia^ ein niederrheinisches Gedicht aus dem i3. Jfit. (1853).
CRESCENDO {kré-chèn'-do) n. m. Mot italien, participe présent du verbe creseere, ot qui signifie : en croissant, en augmentant.
— Encycl. Placé sous une période musicale, lo crescendo indique qu'il faut augmenter, enfler lo son, soit pour aboulir A un forte, soit, au contraire, pour amener ensuite une nuance
absolument contraire, c'est-A-diro
un decrescendo. Quelquefois, on Sigao du ci'cscondo.
n'écrit pas lo mot on entier, et
l'on so contente do la première syl'abo : crcsc. D'autres fois, on substitue au mol cresa'fiao un signe ou soulflot, qui a la même signification et produit lo mémo effet.
CresCENS, philosophe grec do l'école cynique, né A Mégalopolis (Arcadie). Il vivait au il* siècle do notre ère. i)ans ses ouvrages , il attaquait les chrétiens, qu'il accusait d'athéisme; d'après Eusèbo, il aurait noussé Marc- Aurèlo A les persécuter, et aurait mémo dénoncé saint Justin, qui avait écrit contre lui sa seconde Apolot/ie. Les chréliens l'ont jugé avec une grande sévérité; ils l'ont accusé do toutes sortes do désordres. Ou no sait co qu'il y avait do fondé dans ces reproches.
CRESCENTIE {kré-sin-si) n. f. Genre d'arbrisseaux, do ta famille des bignoinacées. type do la tribu des crescentiées, loniprrnant une quinzaine d'espèces, qui croissent dans lAnurique tropicale. Syn. do calhbassikr. V. co mot.
CRESCENTIE. ÉE (krésinsi) adj. Qui rossomblo ou qui se rapporte A la crosconlio. Syu. CRKSCKNTiAr^, ÊR, ot citrscKNTiNK, fît:.
CRESCENTINI — CRESSONNOIS
— n. f. pi. Tribu de bignoniacées, caractérisée par une corolle tubiilaire à pli transversal, ayant pour type le genre crescentie. Le genre cujete ou calebassier est connu pour ses gros fruits et le sirop retiré de leur pulpe. — Une cBESCENTiÊE. Il On dit aussi crescentiacées, et crescen-
TINÉES.
CreSCENTINI (Girolamo), l'un des derniers l'eprésentants de l'école de chant italienne, né en 1766 à Urbino, mort à Naples en 1846. Après s'être fait applaudir en Italie, il fut engagé à Londres, puis à Vienne, où il se trouvait lors de fentrée de Napoléon en cette ville, eu ISOô. Celui-ci fut si cbarmé de l'avoir entendu, qu'il se l'attacha avec tm traitement considérable, et, plus tard, lui décerna l'ordre de la Couronne de fer. Crescentini alla donc à Paris, et, jusqu'en 1812, chanta aux concerts et aux spectacles de la cour. Il retourna ensuite en Italie et se fixa à Naples, où il devint professeur au Conservatoire.
Comme compositeur, il a publié trois recueils contenant trente ariettes italiennes et un recueil d'exercices de vocalisation.
CreSCENTINO, ville d'Italie (Piémont [prov. do Novare.i, en aval du confluent de la Doire-Baltée et du Pô ; 6.700 h. Abbaye do ;>aint-Gennaro, fondée au viii" siècle.
GreSCENTIUS ou Centius, noble romain, mort en 998. Fils de Théodoralajeune.il fut à Rome, pendant la seconde moitié du x* siècle, le représentant du parti italien contre les Allemands et l'ennemi déclaré de l'autorité des souverains pontifes. Maître du château Saint-Ange et seigneur de Nomentum, il opposa, en 974, le cardinal diacre Fronton, sous le nom de Boniface VII, au pape légitime Benoit VI, qu'il fit emprisonner et étrangler dans son cachot. Chassé de Rome avec l'antipape, il y rentra bientôt plus puissant que jamais. Ayant pris les titres de patrice et de consul, il dépouilla de toute autorité Jean XVI, élu en 9£5. Le pape, cependant, parvint à s'enfuir en Toscane. Crescentius, à force de ruses, le décida à revenir à Rome, et après l'avoir reçu avec de grands honneurs, le tint dans une étroite dépendance. L'empereur Othon, appelé parle pontife, n arriva à Rome qu'après sa mort (996). Il fil élire son propre cousin Brunon, qui prit le nom de Grégoire V, et destitua Crescentius. Ce dernier, après le départ de l'empereur, parvint à chasser de Rome Grégoire V (997) et à faire élire l'antipape Jean XVII. Enfin, l'empereur Othon accourut de nouveau, assiégea Crescentius dans le château Saint-Ange, le prit et le mit à mort.
Grescenzago, comm. d'Italie (Lombardie [prov. de Milan,), surleLambro; 2.100 hab.
GresCENZI (Pierre), en latin De Crescentiis, agronome italien, né à Bologne en 1230, mort en 1310. Il parcourut l'Italie en étudiant les divers procédés do culture, et écrivit sous le titre de Opus ruralitun commodorian un remarquable traité d'économie rurale, gui fut publié à Augsbûurg (1471), puis traduit en français.
Grescenzi (Giovanni Batlista), peintre et architecte italien, né à Rome en 1595, mort à Madrid en 1665. Surintendant des travaux d'art à Rome, il fut emmené en Espagne par le cardinal Zapata, et fut en grande faveur auprès des rois Philippe III et Philippe IV. Ce dernier le nomma grand d'Espagne et marquis délia Torre, pour le récompenser d'avoir dressé les plans de la chapelle sépulcrale de l'Escurial. 11 s'est distingué aussi comme peintre de fleurs.
Grescimbeni (Jean-Marie), poète et littérateur italien, né à Macerata en 1663, mort en 1728. Il fonda à Rome, en 1690, l'tt Académie des Arcades », dont il fut nommé custode, et acquit une grande réputation par ses ouvrages, écrits avec beaucoup d'élégance et de pureté. Ses principaux sont : Histoire de la poésie italienne (1698), pleine de recherches sur Içs premiers temps de la poésie italienne; Vies des plus illustres ArcadieJis (1708); etc.
CRÉSEAU n. m. Comm. V. cariset.
CRÉSÉIDE n. f. Monnaie frappée par Crésus, roi de Lydie.
CRÉSÉIS (zé-iss) n. f. Genre de mollusques ptéropodes. famille des cavoliniidés, comprenant les formes à nageoires avec leur bord extérieur presque entier et l'intérieur entaillé, à coquille allongée, fine et pointue, parfois légèrement courbe, mince et transparente. (Les créséis sont répandues dans presque toutes les mers, jusque dans la Méditerranée.)
CRÉSIEU n. m. Petite lampe que les villageois, les montagnards du Dauphiné, suspendent devant la cheminée.
GrÉSILAS (et non CtésUas), statuaire grec du v* siècle av. J.-C. On admirait ses statues de Péricl^s et de VA rnazone blessée. Son chef-d'ceuvre était un Guerrier expirant, « dans lequel, dit Pline, on pouvait distinguer ce qui restait de vigueur au blessé «.
GRESBfEAU {krè-»mo — du saint chrême) n. m. Bonnet ou béguin dont on coiffe l'enfant après lo baptême.
GRÉSOL D. m. Nom générique des phénols dérivés du toluène. Syn. phénol ciœsylkjde, chésylol.
— E.NCYCL. Le toluène ou benzine monomélhyléo C'H»CH* engendre, par substitution d'une fonction phénoliquo (OH) à un hydrogène du noyau aromatique, trois phénols ou crésols;ce sont: l'orthocrésol C*H*(CH'),(OH),, le meta 1,3 et le para i,J. V. bknzink (constitution de la [3"]).
L'orthocrésol 1,2 a été trouvé dans le goudron do houille, dont on l'extrait en mélange avec le phénol dans les portions qui distillent entre 200*' et 220*. On purifie le crésol brut en le transformant on acide crésotiquo facile à obtenir pur après plusieurs crlstaMIsations ; l'acide distillé sur UD excès de chaux ou de baryte abandonne le crésol. Ce phénol a été encore rencontré dans les produits do décomposition des matières albuminoïdos. Sa synthèse a été réalisée par une méthode analogue à celle qui permet le passage de la benzine au phénol (Wurtz) : fusion avec la potasse du sel do potassium du dérivé sulfonô du to- Inène, Le crésol présente de grandes analogies avec l'acide phéniquo ou phénol ordinaire, dont il est l'hùmologuo immédiat ; comme colui-ci, le crésol est antiseptique. C'est un solide cristallin, incolore, fondant à 31* et bouillant à isri».
Créséîs.
Le mètacrésol 1,3 dérive de la déshydratation du thymol par l'anhydride phosphorique est une substance difficilement crlstallisable, bouillant vers SOI**.
Le paracrésol 1,4 constitue la partie la plus importante du crésol extrait de la créosote du hêtre; un do ses dérivés combinés à la potasse se trouve dans l'urine des herbivores; le paracrésol formo des prismes d'odeur phénolique fondant à 36<», bouillant à 202", peu solubles dans l'eau.
Les divers crésols fournissent, sous l'action des réactifs, plusieurs dérivés de substitution; les plus intéressants sont les dérivés nitrés : le trinitrocrésol C*H(AzO^)»(CH'](OH), analogue au trinitrophénol ou acide picrique : c'est un explosif brisant; le sol ammoniacal est utilisé en Autriche pour le chargement dos torpilles; en outre, c'est un colorant teignant la soie et la laine en jaune. D'autres colorants dérivent des dinitrocrésols : le jaune Victoria, par exemple, a été employé pour colorer le beurre et les pâtes alimentaires, malgro ses propriétés toxiques. L'oxj'dation transforme les crésols en acides oxybenzoïques ; les persels de fer donnent avec eux la coloration violet bleu, caractéristique des phénols.
CRÉSON n. m. Bois refendu au contre.
CRÉSORCINE n. m. Diphénol du toluène CIL-C'H>(OH),.V
CRÉSOTATE n. m. Sel produit par la combinaison de l'acide crésotique avec une base.
CRÉSOTIQUE {tik') adj. Se dit des acides et aldéhydes dérivés des crésols par substitution du groupe fonctionnel acide ou aldéhydique à un atome d'hydrogène dans le noyau benzique.