CREUSOT — CREVASSE
CrEUSOT (Le), ch.-l. de canton de Saône -ot- Loire, arrond. et à 26 kilom. d'Autua; 32.034 hab. {Creusotins, ines.) Ch. de f. P.-L.-M. Usine métallurgique. — Le canton a 4 comm. et 35.883 hab.
— Industrie. Bien que la première usine établie sur le territoire du Creusot (au hameau de Charbonnières) date de 1781, les établissements métallurgiques, après de nombreuses vicissitudes, ne prirent un réel essor qu'à partir de l'époque oii la société Schneider frères en prit la direction (1837). Depuis lors ces immenses usines n'ont cessé de se développer.
Outre ses usines proprement dites, la Société possède d'importantes annexes, comme les établissements de Chalon-sur-Saône, où se contruisent le matériel de chemin do fer, les ponts métalliques, les charpentes en fer, le matériel accessoire d'artillerie, les générateurs à vapeur, etc. Les usines céramiques du Perreuil lui appartiennent aussi. La Société est également propriétaire d'importantes mines, parmi lesquelle"s les houillères de Montclianio, de Longpendu, dans le département de Saône-et-Loire; celle do Montaud et de Beaubrun, dans la Loire; de la Machine, dans la Nièvre; de Brassac, dans le Puy-de-Dôme. On doit encore citerles mines deferdeLaissey. dans le Doubs; de Mazenay, en Saône-et-Loire ; de Saint-Georges, en Savoie, et d'Allevard, dans l'Isère,
Dans ses hauts fourneaux, la Société du Creusot traite directement ses minerais de fer, consistant en fer ooliihique et en fer oxydulé. Le bâtiment de la forge, qui a une superficie de plus de 12 hectares, possède des fours do puddlage, où se traite la foute. On y rencontre, en outre, de nombreux trains de laminoirs, des ateliers de finissage, d'autres de réparation : ces diverses installations ont pour objet le travail exclusif du fer, dans toutes ses nombreuses applications. Les aciéries ont une importance des pins considérables. Elles comprennent plusieurs batteries de ccnvertisseurs Bêssemer, des fours Martin-Siemens et d'autres pour les procédés basiques. C'est dans ces ateliers que se trouve le fameux marteau-pilon de iOO tonnes. On y fabrique les pièces d'acier des plus grandes dimensions, les jaques de blindage de navires notamment. Ces plaques, quant à leur résistance, sont essayées dans un polygone spécial dépendant du Creusot, où a lieu aussi l'essai des canons fabriqués par ces usmes. Dans les ateliers de construction, les machines-outils les plus perfectionnées abondent. Afin de faciliter le transport et la manœuvre des lourdes pièces fabriquées au Creusot, plus de 300 kilomètres de voie ferrée rayonnent en tous sens à travers ces vastes usines.
L'administration du Creusot assure l'instruction des enfants dont les parents sont attachés à la Société. Dos services sont chargés de veiller au bien-être du personnel ouvrier, dont la population considérable est logée très économiquement dans des immeublés construits par les établissements du Creusot, et qui peuvent devenir la propriété des occupants au bout d'un certain nombre d'années. Il existe, en outre, une caisse de retraite, de laquelle peuvent bénéficier employés et ouvriers. Une maison de retraite reçoit les ouvriers infirmes ou trop âgés.
CREUSOT {zo) n. m. Nom vulgaire d'une espèce de pezize disposée en entonnoir, il On dit aussi crruset.
CREUSURE (sHr") n. f. Cavité d'une certaine étendue, mais peu profonde : La criîusdre d'un sabot.
Greutz iGustave-Philippe, comte de), homme d'Etat et littérateur suédois, né en Finlande en 1726, mort à Tivoli, près Stockholm en 1785. Ministre de Suède en Espagne (1763), puis en France (1766), ambassadeur (1772), il entretint de nombreuses relations avec les esprits les plus distingués, connut Franklin, et signa avec lui un traité de commerce entre les Etats-Unis et la Suède. Rentré dans son pays, il y fut chancelier de l'université d'Upsal et membre du gouvernement intérimaire (1783- 1784). Il est aussi connu par ses œuvres littéraires, son poème champêtre d'Atys et Camille, une sa-ÙTe., l'Apologie du mensonge {1195, 1812, 1862).
CREU'raER n. m. Métrol. V. kreutzer.
CREUX [kreû], EUSE [du bas lat. crosum] adj. Evidé, qui a une cavité miérieure : Boule creuse. Dent creuse. Il Qui est en contre-bas, moins élevé que les objets voisins : Chemin creux. ValloJi creux.
— Amaigri, en parlant des traits du visage : Joues CREUSES, li Enfoncé, en parlant des yeux.
— F;g. Vain, futile, chimérique; sans jugement : V/sîons CREUSES. On veut paraître profond quand on n'est que creux et vide. (Beaumarch.) ii Voix creuse, Voix à la fois sourde et sonore, comme si elle sortait d'une profonde cavité.
— Céram. Se dit des pièces creuses, par opposition aux pièces plates.
— Chass. Trouver, faire' buisson creux, Ne plus trouver dans l'enceinte la bêle qu'on avait découverte, il Fig. No plus trouver ce qu'on était allé chercher.
— Jeux. Se dit, aux cartes, d'un jeu incomplet.
— Techn. Peau creuse. Peau peu consistante, dont lo tissu est lâche ; Les peaitx creuses ne sont pas susceptibles d'être chamoisées. (Maigno.) ii Drap creux, Drap dont lo tissu est trop lâchci
— Véloc. Caoutchouc creux. Y. caoutchouc.
— Loc. div. : Assiettes creuses. Assiettes plus profondes que les autres, et dans lesquelles on sert ordinairement lo potage. H Viande creuse. Mets qui no nourrit point on qui nourrit fort peu : Les écrevisses sont une viande cp.KvsK pour un homme de bon appétit. (Acad.) — Par ext. Objet qui ne peut servir de nourriture : La musique est une VIANDE bien crkuse, pour un estomac affamé. (Acad.) — Fig. Objet qui n'a rien de solide, surtout au point do vue de l'instruction : La plupart des romans sont une VIANDE CRZVSE pour l'esprit. (Acad.) it Avoir le i^enlre crewr, l'estomac cretjx. Avoir besoin de mander, li Avoir le nez ceux, Flairer, dovinor les bonnes occasions et en profiter.
Il // n'y en a pas pour une dent creuse. C'est un repas insuffisant, et au lig.. C'est trop peu de chose, n Mer creuse, Mer où se forment des lames profondes, il Tête creuse. Personne qui a peu do sons.
— Advorbialem. Sonner creux. Rendre un son creux : Tonneau qui sonnb creux. Il Songer, Hêver creux, Rêver profondément à des choses vaines, chimériques : Amusezmus, ne rêvkz pas creux, ne vous faites point de bile.
(M"« de SéV.) V, BONflK-CRKUX.
— n. m. Cavité, endroit creux : Le crbux d'un rocher.
— Partie concave du corps humain : Le creux de la main, de l'estomac.
— Qualifié d'une voix de basse sonoro et vibrante : Avoir du crkux, un bon creux.
— Poétiq. Sein, intérieur :
Je lie puis arracher du ci'ewr de ma cervelle Que des vers plus fori;és que ceux de la Pucelle.
BOILEAU
— Fig. Vide, défaut de fond, de solidité : Je trouve un grand crkcs dans ces fictions de l'esprit humain. (Boss.)
— Arg. Maison, demeure, logement.
— Comm. Creux de route. Déperdition que subissent les liquides, vins, bières, cidres, etc., en cours de transport et qui est causée par l'évaporation du liquide et le tassement (cette déperdition varie ordinairement de 2 à 4 p. cent suivant la distance parcourue.
Géol. Nom que l'on donne, en certames régions, le
Jura par exemple, à des goutfres, généralement en forme d'entonnoir, qui s'ouvrent à la surface du sol des pays calcaires.
— Mar. Profondeur intérieure d'un bâtiment, mesurée du premier pont à la quille : Vaisseau qui a trop de creux.
Il Concavité d'une voile enâée. il Oewx de la lame. Profondeur des lames de crête en creux.
— Sculpt. et grav. Manière de sculpter ou de graver, dans laquelle le travail de l'artiste forme un vide sur le plan général de la pièce qu'il a travaillée : Cachet gravé en creux, il Mouler à creux perdu, Couler du plâtre dans un moule, sans le soutenir par une garniture intérieure.
Il Mouler à bon creux ou à bon fond. Se servir de la garniture supprimée dans lo cas précédent.
— Techn. Matrice de coin à frapper les médailles et les monnaies, il Moule dont on se sert pour prendre une empreinte, ou pour imprimer quelque ligure en relief: Creux de plâtre, il Nom sous lequel ou désigne toutes les pièces de poterie plus ou moins profondes, comme les tasses, les soupières, les jattes, les saladiers : Petit creux. Grand creux. Moyen crkux. Le creux est le contraire de
la PLATEKIE.
— Anton. Bombé, convexe, rebondi, renflé. — Proéminent, saillant.
Creux-DE-SOUCY, puits naturel d'une profondeur de 33 mètres, situé à 1.200 mètres au S. du lac Pavin (Puyde-Dôme) et ouvert dans la coulée basaltique du puy de Montchai. Un lac de 25 à 30 mètres de diamètre en occupe le fond; une couche d'acide carbonique, plus ou moins épaisse, atteignant exceptionnellement l'oritice même de l'abîme (1893), indique la présence d'une mofette.
Creux-DU-VENT, un des sites les plus remarquables du Jura. Il se trouve à l'entrée du Val-de-Travers, audessus du village de Noiraigue. C'est un vaste cirque, taillé à pic dans une montagne dont le sommet atteint plus de 1.500 mètres. Ses parois sont formées par des couches calcaires compactes, disposées en assises horizontales assez régulières. La base de cette falaise est encombrée par un vaste talus formé d'éboulis, au pied duquel on voit sourdre la Fontaine froide.
Greuz (Frédéric-Charles-Casimir, baron de), écrivain et philosophe allemand, né à Hombourg (landgraviat de Hesse-Hombourg) en 1724, mort en 1770. Il a laissé i>Iusieurs ouvrages écrits en allemand et imprimés ensemble (Francfort, 1769). Ce sont des Odes et des Chansons, écrites avec élégance, mais dépourvues d'inspiration; Sénpque, tragédie en cinq actes ; les Tombeaux, poème médiocre en six chants. L'ouvrage sur lequel on peut juger le pliilosophe et l'écrivain est intitulé : Essais sur l'homme, et traite du bonheur. On y remar([ue des allusions fréquentes aux pensées de Jean-Jacques Rousseau. Les Pensées lucrétiennes sont un poème en quatre livres, auquel le poème de Lucrèce, De nalura recum, a servi de modèle. Creuz compte, dans la littérature allemande, parmi ceux qui se sont donné pour tâche, durant la seconde moitié du xviii* siècle, de faire prévaloir la langue allemande et nationale sur le français, qui était la lang^ue des lettres et de la philosophie, et sur le latin, qui était la langue de l'érudition et du droit.
On a en outre de lui : un Essai sur l'âme (1753) ; le Véritable Esprit des lois (1766), dirigé contre Montesquieu.
CreuzÉ de La Touche (Jacques-Antoine), conventionnel et littérateur, né a Chàtellerault (Vienne) en 1749, mort en 1800. Il siégea à la Constituante et à la Convention, vota pour la détention de Louis XVI, ne se fit point remarquer pendant la Terreur; mais, après le 9-Thermidor, prit une part active à la réaction, et devint successivement membre des conseils des Cinq-Cents et des Anciens, et du Sénat. Il était membre de l'Institut, depuis 1795. Son principal ouvrage a pour titre : De la tolérance philosophique et de l'intolérance religieuse (i797).
CreuzÉ de Lesser (.\ugustin-François, baron), poète et auteur dramatique français, né à Paris en 1771, mort en 1839. Il fut secrétaire de légation, sous-préfet, membre du Corps législatif sous l'Empire et préfet sous la Restauration. C'était un homme desprit, au style élégant et facile. On lui doit des ouvrages très divers, des poésies, des romans, des poèmes de chevalerie : les Chevaliers de la Table-Bonde (1812); Amadis de Gaule (1813); Boland (1814), etc.; des vaudevilles, des livrets d'opéras-comiques, entre autres : Monsieur Deschalumeaux (1806); le Nouveau .Seigneur de village (1813); des comédies : le Secret du ménage {1&09); la Éevanche (1809), etc.; un Voyage en Italie (1806).
Greuzer (Friederîch), philosophe, écrivain et philologuo allemand, né à Marbourg en 1771, mort à Hoidelberg en 1858. A l'université d'Iéna, il eut pour maîtres Griesbach, do Schûtz et Schiller.
Il accepta on 1798, à Leipzig, un emploi de précepteur dans une famille. Il le quitta bientùt pour rentrer dans sa villo natale, alln d'y occuper une cliairo d'éloquence (1802). Doux ans plus tard, il fut nommé professeur d'histoire et de philologie à l'université d'Hoidelberg, où il enseigna, sauf un court séjour à Loydo, durant quarante-()uatre ans. Son goût pour la philologie lo lit participer, en 1807, à la création, à Heidelborg, d'un séminaire philologique. Le grand-duc do Bade lui conféra, on I818, le titre do « conseiller do la cour », puis, on 1826, celui do » conseiller privé >i. Dès 1825, l'Académio dos inscriptions do Paris lavait admis parmi ses membres étrangers. L'ouvrage très important qui a fondé sa réputation en Europe a pour litre : Symbolique et mythologie des peuples de l'antiquité et surtout des Grecs (1810-1812). V. svmbomquk.
On a de Creuzer, en outre : De l'art historique des Grecs (1803) ; Dionysus seu Commentationes de rerum bacchicarum orphicarumque originibus et causis (1808) ; Esquisse d'antiquités romaines (18241 ; Matériaux pour la connaissance des gemmes (1834); Etudes pour servir à l'histoire romairie et à la con7iaissance de l'antiquité (1836), dont on a inséré uno traduction française dans les Mémoires de l'Institut (1840) ; le Mithreum deNeuenheim (1838); Choix de vases grecs inédits, extrait de la collection de Carlsruhe (1839).
Creuzer était un philologue do premier ordre, en même temps qu'un savant interprète des m^'thes de l'antiquité. Entre autres éditions d'auteurs anciens, il en a donné une magnifique de Plotin (1835). Une partie des œuvres allemandes de Creuzer ont été publiées sous sa direction : Deutsche Schriften (1837-1843). On a aussi publié à Leipzig, en 1854, la Creuzer.
plupart de ses dissertations
de philologie, sous le titre : Frederlci Creuzeri opuscula selecta. Lo dernier volume de ses écrits allemands contient, sous le titre de : Souvenirs de la vie d'un vieux professeur, une biographie de Creuzer faite par lui-même.
CreuziER-LE-VIEUX, comm. de l'Allier, arrond. et à 20 kil. de Lapalisso, non loin de l'Allier; 1.406 hab. — On trouve dans le même arrondissement Creuzier-le- Neuf ; 729 hab.
CreuznaCH ou KreuznaCH, ville d'Allemagne (prov. Rhénane), sur la Nahe, à l'endroit où cette rivière commence à être navigable; 18.143 hab. Ch.-l. de cercle. Fabrication de cuirs, de pâtes alimentaires, de tabacs. Salines importantes. Creuznach est l'entrepôt des produits agricoles de toute la région ; elle fait uu commerce actif avec les vins, les grains, les cuirs, les eau.x-devie, etc. La célébrité de Creuznach provient surtout de ses eaux salées, qui attirent chaque année de nombreux malades. La villo est ancienne et pittoresque. Les environs sont couverts de ruines et de châteaux.
GREVAILLE {va-ill [Il mil.] — rad. crevei') n. f. Pop. et bas. Ripaille, repas où l'on mange avec excès : Faire une
CRIOVAILLE.
CREVAISON (l't") n. f. Pop. Action de crever, de mourir :
Faire sa crevaison.
Crevalcore, comm. d'Italie (Emilie [prov. de Bologne]), près du Panaro; 4.125 hab.
Crevant, comm. de l'Indre, arrond. et à 12 kil. de La Châtre, sur la Couarde, affluent de l'Indre ; 1.S07 hab. Sources minérales. Granit. Elevage de moutons. Dolmens. — Comm. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 21 kil. deThiers; 1.1 G4 hab.
CREVANT (lan), ANTE adj. Assommant, à crever d'ennui : liossini disait volontiers : <i Dix 77ïinutes de Bach, c'est siiblitne ; jnats un quart d'heure, c'est crevant! » (H. Blaze de Bury.) il S'emploie aussi, dans lo sens contraire, pour Amusant, à crever de rire.
Crevant, ancienne famille de Touraîne, qui remonte à Archambault de Crevant, seigneur de Bauché, marié en 1302 à Isabeau de La Fauconnière. La branche aînée s'éteignit en la personne de Loois-Archambault de Crevant, marquis de Bauché, mort en 1681. La branche des seigneurs de Cingé, puis marquis et ducs d'Humières, remonte à Jacques de Crevant, seigneur de Cingé, qui épousa, en 1484, Isabeau de Salignac. — Louis de Crevant, deuxième du nom, épousa, en 1595, Jacqueline d'Humières, qui devint héritière de sa maison. — Louis de Crevant d'Humières , quatrième du nom , pair et maréchal de France, vit sa terre de Mouchy érigée en duché sous le nom d'Humières, en août 1690. — Son fils, Louis de Crevant, fut tué au siège de Luxembourg, en 1684; le titre passa à sa fille Anne-Louise-Julie, qui le porta à son mari Louis-François d'Aumont, duc d'Humières.
CREVARD (var') n. m. Arg. Enfant mort-né.
CREVASSE (rad. crever] n. f. Fente, déchirure d'une surface : Lu crécerelle se tient duîis les crevasses des vieilles murailles.
— Art vétér. Crevasses. Fissure douloureuse qui se produit dans la peau, au fond des plis du paturon du cheval, par les temps froids et humides.
— Artill. Dégradation qui, par suite du tir, se proLluit sous forme d'arrachement de métal dans l'âme des bouches à feu de bronze, sur le trajet du projectile.
— Géol. Crevasses des glaciers. Cassures qui se produisent dans la masse des glaciers, quand ces derniers franchissent un coude ou une dénivellation brusque.
— Grav. Tailles confondues.
— Mar. Ouverture dans la carène d'un vaisseau.
— Méd. Fente peu profonde, qui survient dans l'épaîsseur de la peau ou à l'origine des membranes muqueuses : Ze5 crevasses ou gerçures des seins se remarquent souvent chez les fonmes qui nourrissent pour la première fois. (Focillon.) Il Déchirure peu profonde, qui se produit dans certains organes : Les viscères creux, les cloisons et les enveloppes membrarieuses peuvent être affectés de crevasses. (Focillon.)
— E.N'cvcL. Art vétér. La crevasse, chez les chevaux, correspond assez bien aux engelures de l'homme. Les chevaux à constitution nerveuse y sont plus sujets que les autres; certains en ont chaque année. On guérit les crevasses par des applications émollientes et résolutives, et en évitant d'exposer lo malade à l'humidité froide et surtout glacée.
— Géol. Les crevasses des glaciers sont longitudinales quand elles correspomlont à un rétrécissement, à un étranglement de la vallée dans laquelle s'épanche le glacier. Les crevasses donnent lieu à un désordre cbaotit|ue, dont les éléments ont reçu lo nom de séracs, quand la pcnto s'accuse tout â coup. Elles sont transversales, d;ins la plus grande étendue do la plupart des glaciers, parce qu'elles résultent de la difl'érence do vitesse avec laquelle se meuvent la
partio oontraio du {^'lacionruno part, ot les bords de Paulro. Enfin, les crevasses sont dites frontales, à rextrémité inl'6rieuro dos glaciers, où oUos so sont Ibrméos à la suite de l'épanouissemont de la masse glacée sur un espace plus largo. Los crevasses conimoncont par dessiner à. la surface dos glaciers de minces tissures, qui s'élargissent progressivement ; elles atteignent parfois, en (juclquos jours, uuo profondeur de plusieurs mètres.
Cre' nssr^ st'îsjniques. On nonimo ainsi des cassures du sol, produites par les troniblonionts do terre. Ces crevasses se reforment
^Uci.
queIi|Uofuis immédiatement, d'autres restent toujours béantes. Celles qui ontdéchi le sol dos Cali bres, lors d i treinblemei t de terre d 1783, sont ros té es famé u ses.
— Méd. Les crevasses dispa, raissont gêné ralemont dès qu'on les sous trait à l'action du froid. On les guérit aussi à laide d' o ne tiens avec l'huile d'amandes douces ou un corps gras adoucissant. Leur siège varie : les seins, lurètre, les tumeurs anévrismales, les muqueuses, peuvent être ainsi fendillés. Souvent, aussi, la crevasse accompagne d'autres phénomènes morbides, comme l'engelure, l'hémorroïde et la lîssure à l'anus. Le froid n'est pas, dans la crevasse anale, ou fissure, la cause du mal : c'est une rupture sous l'action des efforts répétés de la défécatiûii, cliez les constipés.
CREVASSER (rn-sé) V. a. Produire des crevasses sur : Lo front CREVASSK les ynains.
— Grav. Faire un pâté, un pocliis sur : Crevasser sa planche.
Se crevasser, v. pr. Devenir crevassé.
CREVASSÉE [va-sé) n. f. Fente, crevasse. (Peu usité.)
Crevaux fyt(/e« -Nicolas), médecin de la marine et exploraieur français, né à Lorquin (Meurthe) en 1847, mort dans le Gran Chaco en 1882. Après s'être distingué pendant la guerre fraaco-allemande, Crevaux consacra sa vie à d'importantes explorations dans l'Amérique du Sud. Dans ses deux premiers voyages, i! explora les monts Tumuc- Humac et divers aftiuents de l'Amazone et de l'Oyapock (1876-1879). L'année suivante, il remonta le rio Magdalena, franchit la cordillère des Andes, etréussit à atteindre lOrénoquo par un affluent encore inexploré, le Guaviare-.Crevauv visita aussi, dans le delta de rOrénoque, les Indiens Gouaraounos avant de rentrer en Franco. II en repartit bientôt après, dans le but d'explorer lo haut Paraguay et d'atteindre l'Amazone, en étudiant quelques-uns do ses aftiuents de rive droite. Mais, à son arrivée â Buonos- Ayres, on lui fit comprendre l'intérôt dune exploration du no Pllcomayo, qui traverse lo Gran Chaco boréal et qui, exploité, serviraii. en quel(|ue sorte do trait d'union entre la Bolivie et la république Argentine; aussi Crevaux se décida-t-il à faire la reconnaissance du Pilcomayo. C'est sur les bords de cette rivière qu'il fut assassiné avec ses compagnons par les Indiens Tobas, dans des circo n st a n ces qu(! le Français A. Thouar a précisées un peu pins tard (I88:ï). La relation des explorations do Crevaux a été puliôo sous ce titre :
Voyages dans l'Amé- •'ique du Sndl\ti,S2).
CREVÉ n. m. Cost.
Ouverture longitudinale qu'on pratiquo à certaines manches , aux garnitures do certaines robes do femme, et qui laisse apercevoir uno étotfe dune autre couleur cousue on dessous.
CRÈVE-CHÂSSIS {chil-si) n. m. Nom vulgaire de la mésange A tête noire, ou mésange charbonnière.
CRÈVE-CHIEN (chi-in) n. m. lîot. Nom vulgaire de la moreile noire (sulanum nif/rum), qui est regardée comme mortelle pour les chiens qui en mangeraient, i! PI. JJes
Rl^Vi;-CIIIlîN.
CRÈVE-CŒUR f/cnir') n. m. Fam. Grand déplaisir, grande iouieur; dépit; mortiilcation. n PI. /)c« CRiiVi:-CŒUH.
GrÈVECŒUR, comm. du Calvados, arrond. et ù 17 Uil. de Lisirux, sur la Vio, aflluent do la Dives; 115 hab. Volailles renommées et qui forment uno raoo spéciale dite Il de CréveciL'ur •>.
GrÈVECCCUR (Jacmios niî), chambellan do Philippe lo Bon, mort vers H4l. Il appartenait ii la famille de Crève- CfTiir en Qeauvoisis (Oise). Il commanda les Hoiirgui-
Jules Crevaux.
Costumos h. crevés (xvi* h.).
gnous cunlre le daupliiii de France, puis joua un rôlo important dans les fameuses négociations qui précédèrent le traité d Arras (1135), où il amena la réconciliation du duc <le Hourgogno Philippe le Bon avec Charles VII, ce qui fut lo couple plus sensible porté à la cause anglaise eu France.
GrÈVECŒUR (Philippe Dii), fils de Jacques do Crèvecœur, l)aioii d'Ksfjuerdes, maréchal de Franco, mort à lArbresle (Rhône) on l-ii)l. II fut élevé à la cour du duc de Bourgogne et devint 1 un dos favoris do Charles le 'l'omoraire, qui le nomma gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye, on 1-163. 11 combattit les armées do Louis XI en Picardie et on Artois, et tut battu sous la bannière de Charles le Téméraire, à Granson (U76), Morat (1476) et Nancy (H77). Après la mort du Téméraire, par l'entremise de Comiues, il passa au service du roi de France, qui lo nomma gouverneur de La Rochelle; mais il se fit battre à Guin^gate (1479). Charles VIII le nomma maréchal do France et lui donna le gouvernement de la Picardie. Il joua un rôle imi)ortant dans la conclusion des traités d'Arras (1482) et d'Etîiples (1492), et fut nommé, an 1492, grand chambellan de France.
GrÈVECŒUR (Hector Saint-John del, agronome français, né à Cacn en 1731. mort en 1813. Pendant vingt-sept ans, il exploita un établissement agricole près de New- Vork, puis revint en France (1784)," et introduisit la culture do la pomme de terre dans la basse Normandie. On a do lui : Lettres d'un cuHivnleur amdricain (1784) ; Voyage dans la haute Pensylvanie et dans l'Etat de New-York (180i).
GrÈVECŒUR-LE-GRAND, ch.-l. de cant. de l'Oise, arr. et à 38 kilom. de Clermont, vers la source de la Celle, affluent de la Somme; 2.1S9 hab. Ch. de f. Nord. Fabriques de lainages, briqueteries; château du xv" siècle. — Le canton a 20 comm. et 7.567 hab. (Dans le même arrond., Crèvecœur-le-Petit ; loi hab.
CrÈVECŒUR-SUR-L'EsCAUT (lat. Crepicordimn) , comm. du dép. du Nord, arrond. et à 7 kilom. do Cambrai, sur l'Escaut, non loin de son confluent avec le riot d'Esnes; 2.335 hab. Carrières, tourbières, brasseries, fabrique de chaux, sucreries, raoulins. Vestiges des anciennes lortitications et d'une église du xiii* siècle.
— Histoire. La petite sei/jneurie de Crèvecœur fut souvent mêlée aux événements les plus importants de l'histoire do France, et son nom lui viendrait, dit-on, des échecs nombreux dont elle fut le tiiéâtre. Charles le Mauvais, roi de Navarre, subit, dans le château de Crèvecœur. une captivité de plusieurs mois. Charles-Quint campa avec son armée dans les environs do Crèvecœur. Les Espagnols l'assiégèrent au xvu* siècle et furent repoussés par les vainqueurs de Rocroi.
CREVÉE n. f. En T. de chass., Nom qui, dans certaines contrées, sert à désigner une nombreuse troupe d'oiseaux do passage : Une crkvék de caiiaj-ds sauvages.
Crevel (Jacques), jurisconsulte français, né aux Ifs (Calvados) en 1692, mort en 1764. Il fut avocat au parlement de Rouen, et professeur de droit à l'université de Caen, dont il fut recteur en 1721. II soutint une lutte énergique contre les jésuites, et les contraignit à faire réparauon ù runivcrsito qu'ils avaient outragée.
CRÈVE-LA-FAIM (^'0 n. m. Pop. Malheureux, misérai. le : Des CRÈVE-LA-FAIM.
CREVELLE n. f. Mar., moll. et techn. V. caravelle.
CREVER (du lat. orpaiv. même sens. — Change een è devant une syllabe muette : Je o-ève. Tu crèveras) v. a. Faire rom{,ro, faire éclater : Crkvku un sac à force de le rempfir. Eaux débordées qui crkvknt leur digue. ii Pratiquer une ouverture dans : Crkvkr uji abcès.
— Faire mourir ou rendre perclus par un excès de fatigue : Crkvkr son cheval.
— Pop. Faire boire et manger avec excès : // les creva de bonne chère. (Acad.) n Tuer : Crkver un bourgeois. — Crever la peau, la paillasse, Mémo sons.
— Loc. div. : Crever un œil, Cr^ever les yeux à quelqu'un, Le rendre borgne ou aveugle, u Fig. et fam. Crever les yeux. Etre tout à fait devant les yeux et n'être pas vu : Nous cherchons quelquefois ce qui nous cri^ve les yeux. — Etre tout à fait évident : // ne faut condamner tin homme que lorsque sa culpabilité crève les yeux. — Aveugler, empêcher do voir certaines choses : Notre propre intérêt est un merveilleux instrument pour 7ious chevur les yedx agréablement. (Pasc.)ii Crever le cœur, Causer une grande compassion, un grand attendrissement, il (jue la peste te crève! Imprécation dont le sens propre est : Puisses-tu mourir do la peste !
— V. n. Eclater; se déchirer ; Bombe qui CRiivE en l'air. Abcès qui caiiXK tout seul. lîotto qui vient de crevkr.
— Parext. Au pr. et au flg. So résoudre en eau, en parlant des nuages : Nuage près de crkvkr.
— Fam. Mourir : Crève, crïcve, cela t'apprendra à te jouer de la Faculté. (Mol.) il Etro fort incommodé : Ciu:vkr de soif, de chaud, il Eprouver uno contrariété violente que l'on dissimule : Crever de dépit, de jalousie, n Etro gros ou gras à. l'excès : Crever dans sa peau. Crever a embonpoint, de santé. ii Regorger : M"'* de Coulange, qui crève d'argent... (M"*" do Sôv.) il A crever, D'uno manière excessive ou violente : Manqer, Jiire k crever, u Crever de rire, Riro longtemps ot aux éclats.
— Fig. Echouer, faire défaut tout A coup : Le bon droit seul est une arme qui souvent crève dans les tnains.
— Armur. Se dit d'un fusil dont le ou les canons éclatent dans les mains du tireur, au moment mémo où il tire.
— Art culin. Faire crever du ris, Lo faire gonfler ot ramollir à l'eau bouillante ou ù. la vapeur, jusqu'à ce quo les grains s'ouvrent.
— Jeux. Dépasser d'un ou do plusieurs lo nombre de points rtxé pour gagner.
Crevé, ée part. pass. du v. Crevor.
— Mar. Navire crevé. Bâtiment qui, ayant touché, s'est fait uno voie d'oau dans la coque, n Filin crevé, Filin dont un dos torons est brisé.
— Suhstantiv. Personne vontruo, boufflo. tl Comme un crevé, un gros crevé. Avec excès : Manger, Boire, Ronfler,
litre COMME UN OROS rRKVÉ.
— Petit crevé ou simplement Crevé, Nom donnd à dos jounos gens i\ la mode, ofl'éminés, remarquables surtout par le soin qu'ils donnent à leur toilette exceniri(|ue, laquelle, ti l'époquo od lo nom fut inventé (sous lo second