CRITIQUE — CRITON
doctrine, a paru depuis : les deux premiers essais on 1875» lo troisième en 1892, le quatrième en 1806. Ce qui devait être le cinquième essai est devenu la Philosophie analytique de l'histoire (1896).
Les deux premiers essais contiennent les principes fondamentaux du néo-criticisme. On peut, semblo-t-il, les résumer brièvement, mais exactement, dans les thèses suivantes, auxquoiios Renouvïer a été amené, sous la double intluenco de Hume ot do Kant : négation do l'infini quantitatif ou numérique; négation de la substance^ suppression du noumène uo Kant; négation du déterminisme, thèses qui so rattachent los unes aux autres étroitement, et conduisent à l'affirmation de la liberté, du phénoménisme, du « finitismo », et à la suprématie de la morale. A travers le progrès et l'enrichissement de sa pensée, Renouvier est resté fermement attaché à ces idées essentielles, qui, méconnues ou ignorées pendant longtemps, ont, dans ces dernières années, profondément modifié la position des problèmes philosophiques.
Critique philosophique (la), publication hebdomadaire philosophique, politique, scientifique et littéraire. Fondée, en 1872, par Ch- Renouvier et François Pillon, elle était destinée à propager les principes du néo-criticisme et à en montrer toutes les applications. D'abord hebdomadaire, cette revue est devenue mensuelle en 1885, Elle a cessé de paraître en 1889. De 1878 à 1885, elle a publié un supplément trimestriel sous le titre de Critique religieuse. — L'Année philosophique, publication annuelle dont le premier volume a paru en 1890, peut être considérée comme la continuation de la Critique philosophique.
CRITIQUEMENT (kc-man) adv. D'un© façon critique. Il Selon les lois de la critique,
CRITIQUER {ké — rad. critique) v. a. Examiner, dans l'iutention de faire ressortir le mérite et les défauts : C'est en grand qu'on doit critiqukb les grandes choses. (Marmontel.)
— Par ext. Censurer : Critiquer un livre. On cbitiqde dans la vieillesse ce que l'on admirait jadis. (Scribe.)
Se critiquer, v. pr. Faire sa propre critique : On ne se CRITIQUE guère que pour se faire donner un démenti. Il Faire la critique l'un de l'auire ; Les auteurs aiment à se critiquer.
— SvN. Critiquer, blâmer, censurer, condamner, désap'prouver, épiloguer, fronder, improuver, reprendre, réprimander, réprouvei , trouver à redire. V. ui^MEii.
CRITIQUEUR {keur'), EUSE n. Individu qui aime à critiquer : Un critique ?i'cst formé qu'après plusieurs années d'observations et d'études ; un critiqueur nait du soir au 7natin. (La Bruy.)
Critobule d'Imbros, historien grec du xv* siècle, né à Imbros, mort vraisemblablement à Constantinople. En 1456, il fut chargé par Mahomet II du gouvernement d'Imbros, qu'il garda jusqu'à l'occupation do cette île par les Vénitiens (1466). 11 a écrit une Histoire de Mahomet II, dédiée à co sultan, dans laquelle il a raconté les événements de son règne, de 1450 à 1467.
CriTOLAOS, général grec, mort en 146 av. J.-C. Elu, en 147, stratège de la ligue Achéenne, il fit la guerre à Sparte, à cause de son alliance avec les Romains, entraîna la Grèce dans une lutte contre Rome, se fit battre à Scarpée (146) par le consul Munimius, et précipita ainsi la ruine et l'asservissement de sa patrie. Tito-Livo rapporte qu'il s'empoisonna après sa défaite.
Critolaos, philosophe grec de l'école péripatéticienne (il* s. av. J.-C). 11 était né à Phasélis on Lycie. 11 vint de bonne heure à Athènes. 11 y suivit les leçons d'Aristou de Céos, auquel il succéda comme chef de l'école péiipatéiicienne. Les Athéniens ayant été condamnés à uno amende par le sénat romaiiï pour avoir détruit la ville d'Orope, ils envoyèrent à Rome uno ambassade chargée de faire lever l'amende. Les trois ambassadeurs étaient trois philosophes : Carnéade, Diogèno lo Babylonien, et Critolaos (155 av. J.-C). Ils profilèrent de leur voyage pour donner à la jeunesse romaine des leçons de ]>hilosophic. Critolaos eut pour auditeurs, dans cette circonstance, Soipiun l'Africain et Lœlius. Mais la hardiesse do ces philoso[>hes, d'autres disent le relâchement de leurs doctrines, excitèrent les susceptibilités des partisans des vieilles mœurs romaines. Caton demanda et obtint leur ex]uilsion. Critolaos revint à Athènes où il mourut, on no sait en quelle année, mais certainement avant l'an 111, dato do l arrivée do L. Crassus à Athènes.
Criton, pliilosopho grec, disciple et ami de Socrato. C'était un des plus riches citoyens d'Athènes. Il conlia A Socrato l'éducation de ses quatre fils : Critobule, Hermogène, Epigène ot Ctésippe. Il était dangereux d'être riche a Athènes : afin de lo détendre contre l'envie qu'excitaient ses richesses, Socrato engagea Criton à s'attacher par dos bienfaits un jeune orateur très pauvre, mais d'un grau'l talent, nonnno Archidème, qui sut, en etfot, lo défondro contre ses ennemis. Criton s était habitué ù pourvoir aux besoins de Socrato. Lors du procès do ce dernier, il lui fournit une caution, afin d'éviter que Socrato fût arrêté. Lorsqu'il fut condamné ù boire la cigué, Criton lui ménagea la facilité de s'évader : Socrato refusa. Un dialogue fie Platon porto le nom do l'ami do Socrnio. Diogèno Laérce lui attribue dix-sept dialogues sur divers sujets do morale et do politique, et Suidas une apologie do Socrato. Il n'en reste pas un fragment.
Criton (le), dialogue de Platon. — C'est un entretien do Socrato avec Criton, l'un do ses disciples. Celui-ci est venu trouver Soonite dans sa pri.son, et lui offrir do le rendre à la liberté. Sans courir aucun danger do la part des délateurs, qu'il est facile d'acheter avec un peu d'argent, il délivrera Socrato, lui assurera un asile on Thossttlie, et conservera un père à ses enfants ot un maître à ses disciples. Mais Socrato reste sourd A ces instances. r. Le plus important, dil-il, n'est pas do vivre, mais do bien vivre. Quebe quo soit l'opinion do la foule, quel ouo soit le sort qui nous attend, nous ne devons jamais rendre injustice pour injustice. » Pourrait-il sortir do sa prison sans outrager la justice? Est-ce qu'il n'entend pas les lois qui lui demandent si, par sa désobéissance, il veut les affaiblir ou les renverser, elles qui ont protégé su naissmico et présidé h son éducation ? Est-il permis do se plaindre do sn patrie ot do so révolter contre elle, niAme lorsqu'elle nous traite avec rigueur, ot no faut-il pas lui obéir partout? A son Age, ira-t-il se cacher dans une ville étrangère, et ternir l'éclat d'une vie irréprochable, et cela pour sauver quelques misérables jours, sans utilité pour
CRITON — CROCERON
ses amis et pour ses enfants? Non, Socrate no sera pas le corrupteur des lois ; il restera fidèle aux maximes do sa vie entière ; il ne se déshonorera pas : il mourra.
GritoN, médecin de l'empereur Trajan. Mondain autant ou plus que savant, il composa un traité sur la Civilité, un autre sur les Cosméiiques. Quelques citations de cet écrivain se lisent dans le Tetrabiblos d'Aétius. Il était aussi l'auteur d'un livre d'histoire sur les Gètes.
CRITONIE [ni) n. f. Genre d'arbrisseaux do la famille des composées, tribu des eupatoriées, comprenant environ six espèces, qui croissent dans les régions chaudes de 1" Amérique. Il Autre genre, synonyme de kohnie.
CrittoN (George), jurisconsulte et littérateur écossais, né en 1554, mort en 1611. Il se rendit à Paris, où il fit ses études. Plus tard, il professa le droit à Toulouse, revint à Paris, s'y livra à 1 enseignement, et devint, en 1595, professeur de grec au Collège de France. On a de lui, entre autres ouvrages : Notx in epigrammata e libro primo Grxcx Anthologix decerpta (1584) ; De sortibus Hoinericis oratio (1597).
GriVELLI (Carlo), peintre vénitien du xv< siècle, élève de Jacobello del Fiore. C'est dans la Marche d'Ancône, à Ascoli et dans les environs, sur la frontière napolitaine, que ses principaux tableaux ont été retrouvés. C'est là qu'il a dû passer la plus grande partie de sa vie, et que Ferdinand II, roi de Naples, lui conféra la noblesse en 1490. Crivelli est un émule de Pôrugin, avec un talent moindre comme dessinateur. Ses œuvres sont assez nombreuses et très recherchées. Nous rappellerons : Saint Bernardin de Sienne, signé : Opus Caroli Crivelli VENtiTi, 14*7 ; musée de Bruxelles, Vierge avec l'Enfant ; National Gallery, à Londres, le Christ mort, le Bienheureux Feretti ; gaXone Brera, à Milan, le triptyque contenant la Vierge et l'Enfant, saint Pierre et saint Dominique, saint Pierre et saint Géminien ; la Vierge et l'Enfant, le CIwist en crnix, et plusieurs autres panneaux représentant divers saints ; au même musée, à Rome, une Pietà. On cite encore des œuvres de Crivelli à Ascoli et à Massa.
Crivelli (Jean), mathématicien et physicien italien, né à Venise en 1691, mort en 1743. Il fit partie de la con-
frégation des somasques, se livra à l'enseignement, puis evint recteur du séminaire patriarcal de Murano. Ses principaux ouvrages sont : Elementi di aritmetica numerica et letterale (Venise, 1728) ; Nuova elementare geometria (1729) ; Elementi di fisica (1731), etc.
Grivelli (Gaetano), chanteur italien, né et mort à Brescia (1768-1836). En 1795, il obtint d'éclatants succès au théâtre San Carlo de Naples, ensuite à Rome et à Venise, et en 1805 à la Scala de Milan,. En I8li, il alla succéder, au Théâtre-Italien de Paris, au père de la Malibran, le célèbre Garcia, et il y fit admirer un talent de premier ordre. Il y resta jusqu'en 1817, se rendit ensuite à Londres, puis retourna en Italie, où il retrouva ses succès. Crivelli eut le tort do vouloir prolonger sa carrière outre mesure ; à soixante ans passés, il chantait encore, alors que ses moyens avaient complètement disparu. Il se retira enfin en 1829. — Un fils de cet artiste, Domknico Crivelli, né à Brescia en 1794, s'est fait connaître comme compositeur et professeur do chant. Il fut professeur de chant au Collège royal de musique do Londres, où il s'était fixé. On connaît de lui un opéra boufi'e intitulé la Fieradi Salerno, une cantate à trois voix avec orchestre et divers morceaux de musique religieuse, ainsi que des mélodies vocales.
Crivelli (Antoine), physicien italien, né à Milan en 1783, mort en 1829. 11 se livra à l'enseignement, puis voyagea en Turquie (1817), d'où il rapporta les procédés employés pour la fabrication des lames de sabre dites de Damas. Crivelli donna la forme conique aux miroirs ardents, chercha â découvrir la méthode d'embaumement pratiquée par les Egyptiens, se servit lo premier de la poudre fulminante pour les armes à feu, et perfectionna la trempe de l'acier. Il publia divers écrits : l'Art de fabriquer les lames de sabre de Damas (1818) ; Du défaut de sûreté des serrures combinées (1821); etc.
Criwttz ou X^Rlwrrz, ville d'Allemagne (duché de Mecklembourg-Schwerin), sur le Criwitzcr-Sce ; 3.000 hab.
CrixuS, esclave gaulois , lieutenant de Spartacus, mort en 72. Après la défaite de Varinus et les premiers succès remportés par les esclaves révoltés à la voix de Spartacus, Crixus s'obstina à rester dans le sud de l'Italie, pendant que Spartacus s'avançait vers les Alpes, afin de pouvoir renvoyer chacun de ses soldats dans leur patrie respective. Mais bientôt, attaqué par le consul L. Gellius, Crixus fut battu et périt en combattant. — Son nom' (correspondant au latin Crispus) signifie « frisé n.
CROAILLEMENT n. m. Linguist. Syn. de croassemknt
et de CRAllXKMENT.
CROAILLER v. n. Linguist. Syn. de croasser et de
CEAILLKR.
CROARD {ar') n. m. Môtall. Sorte de crochet monté au bout d'un long manche, avec lequel on fait tomber le laitier du haut fourneau, quand il est à. hauteur do la dame.
CROASSANT (a-san), ANTE adj. Qui croasse : Corbeaux CKOASSA.NTS. 11 Fig. Qui produit des sons discordants, des vers dépourvus d harmonie, des appréciations malveillantes : Critiqueurs CROASSANTS.
CROASSEMENT (a-se-man — rad. croasser) n. m. Cri particulier au corbeau et à la corneille, n Par anal. Cri d'oiseau ou bruit do voix humaine, plus ou moins analogue au cri du corbeau ou de la corneille : Le croasskmknt (/(( perroquet. (On dit aussi ceaillemekt, et croaillemknt.)
— Fig. Productions des mauvais poètes, il Critiques jalouses : Les CROASSEMENTS des envieux.
CROASSER (a-sé — onomatop.) v. n. Crier, on parlant du corbeau ou de la corneille. (On dit aussi grailler, et croaillkr.)
— Fig. Faire entendre des rumeurs médisantes ou calomnieuses.
— V. a. Faire entendre on croassant : Le corbeau croassait sa c/ianson. (V. Hugo.) Il Faire entendre sur un ton discordant :
Vous avez croassé dei plaidoyers b. l'heure,
DAr.TllÉI,KMT.
Croate, personne née dans la Croatie, ou qui habite ce pays. (On disait aatref. Cravate.) — Les Croates.
— Adjectiv. Qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Le peuple croate.
— n. m. Linguist. Langue slave parlée par les Croates.
— Hist. S'est dit de divers corps de troupes, composés de Croates et de Magyars.
— Encycl. Linguist. V. Croatie-Slavonie.
Croatie-SLAVONIE {a-si) [en hongr. Horvat-Szla-
vonorszac], division politique de la monarchie transleiihane (empire austro-hongrois), au S.-E. de la Styrie et de la Carniole, séparée de la Hongrie par la Drave et de la Bosnie-Herzégovine par la Save. Superf. 42.535 kil. carr. Le relief du sol, beaucoup moins accidenté que dans les pays slaves voisins, comporte à l'O. des chaînes de calcaire et de craie (Kapcllagebirgo) do 1.000 à 2.000 mètres, qui fontlajoDclion entre les plateaux du Karst istrien et les Alpes Dinariques, et à l'E. do petites chaînes isolées au milieu des alluvions de la plaine. Le climat est rude, très chaud en été, froid en hiver, sauf sur le littoral de la mer Adriatique, et signalé par de violentes pluies de printemps et d'automne surtout. Cette circonstance exoliaue la présence, malgré l'extrôme perméabilité du sol, de belles forêts de hêtres, et de pâturages, où se fait principalement l'élevage des chevaux (Syrmie). L'industrie est pou développée; mais le blé, la vigne, le mûrier de vers à soie, le tabac donnent d'assez riches produits. La population est disséminée, et trois villes seules : Agj-am, Fiume, port franc, et Belovar ont plus de 20.000 habitants.
— Histoire. Envahi par les Yougo-Slaves ou Slaves du Sud (Slovènes et Croates) au vii< siècle, le pavs fut conquis par les Hongrois à partir du xl^ Après la bataille de Mohacz (1526), il fut rattaché aux possessions de la maison de Habsbourg. Envahi par les Turcs à la fin du xvi« siècle, il a longtemps servi de champ do bataille entre eux et les Autrichiens, jusqu'au traité do Karlowitz (1699), qui en a assuré la propriété définitive à ces derniers. 11 a fait partie de l'Empire français de 1809 ftraité do Vienne) à 1814. A l'avènement des Habsbourg, il appartenait légalement au royaume de Hongrie, en fut séparé après la révolution de 1848-1849, puis réuni définitivement en 1868. Depuis 1875, il forme 9 comitats et 6 districts militaires, et constitue le territoire du 13' corps d'armée hongrois. Sur une population de 2.200.000 habitants, les Slaves sont 2.050.000, les Allemands, 40.000 et les Magyars, 17.000; les catholiques dominent de beaucoup à 1 Ouest. La région est aujourd'hui le centre du mouvement yougo-slave, qui se propose la formation, avec la Dalmatie et la Bosnie, d'un royaume « triunitaire », sous la suzeraineté do l'Autriche. On leur a accordé une diète spéciale, et un chef élu, le « ban " , qui gouvernent ; l'académie et l'université d'Agram, notamment, sont les centres des tendances yougo-slaves, qui se manifestent surtout par la littérature.
Los troupes croates formaient, comme les hussards magyars, la cavalerie légère des armées impériales. Sous Louis XIII, on créa dans les armées françaises, à l'imitation des régiments croates, un corps do cavalerie légère qui, sous Louis XIV, prit le nom do Eoj/al-c ravale.
La langue croate, branche de la famille slave, est parlée en Croatie, en Esclavonie, dans une partie de llstrie et de la Dalmatie. Elle ne ditfère de la langue serbe que par l'écriture; les Croates emploient, en efi'et, l'alphabet romain; les Serbes, l'alphabet cyrillique. La littérature croate est très pauvre. Elle possède du xvi" siècle quelques parties do la Bible, des livres de prières, une traduction des œuvres du poète hongrois Zrinyi, qui fut ban do Croatie, et plusieurs dictionnaires. Au commencement du xix" siècle, cependant, il y avait quelques écrivains, comme Miklusic, Brezovacky, Jandric et Lavrencic, qui cultivaient les lettres. Mais, vers 1830, eut lieu la fusion entre Croates et Serbes, et, dès lors, il ne fut plus question d'une littérature croate.
CROBYLE (du gr. krôbulos, même sens) n. m. Antiq. gr. Genre de coiffure, particulier aux hommes, qui consistait à relever les cheveux, soit en chignon derrière la nuque, soit en toupet au-dessus du front. 11 Antique coifi'uro ionienne, en usage à Athènes, avant les guerres médiques : les cheveux étaient ramassés derrière la nuque, et fixés par un cordon ou une épingle en forme de cigale. i> Aigrette sur le cimier d'un casque.
CROC {krok' — onomatop.) n. m. Mot qui exprime le bruit que fait quelque chose qui sebriso sous la dent, sous le pied.
CROC (mot d'orig. gernian. ; le c final ne se prononce pas, même devant une voyelle, excepté dans croc-enjambe) n. m. Instrument de fer, de bols, etc., ayant une ou plusieurs pointes recourbées, et servant à y pendre, à y attacher quelque chose : Croc de cuisine, de boucher. Il Longue perche armée d'un croc : Croc de batelier.
— Par anal. Longue canine de certains animaux: Croc de dogue.
il Pince d'écrevisse. il Moustache relevée et courbée en croc :
Deux CROCS de moustache rousse.
(Le Sage.)
— Fam. Dent : Donner un coup rfecRocs. Il Voleur au jeu. (Vieux.) [On dit auj. escroc]
— Pop. Faire un croc. Faire une dette que l'on no paye pas.
— Croc à éléphant, Sorte do barreau de fer pointu, muni latéralement d'un crochet, dont se servent les cornacs iiindous pour piquer le cou et les oreilles des éléphants qu'ils conduisent. {Ces crochets, dont l'usage remonte à rantlcjuité, sont souvent damasquinés et ciselés avec beaucoup d art et do richesse.)
— Agric.V. crocubt.
— Archéol. Crochet double, qui servait à tendre l'arbalélo. (Los arbalètes, ainsi actionnées, étalent dites à croc. Le croc était suspendu à la cointuro, pondu sur lo ventre, très employé pour les arbalètes dont l'arc, sans être très raido, l'était cependant assez pour no pas permettre la tension avec la main ; il demeura en usage jusqu'au commencement du xvi" siècle.)
— Art milit. Nom que l'on donnait, au xiV siècle, à une saillie métallique, adaptée sous le canon des arque-
Cru f»y le.
éli'phmt.
D'azur à un croc d'argent posé en pal, la pointe tournée vers le chef.
A, croc; B, croc à ciseaux; C, croc à émerilloû
Crocs : 1. A fumier; 2. De marinier ; 3. A pommes de terre ; 4, 5. De boucherie-
buses de gros calibre, et qui, s'appuyant sur le parapet des murailles ou sur tout autre objet, diminuait la fatigue du tireur, (Les arquebuses ainsi disposées s'appelaient AKQUiiBUSES À cRocs. [V. ARQUEBUSE].) Il C'/'oc de sdpe. Instrument employé dans les travaux de sape volante.
— Blas. Meuble de l'écu figurant un fer crochu ou la gaffe des mariniers.
— Coût. anc. Crocs de la ville. Gros crocs de fer, dont on se servait, à Paris, pour saisir et abattre au besoin les murs d'une maison incendiée, afin d'arrêter les progrès du feu. (Des instruments analogues sont encore employés aux mêmes usages, dans les campagnes.)
— Mar. Syn. de gafke. m Croc à ciseaux. Crochet en deux parties se croisant en biais comme les ciseaux. Il Ci^oc à èmerillon, Croc pouvant tourner dans son support, n Moucheter un croc. En fermer l'ouverture avec un fil do caret, afin que ce qui passe dedans ne puisse décapeler. il Croc à cosse. Croc terminé par une cosse et servant à l'estrope d'une
poulie à croc. Il Croc à ~
échappement. Croc dont le bec est mobile et fermé par une pièce mobile, qui peut se décapeler pour laisser reposer, au fond de l'eau par exemple, le poids que portait le croc.
Il Croc à c/mmc, Long crochet de fer dont on se sertpour manier les chaînesd'ancre, entre le puits et l'écubier. il Croc à ourdir. Servant à étendre les fils destinés au commettage. ii Fam. Coup de croc, Petit verro d'eau-de-vie.
— Tcclin. Nom d'une multitude d'instruments employés à divers usages, il Outil de marinier, qui sert à manœuvrer les bateaux, il Instrument aratoire, servant à tirer le fumier, il Sorte de pioclie à deux dents, servant à arracher les pommes de terre, ii Perche terminée par un crochet et dont on se sert dans le commerce, pour accrocher ou décrocherdifl'ércntsobjets. il Autre nom des allonges servant à suspendre la viande.
— Loc. div, : Avoir à so)i croc, Mettre à soii croc, Fournir son croc. En parlant de viande ou de gibier. Les avoir à sa disposition. Il Mettre au croc.
Pendre au c/'oc. Renoncer à, abandonner, déposer provisoirement ou d'une manière définitive : METTRii Vépée An croc Mettre la soutane au CROC — Renoncer à l'usage de, faire chômer ; Moquezvous de ceux qui mettent la poésie à toute sauce et qui laissent la morale et le bonheur pkkdvs au CROC.(Béranger.)
CROCALITE (l'orthogr. rationn. serait crocalithe) n. f. Zéolitlie sodique, répondant à la formule H*Na'APSi*0". Variété de mésotype, ainsi appelée à cause de sa couleur, qui est ordinairement d'un jaune tirant sur le rouge. (La crocalite se rencontre à Fassa [Tyrol]).
CROCALLIS (liss) n. f. Genre d'insectes lépidoptères phalénicns, famille des ennomidés, comprenant aes formes à front velu et saillant, à thorax globuleux, velu, et dépourvues de trompe.
— Encycl. Les crocallis sont des phalènes à corps robuste et épais, à ailes épaisses, largement frangées ; leurs chenilles, en forme de branchettes, vivent sur les arbres et les arbisseaux. On en connaît cinq ou six espèces d'Europe, une de Tasmanie. La crocallis elinguarîa, JEiune avec quelques lignes et points noirs, est commune en France pendant l'été, dans les prairies; sa cbenillevit sur les pruniers, les chèvrefeuilles, etc.
CROCANTHÉME n. f. Bot. Syn. de hélianthême.
CROCCÉE {ksè) n .f. Pallium ou manteau noir, que portaient autrefois les cardinaux et les membres de certains ordres militaires.
CROC-DE-CHIEN (kro, chi-in) n. m. Nom vulgaire do diverses espèces do plantes épineuses, telles que la pitonic, la rizyplie, etc. ii PI. Des crocs-de-cuien.
GrOCE Mosso, comm. d'Italie (Piémont [prov. de
Novarej); 2. loo hab.
GroCE (Giulio Cesare pella), écrivain italien, né à Perficeto, près de Bologne, en 1550, mort en 1620 à Bologne. Il apprit lo métier de maréchal ferrant, et alla s'établir à Bologne. Tout en exer(;ant sa profession, il se mit à écrire on prose et on vers, et se consacra à la littérature facétieuse. S'inspirant d'histoires populaires, il raconta les aventures burlesques do Bertoldo et Bertoldino, qui furent mises en vers en 1730 par Baruffaldi, Zampieri et les deux Zanotti, et qui sont restées populaires en Italie.
GrocefiesCHI, comm. d'Italie (Ligurie [prov. de Gânesj) ; 4.2(ui hab.
CROCÉIPENNE {sé~i-pèn' — du lat. crocus, safran, et pfiiua, aile) adj. En T.d'hist. nat.. Qui a des ailes safranées.
CROC-EN-JAMBE {kan-Janb'] n. m. Action d'entourer avec sa jamb(3 la jambe d un adversaire, pour lo renverser : Faire, /)o?incr itn croc~en-jambe. Il PI. Des crocsen-jambe. (Se prononce comme lo sing.)
— Fig. Moyen détourné et subtil de faire échouer quelqu'un ou (juclque chose.
CROCERON n. m. Archéol. Région supérieure, enroulée en volute, des crosses ecclésiastiques. (Le croceron est presque toujours fait d'une autre matière que colle du fût.)
Crocallis (réd. de moitié).
GrOCÉ-SPINELLI (Josoph-Eustacho), aôionauto français, iiô à MoiubaziUae, près do Bor^ijorac, on 1813, mort le 15 avril 1875, dans lo ballon le Zihiith, i\\\\\ montait avec Sivol ot Gaston Tissandior. Il avait inventé lo vôlocipùdo naulii^uoot les i>lans runlautséloctrmuos, lors(iu'iis'(5]jrit do lanavi^atiun at-'-nonnt-, lit, dans un but sciontiIi<(UO, ([uatro asconsions on ballon, et périt asphyxié, dans ladorniôro, ainsi que Sivol.Tissandior soûl parviutàécliapporù la mort.
CROCÉTINE n. f. Chim. Pondro rongo ayant pour formnlo C"H'"0'. On l'obtient par lo dédoublement (io la crooine.
croche: (l'ad. croc) adj. Crocliu, courbé, torlu : Avoir les jambes ckoches.
— Pop. Avoir les mains croches. Etre d'un caractère avido ot rapaco. il Substantiv. n. m. Main.
CROCHE (rad. croc) n. f. Mus. Note dont la queue porte un crochet, et qui vaut en durée la moitié d'une noire. (Si