CROISSANT — CROIX
fruit n'est établi quo sur un animal et si l'animal périt sans la faute do l'usufruitier, celui-ci n'est pas tenu d'eu rendre un autre, ni d'en payer l'estimation (art. ei5) ; il n'est pas tenu, par conséquent, do lo remplacer par uno tête do cruît. yi l'usufruit est établi sur un troupeau, et si celui-ci périt partiellement, l'usufruitier est tenu do remplacer, jusqu'à concurrence du croît, lestâtes des animaux qui ont péri (art. GiG). A la fin de l'usufruit, l'usufruitier doit représenter un troupeau contenant un nombre do tètes égal à celui qu'il a reçu; il est tenu do rembourser au nu propriétaire la valeur des bètes qui manquent, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont péri par cas fortuit et que le croît a été insuftisant pour les remplacer. Dans lo cheptel simple, lo croît est commun entre les bailleurs et le preneur, qui ne peuvent en disposer sans être d'accord (art. 1812). Dans le cheptel à moitié, lo bailleur n'a droit qu'à la moite du croît (art. 1819).
— Anton. Déchet.
CROÎTRE du lat. crescere, mémo sens. — Je croîs, tu crois, il croit, nous croissons. Je croissais, nous croissions. Je criis, nous crûmes. Je croîtrai, nous croîtrons. Je croîtrais, nous croîtrions. Crois, croissons, ci'oissez. Que je croisse, que nous croissions. Que je crusse, que jious crussio7is . Croissant. Crû, crue) v. n. So développer, gagner de l'étendue : La rivière a crû. La marée croît. Enfant, arbre qui CROISSENT. Il Augmenter : l" en intensité : Le bruit croît. Le vent croît. La pluie croît. La vitesse croît; 2" en durée : Les jours croissent en hiver et au pi'intemps ; 3" en nombre ou on qualité : Famille qui croît rapidement.
— Naître et se développer : Le bouleau ne croît que dans tes pays froids. Le blé croît presque partout.
— Fig. Etre produit; prospérer.
— Impersonnell. ; Il croît en France des plantes de tous les cli7nats.
— Loc. div. Croître en ou dans, Gagner en, se développer sous le rapport do : Croître en largeur, ENi-o/ume. Croître en sagesse, en vertu. Croître dans la vérité, dans l'estime de quelqu'un. \\ Fam. Ne faire que ci'oitre et embellir, Gagner rapidement de la taille et de la beauté. — Fig. et souvent ironiq. Se développer, augmenter : La sottise loïis les jours ne fait que croîtrk et embellir. (Mol.) ii L'herbe y croit, C'est un endroit peu fréquenté. — Fig. C'est une chose oubliée, négligée, dédaignée.
— Prov. : Mauvaise herbe croît toujours. Se dit, par plaisant., pour expliquer la croissance rapide d'un enfant de mauvais caractère, et, par ext., d'un entant quelconque.
— V. a. Accroître, augmenter, développer : Croître les 7nalheurs, l'audace, la gloire de quelqu'un. (Vieux.)
— Gramm. Ce verbe prend, dans ses temps composés, l'auxiliaire avoir ou l'auxihaire être, selon que l'on a en vue l'action seule ou l'action envisagée commo suivie d'un état qui s'est maintenu plus ou moins longtemps ; En quelques heures la rivière avait crû de plusieurs pieds. Voyez co7nme elle est crue depuis l'orage a'hicr.
— Syn. Croître, augmenter, s'augmenter. V. augmenter.
— Anton. Décroître, diminuer.
CROIX {kro-a — du lat. crux, même sens) n. f. Instrument de supplice formé queh|uefois d'un seul pieu, plus souvent de deux pièces ae bois placées en travers 1 une de l'autre, et sur lequel on attachait des criminels condamnés à mort : Etre attaché à ^a croix. Etre mis en croix.
— Par ext. Passion do Jésus-Christ, ses souffrances sur la croix : La croix cha7igea le monde. (Chateaubr.) n Religion chrétienne; Eglise de Jésus-Christ: Combattre, Mourir pour la CROIX, ii Prend7'e la croix. S'engager à faire parl^''* d'une croisade.
— Par anal. Objet de piété ou de simple parure, ayantla figure d'une croix : U7ie croix d'or.
— Insigne en forme de croix d'un ordre de chevalerie :Za CROIX de la Légion d'honneur ou simplement, aujourd'hui, La CROIX d'honneur, et même La croix : Gagner, AJériter la CROIX. (V. DÉCORATION.) Il Granrf-crojx n. m. Haut dignitaire décoré do la grand* croix, dans divers ordres do chovalorie. (S'est dit, autrefois, du premier dignitaire après le grand maître, dans l'ordre de Malte.) il Grand'croix n. f. Insigne en forme de croix, que porte le grand-croix. Il Insigne en forme de croix, avec lequel on récompense
les écoliers do mérite : Enfant oui a souvent la croix. 11 Disposition des objets placés do façon à figurer uno croi.x : Mettre des bâtons en croix, i: Lattes en croix, quo les couvreurs et les maçons placent près do leurs chantiers, pour avertir los passants de Sf tenir à l'écart, il Traits croisés : Marquer un mol d'une croix.
— Fiç. Peines, afflictions ; spéclalom., dans lo langage do l'Eglise, Eprouves quo Dieu envoie au chrétien, il Porter sa croix. Etre sujet à. dos peines journalières, à. des douleurs habituollos.
— Pop. Personne à charge, ou qui causo do grands chagrins : Jeune honwte qui est une croix pour ses parents.
— Loc. div. : Croix ansée, Croix formée d'un T surmonté d'une anso. il Croix d'épée. Croix formée par la gardo ot la poignée d'une épéo do chevalier, il Mariage sur la croix d'épée. Sorte do mariage qui so faisait brusquement ot sans les cérémonies ordinaires, ii Croix grecque. Croix à quatre branches égales, il Cro/x latine. Croix dont uno branche est plus longue quo los trois autres, ii Croix de /,urrai7ie, ou russe, ou patriarcale, Croix ù deux croisillons inégaux, ti 6VoKcrfeiV/«/if,Croixquolcschevaliersdo .Malto portaient sur leur vêtement. Il Croix de par J)icu, Tableau
Croix; 1. Amilo: S. Grcccliio; 3. Lutine; ♦. Gnmmee ; S. Eu tau; 6. Do Solnt-Anilr* ; 7. Do Lorroloo.
dos lettres do l'nlplialiet, à cause do la croix dont on lo faisait autrefois préci'dor : ^nrorV sn croix dk par Diko. — Premiers (^h^nicnts d'un art ou d'une scienco; diVbut d'une alVaire. n Croh- pectornle. Petite croix qu'un évftquo iiorto suspendue sur la poitrine, ii Croix procvssionnrlle. Croix que Pou porte au liant d'un niauctieon tAto du cort^f^o qui forme uno procession, it Croix tie Saint ~ Andrt^, en sautoir, en X, Croix de llowijoi/ne. Croix oblique ou en forme do X. il Privilège de la cmix. Privilège qu'avaient les croisés do no pouvoir *tre poursuivis pour dettes, de no point payer d'intéri^t pour l'argent qu'ils ompruntaiout, do no payer ni collectes ni tailles.
CROIX
— Loc. fam. : Faire une croix, Mettre fin à (juelque chose, indiquer qu'une chose est ou devrait être finie là, y renoncer :
Et trois !
Quand Q0U3 serons à dix, nous ferû7is une croix.
MOUÈKE.
(Ce vers est commo passé on proverbe, et se trouve fréquemment dans la bouche de ceux qui sont impatientés par la répétition trop fréquente de quelque chose.) n Faire une croix, une croix à la cheminée. Noter un fait comme très extraordinaire, ii Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et ta bannière, Le recevoir avec une solennité qui rappeÛe celle qu'on met à recevoir un évoque. (On emploie également l'expression :i/ faut la croix et la bannière, quand on veut dépeindre les difticultés qu'on éprouve à vaincre l'opiniâtreté de quelqu'un.) il La croix de ma mère, de sa mère. Mots que l'on prononce plaisamment, ironiquement, dans des circonstances diverses, par allusion aux mélodrames dans lesquels l'enfant volé ou perdu au 1" acte est retrouvé au 5* et reconnu grâce à la croix de sa mère, qu'il a soigneusement conservée, li Baiser ses pouces en croix, Faire des vœux ardents pour la réussite d'une entreprise.
— Archit. Grande nef, chœur, sanctuaire et transept d'une église, formant ensemble une sorte de grande croix.
— Armur. anc. Syn. de croisék.
— Ascét. Mettre quelque chose au pied de la croix, Le soutfrir avec résignation pour l'amour de Dieu et en souvenir de la passion de Jésus-Christ.
— Astron. Autre nom de la constellation du Cygne. II Croix du Sud, Constellation ausirale, dont l'étoile prin-
— Mar. Mettre les vergues en croix. Les placer perpendiculaires aux mâts et reposant sur leurs balancines.
Il Faire une croix dans une c/iaîne, La faire croiser par une autre chaîne, ii Croix de Saint-André dwi hunier, Henfort en croix placé au fond du hunier.
— Miner. Pierre de croix. Nom vulgaire de la staurotido géminée, parce qu" elle se présente en cristaux groupés de manière à tigurer une croix.
— Moll. Croix (Itiner, Nom marchand de la sorte d'huître qu'on appelle aussi marteau. Il On la nomme encore crucifix DE MER.
— Monn. Côté d'une pièce de monnaie qui porte actuellement la face et a longtemps porté une croix, ii Autrefois, Monnaie, dans le langage familier. — N'avoir ni croix m pile, N'avoir pas le sou.
— Mus. Signe qui désigne la basse augmentée devant un chiffre, comme + A, qui signilie quarte augmentée, ou la septième dominante au-dessous de 7, , . Il Signe qui
indiquait anciennement le trille et le double dièse.
— Relig. Signe de croix, Sorte de geste religieux, usité dans l'Elise catholique, et qui consiste à hgurer une croix par un mouvement de la main, particulièrement en la portant successivement au front, à la poitrine et à chaque épaule : Faire un signe de croix sur son front.
Il Faire le signe de lu croix. Donner de grandes marques de frayeur ou de surprise, ii Chemin de la croix. Série de tableaux ou de figures sculptées qui reproduisent les principaux épisodes de la passion de Jésus -Christ. (Ces représentations sont ordinairement au nombre de
d'une consécration païenne. Comme signe graphique, la croix abonde sur les chartes et les manuscrits du moyen âge. Placée au commencement du texte, elle exprime l'invocation ; placée à la lin, c'est une souscription ou une signature, et cela jusqu'à latin du xii* siècle. A partir de cette époque, elle devient rare jusqu'au xv siècle, où elle reparait pour tenir lieu de signature aux gens qui ne savent pas écrire.
Placée au bas des actes, elle est la caractéristique des notaires apostoliques pour leur seing manuel, quand elle est dessinée avec soin et suivant des modèles arrêtés. Il faut signaler la vieille coutume normande, anglaise et franque, de mettre dans les tombeaux, sur la poitrine des morts, des plaques do plomb grossièrement découpées en forme de croix, où étaient tracées, à la pointe, des formules latines d'absolution.
— Blas. La croix est une pièce héraldique dont la forme, la disposition et les proportions varient à l'infini, suivant les armoiries où elle se trouve figurée. En règle, c'est exactement la réunion du pal et de la fasce, et elle est
Croix de plomb.
cipale a constitue une très jolie étoile triple, formée par deux étoiles de deuxième grandeur et une de sixième. (Tandis que cette dernière étoile reste fixe dans le ciel, les deux brillantes paraissent donner lieu à. un système binaire en mouvement rétrograde.)
— Blas. V. part, encycl.
— Bot. Croix de Saint-André, Nom vulgaire de la valentie ou croisette velue, n Croix de Calatrava ou de Samt- Jacques, Nom vulgaire de l'amaryllis superbe. Il Croix de chevalier. Nom vulgaire de la herse ou tribule. u Croix de Jérusalem ou de Malte, Nom vulgaire de la lychnide de Cbalcédoine. il Croix de Lorraine, Nom vulgaire d'un cactus très épineux.
— Chir. Croix de Malte, Sorte de bandage en croix.
— Dr. anc. Appellation sous deux croix. Cause d'audience relative à des dommages -intérêts contestés.
Il Appellation sous trois croix. Affaires de mémo nature, mais constituant un procès par écrit, n Croix de cens, Cens payable en deniers ou croix.
— Fortif- Croix de Saint-André. V. la partie encycl.
— Hist. Ordres. V. ia partie encycl.
— Hist. rolig. La vraie croix ou simplement La croix, l^a croix sur laquelle est mort Jésus-Christ, ii Invention de la croix. Exaltation de la croix. V. la partie encycl. (Hist.)
D Triomphe de ia crotx, Fête qu'on célèbre à Tolède en mémoire de la bataille de Tolose, pendant laquelle une croix miraculeuso apparut, dit-on, dans les airs, ii Chanoines de la Sainte-Croix, Chanoines réguliers de l'ordre do Saint- Augustin. Il Chanoines de Sainte-Croix de Coïmbre, Chanoines réguliers établis en Portugal vers 113l. il Filles de la Croix. V. la partie encycl. U Ordre de la Vraie-Croix, Association do lommes. fondée, en I<>68, par Eléonore, femme de Ferdinand III. ii Ordre de Saintf-Croix de Fonteve^/c. Ordre monastique de la règle de Saint-Benoît, fondé par Ludolf, évoque de Gubio. il Ordre de la croix de Saint- Dominique et de Saint-Pierre, martyr. Ordre religieux militaire, qui était conféré par les inquisiteurs dominicains.
— Jeux. Croix de Jérusalem, Sorte do jeu d'enfants, dans leauel il faut assembler on croix dos morceaux do bois. Il Croix ou pile. Croix et pile on Croix pile. Jeu do hasard qui consiste à déclarer si uno pièce do monnaie jetée on l'air montrera, uno fois retombée par terre, la pile ou la face. (Celui qui devine gagne l'enjeu. — On dit auj. Pile ou face.) [On dit aussi Jouer à croix-pile.] — Fi(ç. Jeter, Décider une chose à croix ou pile, En abandon- Dcr la décision au hasard.
— Manèg. Faire la croix à courbettes ou à ballottades. Faire exécuter au cheval dos sauts qui se succèdent rapidement, dans dos directions différeatos, do façon à figurer une croix.
CROIX HERALDIQUES
quatorze, et commencent à l'agonie du jardin des Oliviers, pour finir par le crucifiement et la mise au tombeau.) Il Suite do prières, que l'on fait devant cette série de tableaux.
— Techn. Morceau de bois qui porte les têtes de chardons à carder, ii Nom donné par les tisseurs à toute fausse direction, à tout intervertissemont dans l'ordre do placement des fils de chaîne, des cordes du colletage, du remettage, etc. n Croix à essiiyer. Râteau de bois au moyen duquel, dans la fabrication des glaces, on essuie la table do coulage avant d'y verser le verre fondu. — Grande croix, Plaque de fer munie d'un long manche, qui sert, dans la même fabrication, à soutenir les glaces quand on les introduit dans la carcasse.
— Télégr. électr. Croix de Malte, Pièce ayant l'aspect d'une croix de Malte. {C'est une roue à dents carrées profondes et peu nombreuses, dans lesquelles la came de l'axe d'un barillet vient s'engager. La croix de Malte arrête le mouvement de l'axe du barillet, dès que la came s'engage dans l'une des dents ; elle ne lui permet pas de sortir pour continuer son mouvement de rotation.)
— Typogr. Signe en forme de croix latine {■{■), dont on se servait autrefois pour renvoyer aux notes marginales. (On ne l'emploie plus que dans les livres d'église ou dans les dictionnaires, avec une valeur de convention.)
— Véner. Croix de cerf. Petit os en forme de croix qu'on trouve dans le cœur du cerf, il Barre de fer transversale, que l'on fixait autrefois au bas de la lame des épieux do chasse, et qui faisait avec la hampe un arrêt en forme de croix.
— Encycl. Archéol. La figure de la croix est un des éléments décoratifs qu'on rencontre le plus souvent dans les ornementations les plus anciennes. Elle répond, en effet, à une forme géométrique très simple; combinée avec le cercle, notamment, elle apparaît sur Jes tissus orientaux les plus anciens, comme aussi sur nombre d'objets datant des divers âges du bronze, en tous pays. Quand ses branches se replient on Z, elle constitue le swastika ou croix gammée, qui abonde aussi bien sur les plus vieux objets de l'art Scandinave que sur ceux de l'art indien; ot, dans l'Inde, elle est demeurée un signe symbolique religieux du feu sacré pris comme puissance supérieure et origine même de la vie. Dans l'Egypte ancienne, la croix ansée est le symbole do l'immortalité do l'âme. Los premiers chrétiens multiplièrent l'imago de la croix dans les catacombes. Mais cette effigie de l'instrument do la Rédemption n'apparut pas avant le iv siècle sur les monuments, sur les autels et dans les processions, alors que, depuis des siècles, les croix se trouvaient représentées sur les monuments funéraires étrusques commo emblème
placée au centre de l'écu, les branches de la traverse touchant les bords; s'il en est autrement, elle est dite alaisëe. Les attributs divers de la croix sont en nombre considérable ; les principaux se trouvent ici figurés ; Croix ancrée. Celle dont les extrémités sont crocliues comme les pattes d'une ancre; Croix bou7-don7iée,Cel\o dont les extrémités sont en forme do boules; Croix cléchée, CeWo qui, percée à jour, laisse voir le fond de l'écu; Croix engrelée. Colle qui est dentelée sur les bords; Croix hendée. Celle dont les extrémités sont ancrées de fleur de lis ; Croix gringolée. Celle dont les extrémités figurent des têtes do serpent; Croix pattée, Celle dont les extrémités sont élargies; Croix potencée. Celle qui se termine par quatre plates-bandes, etc. (Pour les autres, nous renvoyons au mot qui désigne l'attribut.) L'origine des croix héraldiques est dans celles que les croisés attachèrent à leurs vêtements, avant de partir pour la croisade. Les croix principales sont : la croix de LoJTaine, qui est patriarcale ; la croix de Jérusalem (c'est celle des religieux du Saint- Esprit, etc.); la croix de Saint-André, la croix de Malte, la croix de Saint-Antoine ou tau, la croix de Toulouse, qui est vidée, cléchée et pommetée, etc. La croix de Saint- Jean-Baptiste est celle munie d'une l)anderolle, qu'on voit figurée avec l'agneau pascal sur nombre d écus et sur les ag7ïus Dei. La croix des Mathurins était une croix pattée. La croix de Malte était, on principe, une croix latine blanche, pleine, sur champ de gueules, que les chevaliers portaient sur leur vêtement de dessus, au^côié gauche, tandis qu'une autre, à huit pointes {croix d'étoile blanche), était appliquée devant et derrière sur leur manteau. Les maisons princières qui, commo la Savoie, avaient une croix pour emblème, sont sans nombre, de même que les ordres de chevalerie qui avaient une croix à leurs rubans et à leurs colliers. V. plus loin.
— Fortif. Croix de Saint-André. C'est un engin de défense accessoire, formé do jdusieurs pièces do bois pointues et assemblées de telle faron que, posé à terre, il présente toujours un certain nombre do pointes élevées en l'air. C'est une sorte de chausso-trape, mais de plus grandes dimensions, les pièces de bois dont il s'agit ayant environ 2 mètres de longueur sur 0"',15 à 0^,20 ou même 0'",25 d'équarrissage. En les enchevêtrant, on forme un obstacle presque impénétrable et très difficile à détruire, môme avec la hache.
— Hist. Le supplice de la croix, en usage chez les Egyptiens, les Carthaginois, les Perses, était, on Grèce ot à Rome, réservé aux esclaves et aux grands criminels. Y condamner un citoyen romain passait pour le plus grand dos attentats. Il ne fut adopté par les Juifs que vers le temps du roi Hérode. La croix, constituée par la réunion de deux
01 mfmo do Jrois poteaux, affectait diircrontes formes : + ■ '• ^. ""} ;}■■'' P^'ioiit, proalablenuMit fouoito, la portait au liou do 1 oxôcutiou, ot y était altaclié, soit avoc dos cordos, soit, plus souvont, avoc dos clous, qui lui porçaiont les piods ot los mams. I.o récit des Evangiles uous uioniro quo Jésus-Ohnst ondura ce supplice dans toute sa cruauté. l^os supplicies restaient on croj.\ jus((u'à ce que los oiseaux do proie vmssont dévorer leur cadavre; seuls, les Juifs leur rompaient los jambes à la tombée du jour. Il était permis aux parents et aux amis des condamnés de rendre les derniers devoirs à leurs corps. (|uand la mort avait été ofnciellemont constatée. Ce supplice barbare fut aboli par Constantin.
Le crucilieniont do Jésus-Christ a donné naissance à plusieurs solennités de l'Kglise et à plusieurs dévotions et usages, outre le signe de la croix. Ainsi, la fête de l'/nventinn de la sainte croix (3 mai) célèbre la découverte do la croix de Jcsus-Clirist, retrouvée par sainte Hélène, on 326, sur le Golgotha; \' Exaltation de la sainte croix (14 sept.) consacre la momoiro du jour où l'empereur Héraclius rapporta à Jérusalem la croix, qu'il avait reprise à Chosroés 11, roi do Per.ie. Pour que 1 instrument de la passion de Jésus-Clirist no fût plus exposé à tomber entre los mains dos infidèles, on lo divisa en plusieurs morceaux, dont ou lit dos parcellos qui furent répandues dans toute la chrétienté. Un fragment considérable est vénéré à Rome, un autre à Paris.
L'image de la croix portant le Christ reçut de bonne heure un culte quo les liturgies les plus anciennes, dans l'Eglise grecque aussi bien que dans 1 Eglise latine, appellent nrforalion, parce qu'il remonte jusqu'à celui qui est ainsi représenté. Cette adoration se pratique solennellement lo vendredi saint, à l'office du matin. Les croix et les crucifix occupent une grande place dans les cérémonies catholiques. Tout autel ofl l'on célèbre la messe doit être surmonté do la croix-, elle est portée en tète dos processions, s'élève au-dessus des églises, dans les cimetières et sur les tombes dos chrétiens; elle est figurée sur les linges sacrés et les ornements liturgiques; l'évêque, enfin, la porte sur sa poitrine.
On appelait épreuve de la croix une sorte de jugement de Dieu, qui était en usage au temps de Charlemagiie. Les deux adversaires qui y étaient soumis devaient garder le plus longtemps possible les bras étendus en forme do croix, pendant la célébration de la messe. Celui qui baissait les bras lo premier perdait son procès.
— Iconogr. La croix est, en iconographie, le Christ luimême ou son symbole.
Il y a quatre espèces principales de croix : 1° La croix sans sommet (cntx eommissa ou palibutala), que les iconologues appellent ordinairement croix en T ou en tau, parce qu'elle alTecte la forme de cette lettre, qui, chez les gentils, était un symbole do vie, de félicité, de salut. (D'après une tradition" adoptée par plusieurs archéologues, la croix de Jésus aurait été une croix en tau. On trouve des croix de cette espèce tracées sur des sarcophages chrétiens des premiers siècles, et quelquefois lo T est accosté de l'A et de l'n):
2« La croix avec sommet et à quatre branches (crux capitala, crux immissa), composée d'un arbre vertical ou hampe et d'une barre transversale. (C'est la croix dont la forme a prévalu jusqu'à nos jours dans les pratiques de lart et du culte. Il y a deux variétés principales de croix à quatre branches : la croix grecque ot la croix latine. Cette dernière forme est celle d'un homme étendant les bras • c'est aussi celle que l'on assigne généralement à la croix de Jésus-Christ.)
[Parmi les variétés de la croix à quatre branches, nous mentionnerons : la croix en sautoir ou croix en X {ci'ux decussata), que l'on appelle vulgairement croix de Saint- André, à cause de la tradition qui vont que cet apôtre soit mort sur un gibet de cette forme ; la croix de Malte, la croix de Jérusalem, la croix de Toulouse et la croix de J'iorence, dont los quatre branches sont égales entre elles comme celles de la croix grecque, mais qui s'en distinguent par leur ornementation] ;
3° La croix à double traverse, dite croix archiépiscopale. ou patriarcale, ou russe, ou de Lorraine. (Dans cette croix, la traverse supérieure, plus courte quo la traverse inférieure, (igure, suivant quelques iconologues, un largo écriteau qu'on avait cloué sur la croix du Christ, avoc 1 inscription connue Jnri {lesus Nazarenus, Hex ludxoi-um). On rencontre fréquemment cette croix dans les monuments chrétiens do l'Attique.do la Morée, du mont Athos. Kilo a été adoptée pour le plan de plusieurs églises cathédrales d'Angleterre, notamment de celles de Lincoln, de Bovcrlac, de Rochester, do Worcestor. Celte disposition se retrouve égaloment dans la grande église abbatiale do Cluiiy ; dans l'église do Saint- Quontin ; dans l'église abbatiale do Saint-Bonoîtsur-Loiro. Cette forme appartient à la croix do Lorraine, à la croix des hospitaliers du Saint- Ksprit et à celle qui désigne la dignité archiépiscopale) :
\' La croix à triple traverse, laquelle n'est guère employée que pour lo souverain pontife. (Le pape seul eut le droit de faire porter une croix triple devant lui ot do la placer dans SOS armes; on gratitia d'une croix double lo cardinal et I archevêque (v.§ 3); la croix simple fut laissée à l^véquo. Ce n est guère qu'à partir du xv" siècle que ce r61o hiérarchiciuo fut assigné aux croix )
«i,fn".w 1 ""'"" '"=«'>mpagn''<'s d'ornements, on peut signaler . la croix enracinée ou croissante^ dont lo ,i,.d se découpe pour lormer une espèce do croissant dis.iosition quon retrouve dans les monuments antérieurs au vif siècle, et dans laquelle, par conséquent, on a eu tort de voir uno imago du triomphe do la croix sur lo croissant; -la croix entourée d'animaux alTrontés tels que lo lion, lo faucon, l'aigle, le paon, la colombo et la brebis, qui symbolisent les uns les vices vaincus par la croix, les autres los vertus qu'elle enfante; - la croix cantoniiéo dos quatre Evangiles (fresquo des catacombes); -lo chrisme [v. ce mot]; - la croix constellée (mosaïque do Saint-Apollinaire, à Ravenno), placée au milieu des étoile» du firmament, qui pâlissent devant ollo, ayant à son sommet lo mot mystique ixevï à sa base les mots saluk mundi, ot à l'extrémité do chacun dos bras les lettres A et a.
.!„V ""m"" ''''*',<'^'"' î',"' «îroix dans los carrefours, à l'entrée dos vil es ou dos villages, était fort répandu des los pre miors temps du moyen ûgo La plupaVi do ces c.oix do
chemins furent élevées pour conserver lo souvenir d'un lait niéniorable, en signe d'expiation ou do protection ou .sim]iloniont |iour marquer les délimitations îles propriétés Pendant les XIV et XV siècles, on donna aux croix des chciiiMis uno grande riche.sse; on multiplia les figures qui accompagnaient lo Christ, tout en conservant les dispositions primitives. La plupart do ces petits monuments ont été détruits pendant los guerres do religion ou à l'époque do la Révolution. En Bretagne, los croix .sont restées fobjet d un culte général. Parmi les croix qui subsistent, quolquesuues sont des œuvres d'un véritable mérite, comme les croix de Pleyben, do Saint-Thégonnoc et de Plougastel. Parfois, ces croix sont disposées on calvaire et forment des allées où, à certaines époques, ont lieu des processions, baint Zonon, qui devint évéque de Vérone en 362,
CROIX
Saint-Denis; faite pour Louis IX, elle est modifiée plus lard do manière à devenir uno croix d'autel. L'égliso de Lanciano (Italie) possède uno remarquable croix do procession, qui date du xiv siècle. On on voit aussi une fort ancienne dans l'égliso de Saint-Jean-du-Doigt (hinistero) : elle est d'argent fondu, ciselé et doré, et dato du xiv siècle. L'égliso de Plouvez (Côtes-du-Nord) en possède uno à peu près semblable du commencement du XVII" siéclo.
Enfin, on donne le nom de croix pectorale à la croiï d or (|^uo les évoques portent sur la poitrine par-dessus leur vêtement, et qui est suspendue au cou par une chaîne ou cordon. L usage de cet insigne nu paraît pas devoir rennonter au delà du xni« siècle. On voit dans les musées et les collections particulières des croix pastorales enri-
. Croix do Malte
l.Croi. fichée. -'8. Cro7x°dê cV^nlxvl s)'^rRo?ai°°°'t°-c;;iî-/''°'^ p-ecque. -. G. Croix bastonnée. - 6. Crois dorencée.
déclare avoir placé une croix de bois en forme de tan sur le faîte d'une basilique qu'il avait bâtie. En France, pendant l'époque carolingienne, on décorait do croix incrustées les tympans des portes et des pignons d'églises, les faces des contreforts ou des piliers. Dès le xi' siècle, principalement dans le Nivernais, lo Berry et l'Auvergne, des croix de pierre furent érigées sur les sommets mêmes des pignons ; parmi celles que lo temps a épargnées, on cite, pour l'élégance do leurs formes, les croix qui couronnent les quatre pignons do l'église de Montréal, près d'Avallon (fin du xii" s.), ot les croix dos pignons du transept de 1 église Saint-Urbain, à ïroyes. Au xv siècle, los croix d amortissement des pignons se couvrent de détails finement sculptés.
On donne le nom de croix de consécration à des croix peintes ou sculptées dans l'intérieur des églises (quelquelois aussi à l'extérieur) et sur lesquelles l'évêque fait une onction avec le saint chrême, dans la cérémonie do la consécration. Ces croix sont ordinairement au nombre do douze. Elles prouvent quo l'église a été consacrée ot non pas seulement bénite.
La croix sur les tombeaux fut, à l'origine, un attribut du martyre, quel qu'ait été d'ailleurs bi supplice du saint enseveli. La croix est un des principaux attributs de saint
chies d émaux et de pierres précieuses, ainsi que d'autres croix fort belles, destinées à servir de reliquaires.
Saint-Martial-lès-Limoges possédait uno croix double, dite " de Saint-Eloi », dont le dessin nous a été conservé, et qui est un type intéressant de l'orfèvrerie au vu» siècle.
Beaucoup de reliquaires et d'ostensoirs sont construits en forme de croix : à l'intersection des branches est placée la capsule contenant los reliques ou l'hostio ot recouverte pai* uno lentille de cristal.
— Métrol. On a observé que la croix fait son apparition sur les monnaies publiques dès le IV siècle, sur les monnaies de Valentinien I", par exemple.
qui mourut en 373. Martigny dit '' ' -
Croix (denier d'or de Louis XI)-
S^ville); 2. Croix pecto-
rale (ivi««.); 3. Croix (le Salnt-Elol (vin's.).
Pierre, notamment sur les sarcophages. Par la suite, on plaça dos croix sur les tombeaux do tous les chrétiens sans distinction, et on érigea, à l'entrée et au milieu du cimetière, dos croix de pierre ou do bois d'un travail plus ou moins remarquable. Parmi les plus anciens monuments do ce dernier genre oui se soient conservés en France, nous citerons la croix do piorro du cimetière do Haret, près do Barbozioux [Un du xt' s.); la croix du cimetière do Orézy (Calvados) [xii" s.]; la croix du cimetière de Mezy (Marne) (xiii' s.); los croix do Jouarro (xiii' s.), do Nérigean et de Saint-Gormain-la-Rivière (xvi» s.).
On conserve quolquescniixpi-ocessionncllesduxii'sièclo faites de bois do chêne et recouvertes do plaques d'argent ou do cuivre doré. l'ne des plus bidlos est colle qui est pTa-céo mir un autol latéral do l'égliso nbbaiialo do
l'avoir vuo sur dos pièces bien antérieures, c'est-à-diro sur do petits bronzes de Constantin, frappés à Aquilée et à Trêves. Philippe III fut lo premier roi de France qui se fit représenter en costume royal sur ses monnaies, à la fin du xiii» siècle.
— Ordres. La croi.c est devenue I insigno distinctif d© presque tous les ordres do chevalerie; chacun de ces ordres a son titre ot son histoire à part, mais nous donnons ici, par ordre alphabétique, ceux dans los titres desquels figure lo mot Croix :
— Ordre de ta Croix ■ Blanche ou </f la Fidélité. Ferdinand III, grand-duc do Toscane, fonda cet ordre en IsM.poiir récomiionser les services militaires. Il prit son nom do la couleur de la décoration. Depuis l'unification do l'Italie, sous lo règne de Victor-Emmanuel, il a disparu.
— Ordre de la Croix de Bourgogne ou Ordre de Tunis. Religieux ot militaire, il aurait été créé, on 1533, par Clianes-Quint, quand celui-ci rétablit Muloy-Hiissoïn sur le trône do Tunis, mais on no possôdo aucun renseignement positif.
— Ordre de la Croix-Étoilée. Un fait jugé miraculeux donna lieu, en 10(!8, à l'établissement de cot ordre on Autriche. Un incendie consuma uno partie du palais impérial de Vienne, mais s'arrêta, diton, devant un morceau de la vraio croix, dont l'écrin fut consumé. La relique appartenait à l'impératrice luéonoro de Gonzague. Lo pajio
Clément IX approuva cot ordre par uno nulle dati
du 9 sep-
27 juillet 1609, ot, lo tembro do Ja n»/>ino annéo, rcmporeur LiiopoUI !•' lo roconnul par ilos lettres patentes. On lui avait donn<5, nvaot
son nom actuel, celui do so- Ordre it :„o
cit'té (h's Dames nobles de la
Cruix-Etoiléc, puis celui J onho des Chovaltèrfs de ta Vt\iith Ciof'.r, eulln d'ontrr dv la Aoàtt'-Croix : il est rt^ervi.1 aux ftminwTO rtl» I» uubicsso : la grande muitrvsso os», iv» lou-
CROIX