CRU — CRUCIFIX
— Peint. Qui forme une opposition trop dure; qui n'est point assez adouci : Un ton cru. Une couleur trop crue.
— ïechn. Cuir cru. Cuir tel qu'on le retire de l'animal. et avant qu'il ait subi aucune préparation. (On dit aussi CUIR VEBT.) n Soie crue, Celle qui n'a subi ni lavage ni teinture. tOn dit plutôt soie écrde.) il Chanvre cru, Celui qui na pas été mouillé, il Métal cj'«. Métal qui n'a encore subi aucune préparation propre à le dépouiller des corps étrangers qu'il renferme.
— n. m. Ce qui n'est point cuit : Ae manger que du cru.
Il Pâte céramique qui est simplement séchée, et non cuite.
Il Sculpture en pâte cru sur cru. Genre de décoration spéciale à la porcelaine, il Teindre sur le cru. Teindre les soies sans les avoir décreusées.
— Loc. adv. A cru. Sur la peau nue : Chaussé k cru. Il Monter à cru. Monter sans selle ni couverture, li A nu
sur un objet quelconque : Danf certains monuments romains, tes pierres sont posées À cru les unes sur les antres. Il Porter à cm. Se dit d'une construction qui porto directement sur le sol.
— Anton. Cuit.
CRÛ, CRUE part. pass. du v. Croître.
— Graram. L'accent circonflcYe ne se met qu'au masculin singulier.
GruaS, coram. de l'Ardèche, arrond. et à 15 iîilom. de Privas, près du Rhône; 1.860 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Eglise romaine. Ruines d'un vieux château.
CRUAUTÉ [ô-té — du lat. cinidelitas, même sens) n. f. Instinct qui pousse à commettre ou à approuver des actes inhumains: C'insensibilitè à la vue des misères est durpté ; s'il y entre du plaisir, c'est cruauté. (Vauvon.) Il Action barbare, cruelle : Exercer des cruautés.
— Par exagér. Sévérité, rigueur, dureté : La cruauté des lois civiles s'est réunie contre las femmes X la cruauté de la nature. (Dider.) il Indifférence, excès de rigueur de la part d'une femme dont on est amoureux: 5e plaindre de la cruauté de sa maifi'esse.
— Cruauté du sorl, du di'sdn. Destint^e malheureuse.
— Syn. Barbarie, férocité, inhumanité. V. barbarie.
— Anton. Humanité, miséricorde, clémence, douceur, indulgence.
Crucero, bourg du Pérou {dép. de Puno), sur un plateau des Andes de Carabaya; 2.500 hab. Centre d'exploitation des mines d'or et d'argent. Forôts de quinqumas. Ch.-l. de la province de Carabaya.
Gruces (Las), ville des Antilles (île de Cuba [prov. de Sania-Claraji ; 6.490 hab.
CRUCHADE (rad. cruche) n. f. Bouillie de maïs, sorte de polenta, daos quelques départements français.
CRUCHE (du german. kruka: allem. mod. krug) n. f. Mobil. Vase de terre ou de grès, muni d'une ou deux anses. Il Par ext. Liquide que contient le même vaso : Boire tine cruche d'eau.
— Fam. Sot, ignorant; personne niaise, stupide.
— Art milit. anc. Sorte d'artifice de guerre, aujourd'hui inusité.
— Prov. : Tant va la cruche à Teau qu'à la fin elle se casse ou qu'enfin elle se brise, Tout tinit par s'user; à force de braver un danger, on linit par y succomber.
Beaumarchais a donné à ce proverbe "une variante grivoise : Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin... 'elle s'emplit, a-t-il dit à propos d'une jeune fille très imprudente.
— Syn. Dans lo sens de SoT :
Cruche, âne, balourd, bête, buse, butor, ganache, ignorant, lourdaud, mâchoire. V. âne.
— liNCTCL. Archéol. La forme des cruches anciennes ne diffère pas sensiblement de celle des modèles modernes. Toujours ce vase à anse se caractérise par son bord Ci-uche. prolongé eu bec, et c'est ea quoi la
cruche diffère du pot, dont l'orifice a toujours son contour circulaire. Les cruches employées au moyen âge pour le service des tables prîncières étaient souvent d'argent ou d'or. On entendait par « cruche à aumône ■> celle qui servait à recueillir le vin provenant de la desserte et qui se distribuait aux pauvres. — Au xv* siècle, on entendait par cruche une garniture de chaperon et, plus anciennement, ce mot était synonyme de coquille, qu'il s'agît de celle d'un œuf ou du test d'un mollusque.
Cruche cassée (la), tableau de Greuzo, musée du Louvre. Une jeune fille, vêtue d'une robe blanche quelque peu chiffonnée et d'un fichu de gaze qui laisse entrevoir ses épaules et le haut do sa gorge, se présente ànousdf face, retenais des fleurs dai.
«n pli de a robeetportxi:
aubrasgaucl,.
une cruche Icléc. Une rose cffcaillco est fixée à son cor- .sage dégrafé.
Des fleurs blanches et un ruban violet sont mélésàsa cheveluro.
Tous CCS accessoires symboliques expliquent bien que la fillette s inquiète do l'a-cucil qui va lui être fait au logis.Saminoest
toute dolente. Et pourtant ses yeux, au lieu d'fttro baissés, nous regardent avec une touchante naïveté. Rien de plus gracieux et do plus piquant que l'expression et l'attitude do la pauvre enfant désolée. Cet aimable .sujet, tout à fait dans fo goût du xviii* siècle à l'époquo de Rousseau, a
inspiré à Diderot des pages célèbres qu'on trouvera dans ses Sillons. Il a suscité d'innombrables imitateurs
CRUCHÉE n. f. Contenu d'une cruche, quantité de liquide que contient ou que peut contenir une cruche.
CRUCHERIE {rî — rad. cruche) u. f. Fam. Bêtise, ineptie, niaiscne.
CRUGHETTE (chef) n. f. Cruche de petites dimensions.
— Ascét. Pratiques austères ; mortifications.
— Enctcl. Hist. V. CROIX, et Christ.
— Iconogr. Un assez grand nombre d'œuvres d'art représentant lo dénouement de la Passion sontdésignéessous le titre de Christ en croix : elles ont été signalées au mot Christ. D'autres portent le nom de crucifiements. Outre les tableaux de Cimahué, GioLto, Fra Bartolomeo, Mantegna, Véronèse, Durer, Cranach,Breugliel,Ruljens,VanderMeer,
Cruchons.
Crucifiement de saint Andn!, d'après Murillo.
CRUCHON n. m. Petite cruche : Casser un cruchon. Il Liquide contenu dans le même va^se : Boire un CRUCHON dfi bière.
— Pop. Sot, idiot : Quel CRUCHON !
CRUCIADE (si — du lat.
C7')i:r, crucis. croix) n. f.
Forme ancienne du mot