DAMAS
— Armur. Lame de sabro forg(^e avec un acier sp<^cial, ot qu'on tirait autrefois de Damas et du Lovant, mais que, depuis le conmiouoement du xix" siècle, on sait également I"al)ri(juer en Kurope.
— Bot. Variété de prune cstim(5e. n Variété de raisin, appelée aussi raisin de Damas, il Nom vulgaire do la julienne dosjardins.
— Comm. Petit cigare très doux de La Havane.
— Encycl. Armur. Le damas était un acier d"uun nature particulière, qui vonait cxclusivomont de l'Orient; on rappollo aussi acier damassé, acier indien et acier W'ooi;.
Autrefois, on lo fabriquait avec des morceaux do fer aftinos au bas foyer, ipio l'on chauffait dans dos creusets jusqu'à demi-fusion, on ajoutant dans les creusets dos copeaux do bois et des feuilles. L'acier obtenu était lo damas indien. Aujourd'hui, ou lo fabrique au moyen do tiges d'acier do dureté différente, que l'on tord ensemble très inégalement ; puis on les soude eu augmentant leur torsion et on les forgo en repliant toutes ces tiges sur ollcs-mémes. Il ne reste plus qu'à polir la barre obtenue.
On fabrique souvent de faux damas, dont l'apparence est tellement diffcronto do celle du vrai, qu'elle no saurait tromper que des yeux tout à fait inexpérimentés. Ou l'obtient on traçant à la surface d'objets d'acier, avec un corps gras et un pinceau ou un chiffon, des figures qui rappellent plus ou moins les moires. Los lames d'acier sont ensuite trempées dans un acide qui n'attacjue que les points non recouverts par lo corps gras, puis lavées à l'eau ot enfin nettoyées ; elles portent alors des traces creuses ot en relief qui représentent les fibres cristallines du moiré véritable.
L'origino du damas semble être persane ; aujourd'liui, c'est encore à Ispahan que l'on fabrique les plus beaux. Suivant la couleur, la tonour dos divers métaux en carbures, on distingue les damas noirs, fjris, bilieux, }-onceux, etc. Un des plus estimés est lo damas noir des anciennes fabriques do Constantinople.
— Archéol. D'une manière générale, on entendit, au moyen âge et jusqu'au xvii" siècle, par ouvraffP de Damas, toute pièce de métal, de tissu ou de cuir, dont le champ était couvert d'ornements en relief uniforme, valant par l'abaissement de ce champ; telle est la vraie signification
du mot DAMASQUINE.
En tant que tissu, lo damas était un drap de soie, à ramages, dont les dessins, ton sur ton, sont satioés, tandis que le fond est travaillé à la façon des taffetas et a un léger relief. Ou doit faire rentrer les damas multicolores dans la catégorie des lampas ou damasquins, et les damas veloutés ou de Samarkandc dans colle des velours ciselés. Los damas primitifs étaient tout soie, et on appelait ca/fards les tissus de fil, ou tramés de coton, de laine, etc., qui reproduisaient les ornements des damas. Les motifs do décoration des vrais damas étaient des figures humaines ou des animaux. Les fabriques do Lncciues et autres villes d'Italie ne tardèrent pas, après les dernières croisades, à imiter ces précieuses étofi'es qui, dès le xii" siècle, passaient couramment pour surpasser les jdus belles soieries de la Perse et de l'Inde. Quant au linge damassé, le plus fameux vint longtemps de Venise qui en garda la réputation jusqu'à la fin du xvi» siècle. On commença alors d'en fabriquer en France, notamment on Champagne, etc.
— Tiss. Le damas de soie est un façonné à chaîne et trame de mémo couleur, mais dont renchevétromeut en armures différentes consiituc le dessin.
Le damas de laine a une chaîne et une trame en laino simple. On tisse cette étoffe en écru, en fils rectilignes, ot on ne lui fait subir l'opération do la teinture (|u'après tissage. Les dessins du damas de laine sont, ie jjIus souvent, des ramages de grandes dimensions. Le damas <lo soie et le damas do laino trouvent principalement leur emploi dans l'ameublement; cependant, le premier est aussi employé dans les ornements d'église.
Damas, uno des plus anciennes et illustres familles du Forez, remontant à Fiziran Damas, ou do Damas, chevalier, soigneur de Gousan on Forez, qui apparaît dans des textes de la seconde moitié du xi* siècle. La branche aînée s'éteignit en la personne de Gdy Damas, cinquième du nom, qui mourut sans postérité, en 142:î. 8a sicur, Alix Damas-C'ousan, mariée à Eustacho do Lévis, devint son héritière, après un procès contre Antoinette Damas do Couzan, dame do Chauvigny, sa tante. Do la brancho aînée sortirent les branches de Coulanges,d'Aubière, de Marcilly.
Damas d*Antigny (.Josoph-François-Louis-Cliarles- César, duc dic), né et mort à Paris (1758-1829). II était sous-lieutenant au régiment du roi -infanterie en 1771, capitaine eu 1778. Aido de camp do Rochambeau en 1780, il fit avec lui les campagnes d'Amérique. Chargé par le marfjuis do Houille do favoriser, à la tète de ses dragons, la fuito do Louis XVI, il fut arrêté à Varennes, avec le roi, lo 21 juin 1791. Il émigra. A la Restauration, il fut nommé eommandant do la garde nationale à cheval de Paris. En 1x25, il fut nommé duc et pair.
Damas d'Antigny (Joseph-Elisaboth-Rogcr. comte Diî), frère du précédent, né à Paris on 17G5, mort à Cirey (Côte-d'Or) en 1823. Il outra en I77ît, comme sous-lioutenant, dans lo régiment du roi. En 1787, il partit pour la Tartarie où, sous les ordres du prince PotcmUin, puis du prince de Nassau-Siegen, il comoatlit les Turcs sur terre et sur mer, jusqu'en 1789. Catherine lui offrit uno épéo incrustée d'or et lo commandement d'une colonne do grenadiers. Il reçut, par la suite, le grade do général dans les armées russes. Il servit ensuite dans l'armée do Condé. A la Restauration, il fut élu député do la Ilauto-Marno et do la Côte-d'Or, et reçut, en 181C, le commandement do la l'J" division militaire.
Damas (Anno-IIyacinthe-Maxonco, baron Diîl, né à Paris on 178.'), mort en 1862. Appartenait à uno famille bourgui-
F nonne, Emmoné par ses parents émigrés, il fut élevé à Ecolo d'artillorio do Saint-Pétersbourg. Il assista comme lieutenant de la garde impériale russe à la bataille d'Austorlitz, et fut blessé à la Moskova. Il se distingua à Leipzig, & Brirtnne, sous les murs de Paris. A la Restauration, il fut nommé lieutenant général; de 1810 à 1822, il commanda la H" division miliiairo. Ministre de la guerre (iii I82;i, il devint unnistro dos affaires étrangères on 182-1. En 182H,
il devint gouverneur du jeune duc do Bordeaux et, on 1830, ie suivit dans son exil. Il lut alors mis à la retraite. Il revint en France quand l'éducation du prince fut terminée, et vi'cut éloigné dos affaires.
Damas (François-Etienne), général français, né à Pans en 1761, mort en 1828. Général do brigade en 1793, il se distingua au siège de Mayence, força le passage du Kliin à Neuwiod en 1796, et suivit Klébor en Egypte (1798). Damas prit une large ot glorieuse part à tous les succès do cette expédition. Après la mort do Klébor et la défaite do Menou à Aboukir (1801), Damas et Reynier furent accusés par Menou d'avoir causé co désastre. Damas fut laissé cinq ans on non-activité, puis enfermé à l'Abbaye lors do l'arrestation de Moreau. Délivré par Murât, gouverneur de Paris, il fut nommé commaudaut militaire du grand-duché de Berg, dont il commanda les troupes pendant la campagne do Russie, où il soutint larriôre-gardo de l'armée française. La Restauration lui confia des emplois de son grade.
DamascÈNE {mass-sèn'). Géogr. anc. Personne néo à Damas, ou qui habitait cette ville. — /^5 Damascknes. .
— adj. Mythol, gr. Epithète do Jupiter, honoré à Damas : Jupiter Damascènk.
DamascÈNE ou de Damas (saint Jean) ou saint Jean Chrysorrhoas. V. Jkan.
DamascÈNE (Nicolas). V. Nicolas de Damas.
DamascÈNE, ancienne division do la Cœlésyrie, qui tirait son nom do Damascus, sa capitale.
Damaschino (François), médecin français, né à Paris en 1840, mort en 1887. Il fut professeur do pathologie interne à la faculté de médecine do Paris, médecin do l'hôpital Laënnec et membre de l'Académie de médecine. Outre de nombreuses publications sur la pleurésie purulente, les maladies des voies digestives, il fit, en 1884, avec Clado, la description d'un microbe en bâtonnets, spécifique de la diarrhée infantile.
Damascius, philosophe grec, né à Damas vers l'an 480 de J.-C. Il étudia d'abord à Alexandrie sous Théou et Ammonius, fils d'Hormias; puis il se rendit à Athènes, où Zénodote et Marinus lui apprirent les mathématiques et la philosophie, et où il fut formé à la dialectique par les entretiens d'Isidore, auquel il succéda. Justinien ayant défendu l'enseignement de la philosophie païenne (529), Damascius se réfugia, avec Simplicius et les derniers débris de l'école de Plotin, auprès de Chosroès, roi de Perse, qui obtint leur retour dans leur patrie en 533 ; mais les écoles restèrent fermées et Damascius est le dernier qui ait professé publiquement la théologie païenne. Comme philosophe, il reste indépendant de Proclus qui, pour les derniers néo-platoniciens, était l'autorité sui>rème, et il se rattache plutôt à Plotin. Il est un partisan fanatique de la théurgie de Jamblique. Les principaux ouvrages de Damascius sont : des Commentaires sur divers dialogues de Platon; une Histoire des principaux éclectiques.
DaMASCOS. Myth. gr. Fils d'Hermès et d'Halimède, héros éponyme de la ville de Damascos ou Damas, on Syrie. ^Un autre personnage du même nom osa couper les vigui^s plantées par Dionysos, qui l'écorcha vif.
DamaSE I*"" (saint), pape, du commencement d'octobre 36G au 10 ou au 14 décembre 384. Né en Portugal, il vint à Rome et jouit do la confiance dos papes Félix II et Libère ; il fut élu à la mort do ce dernier. Riais un parti de mécontents lui opposa l'antipape Ursicinus ou Ursinus. Damaso dut avoir recours à la torco pour se maintenir contre son rival, qui, après avoir suscité doux énioutes sanglantes, fut exilé par l'empereur Valentinien. Aussitôt affermi dans son pouvoir, lo pape réunît plusieurs conciles. L'un d'eux, tenu en 381, compta parmi ses membres saint Ambroise, saint Epijihano et saint Jérôme. Damaso chargea "o dernier de réviser l'ancienno version latine de l'Ecriture sainte connue sous lo nom iVIlalique, et c'est des travaux du saint docteur qu'est sortie la Vulgate. Damaso eut encore une grande part dans la rédaction du canon des Ecritures, publié plus tard par le pape Gôlaso. La pureté de ses mœurs, attaquée par ses ennemis, fut solennellement proclamée par lo concile do 381. L'énergie do ses convictions lui valut lo surnom do <■ diamant de la foi n, qui lui fut décerné par lo sixième concile œcuménique (381-382), deuxième do Constantinople.
Très dévoué au culte des martyrs, il entreprit d'intéressants travaux dans les catacombes et découvrit un grand nombre do tombeaux pour lesquels il composa luimême, en vers latins.de nombreuses épitaphos. Il avait écrit un poème Sur la virginité, qui est perdu. Lo Liber pontificalis (Livre des papes), qui lui avait été attribué au moyen âge, n'est pas de lui. (V. Duchesuo, Etude sur le I.ilier ponlificalis [1877].) Plusieurs do ses lettres ont été conservées. — Féto le 11 décembre.
Damase II, pai)e du 17 juillet au 8 aoftt 1048. Evoque do Brixon, en Tyrol, et candidat de l'empereur Henri III, il fut accueilli pai* lo peuple romain : mais il mourut presque aussitôt, à Palestrina, peut-être empoisonné, après un poutilicat de vingt-trois jours.
DamasiCHTHON. Myth. gr. Un dos fils do Niobé, qui périront sous les Jlèches d'Apollon.
Damasiennes (Inscriptions). Lorsque le pape Damaso fit restaurer, dans les catacombes, les loinbos des saints ot des martyrs, il composa, pour honorer leur mémoire, dos épital)lios en vers latins qu'il fit graver sur des plaques do marhn^ parmi habile calligraphe, Fiirius Dionysius Philocalus. Les caractères do ces inscriptions, dils damasiens , sont remar- (luablcs par la netteté et 1 élégance do leurs contours. Rossi, dans les fouilles exécutées au cimotière do Callixte, u retrouvé dos inscriptions damasiennes dans los cryptes dos papos, do suint ('orneiHe, do saint lùisèbe, etc.
Damasippos. Myth. gr. Fils d'Icarios et do Péribéo,
et Irèro de Poiiélopo.
Damasippus (Licinius), Romain du premier siècle, grand umulour d'ohjots d'art. Il se ruina ot allait se donner
BEAnSSIMOMARTYRI lANVARlO
DAMASVSHPISCOP FECIT
Inscription «InmnKlcniio (cryptu ilo saint JuDvler).
Travail de damasqiiinage.
DAMAS — DAMASSERIE
la mort quand lo stoïcien Stortinius le convertit ot on fit un adepte fervent. Horace [Sat. II, III) lo mot en scèno d'une manière assez ridicule, on lui faisant exposer avec la vervo d'un hâbleur la philosophie de son maître, qu'il comprend à peine. 11 cherche à prouver par beaucoup d'exemples que tous les hommes sont fous, excepté los stoï* cieus. Boileau s'est inspiré do co modèle dans la Satire IV,
DamaSISTRATE, roi de Platées, aux temps héroïques. (U rendit les derniers devoirs à Laïos, tué par Œdipe.)
DAMASONIE(nOn. f. Genre de plantes aquatiques, do la famille des alismacées, tribu dos ahsmées, et comprenant environ six espèces d'Europe et d'Afrique.
Damasos. Myth. gr. Troyen qui fut tué par Polypète, au siège de Troie.
DAMASQUETTE {skèt') n. f. Etoffe de soie vénitienne, richement ornementée et renommée au xvm» siècle.
DAMASQUIN [s/cin) n. m. Poids en usage en Orient, et appelé aussi rottolo. il Tissu de soie multicolore, de la nature des lampas ou brocatelles, qui s'appelait aussi
DAMASQUINE et CATALODFFIÎ, et quï fut en USagO aux XVI"
et XVII* siècles.
DamasQUIN [skin], INE, personne néo à Damas ou qui liabite cotte ville. — Les Damasquins.
— Adjectiv. Qui se rapporte à cette ville ou à ses habitants. 11 Se disait d'une arme faite en acier de Damas : Glaive damasqdin.
DAMASQUINAGE (ski-naf) n. m. Art ou action de damasquiner, c'est-à-dire d'incruster dans un objet de métal des filets d'un autre métal qui suivent les contours do dessins préalablement gravés dans l'objet à décorer. (Le damasquinage est fréquemment employé pour l'ornementalion des arm es, sabres, fusils, etc., et aussi pour celle do nombreux objets d'art.) il Résultat de cette opération.
— Par ext. Ensemble d'ornements variés sur un objet quelconque.
— Damasquinage héliographique. Procédé imaginé par Niepce au moj'cn duquel on produit sur un métal des dessins d'un autre métal, à l'aide de l'action de la lumière et de la pile.
— Encycl. Le damasquinaqe proprement dit, ou tauchie. n'a aucun rapport avec \a. damasquine ; il consiste à enchâsser un fil de cui%Te, d'or ou d'argent, sur une surface de fer ou d'acier. Le dessin, uno fois arrêté à la pointe ou à l'eauforte, est creusé à bords vifs, de telle façon que la cavité aille toujours en s'élargissant vers lo fond.
Le fil carré ou la torsade do filigrane est enfoncé au moyen d'un ciselot dans cette rigole, puis battu au marteau de telle manière que les bords s'en rabaissent sur lui et l'enchâssent. La pièce est ensuite terminée avec une lime douce et polie à l'émeri. On varie cette méthode à l'infini en faisant les cavités d'incrustation plus ou moins larges. Les Arabes, les Persans, les Indiens en ont fait ot en font encore la meilleure application à la décoration des armes. En Espaj 1 e. ou fabrique couramment do beaux objets ainsi damasquinés. Il no faut pas confondre lo damasquinage avec lazziminia. V. ce mot.
DAMASQUINE {skiîi' — rad. Damas) n. f. Archéol. Modo d'ornementation sur cuir ou métal, consistant â abaisser lo fond autour d'ornements qui doivent s'y détacher on relief.
— Encycl. U ne faut pas confondro la damasquinurc ou damasquinage, qui est un travail d'incrustation, avec la damasquine. Les travaux à la damasquine sur métal s'obtenaient \\^^ on abaissant le fond a l'acide, yj([^ puis en le retouchant au burin, ainsi qu'en régularisant et avivant les contours des ornements réservés on relief. Un exemple de travail à la damasquine est fourni par le joli cor, en or, do François I", conservé au muséo du Louvre.
DAMASQUINER (ski-}ié) v. a.
Faire du damasquinage : Da- MASQUiNF.R uHC avme. C'est sous Henri IV que l'art de damasqoinkr fut importé en France.
DAMASQUINERIB n. f. Syn. de damasquinagi-:.
DAMASQUINEUR (.'f/k'i) n. m. Celui qui damasquine.
DAMASQUINURE U. f. Syn. do DAMASQUINAGli.
DAMASSADE [ma-sad') n. f. Etofl"o damassée, soie ot lU.
DAMASSÉ (ma-sè) n. m. Tiss. Linge damassé, c'est-àdire linge do table agrémenté do dessins comme les damas, ot représentant le plus souvent tlf-: :'vir'-. ^ ■ •' -m- 'fs personnages ou des scènes do dilTéronts genres qui se rappro- |flî^'ï-£ll
client do la nature. Ip'rî\^"<|
— Métall. Syn. de