‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 550 sur 870 · DANIEL · texte numérisé non relu

DANIEL

DANKOVSKI

Daniel (Honri-Josoph Du Commun du Loclk, dit), sculpteur français. V. Du Commun.

DWINIEL, priuco do Mont(inégro. V. Danilo.

Daniel de Folîeville (Louis-André), jurisconsulte, no à Follovitle (Seine-lnférieuro) en 1842. Il fut successivement professeur suppléant de Code civil à. Caen, professeur en titre à la faculté do Douai et doyen do la faculté de droit do Lille do 1879 à 1887. U protesta si vivement contre le transfort à Lille de l'académie de Douai, que sa révocation s'ensuivit. On lui doit un certain nombre u'ouvragus de droit.

Daniel de Voltereia. V. Ricciarelli.

Daniel PhilippidE, littérateur grec, né vers lo milieu du xviii" siècle, à Mêlée (bourgade de l'Attiquc), mort vers 1830. Il commença ses études en Valachie et les termina en France. Il retourna on Valachie au moment do la guerre entre la Russie et la Porte, et dédia à Potemkin une Géographie de la Grèce (1788), qu'il avait composée avec son compatriote Grégoire Constandas. Apr<!S le rétablissement do la paix eu Orient, il professa ciuelqiie temps dans sa patrie, puis revint en Franco. Il est 1 un des écrivains qui ont lo plus contribué au développement do l'instruction sciontilique et philosophique de '■es compatriotes. Il traduisit du frauf.'ais en g:rec moderne la Logique do Condillac, la Physique de Brisson, la Chimie de Fourcroy, V Astronomie de Dolalande, et plusieurs autres traités sciontiliqucs. Le plus remarquable, parmi ses ouvrages originaux, est une Histoire des nations moldave, valaque et bessarabicnne (1816), qu'il dédia à Alexandre I", empereur de Russie.

Daniele (Francesco), antiquaire napolitain, né à Caserte en 1740, mort en 1812. Il fut nommé historiographe royal en 1778, prit part aux fouilles d'Herculanum, et devint, sous Joseph Bonaparte, directeur de l'Imprimerie royale. Les plus estimés do ses ouvrages sont: le Forche Càudine illustrate (1778); Alonete antiche di Capua {IS02).

DanIELL (Jean-Frédéric), physicien et chimiste anglais, né à Londres en 1790, mort en 1S45. Il devint on 1814 membre de la Société royale de Londres, et fonda en 1816, avec le concours de Brando, la « Revuo trimcstriello de la science et de l'art» {Quarterlij Journal of science and art), dont les vingt premiers volumes furent publiés sous leur direction commune. Daniell devint successivement directeur de la Compagnie continentale du gaz, professeur de chimie au Èi/ig's Collège (collège du Roi), lors do la création de cet établissement (1831). A sa mort, une souscription fut ouverte au King's Collège pour lui ériger uno statue dans cet établissement. On a de lui : Essais météorologiques (1823), ouvrage remarquable, le premier dans lequel on ait essayé d'expliquer les phénomènes f^énéraux de la météorologie par les lois qui régissent la température et la composition dos gaz et des vapeurs ; Essai sur le climat arli^ciel (1824), traité qui a opéré une révolution complète dans les métliodes d'horticulture ; Intioduction à la philosophie chimique (1839), traité remarquable sur l'action des forces moléculaires en général, quoique l'auteur, dans sa préface, déclare modestement nue son livre n'est qu'une introduction aux découvertes de Faraday et à leur application à la chimie. Il a laissé en outre un grand nombre de Mémoires. On lui doit l'invention d'un pyromètro; colle, beaucoup plus importante, de la première pile à courant constant, ou à deux liquides; cnttn celle de l'hygromètre à condensation.

DANIELLA [ni-éV) n. m. Gonro do légumineusos-cœsalpiniécs, série des amhorstiées, habitant les régions chaudes de l'Afrique. (Les daniellas sont des arbres résineux, dont une espèce, lo daniella thitrifcra, produit une sorte d'encens.)

Danielli (Stefano), médecin italien, né A Butrio (Etats do Bologne) en 1656. Professeur ù l'université de Bolugnt). il acquit par son enseignement uno gloire immense; mais il eut le tort de combattre par des moyens surtout oratoires les idées de Malpighi, plus solidement fondées sur l'observation des faits. Il a laissé, entre autres ouvrages: Animadvcrsio hodierni status medieinx p>-actic.r (1709). — Sa lillo, Lauub, fut célèbre par son érudition.

DANIEN {ni-in) n. m. Nom par lequel on désigne la partie supérieure de la série supracrétacée ou crétacé supérieur. (C est l'un dos cinq étapes do cette série. Le danien est caractérisé par lo nautitus danicus. 11 ost représenté aux ciivirniis do Paris parle calcaire pisolilhique do Moudon.)

DaniLEVSKI (Grigori Potrovitcb), romancier russe, né àDaiiilovka(gouv.deKharkov)on l829,mortàSaInt-Pétersbourgon 1891. Il entra dans l'administration do l'instruction publique et fut envoyé ( 1850) comme inspecteur do l'instruction primaire en Finlande, en Crimée, dans la Petite-Russio, en vue de recherches liistoriques ot littéraires. Après ces voyages d'études, il vécut dans la retraite plusieurs années, pour achever la plupart do ses romans. En 1881, il alhi à Saint-Pétersbourg, oi"! il fut chargé de la rédaction du « Moniteur do l'Empire ». Ses débuts littéraires datent do IS47. Mais ce n'est qu'après 1870 que ses œuvres, et notamment SOS romans de mœurs, lo mirent au rang des premiers historiographes et romanciers russes. Ses œuvres les plus remarquables sont : l'Ukraine antique, tnatériaux pour servir à l histoire de la littérature et de ta civilisation dons l'Ukraine (1866), ouvrage couronné par l'Académie <hs sciences do Saint-Pétersbourg ; les Pionniers de l'Est 11863) ; la Liberté (1809) ; les Pai/s neufs (1861) ; les Couvcnls de nonnes en /tussic ; l'Impérial prisonnier ou Ivan \'I 1877); Potcmkin sur le Danube (1878); Mirowitch; etc.

Danilo (Pétrovitch Niégoch), prince-évêque [vtadika) do Monténégro, né ù. Niégoch vers 1677, mort à Cettigné on 1735. Il tut élu évêquo en 1697. En 1702, il lit massacrer tous les Monténégrins passés A l'islamisme ou partisans do la Porto. Eu 1711, il sollicita ot obtint l'appui de la Russie, et noua avec cetto puissance des relations amicales. Durant son administration, lo Monténégro soutint des luttes continuelles contre les Turcs.

Danilo I" (Pétrovitch Niégoch), princo do Monténégro, né dans le voisinage do Cattaro en 1826, mort i\ Cattaro on 1860. Il appartenait à la famille des Pétrovitch qui, depuis 1697, avait fourni dus princes- évAques au Monténégro. Eu 18">l. avec l'appui do l.i Kussio et malgré les intriffuos du parti austro-otlouian. il succéda a seii ouclo lo vladika Pierre, mais sans prendre l'Imbu rtdi-

Danilo 1»^.

gieux comme ses prédécesseurs. Il substitua ainsi ua gouvornemont civil à la théocratie, trois fois séculaire, de la Principauté. Il se rendit d'abord en Russie pour y recevoir l'investiture politique ot montrer qu'il reconnaissait la suzeraineté du tsar. A son retour, il introduisit d'importantes réformes dans l'administration du pays et s'applit|ua à consulider lo pouvoir central, ainsi qu'à réduire les attributions du Sénat. En 1853, il soutint uno guerre contro les Tur<'.s .

En 1855, il promulgua uno loi, dite C'orfe Danilo, (juieut pour principal résultat do faire disparaître les institutions coutumières du vol et de la vendetta. La même année, il épousa la lillo d'un banquier do Trieste, la princesse DarinUa Kuikitch. Durant la guerre d'Orient, il dut rester neutre, par suite des menaces d'intervention de l'Autriche. En 1856 ot 1857, il sollicita vainement, auprès des puissances occidentales, uno rectification do frontière avec la Porte ot la cession d'un port (Antivari) sur l'Adriatique. En 1858, après une nouvelle guerre contre les Turcs, qui furent défaits à Grahovo, il obtint la nomination d'une commission européenne, cliargéo do marquer les limites entre la Turquie ot la Principauté. En 1860, il fut assassiné à Cattaro, par un Monténégrin e.xilé. Il eut pour successeur son neveu, Nicolas I".

DaniLOV, ville de la Russie d'Europe fgouv. d'Iaroslav), sur la Pelenda, affluent de la Lounna; 3.650 hab. Fabriques de couleurs et de bougies; blanchisseries. Au début du xvir siècle, victoire des troupes impériales sur les partisans du faux Dimitri aux environs. — Danilov est le chef-lieu d'un district peuplé de 75.000 hab.

DaniLOW (Kirylo), surnommé Kirtschy, littérateur russe et poète cosaque du xvii° siècle, no dans l'Ukraine. Sa vie est peu connue. Sans instruction, mais doué d'un réel talent poétique et d'une mémoire extraordinaire, il recueillit les poésies populaires conservées par la tradition et s'en fit lo rapsode, surtout dans la Russie orientale. Ses chants et légendes furent imprimés sous le titre de Poésies champêtres russes, recueillies par Kirtschy Daniloio.

Danilow (Maxime), littérateur russe, né en 1722, mort vers 1785. Il servit dans l'artillerie, puis écrivit, entre autres ouvrages, de très curieux ilTf/moiVes, qui s'arrêtent au régne de Catherine II, et qui ont été publiés à Moscou en 1842.

DanilowiGZ (Ignace), jurisconsulte polonais, né en Podlachie en 1789, mort on 1843. 11 occupa la chaire de droit administratif aux universités do Charlcow, de Kiew et do Moscou. Parmi ses nombreux ouvrages, on peut citer : liecherches historiques sur les Tsifjanes (1824); Coup d'œil historique sur le droit lithuanien (1837); Becueil de chartes, documents, etc., concernant l'histoire de la Lithuanie, de la Bussie lithuanienne et des pays limitrophes (1860).

DANISCHMEND n. m. Mot persan signifiant « savant, lettré w . (En Turquie, on donne ce nom aux plus avancés des softas étudiants qui veulent devenir uléinas. Ils sont souvent appelés comme assesseurs dans les tribunaux.)

DaNISCHMEND, nom de deux dynasties orientales. La plus importante fut fondée par un maître d'écolo turkoman, un danischmend, auquel le sultan AIp Arslan le Seldjoukido conféra l'émirat en 10G3; sos successeurs régnèrent en Cappadoce à l'époque des croisades; la seconde régna à Boukhara vers le milieu du xiv* siècle, après les descendants de Djagataï.

DANlTCHITCH((;eorges — de son véritable nom <7eor<;ea PoroviTcii), philologue et professeur serbe, né à Neusatz (llonj^'rie) on 1825, mort ù Agram on 1832. U devint bibliotbécaire do la Bibliothèquo nationale do Belgrade, puis professeur ù la haute écolo de cette ville. U passa les dernières années do sa vie à Agram, où il commença, on 1878, la rédaction du Dictionnaire de la langue serbo-croate, qu'il mena jusqu'à la lettre D. L'académie d'Agram a fait continuer ce dictionnaire. Danitchilch n'a pas écrit moins do soixunti' cinq ouvrages (philologie, grammaire, histoire).

DaniteS, membres do la tribu de Dan. V. Dan.

Danjou (Jean-Louis-Félix), musicien et écrivain français, né ù Paris en 1S12. mort ù, Montpellier en 1866, organiste de Notre-Dame, à Paris (1840). U fut attaché à la bibliolbôque de l'Arsenal, et publia, avec Cimber, les Archives curieuses de l'histoire de France... ou Collection de pièces rares, etc. U s'associa à la maison do facture d'orgues Daublaine et Callinot, dirigeant ces facteurs dans tes voies du perfectionnement. On lui doit, outre do nombreux articles : Chants saci-és de l'office divin, recueil de tous les plai7is~chants du rit parisien (1835); liépertoire de jnnsiqitc religieuse (1835); De l'état et de l'avenir du chant ecclésiastique en FraJtce (1814). Comme compositeur, il a publié deux messes ù. quatre voix et orgue, uno mosso brève à trois voix ot nu Tantum crgo.

DaNJOUTIN, comm. du Territoire do Belfort, arrond. et ;\ 2 kiloni. de Belfort, sur la Savoureuse, affluent do l'Ai lai ne; 1.963 hab. Carderies mécaniques, câbles. Forts dos Basses Perchoset des IlautosPerchos, redoute do Bosmont.

DankalI (rAYs). C'est la région orientale do l'Ethiopie, habiiéo par les Ihmàkil ou Afar. Elle s'étend le long de la mer Rouge et du golfe d'Aden , depuis la baio d'IIaouakil au N., jusqu'au fond du golfe doTadjourah nuS. À l'O., elle s'arrête au versant des liautes terres de l'Ethiopie. C'est une région aride, où les cours d'eau sodossàclient avant d'arriver A la mer. V. Danàkil.

Dankovski (Grégoire), philologue allemand, né A Teltscli Moravie) eu 1781, mort on 1855. Il professa le grec A I*resbnurg, puis les langues slaves A Pest. Oulro un Dictionnaire elumologique vl criti(fue de la longue »ingynre (1Kh:i, en allemand), on lui doit dos ouvrages d'une haute importance pour l'étude dos idiomos de l'Europe scpteutrionalo : /h^monslration historique et phitologii^ue de la parenté d'oriyineet de hnnuo des Grecs et des peuples

DAiMvROTZHEIM — DANSE

s/ares (1S28) ; Bomerus slavicis diakclis cognatii lingua scripsiC (1829-1831); ilatris slavicx filia erudila vutyo hni/ua grxca (1836).

DanRROTZHEIM (Conrad de), poèto alsacien du XV' siècle, né à Dangolsheim (près Hasuenau) à la fin du xiV siècle. Il est l'auteur d'un calendrier en vers (dus Heilige Aamenàuch), qui est un précieux document pour l'histoire des mœurs et coutumes d'Alsace.

Danloux (Pierre), peintre français, né à Paris en l'JSS, mort en 1809. Après avoir fait en Italie des études sérieuses, il travailla à Paris, puis en Angleterre et exécuta un grand nombre de portraits, notamment ceux du général Gordon, de l'amiral Keithe, etc.

Dannecker (Johann Heinrich von), sculpteur allemand, né et mortàWaldenbuch,près Stuttprard (1758-1841). Il fut élève, en 1771, de l'école militaire de la Solitude, près Stuttgard. En 17S0, il devint sculpteur do la cour; il visita Paris, en 1783. Là, il travailla dans l'atelier de Pajou, et exécuta une statue de Mars assis. En 1785, il alla à Rome, où il fit ses premières statues en marbre, un Bncchus et une Cérès (aujourd'hui au château de Stultgard). En 1790, il revint dans son pays, fut professeur de sculpture à la Karlsacademie (académie Charles), et fut emloyé par le duc Charles à la décoration do ses châteaux. >afmi les œuvres de cette époque, mentionnons : Psyché retirée des eaux, Hector gourmandant l'tiris, une Saplio couchée, doux bustes de Schiller (à Stuttgard et à Wcimar), la fameuse Ariane à la panthère, commencée en 1806 et achevée en 1811 ; un Christ colossal, dont il lit deux exemplaires : l'un pour une église de Moscou, l'autre pour lo mausolée de la famille Tour-et-Taxis, à Ralisbonne ; plusieurs Usures tombales, etc., les bustes de Gœthc et do Schiller. Le monument de Danneker, par Curfess (1888), se trouve à Stottgard.

SanneMARIE (en allem. DammerkiRCH), ch.-l. de cant. de la Haute-Alsace, cercle <l'Altkirch (autrof. cli.-l. de cant. du Haut-Rhin, arrond. do Belfort) ; 1.200 liab. Culture, fabriques, tuileries et tannerie, sur la ligne de Mulhouse à Belfort. — Le canton a 32 comm. (Il appartenait jadis aux comtes de Ferrette, puis aux Habsbourg, avant 164S.)

DanNEMOINE, comm. de l'Yonne, arr. et à 5 kil. de Tonnerre, sur l'Ecole, affluent de la Seine; 510 hab. Vieille éMise surmontée d'une tour romane carrée. Le territoire de cette commune produit des vins rouges, classés on première ligne parmi ceux du Tonnerrois. Ces vins, fournis par la côte dite des Olivoltes, sont pourvus d'une belle couleur, de beaucoup de corps et de spiritueux; ils sont, on même temps, lins et délicats.

DaNNEMORA. Géogr. V. Danemoiîa.

DANNEMORITE (de Dannemora, n. de lieu) n. f. Substance minérale, appartenant au genre amphibole. Variété d'actinote. il On écrit aussi dane.morite. ' Danner (Louise-Christine R.\smussen, comtesse de), épouse morganatique du roi de Danemark Frédéric VII, née à Copenhague en 1815, morte à Gênes on 1874. Issue d'une famille pauvre, successivement institutrice en Norvège, comédienne à Paris, modiste à Copenhague, elle inspira une vive passion au prince royal qui, à son avènement, en 1848, la nomma baronne, puis comtesse, et, deux ans plus tard l'épousa. Elle sut acquérir une grande popularité on Danemark et, après la mort de Frédéric VU (1863), se retira à Cannes.

Danneskjold-SAMSOE, nom d'une famille noble de Danemark, qui descend des flls légitimés de Christian V et de Sophie-Amélie Motli, fille de l'ancien précepteur et médecin du roi, élevée au rang de comtesse de Samsoo : l'ainé, Christia.s' GOLdknloevk (1674-1703), fut feld-maréchal et vice-roi de Norvège. — Son fils Fréiiéric, comte de Danneskjold-Samsoe (1703-1770), étudia les sciences en Angleterre, en Franco et en Hollande, et devint chef de la marine, qu'il transforma, et ministre d'Etat. — Plusieurs autres membres de cette famille ont occupé de hautes fonctions en Danemark.

DannbaueR (Jean-Conrad), philologue et théologien protestant, né à Kcndriog en Brisgau en 1603, mort en 1666. Il vint s'établir à Strasbourg, où il fut professeur do théologie et de philosophie. Sa réputation s'étendit au loin; plusieurs universités lui olfrircnt des postes brillants qu'il refusa. C'est de l'école de Dannhauer qu'est sorti Spener. Danois, OISE {no-a, az'), personne née en Danemark on qui habite ce pays. — Les Danois.

— Adjectiv. Qui appartient au Danemark ou à ses habitants : /-a littérature danoise.

— Hist. Impôt danois. Expression par laquelle on a traduit le mot n vnkgkld.

— Zool. Chien danois ou substant Danois. V. la partie cncycl.

— n. m. Langue danoise ; FAudier te danois.

— D. f. Art milit. Sorte de hache d'armes, pareille à celle doDl se servaient les Danois.

— Art culin. Sorte de bonbon croquant.

— Encycl. Linçuist. i/3 danois forme, avec le suédois, le norvégien et 1 islandais, îe rameau septentrional ou Scandinave des langues germaniques. II se parle dans lo royaume do Danemark, la partie nord du SIesvig, l'ile Bôrnholra, la Norvège, o<x il est la langue des lettrés, à l'exclusion du norvégien, resté un idiome populaire, et sur quelques points do la Suède méridionale. Le danois du Jydiand et du Slesvig ditfôro sensiblement du danois insulaire et du dialecte de Bornholm. Le danois littéraire est celui des îles : c'est une langue douce, moins harmonieuse cependant que le suédois. Son vocabulaire contient une forte proportion d'éléments étrangers : les mots allemands y entrent pour un tiers. L'histoiro scientifique do la langue danoise n est pas encore faito.

— BiBLioGR. : Broberg, Manuel de la langue danoise à l'usage des étrangers [Copenhague, 1883); Borrinç, Grammaire danoise et norvégienne à l'usage des Français (Paris, 1883;: Norcon, ^» Ijingues nordiques (Upsal, 1887); Dictionnaire danois-français et français-danois (Leipzig, 1886).

— Zool. I^s chiens danois appartiennent à deux races amoz différentes et qui dérivent de croisements dont l'origine exacte est douteuse, car on ne sait rien de précis sur ce» animaux, et on n'en a pour ainsi dire jamais parlé, au moins «ou» co nom, avant Bulfon. On considère également lo grand danois comme un métis du lévrier et (Tu m&lin.

Cliîen danois

qui se reproduit sous une forme persistante. Sans doute, les anciens dogues alains ou nlltms des veneurs du moyen âge étaient-ils des grands danois purs à nez rose, à œil blanc ou vairon, à robe ardoisée, comme on en voit encore aujourd'hui. Les danois se caractérisent par leurs formes élancées et robustes, les oreilles étroites et courtes, un peu pendantes, le museau assez pointu, larobegrisd'ardoise ou blanc bleuâtre, mouchetée plus ou moins régulièrement.

Le grand danois est lo dIus haut des chiens, avec le mâtin et le dogue; son pelage est tauve, à bandes transversales brunes {hrin-gé), ou ardoise foncé (bleu). Le petit danois, de la taille d'un petit braciue, est blanc taché de noir. Ces chiens sont les compagnons fidèles des chevaux; ils sont peu intelligents et peureux, ce qui les rend dangereux. On en a vu étrangler leurs maîtres, ([ui étaient tombés à terre. Les danois sont des chiens du nord de l'Europe, que l'on confond sanscesseavec lesnlâtinset lesgrandes races de Dalmatie. DANOT (jio) n. m. Nom vulgaire du galeopsis grandi ftora. DaNOU, déesse védique, épouse du Kaçyapa et mère dos démons Dânams. Sa nature est mal définie, et elle parait se confondre avec Diti.

DANRÉE {ré) n. f. Métrol. Ancienne mesure agraire de la Champagne, valant environ 5 ares 6.

DanréMONT. Biogr. V. Damrémont.

DANS (flan — dolaprcp. de, etdol'anc. franc, e^tî, dérivé du lat intus, dedans) prép. Co mot, n'ayant pas do synonyme dans sa signification propre, n'est pas susceptible d'une véritable définition. Il marque le rapport d'une personne ou d'une chose à ce qui la contient ou la reçoit : Ftre DANS sa chambre. Inscrire un angle dans un cercle. Les fruits coniienncnl les graines dans leur pulpe. Il Marque le même rapport entre des choses morales ou mctaplivsiques : La philosophie est dans la conduite, non dans les disiours. (Bonvin.) Le doute na'U DANS l'esprit, la foi dans le cœur. (Beauchêne.)

— Au milieu de, avec un nom de chose ; Faire périr queli/iiun dans les flammes, il Parmi, au milieu de, avec un nom collectif do personnes : Dans l'assemblée. Dans le peuple. Dans l'armée. Il Chez; dans la nature, ou l'état, ou la classe de : La témérité, qui est une qualité dans un soldat, devient un défaut DANS un général. (La Rochef.- Doud.) Il Indique, dans un sons analogue, une idée de substitution d'un objet a un autre objet, de représentation d'un objet par un autre : .\dorer Dieu dans se-f créations, il Avec : Vivre dans la joie, dans la douleur. Il Selon, au point de vue do : Dans la pensée d'un despote, les peuples sont faits pour les rois. ii Quant à, eu égard à : Quiconque se possède dans son âme et DANS son corps, celui-là est libre. (Lacordaire.) Il Pendant, durant : Les vieillards vivent dans le passé, les jeunes qens dans l'avenir, l'homme mûr et sage dans le présent. (M"' de Maint.) il Au bout de, après : HAtez-vous de vous acquitter; demain, dans une heure peut-être, il ne sera plus temps. (Balz.) il En cas de ; 7'oiis les chiens de ses bassescours composaient une meute dans le besoin. (Volt.) il On dit aujourd'hui au desoin.

— /( est dans. 11 appartient, il convient à : Il est dans lajalousiede iambitwn de dètruire'.pour posséder.{Rayaa\.)

— Gramm. Dans s'emploie devant les mots qui désignent quelque chose de précis ; en se place devant les mots pris dans un sens vague, non déterminé : Conduire EN prison, renfermer dans la prison de la hoquette. Danger les troupes EN bataille, avoir un cheval tité dans la bataille. On peut faire ce voyage en deux heures; je partirai dans deuxheures, c'est-à-dire dans le temps marqué par les deux heures qui vont suivre l'instant présent.

A cause du sens précis de dans et du sens vague do en, on emploie de préférence dans avant un nom de ville, en avant un nom de contrée ou de région : Dans Paris, dans Madrid, en France, en Espagne. Pour la môme raison, l'usage a voulu ([u'on mît toujours en avant les noms de royaume et de province, quand on les emploie sans article : En France, en Espagne, en Picardie, en Gascogne ; et dans lorsqu' on les emploie avec l'article : Dans la France, dans l'Espagne, dans la Picardie, dans la Gascogne. Pour le même motif encore, suivant les cas,, on dit sans article : En paix, en guerre, en colère, UN songe ; et avec l'article ; Dans la paix, dans la guerre, dans la colère, DANS un songe, dans les songes. I! Cependant, il faut remarquer que, lorsque l'article est élidé, on peut employer en au lieu de dans, qui, toutefois, est préférable : En l'état où Je suis ; dans l'état où je suis.

Par tout ce qui précède, on voit que en semble répugner à l'article, et que dans s'en accommode très bien. Toutefois, il faut faire une remarque importante : c'est que en s'accommode, aussi bien que dans, de tous les pronoms et de tous les équivalents do l'article, tels que ce, cet, celui, soi, nous, etc., son, sa, ses, nos, votre, quel, quelque, tel, etc. Quoiqu'il y ait des cas où l'un paraisse préférable à l'autre, ce serait une vaine délicatesse que d'en vouloir gêner lo choix : l'oreillo et l'usage peuvent seuls apprendre ces distinctions. Ajoutons, en terminant, que beaucoup de bons écrivains contemporains semblent s être donné à tâche d'employer en partout ou jusqu'ici on employait dans.

DANSABLE adj. Qui peut être dansé; qui peut servir à faire danser : Iteaucoup de valses ne sont pas dansables. DANSAILLER (sa-ill \ll mil.) — péjorat. de danser) v. n. Fam. Danser maladroitement.

DANSANT Isan), ANTE adj. Dans lequel on danse : Une soirée dansante. Il Propre à faire danser, qui anime à la danse : Un air dansant. Il Porté à la danse : .lamais je n'ai vu une petite fille si dansante naturellement. (M"'" do Sév.) [Peu usité.] ii Qui danse : Des Grâces dansantes.

DANSE (subst. verbal do danser) a. f. Suito do mouvements cadencés du corps, faits comme oxorcico ou amusement, et lo plus souvent réglés par la music|uo; art do danser : La danse peut se compter parmi les arts, parce qu'elle est asseruie à des règles. (Volt.) il Ensemble de pas

portant ordinairement un nom particulier, comme le menuet, la gavotte, la polka, la mazurka, etc. : Une nouvelle DANSE. Il Manière do danser : Avoir une danse rive et légère, u Action do plusieurs personnes qui dansent ensemble : Danse interrompue, il Lieu où l'on danso : Aller à la DANSE. (Inus.) Il On dit plutôt bal, salle de bal.

— Danse basse ou Danse noble ou terre à terre. Danse tranquille, grave, dans laquelle on ne quitte pas terre ; Le menuet est une danse basse, il Danse par haut. Danse vive, légère, dans laquelle on s'enlève do terre : La gavotte était une danse par haut, il Danse de caractère. V. CARACTÈRE et la partie encycl. n Danse d'expression. Sorte de pantomime, il Danse d'imitation. Imitation grotesque de la manière, du maintien ou du langage de certaines personnes. Il Danse sur la corde. Exercices sur une corde tendue. Il Danse de l'épie. Sorte de danse pyrrhique, qui était autrefois en usage chez les Suisses.

— Fig. Amusements, plaisirs : Cette longue chaîne de DANSE qui traverse le monde d'un abime à l'autre. (Saint- Marc-Gir.) [Inus.] , . .

— Pop. Correction manuelle, bourrade ; quelquefois. Réprimande : Donner, Heceroir une danse.

— Loc. div. : Mener la danse. En diriger l'exécution. Il Ouvrir, Commencer la danse, Danser le premier ; et fig..

Entrer le premier en action, ou souffrir le premier quelque chose de fâcheux, il Entrer en danse. Commencer à danser; et fig., Commencer à agir, il Avoir l'air à la danse, Etre bien disposé pour danser, et fig., Etre bien disposé pour agir: être gai. Il Avoir le cirur à la danse. Etre porté à la gaieté.

— Loc. PEOV. : Cela vient comme tambourin en danse, Celavient fort à propos. (Le tambourin était un instrument do danse.) Il Après la panse, la danse, Apres avoir fc-itiiio, on songe ordinairement à danser, ou à se divertir de quelque autre manière.

— Mus. Air rfcrfansf ou simplement /Jnnse, Air compose pour faire danser ; Ecrire, Jouer une danse, un AIR de danse. Il Danse d'ours, Composition musicale dans laquelle un violon exécute un air villageois, tandis que les basses ronflent on pédale, ce qui imite le son de la musette.

— Pathol. Danse de Saint-Guy, Syu. de chorée.

— Encycl. Hist. La rfansc est aussi vieille que le monde. Comme son rythme est essentiellement lié à celui do la musique, c'est en chantant, sans doute, que les premiers hommes accompagnèrent leurs danses primitives, parfois aussi avec les battements de leurs mains; et, plus tard, c'est au son du chalumeau qu'ils réglèrent leurs mouvements, en attendant qu'ils aient trouvé dans la lyre et la harpe des instruments plus harmonieux.

De tout temps, dans l'antiquité, la danso s'est produite sous deux formes : danse sacrée ou hiératique, participant aux cérémonies religieuses, et danse profane, destinée aux divertissements publics et populaires. Et, précisément, les peuples sauvages conservent ces deux caractères do la danse : ils ont des danses religieuses et parfois funèbres, et des danses joyeuses.

La Bible nous apprend que la danse était d'un usage fréquent chez les Hébreux. On sait que David dansa devant l'arche. Dès sa sortie d'Egypte, le peuple do Moise avait des danses sacrées et régulières, danses mystérieuses qui faisaient partie du culte, ce que prouve d'ailleurs, par corruption, celle à laquelle il se livrait dans le désert autour du Veau d'or. Les Hébreux avaient aussi des danses nobles, que les vierges d'Israël exécutaient dans les cérémonies publiques pour célébrer d'heureux événements, tels que les victoires remportées sur les ennemis, et pour exalter la gloire des héros de la patrie.

Chez les Egyptiens aussi, la danse fut profondément en honneur. Mais c'est chez les Grecs, peuple essentiellement artiste, où elle entrait dans l'éducation nationale, qu'elle atteignit son plus haut point de splendeur. Elle taisait partie non seulement do toutes les cérémonies solennelles, religieuses ou civiles, mais de toutes les réjouissances, do tous les jeux publics, prenant toutes les formes et se prêtant à tous les sujets. Tous les monuments nous rappellent l'extrême variété et l'étonnante multiplicité dos danses grecques. Il y avait les danses militaires, telles que la Pyrrhique (pratiquée surtout en Thraco et dans la Tliessalie), la Prylide, 1 Opoplocia, la Memphitique, dont on attribuait l'invention à Minerve, et qui se dansait avec l'épée, le javelot et le bouclier, la Castoréenne : les danses modestes, comme la Caryatis, familière aux vierges do Laconie: les danses joyeuses, comme l'Anagogie; les voluptueuses, comme l'Ionienne; les bacliiqiios, comme la la Gymnopédice; les obscènes, comme la Phallique, aussi en 1 honneur de Bacchus. .

Il y avait encore la Cordace, l'Emmcleia et la Sicinnis, qui étaient des danses théâtrales, la Pourprée, consacréo à Diane, la Bibasis, danso lacédémonienne, lo Choréion, l'Hormus, la Kallvniquo, l'Eclatèsma, puis les danses Nuptiales, de l'Hymen, de l'Innocence, etc.

Des Grecs la danse passa chez les Romains, mais elle n'y parut que tard, et combien dégénérée ! Elle perdit, ch"ez ce peuple lourd et sans grâce, tout son charme et la fleur de sa poésie. Les Romains dédaignèrent la danse pour eux mêmes ; ils n'admirent la danse que comme spectacle. Cello-ci n'eut donc, chez eux, aucun caractèro particulier, et fut surtout mêlée à la pantomime. S'ils s'en montrèrent friands au théâtre, s'ils couvraient d'or et d'applaudissements un Bathyblc ou un Pylade, pourtant ils la méprisaient à ce point qu'un chevalier était â jamais privé de sa noblesse lorsqu'il avait commis la faute de s'y livrer.

Avec l'invasion des Barbares, la danse disparut dans l'eft'royable tourmente, puis dans la nuit sombre du moyen âge. Il faut attendre la Renaissance pour la voir reparaître. Alors, en Italie d'abord, en France ensuite, elle retrouve tout à coup, sous des formes diverses, la splendeur que tant de siècles lui avaient fait perdre. C'est à la cour magnifique des Modicis, à Florence, qu'elle reparut, parée de grâces nouvelles, et bientôt la cour de Franco, si élégante, s'empressa de la recueillir à son tour.

C'étaient, dans le genre noble et pompeux : la Sarabande, la Pavane, la Courante, puis la Passacaille, la Gavotte, le Menuet ; dans le genre vif et gai, la Gaillarde, la Mariée, les Canaries, le Passe-pied, le'Rigaudon, le Tambourin, les Tricotets, le Trihori, la Volte ; puis encore la Chaconno, la Bocane, la Louro, le Branle, la Guimbarde, la Romanesque, la Musette, les Manches vertes, la Babette, la Ducliessc, lo Tordion, la Trèche. Eu regard des danses do ville, il faut citer les danses villageoises. Il y avait de co côté, selon les pays, la Poitevine, la Bourrée d'Auvergne,

la Péricrourdino, la VJUanelle, la Provençale, les Olivettes, Ta Karanilole, et les danses lîuraott^risliiines do rortainos ff^tes, tolU's que la Saiul-.loaii, la daiiso dos Brandons, etc.

Les mœurs dansantes se sont depuis longtemps modiû(^es. La Contredanse, d'abord, est devenue universelle; la Contredanse, qui a change) son nom on eolui do Quadrille, et dent les cinq iigures s'appelaient Pantalon (ou Chaîne anglaise}. Eté (ou Avant-doux), Poulo, Pastourelle (ou Tronitz) et Boulangère (ou Finale). Mais la Contredanse a subi bien dos transformations : c'est ainsi qu'on a eu la Créole, l'Aurore, la Folfltro, les Petits iJoui|uets, la Financière, le Calife, les Bacchantes, la Mosfovito, la Gibraltar, los Poussettes, le Bon Ménage, la Changez-moi ces têtes, la Dugazon, la Triomphante, le Petit-Maître, la Vivandière, la Jalousa, la Virginie, la Prussienne, la Jolie Meunière, les Plaisirs d'Epernay, la Belle Esclave, la Voisine, le Tambourin de Châtonay, l'Inconnue, la Julie, la Fillette, la Prude, la VeiUéo villageoise, la Sophie, l'Air inflammable, la Montgoltier, la Suédoise, la Sans-Souci, la Doliva, la Saint-Leu, d'autres encore. On n'en finirait pas.

Avec la Contredanse, devenue le Quadrille, c'est la Valse qui depuis longtemps, en France, règne en souveraine. La ValsL" [que naguère on écrivait Walse) passe généralement pour être d'origine allemande; d'aucuns affirment pourtant qu'elle est bien française et qu'elle dérive exactement de notre ancienne Volte, danse tournante, comme elle, à trois temps musicaux. Quoi qu'il en soit, elle est, avec le Quadrille, la danse la plus en faveur dans les bals, dont le répertoire se complète avec la Polka, la Mazurka, la Redowa, qui nous vieunent de Pologne, la Scottish ou Schotisch, qui, comme son nom l'indique, nous vient d'Ecosse, et deux variétés de Quadrille : le Quadrille des Lanciers, qui est d'importation anglaise, le Quadrille américain. Quant au Galop, qui est simplement une sorte de Sauteuse, il sert de finale facultatif au Quadrille ou au Cotillon. Ajoutons à ces danses le Pas do quatre, la Berline, etc. Nous ne parlerons pas du Cancan, qui, comme le Chahut, n'est qu'une basse déformation du Quadrille.

Chaque peuple a ses danses particulières, d'un caractère national bien déterminé. En Espagne, les danses sont nombreuses et essentiellement originales, généralement accompagnées par la guitare, les castaç:nettes et le tambour do basque, souvent même avec des battements de mains et des frappements de pieds, sur une musique qui est généralement à trois temps plus ou moins vifs, parfois à sixhuit. Tantôt morbides et languissantes, tantôt impétueuses et effrénées, ces danses sont souvent voluptueuses jusqu'à la lasciveté : c'est le Fandango, le Boléro, la Cachueha, le Jaleo, la Jota, le Tango, la Gallegada, la Séguedille, le Zapateado, le Zorongo, dont beaucoup sont des souvenirs des anciens Maures envahisseurs. En Italie, la danse, aussi très caractéristique, est seulement joyeuse et d'un entrain endiablé. C'est la Tarentelle napolitaine, la Sicilienne, la Saltarelle des environs de Rome, la Forlane des gondoliers de Venise, la Trévisane du Frioul. Chez les Allemands, et surtout en Autriche, c'est la Valse qui règne en souveraine, entourée, comme chez nous, de la Polka et de la Mazurke. A part l'Allemande, dont on ne parle plus guère, on ne voit pas de ce côté de danses originales. C'est la Pologne surtout qui nous offre dos danses caractéristiques, avec la chevalere.sque Polonaise, au rythme plein de noblesse et d'élégance ; avec la sémillante Cfracoviak, avec la Mazurke, illustrée par tant de musiciens, en tète desquels il faut surtout citer Chopin, avec la Polka, qui depuis un demi-siècle s'est répandue par toute l'Europe. L'Angleterre ne brille pas sous ce rapport, et, si la Giguo est bien un fruit du terroir, celte danso ridicule et grotesque n'a assurément avec « l'art de Terpsychoro » qu'une parenté bien lointaine. Il en est autrement do la Hongrie, qui se présente à nous, d'une part avec la Hongroise, danse élégante et fière, qui n'est pas sans une sorte d'analogie avec la Polonaise, de l'autre avec l'eutrahiaute Csarda, que tant de musiciens ont popularisée.

La Russie a certainement, dans les diverses parties do son immense territoire, des danses originales d'une saveur particulière, mais les noms en sont peu connus en Occident; quand nous aurons mentionné la Canaïca et la Cosaque, il nous restera à dire que les danses petites-russiennes, les danses circassiennos et celles do l'Ukraine, entre autres la Kastachok, sont surtout réputées. Les Grecs modernes ont la Candiote, l'Ionienne, l'Angrismèno, quelques autres encore, dans lesquelles se retrouvent do nombreux vestiges des antiques traditions. Pour terminer cette énumération, nous signalerons encore la Valaque, la Matelote, danso burlesque qui est, en Hollande, colle des cens de mer, puis, pour la Turquie, la danse dns Derviches, pointe dune façon si saisissante par Boetlioven dans ses linines d'Athènes, et la danso dos Aimées; mais ces dernières sont dos danses prof(!ssionnollos, do même que dans l'Inde la danse des Rayadèros et, on Eçypte, la danse du ventre. Cela sort à prouver, toutefois, que la danse est chose universelle, puisqu'on la rotrouvo encore en Afrique avec la Chica, à Java et à Ceylan avec le Tautac, chez les Indiens sauvages do l'Amérique avec la danso du Feu, la danse du Scalp, la danse des Funérailles.

— Iconogr. Los Grecs avaient personnifié la danse en Terpsichore, l'une des neuf Muses (v. TiiiirsictioRii); mais elle n'était pas la soûle divinité antique amie de cet art. Los autres Muses, los Grâces, les Bacchantes, les Nymphes des bois, des prairies et des eaux, et quelques dieux rustiques, tels que les Faunes ot los Satyres, ont été souvent représentés par les poètes et les artistes comme formant des chœurs, en compagnie des Kis et des Amours, enfants mutins et folâtres. De somblablos scènes figurent dans les monuments do l'antiquité.

On a donné le nom do bacchanales aux danses formées par les bacchantes ot les faunes. Cette désignation a été appliquée quelquefois aussi aux danses d'Amours. (V. dac- THANALiis.) Raphaël excellait à mettre en scôno de petits Amours se livrant aux plus gracieuses farandoles. Le musée dos Offices, à Florence, possède dos bas-roliofs de Douatelle, où sont figurés des sujets analogues. Mantcgna ot le Poussin ont représenté la Danse dos Saisons; Jules Komain îi peint la Danse des Muses.

Après les danses mythologiques et allégoriques, l'art s'est appliqué à représenter les danses, plus ou moins élégantes, do notre monde. Breughel In vieux, Ostado.Toniors, P. Ooysols, Jean Miel, P. van Mol, Gérard do Lairesso

La Daase, par Carpeaux.

et beaucoup d'autres artistes néerlandais ont point avec plus ou moins de réalisme des Danses de paysans, do joyeuses Kt:r>ui-ss,'s. Le Louvre a de Rubons un tableau sur ce sujet, point avec une verve extraordinaire. Wattoau, Lancrot, Pater, ont iioint aussi dos Danses villaf/eoises : mais leurs bergers ot leurs bergères enrubannés ont une coquetterie qu'on ne trouve que dans les pastorales de l'opéracomique. Lo Bas a gravé, d'après Ch.-Parrocol, une Danse à l'italienne; J.- B. Le Prince nous a montré la Danse russe; dans ce siècle. Ad. Leleux, la Danse bretonne; Ch. Giraud, la Danse dans une posada espagnole; Gérome, la Danse de l'année; enfin, presque tous les théâtres à musique possèdent des représentations allégoriques de la i>a»se (Opéra, Opéra- Comique, etc.), sans parler do la Salle des fêtes de l'Hôtel do Ville (plafond). La Danse, groupe allégoric^ue, par Carpeaux, qui décore la façade du théâtre do 1 Opéra, à Paris, est une des œuvres les plus fougueuses de la statuaire contemporaine (IS69). Lo Louvre possède deux maquettes du groupe de Carpeaux, dont une à demigrandeur. Une statue de la Danse, par Delaplanche, a été très remarquée au Salon de 1888.

Danse macabre ou Danse des morts. On appelle ainsi une représentation allégorique où toutes les conditions humaines, depuis le pape, l'empereur et la grande dame jusqu'au dernier mendiant, entraient tour à tour, dans une danse fantastique dont la Mort était le coryphée. Ces sortes de compositions ne remontent q u''au XIV* siècle, et elles sont encore en honneur au xvin«. La danso macabre s'étalait généralement dans les chapelles, les églises et les cimetières.

Langlois, du Pont -de- l'Arche, cite parordrechronologique les villes qui possédèrent nxiQa-inscmacabre :

les Danses macabres de Klingenthal, Minden, Vienne (en Dauphiné), ne sont connues que par des textes. Celle de Londres, dite (/anse de Alachabray ou danse de Paul , et peinte sous Henri VI, a disparu. A Dijon, une œuvre de cette naturo, exécutée par Masoncolle, dans lo cloître de la sainte Chapelle, a été détruite. On cite encore la fresque de Strasbourg, sur lo mur septentrional do la cathédrale. On a pensé que lo célèbre Martin Schoon y avait travaillé. Dans la chapelle baptismale do Sainte- Mario, de Lubeck, une rondo macabre fut peinte, en 1463. Dans l'église delà Chaise-Dieu (Hanto-Loiro), vers la fin du XV' siècle, on peignit une danse macabre, maintenant presque entièrement détruite. Une procession des morts, sculptée en pierre calcaire, dans 1 église do Cherbourg, remonte à lahn du xv" siècle. Berne possède une danso macabre due au peintre Nicolas Manuel. Il l'exécuta do 1515 à 1520.

Les trente et une colonnes du cloître Saiiit-Maclou, à Rouon , portent chacune, à leur chapiteau, doux figures sculptées, représentant un personnage vivant entraîné dans la tombe par un cadavre (ir>25).

Les danses dos morts ont été d'abord exécutées par dos personnages vivants, nuis peintes, sculptées, et enfin gravées ot imprimées. Les dansos dos morts imprimées et gravées se réduisent ù trois types : 1" la Danse macabre, imprimée ù la flu du xv« siècle, dont la première édition connue est do 118.''.; 2" la Danse des 7norts de UAle ; 3" les figures do la Mort, gravées d'après Joan Ilolbein.

A l'époquo du concile do Râle, et lor.s((Uo la posto vouait do ravager cette ville, les pères du concile firent poindre à fresque, sur un mur de l'églisn Saint-Jean, une danse dos morts. Les B&loiu attribuèrent longtemps ces fresques

Danse macabre (la Mort et le Couple).

Danse macabro (la Mort et lo Laboureur).

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